La cène du Seigneur

Aujourd’hui nous célébrons la cène du Seigneur,  qui est le repas que Jésus-Christ prit avec ses apôtres la veille de la Passion et au cours duquel il institua l’Eucharistie comme don à son Eglise, en laissant aussi son exemple,  le don de l’ordre sacré. (le sacrement que nous recevons nous, les prêtres)

Il a aussi fait une très grande homélie dans laquelle il nous parle de la vigne et les sarments, de la promesse de l’Esprit saint, et par ailleurs cette phrase que nous connaissons bien « Je suis le chemin la vérité et la vie»

Parmi tous ses sujets nous poserons notre regard sur le mystère de l’Eucharistie. Nous examinerons comment Dieu a préparé la révélation de ce mystère, puis nous parlerons aussi de la célébration de l’Eucharistie chez les premiers chrétiens et finalement de la relation entre l’Eucharistie et la liturgie du ciel.

Premier mot : Comment Dieu a prépare la révélation de ce mystère :

Il y a plusieurs exemples qu’on pourrait citer, à savoir : le sacrifice d’Abel (Gn 4,4), le sacrifice d’Abraham (Gn 22, 1-18), celui de Melkisédek : « Melkisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était prêtre du Dieu très-haut. »  (Gn 14, 18) La liturgie nous dit : Comme il t’a plu d’accueillir les présents d’Abel le juste, le sacrifice de notre père Abraham, et celui que t’offrit Mechisédech ton grand prêtre, en signe du sacrifice parfait, regarde cette offrande avec amour et dans ta bienveillance, accepte-la (Prière eucharistique I) L’agneau pascal, la manne au désert, et tous les sacrifices de l’ancien testament.

Nous voudrions souligner deux figures de l’eucharistie : L’agneau pascal et la manne.

L’agneau pascal : L’agneau pascal est le sacrifice que le peuple d’Israël a offert la nuit de pâques, c’est la nuit où Dieu a donné la liberté à son peuple. L’esclavage du peuple d’Israël en Egypte est signe de l’esclavage du péché. La liberté donnée par Dieu, est signe de la liberté des enfants de Dieu. Le sang de l’agneau pascal sur les montants et sur les linteaux était le signe du salut. Le livre de l’exode nous dit : «Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai » (Ex 12, 13)

Le livre de l’exode en parlant de l’agneau de sacrifice nous dit : « Ce sera une bête sans défaut, un mâle, d’une année. »  (Ex 12, 5) Sans défaut, sans tache : Saint Pierre nous dira plus tard : « Lui (Jésus) n’a pas commis de péché ; dans sa bouche, on n’a pas trouvé de mensonge  Lui-même a porté nos péchés, dans son corps, sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris. » Le prophète Isaïe disait du Christ : « comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche » (53, 7). C’est pour ça qu’avant la communion le prêtre dit : « Heureux les invités au repas du Seigneur, voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. »

Saint Pierre dans sa première lettre nous dit : « Ce qui vous a libérés… ce n’est pas l’or et l’argent, car ils seront détruits ; c’est le sang précieux du Christ, l’Agneau sans défaut et sans tache » (1 Pierre 1, 18)

La manne : C’est une image qui nous est connue. La manne est le signe de l’eucharistie et c’est le même Christ qui fait cette relation entre la manne et l’eucharistie. « Jésus disait : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel » Jn 6, 32  Et il ajoutait : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » Jn 6, 35

Mais il y a des caractéristiques de la manne qui nous aident à comprendre la valeur de l’Eucharistie. Par exemple la manne était donnée quotidiennement. La Sainte Eglise célèbre quotidiennement l’Eucharistie, nous les prêtres nous célébrons quotidiennement l’eucharistie, il y a des fideles qui essayent de participer souvent à la sainte Messe, en voyant dans l’eucharistie une source jaillissante de vie éternelle.

La manne comblait les besoins de chaque Israélite. L’eucharistie donne a chacun de nous ce dont nous avons besoin pour notre vie spirituelle. Pour celui qui a besoin de prudence, il aura la prudence ; Pour ceux qui ont besoin de chasteté, la chasteté ; pour ceux qui ont besoin de patience, la patience, constance, constance, etc.

La manne a été donnée jusqu’à l’entrée de la terre promise. C’est pour cela que nous avons besoin de l’Eucharistie jusqu’à notre entrée au ciel.

Deuxième mot la célébration de l’Eucharistie chez les premiers chrétiens :

Les premiers chrétiens ont compris tout de suite la centralité de l’eucharistie dans la vie chrétienne. Saint Luc dans son évangile et dans les actes des apôtres se sert de la phrase «Fractio panis » la fraction du pain pour nous parler de l’Eucharistie. Par exemple, après la fête de la Pentecôte lorsqu’il a eu lieu la première conversion communautaire, saint Luc nous raconte : «Ils étaient assidus… à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. » Actes 2, 42 (Cf Actes 20, 7 ; Lc 24, 35)

Mais saint Paul nous parle de la célébration Eucharistique avec plus de détails. C’est vrai qu’on voudrait connaitre plus de détails mais au moins l’apôtre soulève un petit peu le voile de la Sainte Messe chez les premiers chrétiens.

Le texte est très important parce qu’il date de l’année 57 ou 58, c’est-à-dire 24 ou 25 ans après de l’institution de l’eucharistie et on trouve la centralité du mystère Eucharistie, chez une communauté qui se trouve à plus de 2000 km de Jérusalem et qui est composée de personnes d’origine païenne, non juives.

La description de la célébration, que fait l’apôtre, a pour but de corriger les défauts de ses enfants dans la foi. Il y avait des divisions dans l’assemblée, la façon de s’habiller (le voile de la femme) l’ordre de l’assemblée, des opinions laxistes et des exagérations… cela pourrait être la description de plusieurs diocèses ou des paroisses d’aujourd’hui. Même l’autorité de l’apôtre a été critiqué… certainement les problèmes d’une communauté faible dans la foi.

L’apôtre n’a pas beaucoup de temps c’est pour cela qu’après avoir donné quelques indications il passe à ce qui est essentiel. Je cite : 23 J’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, 24 puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » 25 Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » 26 Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. »

Dans ce petit texte que nous venons d’entendre, il y a des termes, des mots dont il se sert, qui sont très précis et techniques. Mais il faut bien remarquer que l’apôtre ne tire pas ce texte de l’évangile car les évangiles ont été écrits après. L’Évangile selon Marc  a été écrit après les années 65, la date de composition de l’évangile de Saint Matthieu et Saint Luc est entre les années 70 et 80.

  • La nuit où il était livré.
  • Ceci est mon corps,
  • La nouvelle Alliance en mon sang.
  • Faites cela en mémoire de moi.

Est-ce qu’aujourd’hui on peut exprimer le mystère Eucharistique d’une manière plus précise ?

Et troisième mot : la relation de l’Eucharistie et la liturgie du ciel :

On commence par une citation du concile Vatican[1] : « Dans la liturgie terrestre, nous participons par un avant-goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte cité de Jérusalem à laquelle nous tendons comme des voyageurs, où le Christ siège à la droite de Dieu, comme ministre du sanctuaire et du vrai tabernacle [2] ; avec toute l’armée de la milice céleste, nous chantons au Seigneur l’hymne de gloire ; en vénérant la mémoire des saints, nous espérons partager leur communauté ; nous attendons comme Sauveur notre Seigneur Jésus Christ, jusqu’à ce que lui-même se manifeste, lui qui est notre vie, et alors nous serons manifestés avec lui dans la gloire 23].[3] »

Comment pouvons-nous connaître la liturgie du ciel ? Evidement nous pouvons la connaître par la révélation, les différents livres de la bible, comme le prophète Isaïe (Is  6, 3) Le livre de Daniel (Dn 7, 1 ss). Il en a beaucoup mais nous voudrions remarquer quelques points du livre de l’Apocalypse, et particulièrement le chapitre 4.

4 01 « Après cela, j’ai vu : et voici qu’il y avait une porte ouverte dans le ciel. Et la voix que j’avais entendue, pareille au son d’une trompette, me parlait en disant : « Monte jusqu’ici, et je te ferai voir ce qui doit ensuite advenir. » 02 Je fus saisi en esprit. » C’est la façon de dire qu’il commence à parler du ciel.

4, 02 b. « Voici qu’un trône était là dans le ciel, et sur le Trône siégeait quelqu’un ». Evidement Dieu le Père

04 « Tout autour de ce Trône, vingt-quatre trônes, où siègent vingt-quatre Anciens portant des vêtements blancs et, sur leurs têtes, des couronnes d’or ». Les vingt-quatre Anciens sont, selon les pères de l’Eglise, les douze apôtres et les douze patriarches du peuple d’Israël.

06 « Au milieu, autour du Trône, quatre Vivants… Le premier Vivant ressemble à un lion, le deuxième Vivant ressemble à un jeune taureau, le troisième Vivant a comme un visage d’homme, le quatrième Vivant ressemble à un aigle en plein vol ». C’est le signe des quatre évangélistes. Et souvent dans les grandes coupoles on trouve les quatre évangélistes.

Ils ne cessent de dire : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur Dieu, le Souverain de l’univers, Celui qui était, qui est et qui vient. » La liturgie reprend ce chant, le Sanctus qu’on chante après la préface et avant la prière eucharistique.

5 06 « Et j’ai vu, entre le Trône, les quatre Vivants et les Anciens, un Agneau debout, comme égorgé ; ses cornes étaient au nombre de sept, ainsi que ses yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés sur toute la terre. » On arrive au centre de cette célébration liturgique : Agneau debout, comme égorgé, l’agneau offert en sacrifice, égorgé, mais debout c’est-à-dire vivant. Souvent on dit que saint Jean n’as pas vu un agneau mais plutôt L’agneau, le Christ lui-même avec les signes de la passion, mais vivant. Le Christ centre de cette célébration et centre aussi notre célébration eucharistique.

Pour finir : Nous avons lu tout à l’heure la phrase avec laquelle Saint Jean commence le récit de la dernière cène « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout » Nous demandons la grâce de toujours connaître d’une meilleur façon l’amour du Christ, qui s’est livré pour nous, pour nous ! et la grâce de répondre généreusement à cet amour.

P. Andrés Nowakowski V. E.

Monastère « Bx. Charles de Foucauld »

[1] Sacrosantum Concilium n 8.

[2] Cf. Ap 21, 2 ; Col 3, 1 ; He 8,2.

[3] Cf. Ph 3, 20; Col 3, 4.

“Est-ce que Dieu pouvait abandonner son Fils ?”

Nous sommes arrivés à la Semaine la plus importante pour l’Eglise, et pour cela nous l’appelons du nom de Semaine Sainte.

Le dimanche qui l’ouvre a reçu au cours de l’histoire, le nom « Dimanche de Rameaux », d’après le rite de la bénédiction et de la procession de Rameaux dont nous avons commencé la messe. Ce dimanche est aussi appelé Dimanche de la Passion, tout d’abord parce que l’Eglise nous fait écouter les évangiles de Passion de Notre Seigneur (cette année d’après saint Marc), mais aussi parce que les lectures et les autres textes de la messe nous aident à revivre, à participer d’une façon plus intime à la souffrance de notre Seigneur, comme le dit saint Paul, en contemplant le mystère de la croix « que toute langue proclame : ‘ Jésus Christ est Seigneur’ ».

Lorsque nous contemplons la Passion, nous sommes conscients que c’est pour nous que le Seigneur marche à sa Passion, plus précisément pour nos péchés. Dieu l’avait déjà révélé depuis l’origine de l’histoire humaine : le Messie devait souffrir pour nos péchés.

De manière admirable le prophète Isaïe entrevoyait cela entre les images voilées du mystère qu’il contemplait, plus de sept siècles avant la naissance de Jésus : « c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous » Isaïe 53, 5-6.

Saint Paul exposera cette vérité, déjà accomplie pour lui et pour les chrétiens à travers une belle image : Le Christ a effacé le billet de la dette qui nous accablait en raison des prescriptions légales pesant sur nous : il l’a annulé en le clouant à la croix.

Mais, nous pouvons nous poser une première question aujourd’hui : Si le Dieu le Père pouvait épargner de la Passion à son Fils, pour quoi ne l’a-t’ Il pas fait ? Nous avons entendu le cri de notre Seigneur avant sa mort qui Le montrait dans une grande angoisse : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Est-ce que Dieu pouvait abandonner son Fils ?

D’abord, nous devons dire que Notre Seigneur n’a jamais cessé d’être Dieu durant sa Passion, parce qu’Il est la Deuxième Personne de la Trinité, le Fils, Dieu qui ne peut pas être écarté de Dieu. Mais cette personne Divine a pris la nature humaine, de façon à ce que Celui qui subissait la mort sur la croix fût Dieu et homme au même temps.

Alors, le Christ qui a voulu souffrir toutes les conséquences du péché a souffert aussi cette solitude amère que souffre toute âme lorsqu’elle s’éloigne de Dieu, Dieu m’a laissé parce que j’ai voulu Le laisser d’abord.

Dans sa Passion, la Divinité était pourtant toujours présente dans le Corps et l’Ame de Jésus, mais cachée, laissant sa nature humaine souffrir comme seule, sans la consolation de savoir que Dieu était Présent en elle.

Mais nous pouvons dire que ce cri est le début d’une prière, c’est le psaume que nous avons chanté avant la deuxième lecture et l’évangile, le ps. 21 :   « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Une prophétie, qui commence avec la souffrance mais si nous le relisons on voit qu’il chante à la fin ce triomphe : « Tu m’as répondu ! Et je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée ». « Tu m’as répondu ! » Le Christ pensait à sa Résurrection, ce psaume devenait un chant de consolation plutôt que de douleur pour Lui.

Malgré ce que nous venons de dire, nous avons encore une vérité à assumer, car selon ce que saint Paul a écrit (Rm 8, 32) : ” Dieu n’a pas épargné son Fils unique, mais il l’a livré pour nous tous “.

Est-ce donc le Père qui a livré le Christ à la Passion ?

Saint Thomas d’Aquin répond : « Il est impie et cruel de livrer un homme innocent à la passion et à la mort contre sa volonté. » Mais ce n’est pas ainsi que le Père a livré le Christ, mais en lui inspirant la volonté de souffrir pour nous. Par là on constate tout d’abord la sévérité de Dieu qui n’a pas voulu remettre le péché sans châtiment, ce que souligne l’Apôtre (Rm 8, 32) : ” Il n’a pas épargné son propre Fils ” ; et aussi sa bonté en ce que l’homme ne pouvant satisfaire en souffrant n’importe quel châtiment, il lui a donné Quelqu’un (son Fils) qui le satisferait pour lui, ce que l’Apôtre a souligné ainsi : ” Il l’a livré pour nous tous. ” Et il dit (Rm 3, 25) : ” Lui dont Dieu a fait notre propitiation par son sang. “

Il y a donc trois façons par lesquelles Dieu le Père a livré le Christ à la passion:

Selon Sa volonté éternelle, Il a ordonné par avance la passion du Christ pour la libération du genre humain, selon cette prophétie d’Isaïe (53, 6) : ” Le Seigneur a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous. ” Et il ajoute : ” Le Seigneur a voulu le broyer par la souffrance. “

Il lui a inspiré la volonté de souffrir pour nous, en infusant en lui la charité, l’amour. Aussi Isaïe ajoute-t-il ” Il (le prophète parle de Jésus) s’est livré en sacrifice parce qu’il l’a voulu. “

Le Père ne l’a pas mis à l’abri de la passion, mais il l’a abandonné à ses persécuteurs. C’est pourquoi il est écrit (Mt 27, 46) que, sur la croix, le Christ disait : ” Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ” Parce que, remarque S. Augustin « Dieu a abandonné le Christ à ses persécuteurs. »

Mais bien que le Père ait voulu livrer le Fils, l’amour n’y est jamais obligé, l’amour est libre. C’était aussi la volonté de Son Fils de vouloir souffrir pour nous : (Jn 10, 18) : ” Personne ne me prend ma vie, c’est moi qui la donne. “

De quelle façon a t’Il accompli cela dans Sa Passion ? Au moment où Il n’a pas évité les souffrances, mais où Il les a acceptées pour nous. « Le Christ n’a pas écarté de son propre corps les coups qui lui étaient portés, mais a voulu que sa nature corporelle succombe sous ces coups, on peut dire donc que le Christ a donné sa vie ou qu’il est mort volontairement ».

Et pour montrer que la passion qu’il subissait par violence ne lui arrachait pas son âme, le Christ a gardé sa nature corporelle dans toute sa force ; ainsi, en ses derniers instants, Jésus a poussé un grand cri ; c’est là un des miracles de sa mort. D’où la parole de Marc(15, 39):  « Le centurion qui se tenait en face, voyant qu’il avait expiré en criant ainsi, déclara : “Vraiment cet homme était le Fils de Dieu !” »

Il y a eu encore ceci d’admirable dans la mort du Christ, qu’il mourut plus rapidement que les autres hommes soumis au même supplice. Selon la Passion selon S. Jean (19, 32) on ” brisa les jambes ” de ceux qui étaient crucifiés avec le Christ ” pour hâter leur mort ” : mais ” lorsqu’ils vinrent à Jésus, ils virent qu’il était déjà mort et ils ne lui rompirent pas les jambes “. D’après S. Marc (15, 44), ” Pilate s’étonna qu’il fût déjà mort “. De même que, par sa volonté, sa nature corporelle avait été gardée dans toute sa vigueur jusqu’à la fin, de même c’est lorsqu’il le voulut qu’il céda aux coups qu’on lui avait porté.

Dans ce jour où nous commençons cette Semaine Sainte, demandons à la Sainte Vierge qu’elle nous accompagne dans la méditation et la contemplation de la Passion de son Fils pour vivre avec Lui la joie de la Résurrection.

P. Luis Martinez V. E.

Institut du Verbe Incarné