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Celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi 

Le bon ordre dans l’assemblée

La charité est l’unité de l’Eglise, de la communauté et aussi des familles. Nous utiliserons les chapitres 11 et 12 de la première lettre aux Corinthiens.

  1. La division : La division dans l’assemblée

On ne parle pas ici de la division en relation à la foi, parce que cela signifierait se séparer de l’Eglise. Lorsque Saint Paul parle de la division dans l’assemblée, il fait référence souvent sont à des affaires humaines.

« Dans quel moment il faut se mettre à genoux », « dans quel moment il faut sonner la cloche », les races (dans l’église apostolique les chrétiens venus du judaïsme méprisaient ceux venus du monde païen) les péchés, les blessures… (L’homme est pécheur, l’Eglise est composée d’hommes, donc l’Eglise est composée de pécheurs)

Voyons comme saint Paul présente la division chez les corinthiens :

(1 Co. 18- 21) J’entends dire que, parmi vous, il existe des divisions, et je crois que c’est assez vrai… Lorsque vous vous réunissez tous ensemble, ce n’est plus le repas du Seigneur que vous prenez ; en effet, chacun se précipite pour prendre son propre repas, et l’un reste affamé, tandis que l’autre a trop bu.

  1. L’unité sacramentelle

L’unité dans l’Eglise naît de la relation avec le Christ. La foi nous unit parce que nous croyons les mêmes Vérités, nous croyons en Dieu et à Dieu ; « nous croyons en Dieu et à tout ce qu’il nous a révélé, et à ce que l’Église nous propose de croire, parce que Dieu est la vérité même »[1]. L’espérance nous unit : « nous désirons et attendons de Dieu la vie éternelle comme notre bonheur, mettant notre confiance dans les promesses du Christ »[2]. La Charité nous unit : « nous aimons Dieu par-dessus tout et notre prochain comme nous-mêmes, par amour de Dieu. »[3]

Saint Paul remarque l’unité qui naît du sacrement. C’est-à-dire la communion au sacrement (communicatio in sacris)

(1 Cor 10, 16-17) La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain.

Pour cela, nous devons distinguer qu’au moment où on mange une pomme, la pomme devient partie de notre corps, mais par contre au moment où l’on participe de l’Eucharistie, du corps du Christ, nous devenons partie plus parfaitement du Corps mystique de Christ[4].

Le Corps Mystique c’est un sujet qui a été développé par le Pie XII en l’encyclique « Mystici corporis » et dans la constitution dogmatique « Lumen gentium ».

  1. Diversité

C’est vrai nous sommes un dans le Christ, même si chacun est différent, pour cela Saint Paul ajoute « le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. » (1 cor 12, 12)

Nous sommes un en Christ et nous sommes différents … et maintenant, que nous devons faire ? Quelle est la façon de se comporter en tenant compte de cette différence ? :

Il ne faut pas se mépriser : « Parce que je suis prêtre je ne fais pas du bien comme tel… » « Etant fidèle, je ne fais aucun bien parce que je ne peux pas célébrer la messe ».

Saint Paul dit (1 Cor 12, 15- 16): 15 Le pied aurait beau dire : « Je ne suis pas la main, donc je fais pas partie du corps » 16 L’oreille aurait beau dire : « Je ne suis pas l’œil, donc je fais pas partie du corps », elle fait cependant partie du corps.

Il ne faut pas mépriser nos prochains : « Les fidèles ne font rien, les prêtres ne font rien »…

Saint Paul dit : (1 Cor 12,21) L’œil ne peut pas dire à la main : « Je n’ai pas besoin de toi » ; la tête ne peut pas dire aux pieds : « Je n’ai pas besoin de vous ».

Les évêques, les prêtres, les moines, les religieux, les fidèles, les fidèles consacrés, les mariés, etc… Chacun a sa fonction, sa finalité.

Il faut souffrir ensemble : Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance.

Par exemple, lorsqu’une partie de notre corps est malade, on dit Joseph est malade, on ne dit pas l’estomac de Joseph est malade, car c’est toute la personne qui souffre, c’est la personne qui avec tous ses membres essaie de retrouver la santé.

Il faut se réjouir ensemble : « si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie. »

Encore un autre exemple,  il s’agit toujours d’une personne celle qui joue le piano, une personne qui fait la cuisine. On peut dire « quelle main avez-vous ! » mais en vérité, c’est toute la personne qui a fait l’œuvre.

  1. La charité, accomplir pleinement la loi :

Tout cela fait naître la Charité et comme nous avons lu dans 2ème  lecture « celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi »

Pour finir ce sujet, saint Paul prononce ce que l’on appelle l’hymne de la charité : « L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai. » 1 cor 13

L’amour prend patience ; en relation au mal.

L’amour rend service : Donner à quelqu’un ce dont il a besoin.

L’amour ne jalouse pas : Il n’est pas attaché aux créatures, à l’honneur etc. La charité est attachée à Dieu et comprend que Dieu est pour tous.

Il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; l’amour est humble… il ne cherche pas son intérêt.

Il n’entretient pas de rancune: Le pardon.

Il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai. La contemplation, la prière.

  1. L’exemple du Christ.

 L’exemple de comment vivre la charité nous l’avons en Jésus Christ.

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Jn 15, 13) « Dieu est amour. » (1. Jn 4, 8) mais cet amour a été révélé par Jésus Christ.

P. Andrés Nowakowski V. E.

Monastère « Bx. Charles de Foucauld »

[1] Compendium N 386

[2] Compendium N 387

[3] Compendium N 388

[4] Sommes théologique III Q 82

Il ne permettra pas que vous soyez éprouvés au-delà de vos forces

Lire l’évangile du dimanche XXII du temps ordinaire (Mt 16, 21-27)

Profession de foi de Saint Pierre et la transfiguration.

« A partir de ce moment, (Mt 16, 21) » Parce que la foi en Jésus Christ Fils de Dieu est le fondement pour comprendre que le Fils de Dieu est Sauveur et lui est Sauveur par sa passion, par sa mort et par sa résurrection.

De la transfiguration, mystère dont nous parlerons le dimanche prochain, simplement nous allons dire que voir le visage transfiguré, les effets de la présence de la divinité dans le corps du Christ, aide à comprendre en même temps le visage douloureux du Christ.

Première annonce de la passion et de la résurrection :

Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter.

C’est une annonce claire, simple et concrète. Les apôtres la comprennent parfaitement.

La croix a été déjà prophétisée dans l’ancien testament (par exemple le prophète Isaïe dans le cantique du serviteur souffrant) La croix a touché la vie du Seigneur depuis sa naissance. La croix a été prêchée par Jésus Christ et finalement, Il a vécu la croix.

Pierre comprend le mystère pascal que Jésus prophétise mais il le rejette, il le repousse, il ne veut pas l’accepter.  « Pierre, se mit à lui faire de vifs reproches » :

Pierre avait répondu : “Tu es le Christ”, c’est-à-dire le Messie. Même cela Pierre n’avait pas encore compris le contenu profond de la mission messianique de Jésus, le nouveau sens de cette parole: “Messie ” , l’ union qu’il y a entre la divinité de Jésus Christ, c’est à dire la passion, sa mort, sa résurrection et le salut de tous les hommes. Devant l’annonce de la passion, il se scandalise et proteste en suscitant la vive réaction de Jésus (cf. Mc 8, 32-33).

Nous-mêmes souvent nous ne voyons pas la relation en notre vie entre la vie éternelle et la mort,  la souffrance, et la gloire du ciel, le mépris et la sainteté. Pour arriver à l’éternité nous devons passer par la mort.

Pierre ne regarde pas la prophétie de la résurrection et il ne reçoit que l’annonce de la mort. Par opposition à la Croix, il ne peut pas comprendre le mot “résurrection”

Jésus lui dit donc : « Passe derrière moi! (suis-moi) tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

Ensuite, Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera. »

A partir de ce moment, (v. 21), une fois que nous avons étendu dire que Jésus est le Fils de Dieu, qu’il est venu pour souffrir et pour donner sa vie pour tous, Il nous adresse cet appel : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »

La Croix. La passion. La volonté de Dieu.

Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité. Le salut éternel passe par la mort, par la croix.

La volonté de Dieu nous demande des sacrifices, des épreuves… et si Dieu nous envoie cela est pour notre bien. Dieu a  plus de sagesse que nous. Ses chemins sont plus parfaits que le nôtre. Is 55, 8-9 : Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins, – oracle du Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

Dieu est plus sage que nous et Dieu nous aime. Pour ça il faut toujours aimer et accomplir sa volonté.

La présence d’un ami et capitaine

Le chemin de la croix est un chemin que nous faisons avec le Christ. C’est lui le premier qui a pris ce chemin. C’est lui qui nous donne l’exemple. On chemine «avec la présence d’un ami et capitaine aussi bon que Jésus, qui s’est mis à l’avant-garde de la souffrance… Il nous aide et nous encourage… Il est un vrai ami» (Ste Thérèse d’Avila).

La grâce, la force pour porter la Croix.

Le Seigneur nous demande une chose, et nous donne la grâce pour l’accomplir.

Quand le Seigneur engage l’homme qui veut Le suivre à renoncer à soi-même, on peut trouver son commandement difficile et dur à entendre. Mais si celui qui commande nous aide à l’accomplir, son commandement n’est ni difficile ni pénible… Et cette autre parole sortie de la bouche du Seigneur est également vraie : « Mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger » (Mt 11,30).

Souvenons-nous les paroles de Saint Paul (1 cor 10, 13) : Dieu est fidèle : il ne permettra pas que vous soyez éprouvés au-delà de vos forces. Mais avec l’épreuve il donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter.

P. Andrés Nowakowski V. E.

Monastère « Bx. Charles de Foucauld »

Lire aussi cet autre commentaire du même évangile (Mt 16, 21-27)