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“Là où le péché s’était multiplié, la grâce a surabondé”

L’Immaculée Conception

Au cœur des villes chrétiennes, Marie constitue une présence douce et rassurante. Avec son style discret, elle apporte à tous la paix et l’espérance dans les moments heureux et tristes de l’existence. Dans les églises, dans les chapelles, sur les murs des immeubles: une peinture, une mosaïque, une statue rappelle la présence de la Mère qui veille constamment sur ses enfants.

Que dit Marie à “la ville”? Qu’est-ce qu’elle rappelle à tous à travers sa présence? Elle rappelle que « là où le péché s’était multiplié, la grâce a surabondé » (Rm 5, 20) — comme l’écrit l’apôtre Paul. Elle est la Mère Immaculée, qui répète également aux hommes de notre temps: n’ayez pas peur, Jésus a vaincu le mal; il l’a vaincu à la racine, en nous libérant de sa domination.

Comme nous avons besoin de cette belle nouvelle! Chaque jour, en effet, à travers les journaux, la télévision, la radio, le mal est raconté, répété, amplifié, nous habituant aux choses les plus horribles, nous faisant devenir insensibles et, d’une certaine manière, en nous intoxiquant, car la négativité n’est pas totalement éliminée et, jour après jour, elle s’accumule.

Le cœur s’endurcit et les pensées s’assombrissent. C’est pour cela que la ville a besoin de Marie, qui avec sa présence nous parle de Dieu, nous rappelle la victoire de la Grâce sur le péché, et nous incite à espérer également dans les situations humainement les plus difficiles.

Dans “la ville” vivent — ou survivent — des personnes invisibles, qui de temps en temps apparaissent en première page ou à la télévision, et sont exploitées jusqu’au bout, tant que la nouvelle et l’image attirent l’attention. C’est un mécanisme pervers, auquel il est malheureusement difficile de résister. “La ville” cache tout d’abord, et ensuite elle expose au public. Sans pitié, ou avec une fausse pitié. Il y a en revanche en chaque homme le désir d’être écouté comme une personne et d’être considéré une réalité sacrée, car chaque histoire humaine est une histoire sacrée, et demande le plus grand respect.
Chers frères et sœurs, c’est nous tous qui sommes la ville! Chacun contribue à sa vie et à son climat moral, dans le bien ou dans le mal. Dans le cœur de chacun de nous passe la frontière entre le bien et le mal et aucun de nous ne doit se sentir le droit de juger les autres, mais chacun doit plutôt sentir le devoir d’améliorer sa propre personne! Les mass media tendent à nous faire sentir toujours des « spectateurs », comme si le mal ne concernait que les autres, et que certaines choses ne pouvaient jamais nous arriver. En revanche, nous sommes tous des acteurs et, dans le mal comme dans le bien, notre comportement a une influence sur les autres.

Nous nous plaignons souvent de la pollution de l’air qui, dans certains lieux de la ville, est irrespirable. C’est vrai: il faut l’engagement de tous pour rendre la ville plus propre. Mais il y a toutefois une autre pollution, moins perceptible par les sens, mais tout aussi dangereuse. C’est la pollution de l’esprit; c’est celle qui rend nos visages moins souriants, plus sombres, qui nous conduit à ne pas nous saluer entre nous, à ne pas nous regarder en face… La ville est faite de visages, mais malheureusement les dynamiques collectives peuvent nous faire perdre la perception de leur profondeur. Nous ne voyons que la surface des choses. Les personnes deviennent des corps, et ces corps perdent leur âme, deviennent des choses, des objets sans visages, interchangeables et consommables.

Marie Immaculée nous aide à redécouvrir et défendre la profondeur des personnes, parce qu’il y a en elle une parfaite transparence de l’âme dans le corps. C’est la pureté en personne, dans le sens où l’esprit, l’âme et le corps sont en elle pleinement cohérents entre eux et avec la volonté de Dieu. La Vierge nous enseigne à nous doouvrir à l’action de Dieu, pour regarder les autres comme Lui les regarde: à partir du cœur. Et à les regarder avec miséricorde, avec amour, avec une tendresse infinie, en particulier les plus seuls, les plus méprisés, les plus exploités. « Là où le péché s’était multiplié, la grâce a surabondé ».

Benoît XVI

8 décembre 2009

“Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps”

MISERICORDE_DU_VERBE_INCARNE

Lire l’évangile du Dimanche XI (Lc 7, 36 – 8, 3)

L’Eglise nous invite à méditer ce dimanche une scène de la vie de Notre Seigneur,  invité à un repas chez un pharisien. Les commentateurs disent qu’il était habituel dans la société de Palestine de ce temps que les gens importants offrent de repas tout en donnant l’accès pour ainsi dire au public, ils faisaient ces repas dans des couloirs ouverts et accessibles pour faciliter l’entrée, cela expliquerait l’irruption que fait cette femme.

Devant le geste qu’elle fait, le pharisien juge le Seigneur dans son cœur, chose que le Seigneur connaît, évidement parce que comme dit aussi l’évangile, Il sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme.

Comme réponse au jugement du Pharisien Simon, le Seigneur va dévoiler la façon dont Dieu fait miséricorde. Jésus est proche des pécheurs, Il est toujours prêt à accueillir les brebis qui reviennent à Lui :

« Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »

Le Seigneur veut plutôt signaler que la femme était vraiment consciente de ses péchés, qui seraient peut-être nombreux, mais le désir d’être pardonnée, l’amour qu’elle démontrait avec ses gestes envers le Seigneur était le signe de la grâce du pardon qui venait du Cœur du Christ.

Nous savons que la miséricorde de Dieu se révèle lorsqu’Il pardonne nos péchés, mais nous ne pouvons jamais oublier que la condition, c’est que les pécheurs aient la douleur d’avoir offensé Dieu, qu’ils veuillent réparer le mal commis (la pénitence et les exigences propres de la confession),  le propos de commencer une nouvelle vie (c’est-à-dire de ne plus revenir au péché). La Miséricorde de Dieu agit lorsque le cœur du pécheur veut retourner à vivre la loi du Christ. Le Seigneur le dit à plusieurs reprises dans les évangiles : « va et désormais ne pèche plus ».

Alors, si nous appliquons notre réflexion sur l’acte d’amour que fait cette femme nous voyons qu’elle est pleine de respect et de révérence pour le Seigneur : « elle se tenait derrière Le Christ, près de ses pieds ».PRIER

La dignité de la personne

Il y a une grande vérité à souligner, c’est qu’avec le pardon de tous ses péchés, cette pécheresse récupère sa dignité de fille de Dieu et sa dignité comme personne, il est vrai aussi que nous sommes plus dignes, nous sommes plus humains, lorsque nous vivons en amitié avec le Seigneur. Quelqu’un a dit avec toute certitude que l’homme est totalement libre lorsqu’il sert son Créateur, lorsqu’il adore Dieu, c’est pour cela que la pire de toutes les formes d’esclavage est celle qu’interdit le culte à Dieu, ou bien, ce que fait le libéralisme aujourd’hui dans beaucoup de pays, peu à peu d’enlever l’esprit religieux de la société, premier pas pour interdire Dieu de la vie de l’homme.

Mais le grand sujet dont nous parlerons aujourd’hui c’est de la Dignité de la personne, dignité du chrétien, plutôt comment nous devons vivre un aspect de notre dignité, non seulement devant Dieu mais aussi devant les hommes.

Notre dignité de chrétien garde une étroite relation avec l’attitude que nous gardons devant tout le monde. En fait, notre attitude est un signe de notre dignité. On dit qu’il ne suffit pas d’être chrétien, il faut aussi le montrer avec nos actes et notre comportement.

L’attitude, le comportement, l’apparence extérieure feront place au respect des autres pour notre personne.

Selon Saint Thomas d’Aquin, la présentation externe est un reflet de l’état intérieur, en d’autres mots, notre comportement, notre aspect en général, les gestes et paroles, la façon de nous comporter montreront dans quel état se trouve notre esprit, c’est un sens un peu plus large de cette phrase du Seigneur : « c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle ».

Ce que l’on vient de dire est dirigé en nous par deux vertus, la pudeur et la modestie, toutes les deux sont dirigées par deux autres vertus plus grandes, la tempérance et la prudence.

Par rapport à la pudeur, on dit qu’elle est la discrétion, retenue qui empêche de dire ou de faire quelque chose qui peut blesser la modestie, c’est une délicatesse dans une situation concrète. C’est le sens de modestie et réserve pour ce qui concerne l’intimité de la personne.

PUDEUR_DU_VERBE_INCARNEIl y a trois sphères de l’individu qui sont protégée par la pudeur, d’abord  la vie domestique, la vie de famille, notre maison, qui font partie de choses que nous devons protéger et ne pas exposer au regard des autres ; il y a aussi la pudeur dans les paroles, savoir parler de certaines choses avec qui je dois en parler, comme dit le dicton : «être maître de notre langue, pour ne pas être esclave de nos paroles. »

Et la troisième sphère c’est pudeur à tout ce qui fait référence à notre corps : le comportement, les gestes, les habits. Cela implique le fait d’être conscient de la vocation à laquelle Dieu nous a appelées, si nous sommes prêtres, religieux, époux, épouse, jeune fille, jeune garçon. Les lieux où l’on se trouve, une Eglise, la maison, le jardin. L’ambiance qu’elle soit familiale, devant des inconnus, les gens d’une autre religion.

L’autre vertu c’est la modestie (le mot vient du latin, modus, mesure) c’est la vertu qui agit en nous lorsque nous devons nous montrer devant les autres, elle ordonne l’apparence extérieure, elle pose des limites regardant surtout notre dignité surnaturelle, elle défend la pudeur, en même temps qu’elle protège la chasteté, la virginité et la fidélité. Elle est une vertu fille de la prudence qui a comme mission d’indiquer à la pudeur son objectif précis et la limite à ne pas franchir.

Saint Augustin disait « en tous tes actes que rien ne soit évident qui puisse blesser les yeux des autres ». Pour un chrétien qui vit dans une ambiance contraire à la loi de Dieu et à la vocation sacrée de la personne humaine avec son âme et son corps, il ne suffit pas de ne pas faire ce qui peut offenser les autres, ni de faire ce qui la société considère acceptable. Nous devons nous rappeler nécessairement que notre corps est un Temple de Dieu et que le mystère de la vie c’est quelque chose à protéger, à garder dans le secret.

PUDEUR_II_DU_VERBE_INCARNEOn peut résumer tout ce qu’on vient de dire avec les paroles de saint Paul aux Corinthiens : « Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car vous avez été achetés à grand prix. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps.(1 Co. 6,19 -20)

P. Luis Martinez V.E.

Monastère « Bx. Charles de Foucauld »

Institut du Verbe Incarné