Archives par mot-clé : Moines

30 août – Bienheureux Martyrs de « El Pueyo »

Patrons de la Branche Contemplative de l’Institut du Verbe Incarné

Lettre « d’au revoir » du Bienheureux Aurelio Angel Boix à sa famille.

AURELIO_BOIX_INSTITUT_DU_VERBE_INCARNEÀ mes très chers parents et à mon frère, depuis le couvent des Pères des Écoles Chrétiennes de Barbastro, le 9 Août 1936.

Père, mère et frère de mon cœur : Si cette lettre arrive à vos mains, le porteur de cette lettre vous racontera tout le procès ; moi, je me limite à quelques lignes. Il y a déjà 18 jours que, presque toute la communauté du Pueyo, a été arrêtée dans cette prison. Malgré les assurances qu’ils nous donnent, je veux quand même écrire quelques mots aux êtres qui me sont les plus chers. Dans les nuits précédentes, une soixantaine des personnes ont été fusillées ; parmi elles beaucoup des prêtres, quelques religieux, trois chanoines, et cette dernière nuit l’Evêque lui-même.

Moi, jusqu’à présent, je garde encore toute la sérénité de mon esprit ; et même plus, je regarde avec sympathie le moment fatal qui approche : Je considère comme une grâce tout à fait spéciale de donner ma vie en holocauste pour une cause si sacrée, pour l’unique crime d’être religieux. Si Dieu tient à bien me considérer digne d’un don si grand, réjouissez-vous donc mes parents et frère, bien-aimés, que c’est pour vous une gloire d’avoir un fils et un frère martyr de sa foi.

Mon unique chagrin, si on parle humainement, c’est de ne pas pouvoir vous embrasser une dernière fois. Je ne vous oublie pas et votre inquiétude à cause de moi, me fait souffrir.

            Courage mes parents et frère bien-aimés ! Au même temps que votre affliction surgira toujours la gloire de la cause qui a motivé ma mort. Priez pour moi, je m’en vais à une vie meilleure.

Mon père très cher : la fermeté de votre caractère me donne l’absolue certitude que votre esprit de foi vous fera comprendre la grâce que Dieu vous donne. Ça m’encourage beaucoup : Je vous embrasse très fort comme je ne l’ai jamais fait dans ma vie. Adieu, mon père, jusqu’au ciel. Amen.

Ma mère idolâtrée : Je me réjouis seulement à la pensé de la dignité à la quelle Dieu veut vous élever, en vous faisant la mère d’un martyr. C’est ça la meilleure certitude que nous allons être tout deux heureux pour l’éternité. Au souvenir de ma mort il y aura toujours attachée cette idée : « Un fils mort, mais martyr de la religion ». Que Dieu ne puisse m’imputer un autre crime que celui qui les hommes m’imputent : Être disciple du Christ ! Ma mère très chère, adieu, adieu… jusqu’à l’éternité. Que je suis heureux !

EL PUEYO_INSTITUT_DU_VERBE_INCARNE
Monastère « Notre Dame de El Pueyo » – Huesca – Espagne

Mon frère très cher : En très peu de temps, quelles deux remarquables grâces me concède mon bon Dieu ! La profession, l’holocauste absolu… le martyre, l’union décisive à mon Amour ! Ne suis-je pas un être privilégié ? C’est ça la chose la plus importante que j’ai à te confier.

Les lettres adjointes, pour l’étranger, envoie-les avec un long compte-rendu de ma prison, etc. ; je mets bien claires les adresses ; affranchis-les.

Mon frère, pour la dernière fois, je vous serre contre mon cœur.

Mon dernier adieu à la famille, ce sont des mots de félicitations tant pour moi que pour vous.

            Que Dieu protège toujours notre famille, qu’Il bénit maintenant avec un don si remarquable.

            Votre fils que vous aime avec un amour éternel.

Aurelio Angel (Aurèle Ange).

(Il a reçu la grâce du martyre à l’âge de 21 ans.)MARTYRS_EL PUEYO_INSTITUT_DU_VERBE_INCARNE

 

Lorsque tu lis les psaumes, que de richesses tu rencontres !

MOINES_INSTITUT_V_DU_VERBE_INCARNEQu’y va-t-il de meilleur qu’un psaume ? C’est pourquoi David dit très bien : Louez le Seigneur, car le psaume est une bonne chose : à notre Dieu, louange douce et belle ! Et c’est vrai. Car le psaume est bénédiction prononcée par le peuple, louange de Dieu par l’assemblée, applaudissement par tous, parole dite par l’univers, voix de l’Eglise, mélodieuse profession de foi, complète célébration par la hiérarchie, allégresse de la liberté, exclamation de joie, tressaillement d’enthousiasme. Il calme la colère, éloigne les soucis, soulage la tristesse. Il nous protège pour la nuit, il nous instruit pour le jour. Il est bouclier des craintifs, fête des hommes religieux, rayon de tranquillité, gage de paix et de concorde. Comme une cithare, il réunit en un seul chant des voix diverses et inégales. Le lever du jour répercute le psaume, et son déclin en résonne encore.

Dans le psaume, enseignement et agrément rivalisent : on le chante pour se réjouir et en même temps on l’apprend pour s’instruire. Lorsque tu lis les psaumes, que de richesses tu rencontres ! Lorsque je lis dans les psaumes : Cantique pour le bien-aimé, je suis embrasé par un désir d’amour divin. Chez eux, je trouve rassemblés la grâce des révélations, les prophéties de la résurrection, le trésor des promesses. Chez eux, j’apprends à éviter le péché, je désapprends la honte de faire pénitence pour mes fautes.MOINES_II_INSTITUT_V_DU_VERBE_INCARNE

Qu’est-ce donc que le psaume ? C’est un instrument de musique dont joue le saint Prophète avec l’archet du Saint-Esprit et dont il fait résonner sur la terre la douceur céleste. Avec les lyres et leurs cordes, c’est-à-dire avec des restes morts, il rythme les voix différentes et inégales et dirige le cantique de louange divine vers les hauteurs du ciel. En même temps, il nous enseigne qu’il faut commencer par mourir au péché ; qu’ensuite seulement il faudra exercer les œuvres des différentes vertus qui feront parvenir jusqu’au Seigneur l’agrément de notre piété.

DAVID_INSTITUT_DU_VERBE_INCARNEDavid nous a enseigné à chanter intérieurement, à psalmodier intérieurement ; c’est ainsi que Paul lui-même chantait, puisqu’il dit : Je prierai avec mon esprit, mais je prierai aussi avec mon intelligence ; je psalmodierai avec mon esprit, mais aussi avec mon intelligence. David nous enseigne encore à orienter notre vie et nos actions vers la perspective des biens d’en haut, de crainte que le plaisir qu’on éprouve à chanter n’excite les passions du corps, car celles-ci, bien loin de racheter notre âme, l’appesantissent. C’est ainsi que le saint Prophète David se rappelle que son âme doit psalmodier pour son rachat, lorsqu’il dit : Je jouerai le psaume pour toi, Dieu, sur la cithare, Saint d’Israël ! Mes lèvres jubileront lorsque je chanterai pour toi, et mon âme que tu as rachetée.

Saint Ambroise de Milan

« Sur les psaumes : commentaire sur le psaume 1 »