Archives par mot-clé : Conditions pour me confesser

“Le commencement des œuvres bonnes, c’est la confession des œuvres mauvaises”

Homélie pour le Ier. Dimanche de Carême, année B (Mc 1, 12-15)

Chaque année, avec l’évangile de ce premier dimanche du Carême, l’Esprit Saint nous amène spirituellement au désert avec le Seigneur, là où il combat contre le démon pour vaincre ses tentations. Mais, le Seigneur se prépare aussi pour son grand combat, la Passion, sa Pâque, et nous aussi, nous nous préparons en ce temps pour ce combat, sachant que c’est pour nous que le Christ va vers sa Passion, pour la rémission de nos péchés.

S’il est un fruit spécial que Dieu attend de nous en ce temps c’est notre conversion, dont nous avons un signe visible et concret si l’on peut dire dans la confession de nos péchés, dans le sacrement du pardon.

L’esprit de ce temps est donc la conversion du cœur, la pénitence intérieure. Sans elle, nous dit le Catéchisme (n. 1430), les œuvres de pénitence restent stériles et mensongères ;  en revanche, la conversion intérieure pousse à l’expression de cette attitude en des signes visibles, des gestes et des œuvres de pénitence (cf. Jl 2, 12-13 ; Is 1, 16-17 ; Mt 6, 1-6. 16-18).

La pénitence intérieure est une réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre cœur, une cessation du péché, une aversion du mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises. En même temps, elle comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l’espérance de la miséricorde divine et la confiance en l’aide de sa grâce. Cette conversion du cœur est accompagnée d’une douleur et d’une tristesse salutaires que les Pères ont appelées animi cruciatus (affliction de l’esprit), compunctio cordis (repentir du cœur) (cf. Cc. Trente : DS 1677-1678 ; 1705 ; Catech. R. 2, 5, 4).

C’est Dieu qui accorde à l’homme un cœur nouveau (cf. Ez 36, 26-27). La conversion est d’abord une œuvre de la grâce de Dieu qui fait revenir nos cœurs à lui : ” Convertis-nous, Seigneur, et nous serons convertis ” (Lm 5, 21). Dieu nous donne la force de commencer à nouveau. 

Alors le sacrement de Pénitence nous offre une nouvelle possibilité de nous convertir et de retrouver la grâce de la justification.

Il est très important de connaître en peu plus ce sacrement, spécialement ce qui est essentiel en lui pour qu’il soit valable et nous donne beaucoup de fruits. 

” La Pénitence oblige le pécheur à accepter volontiers tous ses éléments : dans son cœur, la contrition ; dans sa bouche, la confession ; dans son comportement, une totale humilité ou une fructueuse satisfaction “. (C.Eg.C nn. 1450-ss)

La contrition

Elle est ” une douleur de l’âme et une détestation du péché commis avec la résolution de ne plus pécher à l’avenir “.

Lorsque nous avons une vie spirituelle sérieuse, la contrition est le fruit de la componction habituelle du cœur.

La Sainte Ecriture nous donne des bons exemples de cette componction, nous pouvons la reconnaître dans les larmes de saint Pierre après qu’il ait nié son maître, et aussi dans les paroles du Fils prodigue : « Père, j’ai péché contre le ciel et contre Toi » ; le roi David qui avait commis des grands péchés contre les hommes (adultère et meurtre), reconnaîtra dans sa conversion que ces péchés étaient d’abord commis contre Dieu : « contre Toi et Toi seul j’ai péché » et il Lui demande aussi « ne repousse pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé ».

La componction implique trois actes de notre volonté (non nécessairement des sentiments ou de la sensibilité, c’est très important): douleur de l’âme, haine du péché, résolution de l’éviter dorénavant. Ces mouvements de l’âme ne s’accompagnent pas toujours de sentiments sensibles de douleur.

Quand elle provient de l’amour de Dieu aimé plus que tout, la contrition est appelée ” parfaite ” (contrition de charité). Une telle contrition remet les fautes vénielles ; elle obtient aussi le pardon des péchés mortels, si elle comporte la ferme résolution de recourir dès que possible à la confession sacramentelle (cf. Cc. Trente : DS 1677), comme ce serait par exemple, dans le cas du péril de mort.

Il existe aussi la contrition dite ” imparfaite ” (ou ” attrition “) qui est, elle aussi, un don de Dieu, une impulsion de l’Esprit Saint. Elle naît de la considération de la laideur du péché ou de la crainte de la damnation éternelle et des autres peines dont est menacé le pécheur (contrition par crainte). Un tel ébranlement de la conscience peut amorcer une évolution intérieure qui sera parachevée, sous l’action de la grâce, par l’absolution sacramentelle (chemin qui nous conduit à l’absolution). Par elle-même, cependant, la contrition imparfaite n’obtient pas le pardon des péchés graves, mais elle dispose à l’obtenir dans le sacrement de la Pénitence.  Il convient de préparer la réception de ce sacrement par un examen de conscience.

Notre contrition est représentée dans la confession par la petite prière appelée précisément « acte de contrition » :

« Mon Dieu, J’ai un très grand regret de vous avoir offensé, Parce que vous êtes infiniment bon, Et que le péché vous déplaît. Je prends la ferme résolution, Avec le secours de votre Sainte Grâce, De ne plus vous offenser Et de faire pénitence. Amen ».

La confession des péchés

L’aveu au prêtre constitue une partie essentielle du sacrement de Pénitence : ” Les pénitents doivent, dans la confession, énumérer tous les péchés mortels dont ils ont conscience après s’être examinés sérieusement, même si ces péchés sont très secrets. Et pourquoi le dire au confesseur ? Saint Jérôme nous livre en réponse une belle comparaison: « si le malade rougit de découvrir sa plaie au médecin, la médecine ne soigne pas ce qu’elle ignore ».  

La satisfaction

Beaucoup de péchés causent du tort au prochain. Il faut faire son possible pour les réparer (par exemple restituer des choses volées, rétablir la réputation de celui qui a été calomnié, compenser des blessures). La simple justice exige cela. Mais au delà, le péché blesse et affaiblit le pécheur lui-même, ainsi que ses relations avec Dieu et avec le prochain. L’absolution enlève le péché, mais elle ne remédie pas à tous les désordres que le péché a causés (cf. Cc. Trente : DS 1712). Relevé du péché, le pécheur doit encore recouvrer la pleine santé spirituelle. Il doit donc faire quelque chose de plus pour réparer ses péchés : il doit ” satisfaire ” de manière appropriée ou ” expier ” ses péchés. Cette satisfaction s’appelle aussi ” pénitence “.

La pénitence cherche à nous unir davantage à Dieu, et pour cela elle est une manière de  lui «montrer» notre amour lorsque par notre péché, nous avons déjà montré notre rejet.

Un autre aspect de la pénitence est son aspect médicinal : il s’agit de guérir les blessures que le péché a laissées et d’en réparer ses effets. Si l’égoïsme est un péché, la pénitence peut être un acte de charité ou un geste de service; si le péché est un manque d’amour pour le Seigneur, la pénitence peut être un moment de prière; si le péché est de diffamer, la renommée de celui qui a été diffamé doit être rétablie; s’il a consisté dans un vol, la pénitence réclame une  conscience de restitution; s’il y a eu une dispute, la pénitence sera de demander humblement pardon, etc., etc.

Ce n’est certainement pas le prix payé pour le péché confessé et le pardon reçu; car aucun prix humain ne peut être équivalent à ce qui a été accordé au pénitent qui est le fruit du Sang le plus précieux du Christ.

Nous allons conclure ce dimanche avec ce bel enseignement de saint Augustin :

« L’homme et le pécheur sont pour ainsi dire deux réalités : quand tu entends parler de l’homme, c’est Dieu qui l’a fait ; quand tu entends parler du pécheur, c’est l’homme lui-même qui l’a fait. Détruis ce que tu as fait pour que Dieu sauve ce qu’il a fait… Quand tu commences à détester ce que tu as fait, c’est alors que tes œuvres bonnes commencent parce que tu accuses tes œuvres mauvaises. Le commencement des œuvres bonnes, c’est la confession des œuvres mauvaises. Tu fais la vérité et tu viens à la Lumière » (S. Augustin, ev. Jo. 12, 13).

Que Marie nous donne cette grâce.

P. Luis Martinez IVE.

“À qui vous pardonnez ses péchés…” Le Sacrement de la Miséricorde

Homélie pour le II Dimanche de Pâques, année C (Jn 20, 19-31)

Chaque année, nous proclamons cet évangile qui nous décrit les deux apparitions de Jésus ressuscité, la première, le soir de la nuit de Pâques, et la seconde, le dimanche d’après, cette fois ci avec la présence de l’apôtre Thomas qui n’a pas accepté le témoignage des autres disciples et qui voulait constater par lui-même la vérité de la Résurrection, en touchant les stigmates de la Passion.

Parmi les raisons pour lesquelles le Seigneur a voulu conserver sur son Corps ressuscité les ouvertures des clous et de la lance, il y a le fait de démontrer qu’il s’agissait de son propre Corps. Qu’Il est ressuscité avec le même corps.

Mais il y a aussi un grand bénéfice pour nous, le Seigneur a voulu conserver ses plaies ouvertes pour notre bien spirituel, pour raffermir notre foi et la foi de ses disciples dans la Résurrection, comme S. Bède l’écrit, si le Christ a gardé ses plaies, ce n’est pas par l’impuissance de les guérir, mais  « pour faire connaître à jamais le triomphe de sa victoire ». Son Corps ressuscité se révélait donc encore plus parfait en portant les signes de Sa passion.  Pour cela, le Seigneur veut que Thomas introduise son doigt et sa main dans les ouvertures causées par les clous et la lance ; le pape S. Léon explique qu’à Thomas « il lui suffisait, pour sa foi personnelle, de voir ; mais il a travaillé pour nous en touchant ce qu’il voyait ».

Dans cet évangile que nous avons proclamé, le Seigneur fait l’institution du Sacrement de la Confession, nous célébrons aussi ce Dimanche, proclamé depuis l’année 2000 comme Dimanche de la Miséricorde, le sacrement qui nous révèle la miséricorde de notre Dieu : « Recevez l’Esprit Saint.  À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Il est toujours bien de parler de ce sacrement, que, par la grâce de Dieu nous pouvons recevoir souvent dans notre vie, et qui avec le sacrement du Baptême, nous ouvre la porte du Ciel, le baptême nous pardonnant le péché originel et ceux commis avant le baptême, et le sacrement de la Pénitence nous pardonnant à chaque fois que nous offensons gravement l’amour de Dieu à travers nos péchés personnels.

Il est nécessaire de pratiquer le sacrement de la confession, celui qui dit qu’il n’a pas de péché est un menteur ou un aveugle spirituel : « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous. » (1 Jn 1,8). 

Quand commet-on un péché ?

Lorsque nous désobéissons à Dieu est désobéi, c’est à son amour et la loi qu’il nous a donnée que nous désobéissons, lorsqu’on désobéit à la loi donnée par le Christ, pour nous montrer le droit chemin vers notre plein bonheur et la parfaite réalisation de notre être. « J’ai commis le mal que tu déteste » (Ps 51,6).

Il faut aussi savoir que tout péché est une offense à Dieu dans le sens où :

· il blesse et détruit l’homme que Dieu a créé et qu’il aime ;

· il affaiblit ou bien coupe le dialogue de Dieu avec l’homme ;

· Le péché est la cause de la mort du Christ, Fils bien-aimé du Père ;

· Par lui on rejette la Parole de Dieu (sa Loi, ses enseignements…) qui est le vrai bien de l’homme ;

· Il offense Dieu non pas tant dans son honneur mais dans son amour.

Lorsqu’un péché détruit la grâce de Dieu, cette union intime avec lui dans notre cœur, on le nomme grave, grave car sa matière aussi est grave (contre ce que Dieu a prescrit dans les 10 commandement et l’évangile de son Fils Jésus-Christ que l’Eglise propose toujours), il faut aussi pour qu’un péché soit grave, avoir la pleine conscience de faire quelque chose de grave et le consentement délibéré, c’est-à-dire une totale liberté pour le faire.  S’il manque l’un de ses trois éléments, nous sommes devant un péché véniel. Les péchés mortels sont seulement pardonnés dans le sacrement de la confession. 

Pourquoi la confession est-elle nécessaire pour les péchés mortels ? Ne suffit-il pas de demander pardon à Dieu pour ses péchés sans avoir à se confesser ?

Il est vrai que chacun de nous peut et doit demander pardon à Dieu à tout moment, en particulier après avoir commis un péché mortel, c’est déjà un signe de repentance, un grand pas vers le pardon ; on doit demander pardon pour nos péchés avant de s’endormir le soir (faisant un petit examen de conscience) ou bien, au début de la célébration de la Sainte Messe, lorsqu’il s’agit de péchés véniels.

Mais Dieu nous pardonne certains péchés (péchés mortels) lorsque nous nous approchons avec repentance du sacrement de la Confession, voulu et institué par son Fils Jésus-Christ. D’autre part, étant Dieu celui qui pardonne, Il a le droit de nous indiquer le chemin par lequel Il nous accorde Son pardon. Certes, le péché n’est pas pardonné s’il n’y a pas de repentance personnelle, mais dans l’ordre actuel de la Providence, la rémission est subordonnée à l’accomplissement de la volonté positive du Christ, qui a lié la rémission des péchés au ministère ecclésial ou, du moins, à la volonté d’y recourir le plus tôt possible, lorsqu’il n’y a pas de possibilité immédiate de confession sacramentelle.

Une autre question importante à laquelle répondre : avec quelle fréquence doit-on se confesser ?

Il faut ici distinguer le péché mortel du péché véniel.

En cas de péché mortel : il faut se confesser immédiatement après avoir commis un péché mortel, afin d’obtenir immédiatement le pardon et d’éviter l’enfer en cas de mort. S’il n’est pas possible de se confesser immédiatement faute de prêtre, il faut au moins demander pardon à Dieu pour le péché commis et la confession sacramentelle le plus tôt possible. La confession individuelle et entière de nos péchés ainsi que l’absolution constituent la seule voie ordinaire par laquelle le fidèle, conscient du péché commis, se réconcilie avec Dieu et avec l’Église.

En cas de péchés véniels : le temps qui peut passer entre une confession et une autre, dépend de la sensibilité spirituelle de chacun. L’Église, comme une bonne Mère, indique dans ses préceptes un minimum : « Se confesser au moins une fois par an » Selon la suggestion des bons Pères Spirituels, il serait opportun pour un chrétien qui n’a pas de péchés mortels de se confesser au moins une fois par mois, ou au plus tard tous les deux mois.

Pour pouvoir recevoir le sacrement de l’Eucharistie, le chrétien doit avoir l’âme libre de tout péché mortel, tandis que s’il est conscient d’avoir commis seulement des péchés véniels, il peut s’approcher de la communion, bien qu’il soit toujours conseillé de confesser aussi avec fréquence les péchés véniels comme nous l’avons signalé plus haut

Comment faire pour nous confesser ? quels sont les éléments nécessaires à considérer pour la confession ?

Alors, pour que le Sacrement de la Pénitence soit authentique, il oblige le pécheur à accepter volontiers et en toute liberté trois éléments : dans son cœur, la contrition ; dans sa bouche, la confession ; dans son comportement, une totale humilité ou une fructueuse satisfaction.

Parmi les actes du pénitent, la contrition vient en premier lieu. Elle est « une douleur de l’âme et une détestation du péché commis avec la résolution de ne plus pécher à l’avenir ». Il ne sert de rien de demander pardon d’un péché si l’on n’est pas repenti de l’avoir commis, car on garde son péché dans le cœur.  

Pour les détester il faut évidemment les reconnaître et les faire parvenir à la mémoire, pour cela il convient de préparer la réception de ce sacrement par un examen de conscience fait à la lumière de la Parole de Dieu, surtout à la lumière des dix commandements.

Il y après la confession des péchés (l’aveu) qui, même d’un point de vue simplement humain, nous libère et facilite notre réconciliation avec les autres. Par l’aveu, l’homme regarde en face les péchés dont il s’est rendu coupable ; il en assume la responsabilité et par là, il s’ouvre de nouveau à Dieu et à la communion de l’Église afin de rendre possible un nouvel avenir. Lorsqu’on est déjà devant le prêtre, il est très bien, on peut dire presque obligatoire, d’indiquer le temps écoulé depuis la dernière confession et d’énumérer avec certitude et franchisse les péchés commis, afin de recevoir les conseils du prêtre, la pénitence imposée et l’absolution de ces péchés.

Une confession générale (non précise) de ses péchés suffit-elle ?

Non, elle ne suffit pas. Tout usage qui limite ce sacrement à une confession générale (par exemple, dire : “Père, j’ai péché, donnez-moi l’absolution…”) ou ne dire que les péchés considérés comme les plus significatifs est rejeté. Le chrétien est obligé de confesser, selon le genre et le nombre, tous les péchés graves commis après le Baptême et non encore confessés, dont il a connaissance après un bon examen de conscience.

Dans ce jour où nous célébrons la Divine Miséricorde, demandons la grâce de comprendre que l’expression concrète et nous pouvons dire « matérielle » de la Miséricorde de Dieu est le Sacrement de la Réconciliation et de nous approcher de lui pour goûter l’amour de Dieu qui pardonne. Cette grâce, nous la demandons à Notre Dame.

P. Luis Martinez IVE.

Pour lire aussi sur le sacrement de la Confession :