Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre

Lire l’évangile de ce dimanche (Lc 9, 28b-36)

Transfiguration_Institut_du_Verbe_Incarné

Convenait-il que le Christ soit transfiguré ?

Le Seigneur, après avoir annoncé sa passion à ses disciples les avait engagés à suivre sa passion. Or, pour que quelqu’un marche avec assurance sur une route, il faut qu’il connaisse plus ou moins par avance le but du voyage, de même que l’archer ne lance pas bien la flèche s’il n’a pas vu la cible qu’il faut viser. C’est ainsi que Thomas disait (Jn 14, 5) :  » Seigneur, nous ne savons pas où tu vas : comment pourrions-nous connaître le chemin ?  » Et cela est particulièrement nécessaire quand la voie est difficile et escarpée, le trajet pénible, et la fin joyeuse.

Or le Christ par sa passion est parvenu à obtenir la gloire non seulement de l’âme, gloire qu’il avait depuis le premier instant de sa conception, mais aussi du corps, comme il l’a dit (Lc 24, 26) :  » Il fallait que le Christ souffrit cela et entrât ainsi dans sa gloire.  » C’est à elle qu’il conduit ceux qui suivent les traces de sa passion, selon la parole de S. Paul -.  » Il nous faut traverser bien des épreuves pour entrer dans le Royaume des cieux  » (Ac 14, 21).

Et c’est pourquoi il convenait qu’il montre à ses disciples sa gloire lumineuse, qui est sa transfiguration, à laquelle il configurera les siens, selon l’épître aux Philippiens (3, 24)  » Il transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire.  » Si bien que Bède déclare :  » Il a pourvu dans sa bonté à ce que ses disciples, ayant goûté peu de temps la contemplation de la joie définitive, soient capables de supporter plus courageusement l’adversité. « 

Saint Thomas d’Aquin

Somme Théologique. III pars. Question 45 

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