Bienheureux Miguel Agustin Pro

Nous approchant de la Solennité du Christ Roi, nous voudrions vous présenter la vie d’un martyr mexicain, qui nous est très cher, il est mort le 23 novembre, en criant “Vive le Christ Roi”.Bienheureux Miguel A. Pro

Miguel Agustin (Michel Augustin) Pro Juarez naît en 1891 à Guadalupe au Mexique dans une famille profondément chrétienne. Son père est un ingénieur qui dirige l’exploitation d’une mine. Sa mère s’appelle Josefa Juarez. Le petit ‘Miguelito’, comme on l’appelle, manifeste un caractère très gai et même espiègle, prêt à jouer mille tours. Devenu grand, il abandonne un moment la pratique religieuse, mais il y revient, ému par l’entrée de sa sœur au couvent, et c’est le point de départ de sa vocation. Agé de vingt ans, il entre chez les Jésuites et fait ses premiers vœux le 15 août 1913. Inquiétés par le gouvernement mexicain anti-clérical, les Jésuites en formation doivent s’exiler aux Etats-Unis. Michel va aussi en Espagne (deux séjours) et au Nicaragua, pour aboutir en Belgique à Enghien où il achève son parcours de formation dans la maison d’études des jésuites français, eux aussi exilés, par leur gouvernement. Malgré sa mauvaise santé et de continuelles douleurs à l’estomac, le jeune jésuite se distingue par une joie inaltérable et communicative. Il est ordonné prêtre à 34 ans à Amiens, en août 1925. Lui qui venait d’un milieu aisé et qui aurait pu succéder à son père, il préfère les pauvres, et en particulier, il prend contact avec les mineurs belges et français qu’il a l’occasion de rencontrer ; il s’intéresse à la pastorale ouvrière et à la JOC naissante (Jeunesse ouvrière catholique).

Le père Pro prie avant son exécution
Le P. Pro prie avant son exécution

Malgré la persécution qui s’intensifie au Mexique avec l’arrivée au pouvoir du général Calles, ses supérieurs pensent que l’air du pays pourrait être bénéfique à sa santé (que plusieurs opérations n’ont pas pu rétablir). Le Père Pro revient au Mexique en 1926 quelques jours après l’édit interdisant la présence des prêtres. A Mexico, pendant plus d’une année, il exercera un ministère clandestin périlleux. Les églises sont fermées et tout culte public interdit. Mais, il a l’art d’agir sans être pris. Il se fait appeler ‘Cocol’ (nom d’un pain sucré qu’il aimait dans son enfance). Il utilise toutes sortes de déguisements, s’habillant par exemple en gendarme pour visiter les prisons. Un jour, alors que la maison où il se cache est cernée, il se déguise en inspecteur de police, aborde un officier et lui reproche de ne pas agir assez énergiquement pour arrêter “ce vaurien de Pro” ; l’autre s’excuse, promettant d’intensifier ses recherches. Une autre fois, talonné par la police, il prend une jeune femme dans ses bras et lui dit : « Aidez-moi, je suis prêtre », et la police passe en trombe sans prêter attention à ce couple. Dans cette vie de proscrit, l’eucharistie est la force qui l’anime et, pour en nourrir aussi ses fidèles, il organise des ‘stations eucharistiques’ disant la messe chaque jour dans une maison différente. Il n’a pas peur de s’exposer encore plus en ajoutant à son ministère spirituel des services de charité en faveur des pauvres.

Le père Pro reçoit la fussilade
Le père Pro reçoit la fussilade

Finalement il est pris, soupçonné à tort d’avoir fomenté avec son frère prêtre également, un attentat contre l’ancien Président, le Général Obregon. On le condamne sommairement. On se doute bien qu’il est innocent, mais Calles en veut surtout à son caractère sacerdotal et à son ministère. Le 23 novembre 1927, on l’emmène au lieu d’exécution. Là, après avoir prié et refusé le bandeau sur les yeux, il élève une voix puissante pardonnant à tous et disant à Dieu son innocence, puis il étend les bras en croix, tenant un crucifix dans une main et un chapelet dans l’autre, et avant d’être transpercé par les balles, il s’écrie : « Vive le Christ Roi ! » Pour son enterrement, toute manifestation publique est interdite, mais plus de vingt mille personnes sont aux fenêtres ou l’accompagnent en silence dans les rues. Parmi les prêtres martyrs de cette période, le Père Pro est le plus connu.

“Je n’ai jamais si bien compris, écrit le P. Pro, la valeur de la souffrance. II est bon de souffrir et de n’être vu que de Dieu… Il faut pourtant que je guérisse. Je veux rentrer au Mexique, où je mourrai martyr. Je veux des âmes!… J’offrirais volontiers dès maintenant le sacrifice de ma vie. Mais le bon Dieu a-t-il vraiment besoin de moi au Mexique?… Voyons si la grâce du martyre finira par m’être donnée. “

 
Sources :
http://www.jesuites.com/2013/01/bienheureux-michel-pro-sj/
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/
http://www.hommes-adorateurs.fr/padre-pro-martyr-dans-la-joie/

Les cinq qualités requises pour toute prière.

Parmi toutes les prières, l’oraison dominicale occupe manifestement la place principale. Elle possède en effet les cinq qualités excellentes, requises pour la prière.

Celle-ci doit être a) confiante, b) droite, c) ordonnée, d) dévote et e) humble.

 a) La prière doit être confiante, comme le dit la lettre aux Hébreux (4, 16) : Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce pour un secours opportun.

 La prière doit aussi procéder d’une foi sans défaillance, d’après saint Jacques (1, 6) : L’un de vous, déclare-t-il, manque-t-il de sagesse, qu’il la demande à Dieu…, mais qu’il la demande avec foi, sans hésitation aucune.

Pour plusieurs raisons, le Notre Père est la prière la plus sûre, la plus confiante.Le Sermon de la montagne. Fra Angelico

 N’est-elle pas, en effet, l’œuvre de notre avocat, du plus sage des orants, de celui qui possède tous les trésors de la sagesse (cf. Col 2, 3),

Saint Cyprien écrit dans son traité de l’oraison dominicale ( c’est à dire la Prière du Seigneur): « Comme nous avons le Christ comme avocat auprès du Père pour nos péchés, dans nos demandes de pardon pour nos fautes, présentons en notre faveur les paroles de notre avocat. »

Nous avons une autre raison pour savoir que cette prière est toujours exaucée, c’est parce que Celui qui, avec son Père, écoute favorablement cette prière, est le même qui nous l’a enseignée.

« C’est faire au Seigneur une prière amie, familière et dévote, dit saint Cyprien, que de s’adresser à lui en reprenant ses propres paroles. »

Aussi nous en tirons toujours quelque fruit, selon saint Augustin, par elle Dieu nous pardonne les péchés véniels.

 b) Notre prière doit, en deuxième lieu, être droitec’est-à-dire qu’elle doit nous faire demander à Dieu les biens qui nous conviennent.

« La prière, dit saint Jean Damascène, est la demande à Dieu des dons qu’il convient de solliciter. »

Fort souvent, la prière n’est pas exaucée et c’est parce que nous avons imploré des biens qui ne nous conviennent pas vraiment. Vous demandez et vous ne recevez pas, dit saint Jacques (4, 3), parce que vous demandez mal.

Alors, il Prièreest bien difficile de savoir avec certitude ce qu’il faut demander, parce que c’est difficile même de savoir ce qu’il faut désirer.

Mais nous savons très bien que le Seigneur est notre Docteur en sagesse. C’est bien à lui de nous enseigner ce que nous devons demander, dans l’évangile nous lisons que ses disciples aussi Lui ont demandé de leur apprendre à prier (Luc 11, 1) : Seigneur, apprends-nous à prier.

Ces biens qu’il nous a appris à demander dans la prière, il est donc très convenable et très sage de les demander.

« Si nous prions d’une manière juste et convenable, dit saint Augustin, quels que soient les termes dont nous utilisons, nous ne disons rien d’autre que ce qui est contenu dans cette Prière dominicale».

 c) En troisième lieu, la prière doit être ordonnée et réglée, c’est pareil pour ce qu’on désire, dont la prière est l’interprète.

Comment se fait cet ordre ?

Un ordre convenable consiste en ce que nous préférions dans nos désirs et nos prières les biens spirituels aux biens corporels, les réalités célestes aux réalités terrestres, conformément à la recommandation du Seigneur (Mt 6, 33) : Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice ; et le reste – le nécessaire pour vivre dans ce monde  – vous sera donné par surcroît.

Dans l’oraison dominicale, le Seigneur nous a appris à observer cet ordre, parce qu’on y demande d’abord les réalités célestes et ensuite les biens terrestres.

 d) La prière, en quatrième lieu, doit être fervente.

 Pour qu’elle soit vraiment fervente, elle doit éviter toute exagération, plutôt une exubérance des paroles ; le Seigneur nous enseigne à éviter cette « prolixité superflue ». Dans vos prières, dit-il (Mt 6, 7), ne multipliez pas les paroles, comme font les païens. Saint Augustin écrivant à Proba, dit aussi : « Bannissez de la prière l’abondance des paroles ; cependant ne manquez pas, si votre attention demeure fervente, de beaucoup supplier. »

Telle est la raison pour laquelle le Seigneur institua cette brève prière du Notre Père.

 Une autre vérité à reconnaître c’est que la dévotion vient de la charité, qui est inséparablement amour de Dieu et du prochain.

Cette prière du Notre Père est une manifestation de ces deux amours. Pour montrer en effet notre amour à Dieu, nous l’appelons « Père », et pour signifier notre amour pour le prochain, nous prions pour tous les hommes ensemble, en disant : notre Père, et poussés par le même amour, nous ajoutons : pardonne-nous nos offenses.

 e) Notre oraison doit, finalement, être humblesuivant cette parole du Psalmiste (Ps. 101, 18) : Dieu a regardé la prière des humbles.

 Une prière humble est une prière sûrement exaucée. Le Seigneur nous le montre dans l’évangile du Pharisien et du Publicain (Luc 18,9-15). Et Judith (9, 16), priant le Seigneur, lui disait : Vous avez toujours eu pour agréable la supplication des humbles et des doux.

Cette humilité est pratiquée dans la prière dominicale, car la véritable humilité existe, quand quelqu’un n’attend que de la puissance divine tout ce qu’il en doit obtenir.

Du Commentaire au Notre Père – Saint Thomas d’Aquin

 

Quelle prière est plus digne de la majesté du Père que celle qui est descendue de la bouche du Fils qui est la vérité  même ?  

Que le Père reconnaisse les paroles   de   son  Fils,  quand   nous   prions ;  que   Celui  qui habite   dans   nos   cœurs   parle   par   notre   voix. 

 Saint Cyprien de Carthage