Fête de la Dédicace de la Basilique du Latran

En 312, l’empereur romain Constantin, qui venait de se convertir au christianisme, donna au pape Miltiade le palais des Laterani sur le mont Coelius, à Rome, et y fit construire peu après une église, la basilique du Latran. Celle-ci fut consacrée en 324, et devint l’église du pape en tant qu’il est l’évêque de Rome. Elle l’est restée jusqu’à aujourd’hui. Car la cathédrale de l’évêque de Rome, le pape, n’est pas la Basilique de Saint-Pierre, comme beaucoup le croient, mais la basilique du Latran. Et en tant que l’évêque de Rome est aussi le pasteur suprême de l’Eglise catholique, son église est en quelque sorte la « Mère et tête de toutes les églises », comme le dit l’inscription au-dessus du portail de la basilique. Célébrer la dédicace du Latran, c’est-à-dire sa consécration officielle, est donc une manière de célébrer l’unité de l’Eglise catholique dont elle est le symbole.

Source: www.notredamedeparis.fr

 

Sermon de Saint Augustin pour une dédicace

La solennité qui nous réunit est la dédicace d’une maison de prière. La maison de nos prières, nous y sommes ; la maison de Dieu, c’est nous-mêmes. Si la maison de Dieu, c’est nous-mêmes, nous sommes construits en ce monde, pour être consacrés à la fin du monde. L’édifice, ou plutôt sa construction, se fait dans la peine ; la dédicace se fait dans la joie.

Ce qui se passait, quand s’élevait cet édifice, c’est ce qui se passe maintenant quand se réunissent ceux qui croient au Christ. Lorsque l’on croit, c’est comme lorsque l’on coupe du bois dans la forêt et que l’on taille des pierres dans la montagne ; lorsque les croyants sont catéchisés, baptisés, formés, c’est comme s’ils étaient sciés, ajustés, rabotés par le travail des charpentiers et des bâtisseurs.

Cependant, on ne fait la maison de Dieu que lorsque la charité vient tout assembler. Si ce bois et cette pierre n’étaient pas réunis selon un certain plan, s’ils ne s’entrelaçaient pas de façon pacifique, s’ils ne s’aimaient pas, en quelque sorte, par cet assemblage, personne ne pourrait entrer ici. Enfin, quand tu vois dans un édifice les pierres et le bois bien assemblés, tu entres sans crainte, tu ne redoutes pas qu’il s’écroule.

Le Christ Seigneur, parce qu’il voulait entrer et habiter en nous, disait, comme pour former son édifice : Je vous donne un commandement nouveau, c’est que vous vous aimiez les uns les autres. C’est un commandement, dit-il, que je vous donne. Vous étiez vieux, vous n’étiez pas une maison pour moi, vous étiez gisants, écroulés. Donc, pour sortir de votre ancien état, de votre ruine, aimez-vous les uns les autres.

Que votre charité considère encore ceci : cette maison est édifiée, comme il a été prédit et promis, dans le monde entier. En effet, quand on construisait la maison de Dieu après la captivité, on disait dans un psaume : Chantez au Seigneur un chant nouveau ; chantez au Seigneur terre entière. On disait alors : un chant nouveau ; le Seigneur a dit : un commandement nouveau. Qu’est-ce qui caractérise un chant nouveau, sinon un amour nouveau ? Chanter est le fait de celui qui aime. Ce qui permet de chanter c’est la ferveur d’un saint amour.

Ce que nous voyons réalisé ici physiquement avec les murs doit se réaliser spirituellement avec les âmes ; ce que nous regardons ici accompli avec des pierres et du bois, doit s’accomplir dans vos corps, avec la grâce de Dieu.

Rendons grâce avant tout au Seigneur notre Dieu : les dons les meilleurs, les présents merveilleux viennent de lui. Célébrons sa bonté de tout l’élan de notre cœur. Pour que soit construite cette maison de prière, il a éclairé les âmes de ses fidèles, il a éveillé leur ardeur, il leur a procuré de l’aide ; à ceux qui n’étaient pas encore décidés, il a inspiré la décision ; il a secondé les efforts de bonne volonté pour les faire aboutir. Et ainsi Dieu, qui produit, chez les siens, la volonté et l’achèvement parce qu’il veut notre bien, c’est lui qui a commencé tout cela, et c’est lui qui l’a achevé.

Source: Liturgie des Heures – Commun de la Dédicace
 
On peut aussi consulter:
http://www.blogcathedraletunis.com/2014/11/la-dedicace-de-la-cathedrale-de-latran.html

IL FAUT COMMENCER PAR LA PURGATION DE L’AME

La fille étrangère, pour épouser l’Espritu Santo. 2Israélite, devait ôter la robe de sa captivité, rogner ses ongles et raser ses cheveux: et l’âme qui aspire à l’honneur d’être épouse du Fils de Dieu, se doit « dépouiller du vieil homme et se revêtir du nouveau », quittant le péché; puis, rogner et raser toutes sortes d’empêchements qui détournent de l’amour de Dieu. C’est le commencement de notre santé que d’être purgé de nos humeurs peccantes.

« Les fleurs, dit l’Epoux sacré, apparaissent en notre terre, le temps d’émonder et tailler est venu. » Qui sont les fleurs de nos coeurs, o Philothée, sinon les bons désirs ? Or, aussitôt qu’il paraissent, il faut mettre la main à la serpe, pour retrancher de notre conscience toutes les oeuvres mortes et superflues. La fille étrangère, pour épouser l’Israélite, devait ôter la robe de sa captivité, rogner ses ongles et raser ses cheveux: et l’âme qui aspire à l’honneur d’être épouse du Fils de Dieu, se doit « dépouiller du vieil homme et se revêtir du nouveau », quittant le péché; puis, rogner et raser toutes sortes d’empêchements qui détournent de l’amour de Dieu. C’est le commencement de notre santé que d’être purgé de nos humeurs peccantes.

Saint Paul tout en un moment fut purgé d’une purgation parfaite, comme fut aussi sainte Catherine de Gênes, sainte Madeleine, sainte Pélagie et quelques autres; mais cette sorte de purgation est toute miraculeuse et extraordinaire en la grâce, comme la résurrection des morts en la nature, si que nous ne devons pas y prétendre. La purgation et guérison ordinaire, soit des corps soit des esprits, ne se fait que petit à petit, par progrès, d’avancement en avancement, avec peine et loisir. Les anges ont des ailes sur l’échelle de Jacob, mais ils ne volent pas, ains montent et descendent par ordre, d’échelon en échelon. L’âme qui monte du péché à la dévotion est comparée à l’aube, laquelle s’élevant nConvercione chasse pas les ténèbres en un instant, mais petit à petit. La guérison, dit l’aphorisme, qui se fait tout bellement, est toujours plus assurée; les maladies du coeur aussi bien que celles du corps, viennent à cheval et en poste, mais elle s’en revont à pied et au petit pas.

Il faut donc être courageuse et patiente, o Philothée, en cette entreprise. Hélas ! quelle pitié est-ce de voir des âmes lesquelles, se voyant sujettes à plusieurs imperfections après s’être exercées quelquefois en la dévotion, commencent à s’inquiéter, se troubler et décourager, laissant presque emporter leur coeur à la tentation de tout quitter et retourner en arrière. Mais aussi, de l’autre côté, n’est-ce pas un extrême danger aux âmes lesquelles, par une tentation contraire, se font accroire d’être purgées de leurs imperfections le premier -jour de leur purgation, se tenant pour parfaites avant presque d’être faites, en se mettant au vol sans ailes? O Philothée, qu’elles sont en grand péril de rechoir, pour s’être trop tôt ôtées d’entre les mains du médecin! Ah! ne vous levez pas « avant que la lumière soit arrivée, dit le Prophète, levez-vous après que vous aurez été assis » ; et lui-même pratiquant cette leçon et ayant été déjà lavé et nettoyé, demande de l’être derechef.

L’exercice de la purgation de l’âme ne se peut ni doit finir qu’avec notre vie: ne nous troublons donc point de nos imperfections, car notre perfection consiste à les combattre, et nous ne saurions les combattre sans les voir, ni les vProgrès en la vie spirituelle. 2aincre sans les rencontrer. Notre victoire ne gît pas à ne les sentir point, mais à ne point leur consentir; mais ce n’est point leur consentir que d’en être incommodé. Il faut bien que pour l’exercice de notre humilité, nous soyons quelquefois blessés en cette bataille spirituelle; néanmoins nous ne sommes jamais vaincus sinon lorsque nous avons perdu ou la vie ou le courage. Or, les imperfections et péchés véniels ne nous sauraient ôter la vie spirituelle, car elle ne se perd que par le péché mortel ; il reste donc seulement qu’elles ne nous fassent point perdre le courage : «Délivre-moi, Seigneur, disait David, de la couardise et découragement ». C’est une heureuse condition pour nous en cette guerre, que nous soyons toujours vainqueurs, pourvu que nous voulions combattre.