Archives de catégorie : Saints

Saint Benoît – Sa sortie de ce monde et les signes qui l’accompagnaient

Passons maintenant à l’année où il devait quitter cette vie : à tous il annonça le jour de sa mort, signifiant à tous ceux qui étaient présents qu’ils devaient tenir secret ce qu’ils avaient entendu et indiquant aux absents quel signe, et de quelle sorte, se produirait lorsque son âme sortirait de son corps.

Six jours avant son départ, il se fait ouvrir son tombeau. Peu après, il est pris d’accès de fièvre dont l’ardeur véhémente commence à l’accabler. Comme sa langueur s’aggravait de jour en jour, au sixième jour, il se fit porter par ses disciples à l’oratoire et là, il s’assura pour son départ en recevant le Corps et le Sang du Seigneur, puis, entouré de ses disciples qui soutenaient de leurs mains ses membres affaiblis, il rendit le dernier souffle en prononçant des paroles de prière.

Ce jour-là, deux de ses frères, l’un étant resté en sa cellule et l’autre se trouvant au loin, eurent la révélation d’une même et unique vision : ils virent qu’une voie recouverte de tissus précieux et illuminée de lampes innombrables, s’étendait de sa cellule jusqu’au ciel, empruntant un chemin tout droit, à l’Orient. Au sommet se tenait un homme brillant, majestueusement vêtu, qui leur demanda : ” Cette voie que vous contemplez, de qui est-elle ? ” Ils reconnurent qu’ils ne le savaient pas. Alors il leur dit : ” C’est la voie par laquelle Benoît, le bien-aimé de Dieu, est monté au ciel. ” La mort du saint homme donc, les disciples présents la virent de leurs yeux tandis que les absents en eurent connaissance grâce au signe qui leur avait été prédit.

Il fut enseveli dans l’Oratoire de Saint-Jean-Baptiste que lui-même avait construit sur les ruines de l’autel d’Apollon.

Vie de Saint Benoît par Saint Grégoire, Pape.

Chapitre XXXVII

« Dieu seul est ma tendresse, Dieu seul est mon soutien, Dieu seul est tout mon bien, ma vie et ma richesse »

Saint Louis Marie Grignion de Montfort

Dieu Seul

Avant tout, saint Louis-Marie frappe par sa spiritualité théocentrique. Il a « le goût de Dieu et de sa vérité »[1] et sait communiquer sa foi en Dieu, dont il exprime à la fois la majesté et la douceur, car Dieu est source débordante d’amour. Le Père de Montfort n’hésite pas à ouvrir aux plus humbles le mystère de la Trinité, qui inspire sa prière et sa réflexion sur l’Incarnation rédemptrice, œuvre des Personnes divines. Il veut faire saisir l’actualité de la présence divine dans le temps de l’Église; il écrit notamment: « La conduite que les trois Personnes de la Très Sainte Trinité ont tenue dans l’Incarnation et le premier avènement de Jésus-Christ, elles la gardent tous les jours, d’une manière invisible, dans la sainte Église, et la garderont jusqu’à la consommation des siècles, dans le dernier avènement de Jésus-Christ »[2].

La Sagesse de Dieu Incarnée

La personne du Christ domine la pensée de Grignion de Montfort: « Jésus-Christ notre Sauveur, vrai Dieu et vrai homme, doit être la fin dernière de toutes nos autres dévotions »[3]. L’Incarnation du Verbe est pour lui réalité absolument centrale: « Sagesse éternelle …, je vous adore … dans le sein de votre Père pendant l’éternité, et dans le sein virginal de Marie, votre digne Mère, dans le temps de votre Incarnation  »[4]. L’ardente célébration de la personne du Fils de Dieu incarné, qui se retrouve dans tout l’enseignement du Père de Montfort, garde aujourd’hui son inestimable valeur, car elle relève d’une conception équilibrée du point de vue de la doctrine et elle porte à l’adhésion de tout l’être à Celui qui révèle à l’humanité sa véritable vocation. Puissent les fidèles entendre cette exhortation: « Jésus-Christ, la Sagesse éternelle, est tout ce que vous pouvez et devez désirer. Désirez-le, cherchez-le, … unique et précieuse perle »[5]!

«Jamais la Croix sans Jésus, ni Jésus sans la Croix»

La contemplation des grandeurs du mystère de Jésus va de pair avec celle de la Croix dont Montfort faisait le signal majeur de ses missions. Souvent durement éprouvé, il en a lui-même connu le poids, comme en témoigne une lettre à sa sœur à qui il demande de prier pour « obtenir de Jésus crucifié la force de porter les plus rudes croix et les plus pesantes »[6]. Au jour le jour, il pratique l’imitation du Christ dans ce qu’il appelle l’amour fou de la Croix, dans laquelle il voit « le triomphe de la Sagesse éternelle »[7]. Louis-Marie suivait son Seigneur et faisait « sa demeure dans la Croix »[8].

Totus Tuus, Maria !

Pour connaître la Sagesse éternelle, incréée et incarnée, Grignion de Montfort a constamment invité à se confier à la Très Sainte Vierge Marie, si inséparable de Jésus que l’« on séparerait plutôt la lumière du soleil »[9]. Il demeure un incomparable chantre et disciple de la Mère du Sauveur, en laquelle il célèbre celle qui conduit sûrement vers le Christ: « Si nous établissons la solide dévotion de la Très Sainte Vierge, ce n’est que pour établir plus parfaitement celle de Jésus-Christ, ce n’est que pour donner un moyen aisé et assuré pour trouver Jésus-Christ »[10]

Aussi saint Louis-Marie appelle-t-il à se livrer tout entier à Marie pour accueillir sa présence au fond de l’âme. « Marie devient toute chose à cette âme auprès de Jésus-Christ: elle éclaire son esprit par sa pure foi. Elle approfondit son cœur par son humilité, elle l’élargit et l’embrase par sa charité, elle le purifie par sa pureté, elle l’anoblit et l’agrandit par sa maternité »[11]. Le recours à Marie porte toujours à faire à Jésus une plus grande place dans la vie; il est significatif, par exemple, que Montfort invite le fidèle à se tourner vers Marie avant la communion: « Vous supplierez cette bonne Mère de vous prêter son cœur, pour y recevoir son Fils dans ses mêmes dispositions »[12].

Saint Louis Marie, l’apôtre

Dès son ordination, il écrivait: « Je sens de grands désirs de faire aimer Notre Seigneur et sa Sainte Mère, d’aller, d’une manière pauvre et simple, faire le catéchisme aux pauvres ». Il vécut en pleine fidélité à cette vocation, qu’il fera partager aux prêtres qui le rejoindront. Dans les Règles des Prêtres missionnaires de la Compagnie de Marie, il invite le missionnaire apostolique à prêcher avec simplicité, vérité, sans crainte et avec charité, « et avec sainteté, n’ayant que Dieu seul en vue, sans intérêt que celui de sa gloire, et en pratiquant le premier ce qu’il enseigne aux autres »[13].

Marcheur de l’Évangile, enflammé par l’amour de Jésus et de sa sainte Mère, il sut toucher des foules et leur faire aimer le Christ Rédempteur contemplé sur la Croix. Puisse-t-il soutenir les efforts des évangélisateurs de notre temps !

Saint Jean Paul II

21 juin 1997


[1] L’Amour de la Sagesse éternelle, 13

[2] Traité de la vraie dévotion, 22.

[3] Ibid., 61.

[4] L’Amour de la Sagesse éternelle, 223.

[5] Ibid., 9.

[6] Lettre 24.

[7] L’Amour de la Sagesse éternelle, cap. XIV.

[8] Ibid. 180.

[9] Traité de la vraie dévotion, 63.

[10] Ibid. 62.

[11]  Le Secret de Marie, 57.

[12] Traité de la vraie dévotion, 266.

[13] Règles des Prêtres missionnaires de la Compagnie de Marie, 62.