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La douleur et la souffrance, pourquoi Dieu les envoie-t-il?

Homélie pour le Vème Dimanche, année B (Mc 1, 29-39)

” Il a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies “, nous avons écouté ce verset qui introduit l’évangile de ce dimanche. En effet, l’un des sujets proposés à la méditation c’est précisément le Christ face au mystère de la douleur des hommes. Emu par tant de souffrances, le Christ non seulement se laisse toucher par les malades, mais il fait siennes leurs misères (Mt 8, 17 ; cf. Is 53, 4), comme nous le prenons sur les paroles du Catéchisme de l’Eglise Catholique (n.1505).

Pourtant, le Seigneur n’a pas guéri tous les malades. Ses guérisons étaient des signes de la venue du Royaume de Dieu. Ils annonçaient une guérison plus radicale : la victoire sur le péché et la mort par sa Pâque. Sur la Croix, le Christ a pris sur lui tout le poids du mal (cf. Is 53, 4-6) et a enlevé le ” péché du monde ” (Jn 1, 29), dont la maladie (et toute souffrance de ce monde) n’est qu’une conséquence. Par sa passion et sa mort sur la Croix, le Christ a donné un sens nouveau à la souffrance : elle peut désormais nous configurer à lui et nous unir à sa passion rédemptrice.

Nous allons essayer aujourd’hui de développer cette enseignement du Seigneur.

Nous sommes certains que la douleur et la souffrance sont toujours un mystère dans notre vie. Pourquoi Dieu les envoie-t-il?

Il faut d’abord dire qu’il y a des souffrances que Dieu ne veut pas. Parce qu’elles sont la conséquence des péchés des hommes, comme celles des victimes du terrorisme.

Mais d’autres souffrances entrent dans les plans de Dieu. Par exemple, les catastrophes d’un tremblement de terre. Ce sont des souffrances résultant des lois de la nature que Dieu a faites. En dehors de Dieu, tout est imparfait, limité, susceptible de s’améliorer (en voie de perfection). Et Dieu a créé ce monde tel qu’il est, avec ses imperfections, pour que l’homme puisse mériter la gloire et être sauvé, ce qui est la fin pour laquelle nous avons été créés.

Une autre chose est la douleur produite par les péchés des hommes (mal moral), contraire à la volonté de Dieu. Mais pour enlever cette douleur, conséquence des péchés des hommes, Dieu devrait enlever en même temps la liberté ; car dans toute action accomplie par des hommes libres, il est inévitable que quelqu’un abuse de sa liberté, commette des péchés et fasse par ces péchés souffrir les autres.

Un homme sans liberté cesserait d’être un homme. La liberté d’être bon ou d’être mauvais est ce qui fait que le fait d’accomplir le bien soit méritoire. Et pour faire des mérites pour la vie éternelle, Dieu nous a donné cette vie.

Dieu a des raisons de permettre le mal ; pour nous, il suffit de savoir que Dieu dispose de la Providence, même si nous ne connaissons pas ses voies.

Le Catéchisme de l’Église catholique dit encore (n. 324) : “La foi nous donne la certitude que Dieu ne permettrait pas le mal s’il ne faisait pas sortir le bien du mal même, par des voies que nous ne connaîtrons pleinement que dans la vie éternelle.” Ainsi toutes les choses ont des « avantages » et des « inconvénients ». L’électricité nous apporte de nombreux biens (éclairage, télécommunications, moteurs, ordinateurs, etc.), mais elle peut aussi provoquer un incendie ou tuer quelqu’un par une décharge. Malgré les dangers posés par l’électricité, nous ne cessons pas de faire des installations électriques chez nous.

Le monde que Dieu a créé recèle beaucoup de bonnes choses, mais surviennent parfois des malheurs que nous ne comprenons pas. Il serait alors absurde de vouloir comprendre Dieu à la manière humaine. Dieu a ses desseins avec lesquels Il conduit sa création et que parfois nous ne sommes pas capables de saisir…

Il devrait nous suffire de savoir que Dieu est Père et admet la souffrance pour notre bien. C’est pourquoi Dieu permet aux lois de la nature et à la liberté des hommes d’agir.

La souffrance est généralement vue comme un mal pour nous ; mais pas pour Dieu, qui a voulu racheter le monde par la souffrance. Si la souffrance était mauvaise, le Christ n’aurait pas souffert ni n’aurait fait souffrir sa mère. Cela n’empêche pas que nous essayions par tous les moyens d’atténuer la douleur avec les moyens que Dieu met à notre disposition.

Et pourquoi Dieu a -t-il choisi la souffrance pour racheter le monde ? Nous ne le savons pas, cela touche encore le mystère. Mais Il l’a fait ainsi.

Et Il nous dit par sa parole que notre souffrance avec celle du Christ collabore à la rédemption du monde. Notre souffrance, offerte à Dieu, est une manifestation d’amour pour lui, tout comme il a manifesté son amour pour nous en mourant pour nous sur la croix. Souffrir pour l’amour de Dieu nous enrichit pour la vie éternelle. Cela devrait être une consolation pour nous de savoir que ceux qui ont souffert de plus dans ce monde par amour de Dieu jouissent davantage au ciel. Et il est réconfortant de savoir que «la souffrance passe, mais la récompense d’avoir souffert pour l’amour de Dieu durera pour toujours ». C’est pourquoi le chrétien trouve un sens à la souffrance. L’athée lui n’a aucune motivation pour souffrir et alors il se désespère.

La sublimation de la souffrance (de sa juste valeur) est l’un des grands trésors du christianisme. Souffrir pour un but rend la souffrance plus supportable.

Par contre, vouloir éliminer la douleur de la vie est une utopie, quelque chose d’irréalisable. Tout le monde doit souffrir quelque chose. C’est la loi de la vie. Certains dans une chose et d’autres dans une autre. Mais chacun a sa croix. Il est inutile de vouloir la rejeter, cela conduit au désespoir. Il vaut bien mieux le porter avec résolution pour l’amour de Dieu. On souffre moins et on mérite plus.

Si Dieu nous a donné une croix, c’est parce que elle est celle qui nous convient. Saint Paul dit : « Je peux tout faire en Celui qui me réconforte, me rend fort». Dieu ne met jamais sur les épaules de quelqu’un une croix qu’il ne pourra pas supporter.

Saint Augustin a une phrase précieuse qu’a fait sienne le concile de Trente: « Dieu ne commande pas l’impossible. Il veut que vous fassiez ce que vous pouvez et lui demandiez ce que vous ne pouvez pas, qu’Il vous aidera pour que vous puissiez ». Il y a aussi un principe théologique qui dit: « à quiconque fait ce qu’il peut, Dieu ne renie pas sa grâce “. La croix, avec l’aide de Dieu, portée pour son amour, est beaucoup plus supportable; cela change selon la manière de contempler les choses :

Une fillette de six ans portait son frère de quatre ans dans ses bras. Une dame lui demande:

– Où vas-tu avec cette charge?

Elle a répondu:

– Ce n’est pas une charge. C’est mon petit frère !

Nous devons apprendre à accepter les souffrances avec amour:

– D’abord, parce que c’est ainsi que je manifeste mon amour pour Dieu. « Celui qui ne sait pas renoncer à lui-même est incapable d’aimer ». La souffrance est étroitement liée à l’amour. La souffrance sert à exprimer l’amour. Jésus a dit: ” Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 9-17) L’amour c’est se donner, et celui qui donne sa personne et sa vie n’a plus rien à donner.

– Deuxièmement, en souffrant d’amour, j’enrichis ma couronne éternelle.

– Troisièmement, souffrant pour l’amour du Christ, je collabore à la rédemption du monde, qui est la plus grande œuvre de l’humanité.

Mais après tout, la réponse à la douleur a été donnée par le Christ qui a voulu la traverser d’abord pour nous encourager à souffrir. Comme la mère qui goûte d’abord la soupe devant l’enfant qui ne veut pas manger, pour l’encourager.

Lorsque ces idées sont vécues, la souffrance est beaucoup plus supportable. Cela nous indique qu’il vaut la peine de souffrir. La souffrance est une valeur. Sachons finalement que la rédemption ne s’arrête pas à la croix, mais à la résurrection.

Si nous savons apprécier la valeur de la souffrance, notre récompense sera grande, car Dieu ne se laisse pas vaincre dans la générosité: il récompense cent pour un. Saint Jean de la Croix a dit: “Le bien que j’espère est si grand, que chaque douleur me réconforte.”

Que le Seigneur nous permette de savoir souffrir par amour pour lui, et de cette manière collaborer avec lui dans l’œuvre de la rédemption de l’humanité et du salut des âmes.

P. Luis Martinez IVE.

“Dans le cœur de tout homme et femme, Dieu a mis ce désir pour chercher la Vérité”

Homélie pour le IVème. Dimanche du Temps Ordinaire, année B (Mc 1, 21-28).

Dans l’évangile de ce dimanche, saint Marc nous décrit les débuts du ministère de Notre Seigneur, en Galilée, plus précisément à Capharnaüm ( Saint Jérôme dit que ce nom veut dire ville de Consolation, là où le Seigneur a donné la consolation et le repos, parce que c’était le jour de sabbat qu’Il a guéri le possédé de la synagogue).

Le Seigneur enseigne et fait des miracles, Il montre qu’il a le pouvoir sur les démons, ce que fait dire aux gens « Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs », évidement cela accomplit la prophétie d’Isaïe, qu’était la première lecture  d’aujourd’hui : Je ferai se lever au milieu de leurs frères un prophète comme toi ; je mettrai dans sa bouche mes paroles, et il leur dira tout ce que je lui prescrirai.

Mais, il est intéressant pour nous d’écouter la suite de cette prophétie : Si quelqu’un n’écoute pas les paroles que ce prophète prononcera en mon nom, moi-même je lui en demanderai compte.

Ce n’est pas cela pourtant, que le passage évangélique de ce dimanche nous montre, au contraire, il dit clairement que tous était étonnés par l’enseignement du Seigneur. 

Alors, partant de la phrase d’Isaïe mentionnée plus haut,  nous pouvons nous demander : Comment nous aimons l’enseignement de Jésus, comment nous aimons la Vérité qu’Il transmet dans les évangiles et toute la Parole de Dieu. Parce que ce n’est pas le seul fait d’écouter ou non ce dont prophète est en train de nous avertir, mais l’amour qui nous fait écouter et faire nôtre la Vérité.

Dans la vie de Jésus, beaucoup l’ont écouté, beaucoup aimaient ce qu’Il proclamait, mais d’autres, ont fermé les oreilles au message du Seigneur comme les pharisiens ou les grands prêtres. Evidement cela n’était pas fini dans la vie terrestre de Jésus, dans l’histoire beaucoup se ferment à l’Evangile, refusent de l’accepter.

Saint Paul dans la deuxième lettre aux Thessaloniciens parle de condamnés qui ont été séduits par le démon, il parle d’eux au présent disant :  « ceux qui se perdent parce qu’ils n’ont pas accueilli l’amour de la vérité (ou bien accepté l’amour de la vérité), ce qui les aurait sauvés.

 C’est pourquoi Dieu leur envoie une force d’égarement qui les fait croire au mensonge ; ainsi seront jugés tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui se sont complus dans le mal.

Alors ce n’est pas l’ignorance, l’erreur, sinon un rejet envers la vérité elle-même. En d’autres mots : « Personne ne peut se sauver s’il refuse la Vérité » (évidement, d’abord il faut la connaître, mais une fois connue, la refuser signifie la condamnation). Dans le cœur de tout homme et femme, Dieu a mis ce désir pour chercher la vérité de toutes choses, et qui conduit aussi et le prépare pour découvrir la Vérité de Dieu, Dieu offre à tous l’amour pour la Vérité, comme dit le Concile Vatican II il y a ceux qui  cherchent encore dans les ombres et sous des images un Dieu qu’ils ignorent, de ceux-là mêmes Dieu n’est pas loin, puisque c’est lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses (cf. Ac 17, 25-28), et puisqu’il veut, comme Sauveur, amener tous les hommes au salut. (Lumen Gentium 16)

Alors la Vérité seulement peut sauver lorsqu’elle n’est pas seulement connue, mais aimée. Il ne s’agit pas de connaître les évangiles, il s’agit d’aimer ce que on lit en eux. C’est-à-dire notre volonté « nous pousse » à aimer cette vérité que notre intelligence nous présente ; et c’est seulement là qu’une personne peut vraiment se laisser transformer par la vérité, ce que nous appelons une véritable conversion. Et c’est pour cela que la mission principale des éducateurs ( parents, formateurs) est de faire aimable ce qu’ils enseignent, que les vérités transmises aux autres portent une valeur afin d’être aimées dès la première fois qu’elles arrivent à l’âme de l’autre personne. Malheureusement il y a très peu d’hommes et femmes qui puissent faire aimer un enseignement, en même temps qu’il le transmet.

Cherchons Dieu de toute notre âme. Pascal – ce grand penseur français – a écrit à juste titre :Il y a trois sortes de personnes : les uns qui servent Dieu l’ayant trouvé, les autres qui s’emploient à le chercher ne l’ayant pas trouvé, les autres qui vivent sans le chercher ni l’avoir trouvé. Les premiers sont raisonnables et heureux, les derniers sont fous et malheureux. Ceux du milieu sont malheureux et raisonnables.

Que la Sainte Vierge nous donne la grâce de chercher son Fils de toute notre âme.

P. Luis Martinez. IVE.