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« Celui qui fait la vérité vient à la lumière » La Vérité, lumière pour notre intelligence

Homélie pour le Dimanche IV du temps de Carême, année B (Jn 3, 14-21)

« Il faut que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. » Ce dimanche nous écoutons quelques versets du dialogue du Seigneur avec Nicodème, un sage en Israël, venu pendant la nuit parler avec Jésus, pour ne pas être découvert par les autres chefs religieux d’Israël.

Le Seigneur lui révèle à travers des images claires de la création et de l’histoire d’Israël, -comme celle que nous venons d’entendre, le serpent de bronze- le mystère de la croix, de son sacrifice destiné à sauver les hommes, mais cet acte du Christ implique aussi la liberté de l’homme qui doit regarder celui qui est sur la croix, croire en lui.

Ceux qui accepteront la venue salvifique du Rédempteur et son sacrifice obtiendront miséricorde et pour ceux qui ne l’accepteront pas, il y aura le jugement. « Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Ils ont préféré les ténèbres de l’ignorance à la lumière de la foi qui illumine l’intelligence pour vivre la vérité et trouver la vie éternelle ». Comme nous l’explique saint Augustin :

« Les hommes ne peuvent souffrir d’être trompés, et ils veulent tromper, voilà pourquoi ils aiment la lumière quand elle se découvre, et la détestent quand elle les découvre eux-mêmes. Et voici leur châtiment : ils ne veulent pas être découverts par elle, elle ne les en découvre pas moins et ne se découvre pas à eux» (Confess., 10, 23) Ils aiment donc la lumière de la vérité, mais ils ne peuvent souffrir ses censures : «Et il ne vient point à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient découvertes». (Confess., 10, 23)

Alors, à la fin du texte que nous méditons aujourd’hui, le Seigneur dit à Nicodème que « celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »

Nous allons donc parler aujourd’hui de la manière selon laquelle nous « faisons la vérité » ou, plutôt nous vivons la vérité dans nos vies. Ainsi comme la semaine dernière nous avons exposé comment servir Dieu avec la force de nos passions et de nos affections ordonnées par la foi, aujourd’hui allons nous faire référence au fait de servir Dieu avec notre intelligence, elle qui cherche la vérité des choses, car c’est à travers l’intelligence illuminée par la foi que nous découvrons la vérité de Dieu en Jésus-Christ.  (Suite: paragraphes extraits du Catéchisme de l’Eglise Catholique, à partir du numéro 2464, Huitième Commandement)

En Jésus-Christ, la vérité de Dieu s’est manifestée tout entière.  » Plein de grâce et de vérité  » (Jn 1, 14), il est la  » lumière du monde  » (Jn 8, 12), comme Il l’a dit, Il est la Vérité (cf. Jn 14, 6).  » Quiconque croit en lui, ne demeure pas dans les ténèbres  » (Jn 12, 46). 

Le disciple de Jésus, doit donc  » demeurer dans sa parole (écouter sa parole exprimée dans les saintes Ecritures)  » afin de connaître  » la vérité qui rend libre  » (Jn 8, 32) et qui sanctifie (cf. Jn 17, 17). Suivre Jésus, c’est vivre de  » l’Esprit de vérité  » (Jn 14, 17) que le Père envoie en son nom (cf. Jn 14, 26) et qui conduit  » à la vérité tout entière  » (Jn 14, 17 ; 16, 13).

A ses disciples Jésus enseigne l’amour inconditionnel de la vérité :  » Que votre langage soit : ‘Oui ? oui’, ‘Non ? non’  » (Mt 5, 37).

Chercher la vérité des choses est un mouvement naturel de l’homme, un devoir moral :  En vertu de leur dignité, tous les hommes, parce qu’ils sont des personnes … sont pressés par leur nature même et tenus, par obligation morale, à chercher la vérité, celle tout d’abord qui concerne la religion. Il sont tenus aussi à adhérer à la vérité dès qu’ils la connaissent et à régler toute leur vie selon les exigences de la vérité «  (DH 2).

Comme nous le savons, la vérité n’est pas seulement dans les paroles, mais aussi dans les actes : La vérité comme rectitude de l’agir et de la parole humaine a pour nom véracité, sincérité ou franchise. La vérité ou véracité est la vertu qui consiste à se montrer vrai en ses actes et à dire vrai en ses paroles, en se gardant de la duplicité, de la simulation et de l’hypocrisie. Saint Pierre dit que tout chrétien doit  » rejeter toute méchanceté et toute ruse, toute forme d’hypocrisie, d’envie et de médisance  » (1 P 2, 1).

Mais dire la vérité ne signifie pas tout dire, tout parler : La véracité observe un juste milieu entre ce qui doit être exprimé, et le secret qui doit être gardé : elle implique l’honnêteté et la discrétion. 

Vivre la vérité implique aussi savoir confesser le Christ lorsqu’il faut le faire : Le chrétien n’a pas à  » rougir de rendre témoignage au Seigneur  » (2 Tm 1, 8). Dans les situations qui demandent l’attestation de la foi, le chrétien doit la professer sans équivoque. Il lui faut garder  » une conscience irréprochable devant Dieu et devant les hommes  » (Ac 24, 16). Ainsi le martyre est le suprême témoignage rendu à la vérité de la foi ; il désigne un témoin qui va jusqu’à la mort.

Quand il est émis publiquement, un propos contraire à la vérité revêt une particulière gravité. Devant un tribunal, il devient un faux témoignage (cf. Pr 19, 9). Quand il est tenu sous serment, il s’agit d’un parjure. Ces manières d’agir contribuent, soit à condamner un innocent, soit à disculper un coupable ou à augmenter la sanction encourue par l’accusé (cf. Pr 18, 5). Elles compromettent gravement l’exercice de la justice et l’équité de la sentence prononcée par les juges.

Par rapport au respect de la réputation des personnes, toute attitude et toute parole susceptibles de leur causer un injuste dommage est aussi un péché. Se rend coupable

– de jugement téméraire celui qui, même tacitement (sans dire un mot) admet comme vrai, sans fondement suffisant, un défaut moral chez le prochain.

– de médisance celui qui, sans raison objectivement valable, dévoile à des personnes qui l’ignorent les défauts et les fautes d’autrui (Si 21, 28 : Le médisant se salit lui-même, et, de son entourage, il se fait détester.).

– de calomnie celui qui, par des propos contraires à la vérité, nuit à la réputation des autres et donne l’occasion de faux jugements à leur égard.

Comment nous devons faire pour éviter le jugement téméraire ? Il faut interpréter autant que possible dans un sens favorable les pensées, paroles et actions de son prochain.

Toute parole ou attitude qui, par flatterie, adulation ou complaisance, encourage et confirme autrui dans la malice de ses actes et la perversité de sa conduite est aussi un péché. L’adulation est une faute grave si elle se fait complice de vices ou de péchés graves (c’est-à-dire à encourager quelqu’un à faire du mal, à agir contre la loi de Dieu). Le désir de rendre service ou l’amitié, ne justifient pas une duplicité du langage. 

La jactance ou vantardise constitue une faute contre la vérité. Il en est de même de l’ironie qui vise à déprécier quelqu’un en caricaturant, de manière malveillante, tel ou tel aspect de son comportement.

Le mensonge est l’offense la plus directe à la vérité. Mentir, c’est parler ou agir contre la vérité pour induire en erreur. La gravité du mensonge se mesure selon la nature de la vérité qu’il déforme, selon les circonstances, les intentions de celui qui le commet, les préjudices subis par ceux qui en sont victimes. Toute faute commise à l’égard de la justice et de la vérité appelle le devoir de réparation, même si son auteur a été pardonné. Cette réparation, morale et parfois matérielle, doit s’apprécier à la mesure du dommage qui a été causé. Elle oblige en conscience.

Par rapport au secret que nous sommes tenus de garder, Le premier principe : le droit à la communication de la vérité n’est pas inconditionnel.

La charité et le respect de la vérité doivent dicter la réponse à toute demande d’information ou de communication. Le bien et la sécurité d’autrui, le respect de la vie privée, le bien commun sont des raisons suffisantes pour taire ce qui ne doit pas être connu, ou pour user d’un langage discret. Le devoir d’éviter le scandale commande souvent une stricte discrétion. Personne n’est tenu de révéler la vérité à qui n’a pas droit de la connaître (cf. Si 27, 16 : Qui trahit les secrets détruit la confiance, il ne trouvera plus d’ami selon son cœur. ; Pr 25, 9-10). Chacun doit garder la juste réserve à propos de la vie privée des gens. Les responsables de la communication doivent maintenir une juste proportion entre les exigences du bien commun et le respect des droits particuliers.

Il faut encore dire que : Le secret du sacrement de réconciliation est sacré, et ne peut être trahi sous aucun prétexte. Les secrets professionnels – détenus par exemple par des hommes politiques, des militaires, des médecins, des juristes – ou les confidences faites sous le sceau du secret, doivent être gardés, sauf dans les cas exceptionnels où la rétention du secret devrait causer à celui qui les confie, à celui qui les reçoit ou à un tiers des dommages très graves et seulement évitables par la divulgation de la vérité.

Et que doit on doit dire de la communication, aujourd’hui très développée par les mass- média ?

L’information médiatique est au service du bien commun (cf. IM 11). La société a droit à une information fondée sur la vérité, la liberté, la justice, et la solidarité :

Le bon exercice de ce droit requiert que la communication soit, quant à l’objet, toujours véridique et dans le respect des exigences de la justice et de la charité complète ; qu’elle soit, quant au mode, honnête et convenable, c’est-à-dire que dans l’acquisition et la diffusion des nouvelles, elle observe absolument les lois morales, les droits et la dignité de l’homme (IM 5). Les moyens de communication sociale doivent concourir à la formation et à la diffusion de saines opinions publiques  » (IM 8)

Nous devons savoir discerner l’information qu’on reçoit par les médias, savoir donner un assentiment seulement si nous sommes certains de son authenticité, il faut aussi savoir confronter les sources. C’est la leçon de saint Augustin quand il écrit: «comme ils (les hommes) n’aiment pas être trompés, tout en voulant tromper eux-mêmes » (Confessions, X, 23,33) . 

Encore, devons nous être conscients de ce grand danger :  les moyens de communication sociale (en particulier les mass média) peuvent engendrer une certaine passivité chez les usagers, faisant de ces derniers des consommateurs peu vigilants de messages ou de spectacles. Les usagers s’imposeront modération et discipline vis-à-vis des mass média. Ils voudront se former une conscience éclairée et droite afin de résister plus facilement aux influences moins honnêtes.

Demandons aujourd’hui la grâce de toujours vivre dans la vérité, de dire la vérité, de faire la vérité et de l’aimer car en l’aimant on aime le Christ. A la très sainte Vierge Marie nous demandons cette même grâce.

P. Luis Martinez IVE

‘Oui, Seigneur !’ et il n’y alla pas…

Homélie du Dimanche XXVI, année A (Mt 21, 28-32)

Nous méditons ce dimanche la parabole des deux fils. Si nous situons ce moment dans la vie du Seigneur, cette parabole a été proclamée le Lundi Saint, le lendemain de l’entrée triomphante de Jésus en Jérusalem, ce que nous commémorons le Dimanche des Rameaux; peu de jours manquaient donc pour sa Passion. Cela indique que la controverse de Jésus et des pharisiens était arrivée à son point le plus haut et s’était déjà transformée en haine envers Jésus puis traduite en condamnation, l’injuste condamnation d’un innocent.

Le sens fondamental de la parabole d’aujourd’hui c’est de convaincre les pharisiens de leur malice. La malice de ne pas croire en Jésus. Le centre de la parabole se trouve dans la question :  « Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Car la volonté du Père est que tous les hommes croient en Jésus : « telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (Jn. 6,40).

En définitive, le chrétien a besoin des œuvres et non seulement de paroles pour être un bon chrétien : « Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. » (Mt 7,21)

Observons que Jésus ne parle pas dans cette histoire d’un roi ou d’un chef, il prend l’image d’un père avec ses fils, car il veut montrer le mal dans la désobéissance et surtout dans l’hypocrisie. C’est le père qu’on veut tromper, même dans la réponse que le deuxième fils adresse à son père : « Oui, seigneur » comme en voulant se moquer de lui car ce fils n’ira pas finalement . Il faut aussi dire que chez les deux fils de la parabole, il y a une rébellion. Le premier en écoutant le mandat du père. Le second au moment de l’exécution de l’ordre. Le premier fils est le pénitent, le second l’hypocrite. Le premier rejette la parole pour être immergé dans ce qui lui est banal, mais une fois qu’il se repent de sa mauvaise vie, il l’accomplit. Le second est apparemment religieux, manifeste sa « fidélité », mais il ne l’a pas.

Il y a encore un troisième fils, dont la parabole ne parle pas directement, le fils exemplaire qui motive la parabole, celui qui a dit oui au Père et a accompli sa volonté. Mais il n’a existé qu’un seul de ces fils et c’est Jésus, notre modèle à imiter : « Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus » nous a dit saint Paul dans la deuxième lecture.

Encore un point à remarquer : le Seigneur déclare que les publicains et les prostituées précèderont les autres dans le royaume de Dieu, mais pas évidement en tant que tels, mais grâce à leur foi, car ils ont cru à l’enseignement de saint Jean Baptiste qui prêchait précisément la conversion, le fait de renoncer au péché et de recommencer une vie nouvelle.

Revenant au centre de la même parabole, le Seigneur démontre que le deuxième des fils n’a pas tenu sa parole, qu’au contraire il a menti, car finalement il n’a pas accompli la promesse.

Le Christ dénonce le grand péché d’hypocrisie de son temps, par rapport aux pharisiens ce péché commençait dans la religion et c’était le plus grave de tous mais il se prolongeait évidement pour toute la vie: Ils vivaient dans un grand mensonge.

Attention ! Que ce ne soit pas notre grand péché aussi, le fait de vivre dans le mensonge et de mépriser la vérité ou de ne pas la chercher.

Comme nous l’enseigne le Catéchisme de l’Eglise Catholique (2475-2487): Les disciples du Christ ont  » revêtu l’homme nouveau créé selon Dieu dans la justice et la sainteté qui viennent de la vérité  » (Ep 4, 24).  » Débarrassés du mensonge  » (Ep 4, 25), ils ont à  » rejeter toute méchanceté et toute ruse, toute forme d’hypocrisie, d’envie et de médisance  » (1 P 2, 1).

Un péché contre la vérité est donc beaucoup plus que de dire un mensonge, il y a malheureusement plusieurs péchés qui vont contre la vérité elle-même :

Quand il est émis publiquement, un propos contraire à la vérité revêt une particulière gravité. Devant un tribunal, il devient un faux témoignage (cf. Pr 19, 9). Quand il est tenu sous serment, il s’agit d’un parjure. Ces manières d’agir contribuent, soit à condamner un innocent, soit à disculper un coupable ou à augmenter la sanction encourue par l’accusé (cf. Pr 18, 5). Elles compromettent gravement l’exercice de la justice et l’équité de la sentence prononcée par les juges.

Le respect de la réputation des personnes interdit toute attitude et toute parole susceptibles de leur causer un injuste dommage. Se rend donc coupable :

– de jugement téméraire celui qui, même tacitement admet comme vrai, sans fondement suffisant, un défaut moral chez le prochain.

– de médisance celui qui, sans raison objectivement valable, dévoile à des personnes qui l’ignorent les défauts et les fautes d’autrui (cf. Si 21, 28).

– de calomnie celui qui, par des propos contraires à la vérité, nuit à la réputation des autres et donne occasion à de faux jugements à leur égard.

Pour éviter le jugement téméraire, chacun de nous veillera à interpréter autant que possible dans un sens favorable les pensées, paroles et actions de son prochain.

Médisance et calomnie détruisent la réputation et l’honneur du prochain. Or, l’honneur est le témoignage social rendu à la dignité humaine, et chacun jouit d’un droit naturel à l’honneur de son nom, à sa réputation et au respect. Ainsi, la médisance et la calomnie blessent-elles les vertus de justice et de charité.

Est à proscrire toute parole ou attitude qui, par flatterie, adulation ou complaisance, encourage et confirme autrui dans la malice de ses actes et la perversité de sa conduite. L’adulation est une faute grave si elle se fait complice de vices ou de péchés graves. Le désir de rendre service ou l’amitié, ne justifient pas une duplicité du langage.

La jactance ou vantardise constitue une faute contre la vérité. Il en est de même de l’ironie qui vise à déprécier quelqu’un en caricaturant, de manière malveillante, tel ou tel aspect de son comportement.

 » Le mensonge consiste à dire le faux avec l’intention de tromper  » (S. Augustin, mend. 4, 5 : PL 40, 491). Le Seigneur dénonce dans le mensonge une œuvre diabolique :  » Vous avez pour père le diable … il n’y a pas de vérité en lui : quand il dit ses mensonges, il les tire de son propre fonds, parce qu’il est menteur et père du mensonge  » (Jn 8, 44).

Le mensonge est l’offense la plus directe à la vérité. La gravité du mensonge se mesure selon la nature de la vérité qu’il déforme, selon les circonstances, les intentions de celui qui le commet, les préjudices subis par ceux qui en sont victimes. Si le mensonge, en soi, ne constitue qu’un péché véniel, il devient mortel quand il lèse gravement les vertus de justice et de charité.

Le mensonge est condamnable dans sa nature car il est une profanation de la parole qui a pour tâche de communiquer à d’autres la vérité connue. La culpabilité est plus grande quand l’intention de tromper risque d’avoir des suites funestes pour ceux qui sont détournés du vrai.

Il faut encore dire que toute faute commise à l’égard de la justice et de la vérité appelle le devoir de réparation. Ce devoir de réparation concerne aussi bien les fautes commises à l’égard de la réputation d’autrui. Cette réparation, morale et parfois matérielle, doit s’apprécier à la mesure du dommage qui a été causé. Elle oblige en conscience.

Nous devons dire que notre temps est malheureusement celui des grands mensonges, comme le constate un auteur contemporain. Des mensonges institutionnalisés, massivement révélés. Le temps des mensonges sur Dieu, sur le monde et sur l’homme. C’est le temps du «pouvoir» du mensonge. De la séduction du mensonge. Du «mensonge» et de la «capacité à mentir» compris comme synonymes de politique, de journalisme, de gestion de masse, de commerce ou de diplomatie (même ecclésiastique), correspondant très exactement à la description que Jérémie (9,1-5) a faite de son temps:

« Qui me donnera un gîte au désert ? Je veux abandonner mon peuple et m’en aller loin d’eux, car ils sont tous adultères, une bande de traîtres.

Avec le mensonge, ils arment leur langue comme un arc ; par la déloyauté, ils sont devenus forts dans le pays, car ils vont de méfait en méfait ; mais moi, ils ne me connaissent pas – oracle du Seigneur.

Gardez-vous chacun de votre compagnon, défiez-vous de tout frère, car tout frère ne pense qu’à supplanter, et tout compagnon sème la calomnie.

Ils se jouent chacun de son compagnon, ils ne disent pas la vérité ; ils exercent leur langue à mentir et à pécher, ils n’ont plus la force de revenir ; violence sur violence, tromperie sur tromperie, ils refusent de me connaître ».

Ne pas chercher la vérité dans notre vie et ne pas chercher vivre la vérité dans tous nos actes, nous assimile au fils de la parabole qui voulait tromper le père. Nous avons déjà vécu comme ce premier fils, rebelle mais qui revenait, imitons désormais le troisième fils, celui qui a promis d’accomplir la volonté du Père et l’a accomplie en toute vérité.

Que la Sainte Vierge nous aide à imiter son Fils.

P. Luis Martinez IVE