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Comment le Christ a manifesté sa Résurrection?

Aparicion_de_Cristo_resucitado-B._Luini_1521Le Christ a manifesté sa résurrection d’une double manière : par des témoignages et par des preuves ou signes. Et chacune de ces manifestations a été suffisante en son genre.

En effet, pour prouver sa résurrection à ses disciples le Christ a usé de deux sortes de témoignages, dont aucun ne peut être rejeté. Le premier est le témoignage des anges qui ont annoncé aux femmes la résurrection, ce qu’on voit chez tous les évangélistes.  L’autre est le témoignage des Écritures que lui-même a proposées pour prouver sa résurrection (Lc 24, 25-44).

Les preuves aussi furent suffisantes pour établir que sa résurrection était réelle, et glorieuse. Qu’elle soit réelle, il le montra, en ce qui concerne son corps, sous trois aspects. Il montre, en effet :

1° que c’était un corps réel et résistant, et non pas un corps imaginaire ou éthéré comme l’air. C’est pourquoi il donna son corps à toucher en disant : ” Touchez et voyez ; un esprit n’a ni chair, ni os, comme vous voyez que j’en ai”.

2° que c’était un corps humain ; le Christ présenta à ses disciples son visage véritable, qu’ils pouvaient voir de leurs yeux.

3° que c’était aussi le même corps individuel qu’il avait auparavant ; car il leur fit constater les cicatrices de ses blessures ; aussi leur dit-il (Lc 24, 38) : ” Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien moi. ”

Que sa résurrection soit réelle, il le montra d’autre part, en ce qui concerne l’âme qu’il a de nouveau unie à son corps, par des actions de chacune des trois vies ;

1° la vie végétative, en mangeant et en buvant avec ses disciples (Lc 24, 30. 43) ;

2° la vie sensitive, en répondant aux questions de ses disciples et en saluant ceux qui étaient présents ;

3° la vie intellectuelle, en conversant avec les disciples et en expliquant les Écritures.

Et, pour que rien ne manque à cette manifestation, il révéla aussi qu’il possédait la nature divine, en faisant un miracle, celui de la pêche, et plus tard en montant au ciel sous leurs yeux ; car il est dit (Jn 3, 13) : ” Personne ne monte au ciel si ce n’est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est dans le ciel. ”

Quant à la gloire de sa résurrection, le Christ la montra à ses disciples en entrant auprès d’eux, “portes closes” ; d’après S. Grégoire, “le Seigneur offrit à toucher la chair qu’il avait introduite, portes closes, afin de prouver qu’après la résurrection son corps avait une autre gloire, tout en gardant la même nature “. De même, c’était une propriété de la gloire ” de disparaître subitement à leurs yeux ” (Lc 24, 31). Il montrait par là qu’il avait le pouvoir d’être vu ou non ; ce qui est, on l’a dit, l’une des prérogatives du corps glorieux.

Saint Thomas d’Aquin

Somme Théologique Question 55, Art. 6

 

TOUT EST DANS LA PASSION

Croix_Institut_du_Verbe_IncarnéSaint Paul de la Croix enseigne : «Tout est dans la passion. C’est là où on apprend la science des saints»[1]. Pour les chrétiens, la Passion est une source inépuisable de sagesse, un guide et un modèle pour toute notre vie.

Pour cela saint Pierre Claver disait : ” Le seul livre à lire est la Passion ” [2] . Et le grand saint Thomas écrit: «Celui qui veut mener une vie parfaite, n’a rien d’au­tre à faire que de mépriser ce que le Christ a méprisé sur la croix et de désirer ce qu’Il a désiré.”[3]

De la même manière, nous pouvons penser aux personnages de la Passion : nous devons rejeter diamétralement les mauvais exemples de certains d’entre eux et au contraire imiter les bons exemples des autres.

I

N’imite pas Hanne, qui était quelqu’un dominé par la convoitise du pouvoir (la plus grande tentation du clergé) et un avare.

N’imite pas Caïphe, qui était vénal et servile.

Passion_Institut_du_Verbe_IncarnéN’imite pas Ponce Pilate, un lâche qui ne veut pas se sacrifier pour la vérité.

Ne cherche pas à imiter Pierre, qui a été vaincu par une jeune servante, succombant à la peur de témoigner de Jésus.

Ne cherche pas à imiter le jeune homme échappé nu, qui a souffert plus pour échapper à la croix du Christ que pour Le suivre.

N’imite pas le mauvais larron (Gestas) [4], qui n’a pas reconnu la divinité de Jésus.

N’imite pas Judas, qui a trahi pour 30 pièces d’argent.

II

Tu dois imiter Simon de Cyrène prenant la croix et marchant derrière Jésus.

Tu dois imiter Saint Pierre, qui a fait pénitence pleurant largement ses péchés.

Tu dois imiter le bon larron (Dimas)[5], qui a reconnu la divinité de Jésus.

Tu dois imiter Marie Madeleine, dont ses nombreux péchés ont été pardonnés, pour avoir beaucoup aimé.

Tu dois imiter Saint Jean, qui fut le disciple aimé, pour avoir consacré sa vie à Dieu depuis jeune[6].

Notre_Dame_des_douleurs_Institut_du_Verbe_IncarnéTu dois imiter Marie, qui se tenait debout au pied de la croix.

Tu dois imiter celui qui a ouvert le côté du Seigneur (Longinus), qui, certifiant la mort de Jésus, nous en a donné la certitude pour que nous l’annoncions pour toujours.

Tu dois imiter Joseph d’Arimathie : demande toujours le Corps de Jésus : «fais tienne la victime expiatoire du monde»[7].

Tu dois imiter Nicodème : qui oint Jésus avec des arômes.

Par-dessus tout, tu dois imiter Jésus-Christ, qui s’immole sur la croix et à la messe, te « crucifiant » avec lui. Selon saint Grégoire de Nazianze. ” Immolons-nous nous-mêmes à Dieu, immolons chaque jour et notre personne et toute notre labeur, imitons la Passion du Christ avec nos propres souffrances, honorons son Sang avec notre propre sang, montons courageusement sur la croix… Adore Celui qui par amour pour toi, demeure suspendu à la croix ; et toi, te crucifiant toi aussi, obtiens quelque profit de ta propre faute ; rachète le salut avec la mort … »[8].

Décidons nous de vivre comme le troisième type d’homme [9] et selon le troisième degré d’humilité [10]!

Ayons des grands désirs « d’opprobres et de mépris »[11] pour mieux imiter Jésus !

Disons avec la Sainte Marie de Jésus Crucifié : « Si je ne goûte pas tes peines, ô mon Jésus, je vis triste et affligée. Blesse-moi, car je t’ai donné mon âme. Et si ce bien tu me fais, mon Dieu, je pourrais voir clairement que tu m’aimes ! »[12]

P. Carlos Buela VE

Fondateur de l’Institut du Verbe Incarné

[1] Carlos Almeras « Saint Paul de la Croix ».

[2] Ángel Valtierra–Rafael M. de Hornedo, « Saint Pierre Claver».

[3] « Commentaire au Credo » num. 85.

[4] Nom donné par l’évangile apocryphe dit « de Nicodème » .

[5] Idem.

[6] L’histoire de l’Église témoigne sans cesse d’appels du Seigneur dans le jeune âge. Saint Thomas, par exemple, explique la prédilection de Jésus pour l’Apôtre Jean « en raison de son jeune âge » et en tire la conclusion suivante : “Cela fait comprendre que Dieu aime de façon spéciale ceux qui se donnent à son service dès leur première jeunesse ». Saint Jean Paul II. E. A. « Pastores davo vobis » 63.

[7] Saint Grégoire de Nazianze. « Des dissertations » 45.

[8] Idem.

[9] « Le troisième homme veut aussi se dégager de cette affection, et il le veut de telle sorte, qu’elle n’est pas plus portée à conserver la somme acquise qu’à ne pas la conserver. Il ne consultera, pour la retenir ou pour s’en défaire, que le mouvement intérieur de la grâce, et ce qui lui paraîtra le meilleur pour le service et la louange de la divine majesté. En attendant, il veut se conduire comme ayant tout abandonné de cœur, et s’efforce de ne désirer ni ce qu’il possède ni aucun autre bien sur la terre que dans la seule considération du service de la majesté divine; en sorte que le désir de pouvoir mieux servir Dieu, notre Seigneur, sera son unique règle pour se déterminer à retenir le bien qu’il a acquis ou à s’en dépouiller ». Saint Ignace de Loyola. « Exercices Spirituels » 155.

[10] « Le troisième degré d’humilité est très parfait. Il comprend les deux premiers, et veut de plus, supposé que la louange et la gloire de la Majesté divine soient égales, que, pour imiter plus parfaitement Jésus-Christ, notre Seigneur, et me rendre de fait plus semblable à lui, je préfère, j’embrasse la pauvreté avec Jésus-Christ pauvre, plutôt que les richesses; les opprobres avec Jésus-Christ rassasié d’opprobres, plutôt que les honneurs; le désir d’être regardé comme un homme inutile et insensé, par amour pour Jésus-Christ, qui le premier a été regardé comme tel, plutôt que de passer pour un homme sage et prudent aux yeux du monde». Saint Ignace de Loyola. « Exercices Spirituels » 167.

[11] Saint Ignace de Loyola. « Exercices Spirituels » 146.

[12] Bernardo María de San José, C.D. « La petite fleur arabe ».