MESSE CHRISMALE

Vivons la Semaine Sainte

JEUDI DE LA SEMAINE SAINTE *

Dans la matinée du Jeudi, saint l’Évêque concélèbre avec un certain nombre de prêtres venant des divers points du diocèse une Messe au cours de laquelle il consacre le saint chrême, dont on usera pour baptiser et confirmer durant la Nuit pascale. Avec le chrême l’Évêque bénit aussi l’huile pour l’onction des malades et, si cela est nécessaire, l’huile des catéchumènes. Là où l’on juge difficile de réunir les prêtres, les diacres et le peuple autour de l’Évêque le matin du Jeudi saint, on peut anticiper la Messe chrismale à un autre jour qui soit proche de Pâques .

Le chrême, fait d’huile mêlée de substances odoriférantes, est par excellence l’huile qui consacre à Dieu. Répandu sur le sommet de la tête de celui qui vient d’être baptisé dans l’eau, il signifie que le chrétien est désormais «pour toujours membre de Jésus Christ, prêtre, prophète et roi». Dans la Confirmation, le baptisé reçoit avec l’onction chrismale sur le front «la marque de l’Esprit Saint, qui lui est donné». En dehors de ces deux usages fondamentaux, on use encore du chrême dans la consécration de l’évêque (onction de la tête) et dans l’ordination du prêtre (onction des mains), ainsi que dans la dédicace des églises et des autels.

Chaque fois que l’on fait l’onction chrismale, c’est en référence au Seigneur Jésus, dont le nom même de Christ signifie en grec «consacré par l’onction». Jésus n’a pas reçu l’onction rituelle qui, sous l’Ancienne Alliance, consacrait le grand prêtre, ainsi que les rois et parfois les prophètes. Sa consécration tient à son être même de Dieu fait homme. En prenant chair dans le sein de Marie, le Verbe de Dieu a conféré à l’humanité de Jésus l’onction divine qui faisait de lui le Prêtre, le Prophète et le Roi de la Nouvelle Alliance et qui conférait la même consécration à tous les membres de son Corps, à tout le peuple de Dieu.

C’est la raison pour laquelle le pape Paul VI a voulu faire de la Messe chrismale du Jeudi saint une fête du sacerdoce: sacerdoce du Christ, qui offrit son sacrifice sur l’autel de la croix et en institua le mémorial à la dernière Cène; sacerdoce des ministres qu’il a appelés à continuer son oeuvre, les évêques et les prêtres, auxquels il a donné la mission d’annoncer l’Évangile, de conduire son peuple et de célébrer les sacrements, avec le pouvoir exclusif de célébrer son sacrifice et de remettre les péchés en son nom; sacerdoce du peuple chrétien chargé, lui aussi, de faire connaître Jésus Christ, d’être «dans le monde un ferment de sainteté» et d’ «instaurer le Royaume de Dieu en accomplissant ses tâches temporelles» (Prières pour les laïcs au Missel).

Liturgie de la Parole

Dans l’évangile Jésus se présente comme le Consacré, le Christ, en s’appropriant la prophétie messianique: «L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction». La première lecture replace la citation de Jésus dans son contexte, mais elle fait allusion aussi au sacerdoce du peuple de Dieu : «Et vous, vous serez appelés les prêtres du Seigneur». L’Apocalypse souligne ensuite que c’est par son sacrifice que le Christ a fait de nous «le royaume et les prêtres de son Père» (2ème lecture).

(*)Elle peut être anticipée à un autre jour proche de Pâques.

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