La sainte Messe est l’œuvre de Dieu

Évangile du Dimanche XIX: Jn. 6, 41-51

Nous continuons à écouter le sermon du Pain de Vie dans le chapitre 6 de saint Jean, « Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie » dit le Seigneur, ce long chapitre va encore nous accompagner quelques dimanches et il nous parle bien sûr, de l’Eucharistie ; la première lecture nous aide, elle aussi, à méditer sur ce Sacrement, nous rapportant quelques passages qui prophétisaient l’Eucharistie. La semaine dernière c’était la manne, ce pain qui tombait du Ciel (le Seigneur en fait référence dans l’évangile de ce dimanche) et cette semaine c’est le prophète Elie, dont sa vie est image de la nôtre, en train de fuir du mal, Dieu lui donne à manger et à boire d’une façon miraculeuse, autrement, lui dit l’ange, le chemin serait trop long pour toi.

Mais, comme on a fait dans les semaines précédentes, on va continuer à voir les rites et quelques aspects essentiels de la Sainte Messe ; comme disait le Curé d’Ars, « Toutes les bonnes œuvres réunies n’équivalent pas au sacrifice de la messe, parce qu’elles sont les œuvres des hommes, et la sainte messe est l’œuvre de Dieu », il nous faut donc approfondir dans la connaissance de cette œuvre de Dieu, pour mieux participer à elle.

On avait parlé de la première grande partie de la messe, la Liturgie deproc d'of la Parole ; alors la deuxième grande partie commence avec une procession, appelée Procession d’Offrandes, elle est présente dans toutes les messes, parfois de façon plus discrète on amène les offrandes depuis la petite table qu’il a derrière moi (« Crédence ») jusqu’à l’autel ; ou bien, comme on fait souvent les dimanches, depuis le fond de l’église jusqu’à l’autel.

Qu’est ce que nous apportons vers l’autel ?

Les offrandes du pain et du vin, qu’est la matière, comme on dit, pour le Sacrifice Eucharistique. Les hosties que l’on consacre c’est du pain, c’est-à-dire elles sont faites de la farine du blé avec de l’eau, dans la liturgie latine le pain pour la messe n’a pas de levure, pain « sans levain », tandis que dans la liturgie Orientale, l’Eglise Copte, la Grecque-Catholique le pain pour la messe contient levure. L’essentiel c’est que le pain soit du blé. Le vin c’est le vin naturel du raisin, il doit être pur, c’est-à-dire sans sucre ajoutée ou bien d’autres substances pour sa conservation par exemple.

Pour quoi nous consacrons du pain et du vin à la messe et pas d’autres choses? C’est parce que le Seigneur l’a voulu de cette manière, pensons qu’au moment de la Dernière Cène il y avait aussi d’autres aliments sur la table, mais le Seigneur a choisi le pain et le vin pour prononcer sur eux les paroles « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang ».

C’est pour cela que l’Eglise a déterminé que ces deux aliments soient « la matière apte » pour célébrer la messe. Si quelqu’un voudrait utiliser une autre matière, il ne célèbrerait pas la messe et il irait en plus, contre ce qu’Eglise tient comme dogme de foi. Aux Etats Unis, il y a quelques années quelqu’un avait voulu changer la matière, proposant d’utiliser pour la messe quelque chose de plus moderne, comme la pizza et le Coca-cola. Celui-là, il ne voulait pas seulement agir contre l’Eglise, il rabaissait même la volonté du Seigneur qui fait toutes choses de façons excellente.

Il faut connaître cela pour bien discerner, dans ce monde il y a toujours ceux qui pensent être à la mode, et vont finalement contre ce que le Seigneur a prédisposé depuis toujours pour notre bien.

Hosties et vinPar rapport à la matière du sacrifice nous pouvons voir quelques aspects. Le pain et le vin ce sont de choses simples, résultat du travail de l’homme, on peut dire « cuites » (même le vin a besoin de sa chaleur naturelle pour être fermenté, évidement pour le pain il faut qu’il passe par le four), c’est une matière composée par une multitude de grains soit de blé, soit de raisin ; elle est double, comme pour un banquet, le pain nourrit et le vin produit la joie. Finalement c’est une matière visible qui cache la réalité invisible, et c’est pour cela que nous avons besoin de la foi pour comprendre ce qui se passe dans l’Eucharistie, au-delà de ce qui est sensible.

Alors, que le pain et le vin aient été choisis par Dieu pour être la matière du sacrement de l’Eucharistie a beaucoup de convenances, on dit plutôt qu’elles sont des raisons pour expliquer pour quoi le Seigneur a choisi le pain et le vin :

D’abord, parce qu’ils signifient le banquet spirituel que constitue ce sacrement, comme on vient de dire, la communion  fortifie l’âme et la fait réjouir de la présence de Dieu.

Deuxième raison parce qu’ils représentent la Passion du Seigneur, le Sang est séparé du Corps du Seigneur, et pour cela on ne consacre pas le pain et le vin mélangés ensemble, sinon séparés, d’abord le pain et après le vin.

Troisième : pour ce que ce sacrement produit dans l’Eglise, c’est-à-dire l’unité, pour faire le pain on a besoin de multiples grains, ainsi que pour le vin.

Et dernière raison parmi d’autres c’est la primatie de ces aliments parmi les autres, ils sont les plus nobles et les principaux du règne végétal.

On disait au début de la prédication que les offrandes sont amenées à l’autel en procession. Elle veut signifier l’offrande que nous faisons de nous-mêmes, de notre vie, de toutes nos choses, tout est offert à Dieu par Jésus-Christ, pour qu’Il se digne les accepter, les sanctifier et les bénir. « Notre vie » veut dire tout : la prière, le travail, la famille, les amitiés, les projets, les joies, les peines, les souffrances, même nos inquiétudes et nos espoirs. C’est une attitude de donation totale et qui reste présente au long de toute la Messe. Cela accompagne le pain (les hosties qui vont dans la patène et le ciboire) et le vin dans la burette. A ce moment-là on fait aussi la quête, l’aide concrète pour les besoins de l’Eglise. Seulement les hosties et le vin se déposent sur l’autel, les autres choses offertes doivent être déposées devant lui.

Sur ce pain et ce vin qui sont maintenant séparés pour le sacrifice, on prononce d’abord une bénédiction. « Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes » « Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce vin, fruit de la vigne et du travail des hommes » Et dans le calice on verse une petite goute d’eau, comme a fait le Seigneur certainement à la dernière cène, car c’était le rite juifGoûte d'eau. Pour nous les chrétiens elle est le symbole du peuple de Dieu comme le disait déjà notre Patron Saint Cyprien « le vin absorbe l’eau, et comme il est impossible de séparer l’eau de ce vin, car elle devient du vin, il est impossible de séparer le chrétien du Christ, par la grâce nous sommes tellement unis au Christ que nous sommes une seule chose avec Lui, et nous sommes le Christ lui-même ». Pour cela, en versant l’eau le prêtre dit cette prière : « Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité. » 

A la fin, tout est prêt pour commencer le sacrifice : la consécration des dons dans le Corps et le Sang de Jésus.

Demandons la grâce de que l’offrande de nous-mêmes unie à celle du Christ soit toujours agréable à Dieu, comme nous allons dire en quelques minutes : « Nous t´en supplions, Dieu tout-puissant: qu´elle soit portée par ton ange en présence de ta gloire, sur ton autel céleste, afin qu´en recevant, par notre communion à l´autel, le Corps et le Sang de ton Fils, nous soyons comblés de ta grâce et de tes bénédictions » ( Prière Eucharistique numéro 1).

Que la Vierge Marie nous donne cette grâce.

P. Luis Martinez V.E.

Monastère « Bx. Charles de Foucauld »