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Que ton nom soit sanctifié

 Basilique Notre DameLa première demande nous fait prier le Père céleste que son nom soit manifesté en nous et proclamé par nous.

  •  Le nom de Dieu est, tout d’abord, admirable, parce qu’en toutes créatures il opère des œuvres merveilleuses. C’est pourquoi le Seigneur déclare dans l’Evangile (Mc 16, 17) : En mon nom, ils expulseront les démons, ils parleront des langues nouvelles, et s’ils boivent quelque poison mortel, il ne leur fera aucun mal.
  •  En deuxième lieu, le nom de Dieu est digne d’amour. Il n’est sous le ciel, dit saint Pierre (Act 4, 12), aucun autre nom, parmi ceux qui ont été donnés aux hommes, qui puisse nous sauver.
  •  En troisième lieu, le nom de Dieu est vénérable. L’Apôtre affirme en effet (Phil 2, 10) :Qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers.
  •  En quatrième lieu, le nom de Dieu est ineffable, en ce sens qu’aucune langue n’est capable d’en exprimer toute la richesse.

On tente cependant de le faire à l’aide des créatures. Ainsi on a donné à Dieu le nom de rocher, en raison de sa fermeté. Et notons que si le Seigneur donna à Simon, futur fondement de l’Eglise, le nom de Pierre (Mc 3, 16), c’est précisément parce que sa foi en la divinité de Jésus (cf. Mt 16, 18) devait le faire participer à sa divine fermeté.

On désigne Dieu par le nom de feu, en raison de sa vertu purificatrice ; de même en effet que le feu purifie les métaux, Dieu purifie le cœur des pécheurs. C’est pourquoi il est dit dans le Deutéronome (4, 24) : Votre Dieu est un feu consumant.

On appelle encore Dieu : lumière, à cause de la faculté qu’il possède d’illuminer ; comme la lumière en effet éclaire les ténèbres, ainsi Dieu illumine les ténèbres de l’esprit. Aussi le Psalmiste dans sa prière dit au Seigneur (Ps. 17, 29) : Mon Dieu, illuminez mes ténèbres.

 Nous demandons donc que ce nom de Dieu soit manifesté, qu’il soit connu et tenu pour saint.

Le mot Saint a trois significations.

Saint, d’abord, veut dire ferme, solide, inébranlable. Ainsi tous les Bienheureux qui habitent le ciel sont appelés saints, parce qu’ils sont, par la félicité éternelle, rendus inébranlables. En ce sens, il n’y a pas en ce monde de saints ; les hommes en effet y sont continuellement mobiles.

Saint, en deuxième lieu, signifie ce qui n’est pas terrestre. C’est pourquoi les saints, qui vivent dans le ciel, n’ont aucune affection pour les choses terrestres. Je considère tout comme des ordures, disait saint Paul (Phil 3, 8), afin de gagner le Christ.

Enfin, troisièmement, saint signifie « teint de sang ». Aussi les saints qui sont dans le ciel sont appelés saints, parce qu’ils sont teints de sang, suivant ces paroles de l’Apocalypse (7, 14) :Ceux-là qui sont revêtus de robes blanches sont ceux qui viennent de la grande tribulation et qui ont lavé leurs vêtements dans le sang de [‘Agneau. De ces bienheureux il est dit également (Apoc 1, 5) : Jésus, qui nous a aimés, nous a lavés de nos péchés par son sang.

Saint Thomas d’Aquin
Commentaire au Notre Père

Nous sommes loin de penser que nos prières puissent ajouter quelque chose à la sainteté de Dieu : nous demandons seulement   que son nom soit sanctifié en nous. Qui pourrait rendre plus saint celui  de qui découle toute sainteté ? Mais comme Il nous a dit : Soyez saints parce que je suis saint (Lc 20,7), nous lui demandons chaque jour de persévérer dans cette sainteté que nous avons reçue par le baptême. Nous avons besoin de nous sanctifier sans cesse pour nous purifier de nos fautes que nous commettons tous les jours. Nous prions afin que cette sainteté demeure toujours en nous. Et comme notre juge suprême recommande au malade guéri et justifié  par lui de ne plus retomber dans le péché de peur qu’il ne lui arrive quelque chose de pire, nous prions Dieu nuit et jour de nous conserver la sainteté et la vie que nous tenons de son infinie bonté.

Saint Cyprien de Carthage

Solennité de Tous les Saints

Vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes épreuves. Lc. 22, 28

 

imagesLes saints manifestent de différentes manières la présence puissante et transformatrice du Ressuscité; ils ont laissé le Christ se saisir si pleinement de leur vie qu’ils peuvent affirmer avec saint Paul: «Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi» (Ga 2, 20). Suivre leur exemple, recourir à leur intercession, entrer en communion avec eux, «nous unit au Christ de qui découlent, comme de leur source et de leur tête, toutes grâces et la vie du Peuple de Dieu lui-même» (Conc. Œc. Vat. II, Const. dogm. Lumen Gentium n. 50).

Que veut dire être saint? Qui est appelé à être saint?

On est souvent porté encore à penser que la sainteté est une destination réservée à de rares élus. Saint Paul, en revanche, parle du grand dessein de Dieu et affirme: «C’est ainsi qu’Il (Dieu) nous a élus en lui (le Christ), dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour» (Eph. 1, 4). Et il parle de nous tous. Au centre du dessein divin, il y a le Christ, dans lequel Dieu montre son Visage: le Mystère caché dans les siècles s’est révélé en plénitude dans le Verbe qui s’est fait chair.

La sainteté, la plénitude de la vie chrétienne ne consiste pas à accomplir des entreprises extraordinaires, mais à s’unir au Christ, à vivre ses mystères, à faire nôtres ses attitudes, ses pensées, ses comportements. La mesure de la sainteté est donnée par la stature que le Christ atteint en nous, par la mesure dans laquelle, avec la force de l’Esprit Saint, nous modelons toute notre vie sur la sienne.

Quelle est l’âme de la sainteté?

Le Concile Vatican II précise à nouveau: «Dieu est charité et celui qui demeure dans la charité demeure en Dieu et Dieu en lui (cf. 1 Jn 4, 16). Sa charité, Dieu l’a répandue dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné (cf. Rm 5, 5). La charité qui nous fait aimer Dieu par-dessus tout et le prochain à cause de lui est par conséquent le don premier et le plus nécessaire. Mais pour que la charité, comme un bon grain, croisse dans l’âme et fructifie, chaque fidèle doit s’ouvrir à la Parole de Dieu et, avec l’aide de sa grâce, mettre en œuvre sa volonté, participer fréquemment aux sacrements, surtout à l’Eucharistie, et aux actions sacrées, s’appliquer avec persévérance à la prière, à l’abnégation de soi-même, au service actif de ses frères et à l’exercice de toutes les vertus. La charité en effet, étant le lien de la perfection et la plénitude de la loi (cf. Col 3, 14; Rm 13, 10), oriente tous les moyens de sanctification, leur donne leur âme et les conduit à leur fin» (Lumen Gentium, n. 42)

Qu’est-ce qui est essentiel?

Il est essentiel de ne jamais laisser passer un dimanche sans une rencontre avec le Christ Ressuscité dans l’Eucharistie; cela n’est pas un poids en plus, mais une lumière pour toute la semaine. Il ne faut pas commencer ni finir une journée sans avoir au moins un bref contact avec Dieu. Et, sur la route de notre vie, suivre les «panneaux routiers» que Dieu nous a communiqués dans le décalogue lu avec le Christ, qui est tout simplement l’explicitation de ce qu’est la charité dans des situations déterminées. «C’est donc la charité envers Dieu et envers le prochain qui marque le véritable disciple du Christ» (Lumen Gentium, n. 42). Telle est la véritable simplicité, grandeur et profondeur de la vie chrétienne, du fait d’être saints.saints

 Au cours de l’Année liturgique, l’Eglise nous invite à faire mémoire d’une foule de saints, c’est-à-dire de ceux qui ont vécu pleinement la charité, qui ont su aimer et suivre le Christ dans leur vie quotidienne. Ils nous disent qu’il est possible pour tous de parcourir cette voie. A toute époque de l’histoire de l’Eglise, à toute latitude de la géographie du monde, les saints appartiennent à tous les âges et à tous les états de vie, ils ont le visage concret de chaque peuple, langue et nation. Et ils sont de types très divers. En réalité, je dois dire qu’en ce qui concerne ma foi personnelle également, de nombreux saints, pas tous, sont de véritables étoiles dans le firmament de l’histoire. Et je voudrais ajouter que pour moi, ce sont non seulement certains grands saints que j’aime et que je connais bien qui «indiquent la voie», mais précisément les saints simples également, c’est-à-dire les personnes bonnes que je vois dans ma vie, qui ne seront jamais canonisées. Ce sont des personnes normales, pour ainsi dire, sans héroïsme visible, mais dans leur bonté quotidienne, je vois la vérité de la foi. Cette bonté, qu’elles ont mûrie dans la foi de l’Eglise, est pour moi la plus sûre apologie du christianisme et le signe qui indique où se trouve la vérité.

Dans la communion des saints, canonisés et non canonisés, que l’Eglise vit grâce au Christ dans tous ses membres, nous jouissons de leur présence et de leur compagnie et nous cultivons la ferme espérance de pouvoir imiter leur chemin et partager un jour la même vie bienheureuse, la vie éternelle.

Benoît XVI. Audience Générale – 13 avril 2011
Source: www.vatican.va