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VENDS TOUT CE QUE TU AS ET SUIS-MOI

Lire l’évangile de ce dimanche (Mc. 10, 17-30)

Jeune_Riche

CARACTÉRISTIQUES DE LA RÉPONSE A L’APPEL

Les principales sont trois :

  • Avec promptitude,
  • Avec générosité
  • Avec héroïsme.

Institut_du_Verbe_Incarné_VocationsAvec promptitude, c’est-à-dire exécuter avec rapidité ce que Dieu veut, sans retarder, « les calculs trop lents sont étranges à la grâce du Saint Esprit » (Saint Ambroise). Il faut répondre immédiatement. Enseigne le proverbe « ne laisse pas pour demain ce que tu peux faire aujourd’hui ».

Les saints ont toujours répondu avec promptitude. Tel est le cas d’Abraham (Cf. Gn. 12, 4; 17, 3; 22, 2-3), tel le cas de Samuel : « Parle, Seigneur que ton serviteur écoute » (1 Samuel. 3, 10). En Saint Matthieu nous lisons que Pierre et André, entendirent la voix du Seigneur et « aussitôt, laissant les filets, le suivirent » (4, 20). Saint Jean Chrysostome disait : « Ils étaient en plein travail, mais quand ils ont entendu l’appel du Christ, ils sont allés derrière lui tout de suite, ils n’ont jamais dit : rentrons chez nous, discutons-en avec nos amis, bien au contraire laissant tout ils le suivirent… Christ veut de nous, en effet, une égale obéissance, en sorte que nous ne soyons pas des retardataires » ; avec promptitude comme Jacques et Jean qui aussitôt, laissant la barque et leur père, le suivirent ; comme Matthieu, Jésus lui dit : Suis-moi, et, se levant, il le suivit (9, 9) ; comme Paul… aussitôt, sans consulter la chair et le sang (Ga 1, 16) ; comme la très sainte Vierge lorsqu’elle reçut la salutation de l’Ange : je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole ! (Lc 1, 38). Sur cette question de la vocation il faut suivre le conseil de Saint Jérôme « Hâte-toi, je te prie ; ta barque est attachée au rivage; coupe le cordage, plutôt que de le dénouer» (Cf. St. Thomas, Summa Theologiae, II-II, 189, 10).

Avec générosité, c’est-à-dire, avec perfection en laissant toutes choses (Lc. 5, 11). Et toujours avec décision : Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu (Lc 9, 62). Quelques-uns disent vouloir servir le Seigneur, mais toujours avec des conditions : « Seigneur, permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. Mais Jésus lui dit : Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts » (Mt 8, 21-22). Dieu veut un don total. Dieu veut notre cœur complétement, sans partage.

Finalement, l’héroïsme est la disposition de ceux qui souhaitent suivre vraiment le Christ, de sorte que, comme Saint Paul, ils souhaitent mourir pour être avec le Christ (Cf. Philip 1, 23), et comme explique Saint Thomas : « ils ne reculent jamais devant des réalités difficiles, mais qui conduisent certainement à la gloire de Dieu et au salut des âmes ».

Directoire de Pastorale pour les vocations, 21-24.  

Institut du Verbe Incarné

“POUR TOI, QUI EST JÉSUS DE NAZARETH?”

Lire l’Évangile de ce dimanche (Mc. 8,27-35)

Institut-du-Verbe-Incarné- suivre-le-ChristEn ce 24 dimanche du temps ordinaire, la Parole de Dieu nous interpelle avec deux questions cruciales que je résumerais ainsi:  “Pour toi, qui est Jésus de Nazareth?”. Puis:  “Ta foi se traduit-elle ou non en œuvre?”. La première question, nous la trouvons dans l’Evangile d’aujourd’hui, quand Jésus demande à ses disciples:  “Pour vous, qui suis-je?” (Mc 8, 29). La réponse de Pierre est claire et immédiate:  “Tu es le Christ”, c’est-à-dire le Messie, le consacré de Dieu envoyé pour sauver son peuple. Ainsi, Pierre et les autres apôtres, contrairement à la majeure partie des gens, croient que Jésus est beaucoup plus qu’un grand maître ou un prophète. Ils ont foi:  ils croient que Dieu est présent et œuvre en lui. Mais juste après cette profession de foi, quand pour la première fois, Jésus annonce ouvertement qu’il devra souffrir et être tué, Pierre s’oppose à cette perspective de souffrance et de mort. Jésus doit alors le réprouver avec force, pour lui faire comprendre qu’il ne suffit pas de croire qu’il est Dieu, mais poussés par la charité, il faut le suivre sur cette même route, celle de la croix (cf. Mc 8, 31-33). Jésus n’est pas venu nous enseigner une philosophie, mais nous montrer une route, et plus encore, la route qui conduit à la vie.

Cette voie est l’amour, qui est l’expression de la vraie foi. Si quelqu’un aime son prochain avec un cœur pur et généreux, cela signifie qu’il connaît vraiment Dieu. Si au contraire quelqu’un dit avoir la foi, mais n’aime pas ses frères, il n’est pas un vrai croyant. Dieu n’habite pas en lui. C’est ce qu’affirme clairement saint Jacques dans la seconde lecture de la Messe de ce dimanche:  “Ainsi en est-il de la foi:  si elle n’a pas les œuvres, elle est tout à fait morte” (Jc 2, 17). A ce sujet, il me plaît de citer un écrit de saint Jean Chrysostome, un des grands Pères de l’Eglise, que le calendrier liturgique nous invite aujourd’hui à rappeler. En commentant justement le passage cité de la Lettre de Jacques, il écrit:  “Quelqu’un peut aussi avoir une foi droite dans le Père et dans le Fils, ainsi que dans l’Esprit-Saint, mais s’il n’a pas une vie droite, sa foi ne lui servira pas pour le salut. Ainsi, quand tu lis dans l’Évangile:  “La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu” (Jn 17, 3), ne pense pas que cela suffit à nous sauver:  une vie et un comportement très purs sont nécessaires” (cit. in J.A. Cramer, Catenae graecorum Patrum in N.T., vol. VIII  In Epist. Cath. et Apoc., Oxford 1844).Institut-du-Verbe-Incarné- suivre-le-Christ2

Chers amis, nous célébrerons demain la fête de l’Exaltation de la Croix, et le lendemain, la fête de Notre-Dame des Douleurs. La Vierge Marie, qui crut à la Parole du Seigneur, ne perdit pas la foi en Dieu quand elle vit son Fils rejeté, injurié et mis en croix. Elle resta au contraire aux côtés de Jésus, souffrant et priant jusqu’au bout. Et elle vit l’aube radieuse de sa Résurrection. Apprenons d’elle à témoigner de notre foi par une vie d’humble service, prêts à payer de notre personne pour demeurer fidèles à l’Évangile de la charité et de la vérité, certains que rien de ce que nous faisons n’est fait en vain.

Benoît XVI

Angélus du 13 septembre 2009