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Une Église hors de propos

Parfois, il semble que nous justifions l’existence de l’Église parce qu’elle fait de bonnes choses : nourrir les pauvres, soigner les malades, etc. Mais ce n’est que la conséquence naturelle de son être. L’Église n’est pas « bonne » parce qu’elle fait de bonnes choses. Même si rien de tout cela n’était fait, elle resterait vitale et nécessaire.

De la même manière que la messe n’est pas bonne quand elle est cool et s’approche du peuple. La messe est un bien en soi, et c’est nous qui devons l’aborder avec le respect qui lui est dû. Elle n’a pas été créée pour que le catholique moyen passe un peu de temps à se distraire le dimanche, sans trop de stress, avant l’apéritif. La messe a une mission principale qui est d’adorer Dieu.

Si les prêtres dans leurs homélies disent la même chose que n’importe quelle association d’amis et de voisins unis contre la pauvreté et les inégalités, les gens finiront par se tourner vers les associations, car elles offrent aussi parfois un petit sucré-salé et, si vous avez de la chance, vous pourrez même en avoir un peu. La mission de l’Église n’est pas de venir en aide aux théoriciens de l’extinction de la planète, mais de sauver les âmes des huit milliards de personnes qui souffrent à cause de ces théoriciens.

L’Église peut s’engager dans la voie stupide de l’autodestruction, que trop de catholiques parcourent déjà, en assumant comme inaliénables les dogmes du monde contre la famille, sur les personnes avec « attirance au même sexe » et sur la communion aux divorcés remariés, etc. ; ou elle peut être courageuse et vaillante comme Jésus-Christ l’était et se préoccuper du salut des âmes plus que de sauver sa propre réputation.

La direction qu’une partie importante de l’Église, y compris la hiérarchie, semble avoir prise est si stérile que les seuls fruits visibles et vérifiables sont les réunions sur réunions de personnes rassemblées qui ne font qu’empirer les choses. Le parcours est si stérile que, après presque un siècle de grande crise, il y a beaucoup de « vieux célibataires » sans col romain, de « vieilles célibataires » avec ou sans habit qui ne savent pas si elles sont entrées au couvent pour devenir des mères ou des propriétaires de sept chats, des écoles d’où pas une seule vocation n’a émergé depuis des décennies et des séminaires qui ressemblent davantage à des appartements d’étudiants, tristes et gris, où l’on apprend à être le parfait « pusillanime » dont notre Ministère de l’Égalité a tant besoin.

J’en ai assez des nonnes “tiktokeuses” qui utilisent l’habit pour atteindre une notoriété qui sans lui, serait trop infime pour leur ego. Et elles s’en servent pour dire des bêtises et confondre certains qui finiront, comme elles, stupides et éloignés de l’Église. Et la même chose m’arrive avec des prêtres chanteurs, danseurs et coloriés, qui semblent avoir oublié quelle est leur vocation, ou pire encore, qui dévoilent une « autre vocation » ouvertement exposée. Combien cela aurait été mieux s’ils s’étaient inscrits dans une école moderne de théâtre et d’arts du spectacle et non dans un séminaire !

Mes propos peuvent paraître très durs mais le plus grave c’est qu’ils se limitent à décrire la réalité. Ils ne sont pas plus durs que ceux que Jésus-Christ, dont ils veulent maintenant faire un homme doux, délicat et sensible, qui dirigeait les personnes et les collectifs (un mot tellement à la mode maintenant) dans l’Évangile. Tout comme ses disciples.

Alors pour les amateurs de paroles mesurées, d’opinions modérées et de tons calmes, je vous invite à aller au Tibet pour méditer et chercher le nirvana, vous découvrirez peut-être que celui que vous suivez est Bouddha et non Jésus-Christ !

Jaume Vives. Journaliste

[gaceta.es]

La falsification de la figure de saint François d’Assise – Pie XI

Le pape Pie XI dans l’encyclique RITE EXPIATIS du 30 avril 1926 à l’occasion du septième centenaire de la mort de saint François.

Le Pape dit dans l’encyclique :

“Les uns se plaisent à considérer l’aptitude naturelle de son esprit à traduire les émotions de l’âme sous une forme poétique, et cet hymne, le plus ancien monument de la langue naissante de sa patrie, fait les délices des savants modernes ; d’autres admirent en lui l’amant de la nature, et non pas seulement l’homme délicieusement ému devant la majesté des objets inanimés, l’éclat des astres, les charmes des montagnes et des vallées de l’Ombrie, les beautés des animaux, mais celui dont la voix – tel Adam innocent dans le paradis terrestre – se faisait obéir des animaux, auxquels il se sentait lié par une sorte de fraternité,; d’autres louent en lui le patriote, car notre Italie, son heureuse et glorieuse mère, a joui, plus qu’aucune autre nation, de ses nombreux bienfaits ; d’autres enfin goûtent plus spécialement l’amour singulier qui le mettait en communion avec le genre humain tout entier.

Ces divers traits sont exacts, mais ce sont les moindres : il faut même les bien entendre. Quiconque leur accorde trop d’importance ou n’y voit qu’un motif d’excuser sa mollesse, d’étayer les inventions de son esprit, de flatter ses goûts, celui-là défigure le véritable saint François.

C’est, en effet, dans la totalité des vertus héroïques que nous avons esquissées, dans l’austérité de sa vie et sa prédication de la pénitence, dans son effort multiple et laborieux pour réformer la société, que saint François se montre tout entier, et non pas tant pour être admiré que pour être imité du peuple chrétien ; lui, le héraut du grand Roi, il n’avait d’autre but que de communiquer aux hommes la sainteté évangélique et l’amour de la croix ; il se souciait fort peu d’en faire des amis des fleurs, des oiseaux, des agneaux, des poissons ou des lièvres.”