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« Je te suivrai partout où Tu iras »

 Lire l’évangile du dimanche XIII (Lc 9, 51-62)

VOCATION_SUIVRE_INSTITUT_DU_VERBE_INCARNE

« Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem ». Ce sont les mots avec lesquels a commencé le passage évangélique de ce dimanche. Le dimanche dernier le Seigneur annonçait Sa mort et Sa résurrection, maintenant Il prend son chemin vers Jérusalem, Il le fait avec décision (la traduction dit « Il prit avec courage »). Jésus se dirige vers Jérusalem et trouve dans son chemin des gens qui ne veulent pas l’accueillir, car Il monte à Jérusalem (comme les gens qui n’acceptent pas le Christ lorsqu’Il involucre la Passion dans leur vie).

Au long de son chemin, Notre Seigneur rencontre trois jeunes dont deux veulent Le suivre, les réponses données par le Seigneur décrivent la réalité de la vie de celui qui veut devenir Son disciple.

Nous pouvons comparer l’Evangile, et c’est l’objectif de la liturgie de la Parole, avec la première lecture du 1er Livre des Rois, l’appel que fait le prophète Élie à Élisée. Mais nous devons le confronter avec toute la vie d’Elie. La Bible nous dit que lui, le prophète Elie a été enlevé dans un char de feu et des chevaux de feu, de façon extraordinaire ;le Seigneur sera aussi « enlevé au Ciel » et son char de feu sera la Croix ; cela se fera d’une façon humble, comme dans une grande défaite.

Nous voyons dans l’évangile que Jacques et Jean voulaient faire tomber le feu du ciel pour détruire ceux qui n’accueillaient pas le Seigneur, voilà encore une fois une comparaison avec Elie qui a fait tomber du feu sur les faux prophètes. Mais les samaritains auraient une chance de se repentir, dans les actes des Apôtres on voit que c’est le même Jean qui descendra à Samarie, pour transmettre l’Esprit Saint, c’est-à-dire donner la confirmation aux samaritains convertis à la foi.

Finalement Elie appellera Elisée au ministère prophétique. Et même si la façon d’appeler est différente de celle du Seigneur, il y a un aspect commun au fond des deux appels.

Elie appelle Elisée à être avec lui jusqu’au moment où il montera au Ciel entouré de feu et Elisée doit rester à côté de lui, on peut dire se laisser toucher par ce même feu. C’est enfin, ce  que Jésus demande à ces trois qui viennent vers Lui et ce qu’Il propose à tous ceux qui veulent suivre Ses pas, être participants de ce feu qui est la vie du Christ et qui est toujours associé à la Croix, à sa mort et à sa Résurrection ; pour vivre la Résurrection, il nous faut la Pâque.

Après, si l’on peut dire le commentaire spirituel de cet évangile, nous allons passer à une application encore plus concrète, dirons nous très concrète des paroles du Seigneur.

L’appel du Seigneur est pour tous ; il est vrai, tous nous sommes appelés à sa suite, son imitation, à devenir « d’autres christ » sur la terre. Mais il y a ceux que le Seigneur appelle à une vie plus intime avec lui, à une imitation plus parfaite à travers les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, à sa façon, comme Lui a vécu pauvre, chaste et en parfaite obéissance à la volonté du Père.

Alors, Dieu appelle toujours de nouveaux disciples, et chaque appel de Dieu est différent. C’est à celui qui a été appelé de répondre à cette invitation que Dieu lui fait.

Qu’est-ce donc ce que le Seigneur promet ? Il ne promet pas une vie facile, confortable, pleine de réussites ; ce qu’Il propose nous l’avons écouté dans l’Evangile : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. », le détachement de cœur : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le règne de Dieu » ; la disposition à ne pas l’abandonner, c’est un appel pour toujours : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le royaume de Dieu. ».

En définitif ce qu’il propose c’est la Croix, et c’est cela qui attire une vocation ; il s’agit de contempler cette immense et belle vérité qui proclamait saint Paul : « qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2, 20).Et nous savons aussi que le véritable amour supporte tout sauf qu’on lui mette des barrières, des obstacles.

De façon synthétique, nous allons voir ce jour-ci les principales objections qui apparaissent lorsque quelqu’un veut embrasser la vie consacrée. Au même temps, nous chercherons la réponse dans la Bible et chez les saints de l’histoire de l’Eglise.

La première objection dit que celui qui consacre sa vie pour être prêtre ou bien religieuse ou religieux, en quelque sorte « gaspille sa vie pour rien », lorsqu’il pouvait faire des choses plus importantes pour lui et pour l’humanité. A cela saint Jean Bosco, le grand saint de la jeunesse, répondait :« ceux qui pour amour de Dieu et leur salut éternel ont dans leur cœur le désir d’embrasser cet état de perfection et de sainteté, peuvent être certains qu’un tel désir vient du ciel, et c’est parce qu’il est largement généreux et parce qu’il est au-dessus de tout sentiment de la nature. »

Nous savons aussi que comme le dit la bible, que « Dieu conduit l’homme par des chemins justes »(psaume 142, 10).

Une autre opinion contre la vie religieuse est celle qui dit que celui qui l’a commencé, à un moment donné se désistera à cause du manque de force. Alors que le prophète Isaïe dit que : « ceux qui se confient dans le Seigneur renouvellent leurs forces ; ils courront et ne se fatigueront point ; ils marcheront et ne se lasseront point ».Et aussi Saint Paul :  «  j’ai confiance que celui qui a commencé en vous une œuvre excellente, en poursuivra l’achèvement jusqu’au jour du Christ (Philip.1, 6). C’est-à-dire que la force ne vient pas de nous, elle vient de Dieu.

Il y a encore Une autre objection, très usuelle maintenant et qui cause beaucoup de déception après.Lorsqu’un jeune veut donner sa vie au Seigneur, on lui conseille d’attendre dans le monde, « de faire d’autres expériences », à la fin cela ne fait que détruire une vocation et parfois à faire un grand mal dans l’âme de ce jeune garçon ou de cette jeune fille. Dans les Evangiles, nous voyons en revanche le cas des apôtres à l’appel du Seigneur, Pierre et André, qui ” sur-le-champ, abandonnant leurs filets, le suivirent. ” Sur quoi S. Jean Chrysostome remarque : ” Le Christ veut de nous une obéissance telle que nous ne tardions pas même un instant. “

Et pour cela, il faut voir une vocation avec les yeux de la foi et éviter toute sensibilité. Surtout lorsqu’il s’agit des liens de la famille. Il est normal que les parents souffrent du détachement d’un enfant, cela arrive aussi pour les parents dont leurs enfants se marient et quittent la maison. Mais on n’est pas juges des principes de notre sensibilité, non plus de ceux qui sont seulement rationnels tout en laissant de côté la vision de la foi, cette vision est essentielle dans toute décision, encore plus dans ce genre de décision.

Elles sont dures les paroles de Saint Jean Chrysostome mais réalistes :  « Lorsque les parents font obstacle à des choses spirituelles, on ne peut pas les considérer comme parents. »

VOCATION_SUIVRE_III_INSTITUT_DU_VERBE_INCARNEPour finir, nous devons être convaincus que Dieu a choisi depuis l’éternité certains hommes et femmes et les a destinés à son service. Beaucoup de temps avant que nous ayions pris la résolution de le suivre de plus près, Il nous a préparés, Il prépare ceux qu’Il appelle, à travers la famille et les parents (et pour cela que c’est dans la famille d’abord qu’on doit transmettre les valeurs chrétiennes et les principes de la foi). C’est à travers l’éducation, par les dons et les talents, le caractère et le tempérament, par des circonstances et les évènements (quand on dit c’est par hasard, c’est Dieu en vérité qui permet à ce jeune garçon ou jeune fille de rencontrer et connaître  tel prêtre ou  telle sœur, d’habiter à tel endroit, d’aller à telle paroisse, et même parfois de souffrir  de quelque chose mais à la fin cela était permis par Dieu pour que la personne réponde à son appel ).

En fin, il s’agit d’une histoire d’amour, la vraie histoire d’amour. Cette joie de servir Dieu, c’est seulement ceux qui ont répondu à cette invitation qui peuvent la connaître.

Encore plus lorsque ce prêtre ou bien cette sœur voit comme étant lui-même si indigne de tout cela, Dieu se sert de lui, comme un instrument pour faire son œuvre dans le monde. A la Vierge Marie nous demandons la grâce de la Sainteté.

P. Luis Martinez V.E.

Monastère « Bx. Charles de Foucauld »

Institut du Verbe Incarné 

“Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps”

MISERICORDE_DU_VERBE_INCARNE

Lire l’évangile du Dimanche XI (Lc 7, 36 – 8, 3)

L’Eglise nous invite à méditer ce dimanche une scène de la vie de Notre Seigneur,  invité à un repas chez un pharisien. Les commentateurs disent qu’il était habituel dans la société de Palestine de ce temps que les gens importants offrent de repas tout en donnant l’accès pour ainsi dire au public, ils faisaient ces repas dans des couloirs ouverts et accessibles pour faciliter l’entrée, cela expliquerait l’irruption que fait cette femme.

Devant le geste qu’elle fait, le pharisien juge le Seigneur dans son cœur, chose que le Seigneur connaît, évidement parce que comme dit aussi l’évangile, Il sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme.

Comme réponse au jugement du Pharisien Simon, le Seigneur va dévoiler la façon dont Dieu fait miséricorde. Jésus est proche des pécheurs, Il est toujours prêt à accueillir les brebis qui reviennent à Lui :

« Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »

Le Seigneur veut plutôt signaler que la femme était vraiment consciente de ses péchés, qui seraient peut-être nombreux, mais le désir d’être pardonnée, l’amour qu’elle démontrait avec ses gestes envers le Seigneur était le signe de la grâce du pardon qui venait du Cœur du Christ.

Nous savons que la miséricorde de Dieu se révèle lorsqu’Il pardonne nos péchés, mais nous ne pouvons jamais oublier que la condition, c’est que les pécheurs aient la douleur d’avoir offensé Dieu, qu’ils veuillent réparer le mal commis (la pénitence et les exigences propres de la confession),  le propos de commencer une nouvelle vie (c’est-à-dire de ne plus revenir au péché). La Miséricorde de Dieu agit lorsque le cœur du pécheur veut retourner à vivre la loi du Christ. Le Seigneur le dit à plusieurs reprises dans les évangiles : « va et désormais ne pèche plus ».

Alors, si nous appliquons notre réflexion sur l’acte d’amour que fait cette femme nous voyons qu’elle est pleine de respect et de révérence pour le Seigneur : « elle se tenait derrière Le Christ, près de ses pieds ».PRIER

La dignité de la personne

Il y a une grande vérité à souligner, c’est qu’avec le pardon de tous ses péchés, cette pécheresse récupère sa dignité de fille de Dieu et sa dignité comme personne, il est vrai aussi que nous sommes plus dignes, nous sommes plus humains, lorsque nous vivons en amitié avec le Seigneur. Quelqu’un a dit avec toute certitude que l’homme est totalement libre lorsqu’il sert son Créateur, lorsqu’il adore Dieu, c’est pour cela que la pire de toutes les formes d’esclavage est celle qu’interdit le culte à Dieu, ou bien, ce que fait le libéralisme aujourd’hui dans beaucoup de pays, peu à peu d’enlever l’esprit religieux de la société, premier pas pour interdire Dieu de la vie de l’homme.

Mais le grand sujet dont nous parlerons aujourd’hui c’est de la Dignité de la personne, dignité du chrétien, plutôt comment nous devons vivre un aspect de notre dignité, non seulement devant Dieu mais aussi devant les hommes.

Notre dignité de chrétien garde une étroite relation avec l’attitude que nous gardons devant tout le monde. En fait, notre attitude est un signe de notre dignité. On dit qu’il ne suffit pas d’être chrétien, il faut aussi le montrer avec nos actes et notre comportement.

L’attitude, le comportement, l’apparence extérieure feront place au respect des autres pour notre personne.

Selon Saint Thomas d’Aquin, la présentation externe est un reflet de l’état intérieur, en d’autres mots, notre comportement, notre aspect en général, les gestes et paroles, la façon de nous comporter montreront dans quel état se trouve notre esprit, c’est un sens un peu plus large de cette phrase du Seigneur : « c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle ».

Ce que l’on vient de dire est dirigé en nous par deux vertus, la pudeur et la modestie, toutes les deux sont dirigées par deux autres vertus plus grandes, la tempérance et la prudence.

Par rapport à la pudeur, on dit qu’elle est la discrétion, retenue qui empêche de dire ou de faire quelque chose qui peut blesser la modestie, c’est une délicatesse dans une situation concrète. C’est le sens de modestie et réserve pour ce qui concerne l’intimité de la personne.

PUDEUR_DU_VERBE_INCARNEIl y a trois sphères de l’individu qui sont protégée par la pudeur, d’abord  la vie domestique, la vie de famille, notre maison, qui font partie de choses que nous devons protéger et ne pas exposer au regard des autres ; il y a aussi la pudeur dans les paroles, savoir parler de certaines choses avec qui je dois en parler, comme dit le dicton : «être maître de notre langue, pour ne pas être esclave de nos paroles. »

Et la troisième sphère c’est pudeur à tout ce qui fait référence à notre corps : le comportement, les gestes, les habits. Cela implique le fait d’être conscient de la vocation à laquelle Dieu nous a appelées, si nous sommes prêtres, religieux, époux, épouse, jeune fille, jeune garçon. Les lieux où l’on se trouve, une Eglise, la maison, le jardin. L’ambiance qu’elle soit familiale, devant des inconnus, les gens d’une autre religion.

L’autre vertu c’est la modestie (le mot vient du latin, modus, mesure) c’est la vertu qui agit en nous lorsque nous devons nous montrer devant les autres, elle ordonne l’apparence extérieure, elle pose des limites regardant surtout notre dignité surnaturelle, elle défend la pudeur, en même temps qu’elle protège la chasteté, la virginité et la fidélité. Elle est une vertu fille de la prudence qui a comme mission d’indiquer à la pudeur son objectif précis et la limite à ne pas franchir.

Saint Augustin disait « en tous tes actes que rien ne soit évident qui puisse blesser les yeux des autres ». Pour un chrétien qui vit dans une ambiance contraire à la loi de Dieu et à la vocation sacrée de la personne humaine avec son âme et son corps, il ne suffit pas de ne pas faire ce qui peut offenser les autres, ni de faire ce qui la société considère acceptable. Nous devons nous rappeler nécessairement que notre corps est un Temple de Dieu et que le mystère de la vie c’est quelque chose à protéger, à garder dans le secret.

PUDEUR_II_DU_VERBE_INCARNEOn peut résumer tout ce qu’on vient de dire avec les paroles de saint Paul aux Corinthiens : « Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car vous avez été achetés à grand prix. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps.(1 Co. 6,19 -20)

P. Luis Martinez V.E.

Monastère « Bx. Charles de Foucauld »

Institut du Verbe Incarné