LA PREMIÈRE PURGATION, QUI EST CELLE DES PÉCHÉS MORTELS

La première purgation qu’il faut faire c’est celle du péché; le moyen de la faire c’est le saint sacrement de la Pénitence. Cherchez le plus digne confesseur que vous pourrez ; prenez en main quelqu’un des petits livres qui ont été faits pour aider les consciences à se bien confesser, comme Grenade, Bruno, Arias, Auger; lisez-les bien, et remarquez de point en point en quoi vous avez offensé, à prendre depuis que vous eûtes l’usage de raison jusques à  l’heure présente; et si vous vous défiez de votre mémoire, mettez en écrit ce que vous aurez remarqué. Et ayant ainsi préparé et ramassé les humeurs peccantes de votre conscience, détestez-les et les rejetez par une contrition et déplaisir aussi grand que votre cœur  pourra souffrir, considérant ces quatre choses: que par le péché vous avez perdu la grâce de Dieu, quitté votre part de paradis, accepté les peines éternelles de l’enfer et renoncé à l’amour éternel de Dieu.

Vous voyez bien, Philothée, que je parle d’une confession générale de toute la vie, laquelle certes je confesse bien n’être pas toujours absolument nécessaire, mais je considère bien aussi qu’elle vous sera extrêmement utile en ce commencement c’est pourquoi je vous la conseille grandement. Il arrive souvent que les confessions ordinaires de ceux qui vivent d’une vie commune et vulgaire sont pleines de grands défauts: car souvent on ne se prépare point ou fort peu, on n’a point la contrition requise; ains il advient maintes fois que l’on va se confesser avec une volonté tacite de retourner au péché, d’autant qu’on ne veut pas éviter l’occasion du péché, ni prendre les expédients nécessaires à l’amendement de la vie; et en tous ces cas ici la confession générale est requise pour assurer l’âme, Mais outre cela, la confession générale nous appelle à la connaissance de nous-mêmes, nous provoque à une salutaire confusion pour notre vie passée, nous fait admirer la miséricorde de Dieu qui nous a attendus en patience ; elle apaise nos cœurs, délasse nos esprits, excite en nous des bons propos, donne sujet à notre père spirituel de nous faire des avis plus convenables à notre condition, et nous ouvre le cœur pour avec confiance nous bien déclarer aux confessions suivantes.

Parlant donc d’un renouvellement général de notre cœur et d’une conversion universelle de notre âme à Dieu, par l’entreprise de la vie dévote, j’ai bien raison, ce me semble, Philothée, de vous conseiller cette confession générale.

BIENHEUREUX CHARLES DE FOUCAULD

Le 1er décembre, l’Eglise célèbre le Bienheureux Charles de Foucauld, patron de notre monastère en Tunisie.

Bx Charles de FoucauldDES MEDITATIONS DU BIENHEUREUX CHARLES DE FOUCAULD

(La bonté de Dieu, méditation 234)

Le Seigneur nous aide dans le moment présent

« Quand on vous traduira en jugement, ne cherchez pas d’avance ce que vous répondrez… l’Esprit-Saint, Lui-même parlera par votre bouche. » (Mc. 12,32 – 13,11).

Que vous êtes bon, mon Dieu ! Vous qui en tout instant, en toutes circonstances de leur vie, donnez toujours à Vos serviteurs tout ce qui leur faut pour accomplir pleinement la mission que Vous leur donnez.

[…] Dieu nous donnera à toute heure ce qu’il faut pour remplir toute mission qu’Il lui plaira de nous donner… Il nous le donnera surnaturellement, sans nulle préparation de notre part, si cela Lui plaît, comme Il le fit pour ses grands apôtres Pierre et Paul, mes Pères bien-aimés, dont c’est aujourd’hui la fête (saint Paul n’apprit l’Evangile d’aucun homme : lorsque Jésus voulut le lui faire prêcher, Il le lui révéla… Que ne révèle-t-il pas soit à Pierre, soit à Paul !… Il éclaire toute âme comme Il veut, quand Il veut, aussi rapidement, aussi complètement, aussi définitivement qu’il veut)…

Ou bien Il nous le donnera en nous faisant coopérer par notre travail à Sa grâce, et alors Lui-même nous dira à quel moment précis, de quelle manière précise, il faut accomplir ces travaux préparatoires… C’est à Lui à nous y appeler à l’heure où il veut que nous nous y livrions, comme c’est à Lui à nous donner telle ou telle mission à l’heure où il veut que nous l’entreprenions… Nous n’avons qu’à obéir à tout instant, en faisant à tout instant ce qu’il commande dans l’instant présent…

Qu’est-ce qu’il nous commande dans le moment présent ? – « Qui vous écoute, m’écoute », c’est notre directeur spirituel, représentant de Dieu à notre égard, qui nous le dira à tout instant : lorsque, pour quelque raison indépendante de notre volonté, nous ne pouvons avoir, bien que nous fassions tous nos efforts pour cela, la réponse de notre directeur, l’Esprit-Saint, voyant notre soumission et notre bonne volonté, ne nous laissera pas offenser Dieu, et nous guidera, jusqu’à ce que nous puissions avoir l’avis de notre directeur, par d’autres moyens (soit par les évènements, soit par l’Evangile, soit par la raison éclairée par la foi, soit par les nombreux moyens qu’Il a à sa disposition)…

Dieu notre Père, tu as appelé le Bienheureux Charles de Foucauld à vivre de ton amour dans l’intimité de ton Fils, Jésus de Nazareth. Accorde-nous de trouver dans l’Evangile, le fondement d’une vie chrétienne de plus en plus rayonnante, et dans l’Eucharistie, la source d’une fraternité universelle.

Plus d’information sur la vie du Bx. Charles de Foucauld:
http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/csaints/documents/rc_con_csaints_doc_20051113_beatificazioni_fr.html
http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20051113_de-foucauld_fr.html