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Un coq – Travailler sur la volonté

Un homme riche a confié une commande intéressante à un peintre. Sa peinture devait représenter uniquement un coq, mais le plus fidèlement possible. Après la commande, l’homme a attendu plusieurs années sans nouvelles du peintre. Finalement, il en eut tellement assez d’attendre qu’il alla voir ce qui arrivait au tableau. Il n’a pas trouvé une seule ligne tracée. Le peintre obligea le marchand à s’asseoir, se mit au travail, et en un quart d’heure le tableau fut terminé. Un chef d’œuvre irréprochable. L’homme était ravi. Au moment de payer, il fut choqué d’apprendre la somme énorme que le peintre avait osé exiger pour ce “quart d’heure” de travail, et il explosa d’indignation. Pour le retenir, le peintre, d’un geste, lui montra la pile de papiers qui se trouvait dans le coin de la pièce, qui faisait la taille d’un homme. Sur chaque feuille, il y avait un coq dessiné et il dit : « Je peins ces tableaux depuis trois ans, et ce n’est qu’avec une si longue pratique que j’ai acquis l’habileté de pouvoir réaliser en si peu de temps et avec une telle perfection un tableau. Il me faut donc maintenant percevoir le prix de mes trois années de travail sur votre coq ». L’homme a accepté et payé le montant demandé.

Quelque chose de similaire se produit avec l’affermissement de la volonté. Si nous voulons que nos passions obéissent un jour à notre volonté en tout avec aisance et perfection, et mettent en pratique le bien que nous avons projeté dans notre intelligence, nous avons besoin d’un exercice continu d’années et d’années. Avec la patience avec laquelle le peintre a tracé sur la toile les lignes du tableau qu’il avait en tête, nous devons travailler à renforcer et à modeler notre volonté.

Nous ne devons pas nous laisser décourager par nos défauts ni par les difficultés que nous rencontrons lorsque nous travaillons à affermir notre volonté. Pour le peintre, chaque nouveau tableau était plus facile que le précédent, et le dernier ne lui prenait qu’un quart d’heure. De même, dans le domaine de l’éducation de notre volonté, au début c’est toujours plus difficile, mais petit à petit cela devient plus facile. Plus nous conquérons nos passions, plus il nous est facile de les maîtriser.

Méditation sur la Mort

Prière préparatoire : « demander la grâce pour que toutes mes intentions, actions et opérations soient purement ordonnées au service et à la louange de Sa divine Majesté » (Livre des exercices spirituels de saint Ignace de Loyola n. 46).

Histoire : Dans l’Évangile, l’avertissement de Jésus aux deux frères qui se disputaient pour l’héritage : la vie n’est pas assurée par nos biens terrestres. La parabole du riche insensé illustre cette situation : celui qui avait accumulé des richesses, mais auquel son âme est réclamée au soir, meurt, cf. Luc 12, 13-21.

Composition du lieu : imaginer la scène de l’Évangile, ou mes propres funérailles.

La grâce à demander : la sagesse de vivre comme celui qui sait qu’il va mourir.

Cette méditation est divisée en trois points :

1er :“Ecoute, tu dois mourir.” La mort, ta mort, est quelque chose de certain, d’inévitable : par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort a atteint tous les hommes (Rom 5 : 12).

Et en plus, tu ne meurs qu’une seule fois. On n’est né qu’une fois, on vit une fois et on ne meurt qu’une fois : le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis d’être jugés (Hébreux 9, 27).

2ème : “Ecoute, tu ne sais pas quand.” La mort survient de manière inattendue, rapide, on ne sait ni où ni quand : vous ne connaissez ni le jour ni l’heure (Mt 25, 13) ; à l’heure où on s’y attend le moins, il viendra comme un voleur (Mt 24,44).

3ème : Comme on vit, ainsi on meurt. Mourras-tu dans la grâce de Dieu ? Ou comme Jésus dit à propos de ceux qui ne l’ont pas cru ou qui ne l’ont pas suivi : « vous mourrez dans vos péchés » (Jn 8, 24) ?

4ème : La mort est une pédagogue de la vie. Y penser nous aide à corriger nos erreurs. La mort me montre la vanité des biens terrestres et la méchanceté du péché.

5ème . Pour ceux qui vivent dans le Christ, la mort est le début de la vie éternelle : pour moi, la vie est Christ et la mort est un gain (Phil 1 : 21).

Dialogue avec le Christ, pour qu’Il m’apprenne à vivre et à mourir…

Dialogue avec le Père : “Seigneur, même si la certitude de mourir nous attriste, nous console la promesse d’une immortalité future. Parce que la vie de ceux qui croient en Toi ne se termine pas, elle se transforme. Et quand nous perdons notre demeure terrestre, nous trouvons une demeure éternelle dans le ciel”.

Méditation des Exercices Spirituels de saint Ignace de Loyola.

Extrait du livre “Sígueme ” du p. Marcelo Lattanzio IVE.