24 SEPTEMBRE – NOTRE DAME DE LA MERCI

Notre_Dame_de_la_Merci_Institut_du_Verbe_IncarnéDans l’expression Notre-Dame de la Merci, le mot Merci traduit l’espagnol « merce »d qui signifie grâce, ou le latin « merces » qui signifie rançon. A l’origine de l’Ordre des Mercédaires qui s’occupèrent de racheter les chrétiens captifs des musulmans, Notre-Dame apparut à saint Pierre Nolasque, à saint Raymond de Penyafort et au roi Jacques I° d’Aragon. Au milieu de la nuit du 1° août 1218, alors que l’Eglise célébrait la fête de Saint-Pierre-aux-Liens, la vierge Marie, accompagnée d’anges et de saints, apparut à saint Pierre Nolasque et lui dit :

Mon fils, je suis la Mère du Fils de Dieu qui, pour le salut et la liberté du genre humain, répandit tout son sang en souffrant la mort cruelle de la Croix ; je viens ici chercher des hommes qui veuillent, à l’exemple de mon Fils, donner leur vie pour le salut et la liberté de leurs frères captifs. C’est un sacrifice qui lui sera très agréable. Je désire donc que l’on fonde en mon honneur un Ordre dont les religieux, avec une foi vive et une vraie charité, rachètent les esclaves chrétiens de la puissance et de la tyrannie des Turcs, se donnant même en gage, s’il est nécessaire, pour ceux qu’ils ne pourront racheter autrement. Telle est, mon fils, ma volonté ; car, lorsque dans l’oraison tu me priais avec des larmes de porter remède à leurs souffrances, je présentais tes vœux à mon Fils qui, pour ta consolation et pour l’établissement de cet Ordre sous mon nom, m’a envoyée du ciel vers toi.

Saint Pierre Nolasque répondit :

Je crois d’une foi vive que vous êtes la Mère du Dieu vivant et que vous êtes venue en ce monde pour le soulagement des pauvres chrétiens qui souffrent dans une barbare servitude. Mais que suis-je, moi, pour accomplir une œuvre si difficile au milieu des ennemis de votre divin Fils et pour tirer ses enfants de leurs cruelles mains ? Et Notre-Dame de lui répondre : Me crains rien, Pierre, je t’assisterai dans toute cette affaire et, pour que tu aies foi en ma parole, tu verras bientôt l’exécution de ce que je t’ai annoncé et mes fils et mes filles de cet Ordre se glorifieront de porter des habits blancs comme ceux dont tu me vois revêtue. En disant cela, la Vierge disparut.

Pierre Nolasque passa en prière le reste de la nuit puis rejoignit Raymond de Penyafort qui lui dit :

J’ai eu cette nuit la même vision que vous : j’ai été aussi favorisé de la visite de la Reine des anges et j’ai entendu de sa bouche l’ordre qu’elle me donnait de travailler de toutes mes forces à l’établissement de cette religion et d’encourager dans mes sermons les catholiques fidèles à venir en aide à une œuvre de charité si parfaite. C’est pour remercier Dieu et la très sainte Vierge que j’étais venu si matin à la cathédrale.

Le roi Jacques I° d’Aragon entra alors dans la cathédrale et leur dit :

La glorieuse Reine des anges m’est apparue cette nuit, avec une beauté et une majesté incomparables, m’ordonnant d’instituer, pour la rédemption des captifs, un Ordre qui porterait le nom de Sainte-Marie de la Merci ou de la Miséricorde ; et, comme je connais en toi, Pierre Nolasque, un grand désir de racheter les esclaves, c’est toi que je charge de l’exécution de cette œuvre.
Pour toi, Raymond, dont je sais la vertu et la science, tu seras le soutien de l’Ordre par tes prédications.

 

23 SEPTEMBRE – SAINT PIO DE PIETRELCINA

LA MESSE DE PADRE PIO

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Première Messe du Padre Pio

– Padre, qu’est-ce que votre Messe ?

Une fusion sacrée dans la Passion du Christ

– Que faut-il que je voie dans votre Sainte Messe ?

Le Calvaire tout entier.

– Dites-moi tout ce que vous souffrez durant votre Sainte Messe ?

Tout ce que Jésus a souffert dans sa Passion, je le souffre aussi, mais inadéquatement, autant qu’un être humain le puisse. Et tout cela, non parce que je le mérite, mais parce que Dieu, dans sa bonté, le veut ainsi.

– Je vous ai vu trembler en montant les marches de l’autel. Pourquoi ? Est-ce à cause de ce que vous étiez sur le point de souffrir ?

Pas de ce que j’allais souffrir, mais de ce que j’allais offrir.

– Padre, prenez-vous nos péchés sur vous durant le Divin Sacrifice ?

Je ne peux rien faire d’autre car cela fait partie du Divin Sacrifice.

– À quel moment du Divin Sacrifice souffrez-vous le plus

De la Consécration à la Communion.

– Pourquoi avez-vous pleuré durant la lecture de l’Évangile en arrivant à ces mots :

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang… » ?

Pleurez tendrement avec moi…

– Pourquoi êtes-vous toujours sur le point de pleurer en lisant l’Évangile pendant la Sainte Messe ?

Et cela vous semble-t-il de peu d’importance que Dieu parle à ses créatures et soit continuellement contredit et blessé par leur ingratitude et leur incroyance ?

– Non, je veux dire que le sacrifice de Jésus est non sanglant, mais que votre participation durant toute la Messe est sanglante. Est-ce que je me trompe ?

Eh bien, cette fois vous n’avez pas tort. Je crois personnellement que vous avez raison.

– Qui essuie votre sang à la Messe ?

Personne.

– Pourquoi pleurez-vous à l’Offertoire ?

Vous voulez m’arracher mon secret. Soit.

C’est le moment où l’âme est séparée du profane.

[Le moment où Padre Pio entre dans une sorte d’extase, à la Messe]

– L’assistance est un peu bruyante à votre Messe, Père.

Si vous aviez été là au Calvaire, vous auriez entendu les gens crier, jurer, pleurer et menacer ! Il y avait un vacarme terrible.

– Êtes-vous dérangé par le bruit à l’église ?

Pas du tout.

– Mon Père, dites-moi pourquoi vous pleurez à l’autel et ce que signifient les paroles que vous dites durant la Consécration. Je ne vous le demande pas par curiosité mais parce que je désire les répéter après vous.

Les secrets du Roi des rois ne peuvent être répétés sans être profanés. Vous me demandez pourquoi je pleure ? Je préférerais ne pas verser quelques pleurs mais des torrents de larmes. Ne vous arrive-t-il jamais de réfléchir à cet immense mystère ?

– Goûtez-vous à l’amertume du fiel durant la Messe ?

Oui, très souvent.

– Comment arrivez-vous à tenir debout à l’autel ?

Comme Jésus l’a fait sur la Croix.

– Êtes-vous cloué sur la Croix à l’autel comme Jésus au Calvaire ?

Devez-vous me poser cette question ?

– Comment arrivez-vous à rester là ?

Comme l’a fait Jésus sur la croix.

– Les bourreaux ont-ils retourné la croix de Jésus pour rabattre les clous ?

Bien sûr.

– Est-ce qu’ils vous transpercent aussi avec les clous ?

Oui.

– Est-ce qu’ils vous retournent aussi sur la Croix ?

Oui, mais n’ayez pas peur.

– Père, est-ce que vous prononcez les Sept Paroles que Jésus a dites sur la Croix durant la Messe ?

Oui.

– Et à qui dites-vous : « Femme, voici ton fils » ?

Je lui dis : « Voici les enfants de ton Fils. »

– Souffrez-vous comme Jésus de la même soif et du même sentiment d’être abandonné ?

Oui.

– À quel moment souffrez-vous de la soif et de la solitude ?

Après la Consécration.

– Jusqu’à quel moment souffrez-vous de cette soif et de cet abandon ?

Normalement, jusqu’à la Communion.

– Vous m’avez dit que vous aviez honte de dire : « J’ai cherché en vain quelqu’un pour me consoler. » Pourquoi ?

Parce qu’en comparaison avec ce que Jésus a souffert, notre souffrance n’est rien, puisque nous sommes réellement coupables.

– Qui vous donne ce sentiment de honte ?

Dieu et ma conscience.

– Est-ce que les anges du Seigneur ne vous réconfortent pas à l’autel où vous vous sacrifiez ?

Peut-être… mais je ne le ressens pas.

– Notre présence est inutile si la consolation n’envahit pas votre esprit durant le Divin Sacrifice et si, comme Jésus, vous vous sentez totalement abandonné.

Votre présence est utile ; autrement nous devrions dire que la présence de Notre-Dame des Douleurs, de Jean et des Saintes Femmes aux pieds de Jésus mourant était inutile.

– Qu’est-ce que la Sainte Communion ?PPio_Messe_Institut_du_Verbe_Incarné

C’est tout ensemble la révélation de la miséricorde intérieure et extérieure. Une étreinte complète. Priez aussi Jésus qu’Il fasse sentir Sa présence.

– Jésus ne pénètre-t-il que dans l’âme lorsqu’il vient ?

Il entre dans l’être tout entier.

– Que fait Jésus dans la Communion ?

             Il prend ses délices dans Sa créature.

– Lorsque vous vous joignez à Jésus dans la Sainte Communion, que devrions-nous demander pour vous au Seigneur ?

Que je puisse être un autre Jésus, tout Jésus, toujours Jésus.

– Souffrez-vous aussi durant la Communion ?

C’est le point culminant.

– Votre souffrance continue-t-elle après la Communion ?

Oui, mais amoureusement.

– Est-ce que Jésus vous console dans cette union ?

Oui, mais je suis toujours sur la Croix !

– Vers qui Jésus a-t-il tourné Son regard en expirant ?

Vers Sa mère.

– Et vers qui regardez-vous ?

Vers mes frères en exil.

– Est-ce que vous mourez aussi durant la Sainte Messe ?

Mystiquement, durant la Sainte Communion.

– Subissez-vous la mort à cause de l’intensité de l’amour et de la douleur ?

Des deux, mais plus à cause de l’amour.

– Si vous subissez la mort durant la Communion, vous n’êtes donc plus présent à l’autel ?

Pourquoi pas ? Jésus mort était aussi au Calvaire.

– Vous dites, Père, que la victime meurt dans la Communion. Est-ce qu’ils vous déposent dans les bras de Notre-Dame ?

De saint François.

– Jésus détache-t-Il ses bras de la Croix pour Se reposer en vous ?

C’est moi qui me repose en Lui.

– Jusqu’à quel point aimez-vous Jésus ?

Mon désir est infini, mais en fait, hélas, ce n’est rien et j’en ai honte.

– Père, pourquoi pleurez-vous en lisant le dernier verset de l’Évangile de Jean ? « Et nous avons vu Sa gloire, la gloire du Fils unique de Dieu, plein de grâce et de vérité » ?

Cela ne veut-il rien dire pour vous ? Si les Apôtres, avec leurs yeux de chair, ont vu tant de gloire, quelle gloire ne verrons-nous pas dans le Fils de Dieu, en Jésus, lorsqu’Il se montrera à nous dans le Ciel ?

– Que sera notre union avec Jésus dans le Ciel ?

Eh bien… l’Eucharistie peut vous en donner une idée.

– La Très Sainte Vierge Marie est-elle présente à votre Messe ?
Pourquoi ? Pensez-vous qu’une mère ne s’intéresse pas à son fils ?

– Et les anges aussi ?

Des armées.

– Que font-ils ?

             Ils adorent et ils aiment.

– Père, qui est le plus proche de vous à l’autel ?

Le Paradis tout entier.

– Aimeriez-vous célébrer plus d’une Messe par jour ?

Si cela dépendait de moi, je ne quitterais jamais l’autel.

– Vous m’avez dit que vous portiez l’autel en vous.PPIO_MESSE_Institut_du_Verbe_Incarné (2)

Oui, au sens où le disait l’Apôtre :

« Portant en moi la mortification du Christ »

« Je suis cloué à la Croix »

« Je traite durement mon corps et le tiens assujetti »

 

– Vous souvenez-vous de moi, Père, pendant la Sainte Messe ?

    Du commencement à la fin, la Sainte Messe n’est qu’un long souvenir de vous.

Tiré du livre « Padre Pio Teaches Us », par Don Nello Castello