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Les trois mages des pays de l’orient

Nous célébrons aujourd’hui la solennité de l’Epiphanie du Seigneur, et l’évangile nous présente la visite de ces mages venus de l’Orient.

D’abord on parle du nom de la fête, c’est une des fêtes les plus anciennes dans l’Eglise, son nom a une origine grecque, il est composé d’une préposition : « épi » qui signifie « sur » et du mot phanie provenant du verbe phaino, « briller », « illuminer ». Pour cela, épiphanie signifie littéralement « briller sur », ce que nous traduisons par « se manifester ».

C’est donc la fête de la manifestation, le Sauveur a manifesté sa divinité à beaucoup de personnes et ce qu’on célèbre plus précisément dans ce jour c’est la manifestation de Notre Seigneur aux peuples païens. « Dans ces ” mages “, représentants des religions païennes environnantes, l’Évangile voit les prémices des nations qui accueillent la Bonne Nouvelle du salut par l’Incarnation » (CEC. 528).

Alors, comme nous le savons, le temps de Noël entoure l’Enfant d’une ambiance d’humilité, de pauvreté. Mais, subitement apparaissent dans l’histoire ces personnages avec des cadeaux de grand prix, l’évangile nous dit qu’ils étaient des mages. Ils offrent au Seigneur ces trois cadeaux : l’or, comme au grand Roi ; l’encens, qui sert dans les sacrifices divins, comme à Dieu ; la myrrhe, dont on embaume les corps des défunts, comme à celui qui doit mourir pour le salut des hommes (nous apprend saint Jean Chrysostome).

Les Mages

Alors, Le nom « mages » correspond au mot « magoi » en grec et il n’a pas subi presque de changement dans les langues latines. Magoi est une translitération presque exacte du mot « magousaï » en syriaque et aux temps de notre Seigneur, il désignait des personnes qui avaient une grande sagesse, les savants. Il s’agissait des hommes dont les connaissances embrassaient tous les domaines du savoir, la philosophie, les sciences de la nature, l’éthique, l’astronomie. Ils étaient les scientifiques (et plus que cela) de l’époque. Ces « magousaï » (spécialement ceux qui s’appliquaient à l’astronomie) se concentraient surtout dans la région de Babylone, l’Iran et l’Irak, et pour cela l’évangile dit qu’ils arrivaient de l’Orient.

Pour quoi nous les appelons « rois » ? Ce n’est pas le produit d’une légende, il y a tout d’abord les diverses prophéties de l’Ancien Testament, comme celle d’Isaïe (dans la première lecture) : Ces rois qui marchent vers la clarté de ton aurore.

Suétone, un historien romain nous parle aussi des ambassades venues de Perse composées de « mages », gens de prestiges, qu’il appelle aussi du nom de « rois » parce qu’ils représentaient « leur roi » dans les pays où ils venaient en ambassadeurs. En tout les cas,  qu’ils fussent les ambassadeurs ou bien vraiment des rois, voyant aussi l’accueil qu’ils reçoivent de la part d’Hérode, on peut penser qu’ils étaient des personnages d’un certain rang social et politique et que, suivant une étoile ils cherchaient « un roi », quelqu’un de plus important encore.

Le pape Saint Léon le grand, prêche dans un sermon : “Trois mages des pays de l’orient voient apparaître une étoile d’une clarté nouvelle : plus brillante, plus belle que les autres astres, elle attire aisément les regards et captive les cœurs de ceux qui l’observent ; ils comprennent d’emblée qu’un fait aussi insolite n’est pas sans portée.”

Selon Saint Augustin, ” Les Mages croient et ils cherchent, comme pour symboliser ceux qui marchent par la foi et désirent la claire vision ” ;  ” ce sont les rois eux-mêmes qui annoncent ” aux Juifs la naissance du Christ ; « quant aux juifs, qui indiquèrent aux mages le lieu de la naissance du Christ, ils ressemblèrent aux ouvriers qui bâtirent l’arche de Noé : ils fournirent aux autres le moyen d’échapper, mais eux-mêmes périrent dans le déluge. Alors que ceux qui enquêtaient écoutèrent et partirent, les savants parlèrent et restèrent, pareils aux bornes milliaires (bornes routières), qui indiquent le chemin, mais ne marchent pas “.

Comme on avait dit au début les rois mages était probablement des sages qui scrutaient le ciel, mais pas pour chercher à «lire» l’avenir dans les astres (ou éventuellement pour en tirer un profit); c’étaient plutôt des hommes «à la recherche» de quelque chose de plus, à la recherche de la véritable lumière, qui soit en mesure d’indiquer la voie à parcourir dans la vie, en fait il se peut que parce qu’ils avaient une intention pure dans leur recherche, Dieu leur ait donné la grâce de contempler son Fils. C’était des personnes assurées que dans la création, il existe ce que nous pourrions définir la «signature» de Dieu, une signature que l’homme peut et doit tenter de découvrir et déchiffrer. La manière de mieux connaître ces Mages et aussi de comprendre leur désir de se laisser guider par les signes de Dieu est peut-être de s’arrêter pour analyser ce qu’ils trouvent, sur leur chemin, dans la grande ville de Jérusalem.

Ils rencontrent tout d’abord le roi Hérode. Il était certainement intéressé par l’enfant dont parlaient les Mages ; mais pas dans le but de l’adorer, comme il veut le laisser croire en mentant, mais pour le supprimer. Hérode était un homme de pouvoir, qui ne voyait dans l’autre qu’un rival à combattre.

Au fond, si nous réfléchissons bien, Dieu aussi lui apparaît comme un rival, un rival qui indique la route à parcourir dans la vie et qui empêche ainsi de faire tout ce que l’on veut.

Hérode est un personnage qui ne nous est pas sympathique et que nous jugeons naturellement de façon négative en raison de sa brutalité. Mais nous devrions nous demander : peut-être existe-t-il quelque chose d’Hérode en nous ? Peut-être nous aussi, parfois, voyons-nous Dieu comme une sorte de rival ? Peut-être nous aussi sommes-nous aveugles devant ses signes, sourds à ses paroles, parce que nous pensons qu’il pose des limites à notre vie et ne nous permet pas de disposer de notre existence à notre gré, ou bien de disposer de la vie des autres selon nos critères ? Quand nous voyons Dieu de cette manière, nous finissons par être insatisfaits et mécontents, car nous ne nous laissons pas guider par Celui qui est à la base de toutes les choses.

Nous devons ôter de notre esprit et de notre cœur l’idée de la rivalité, l’idée que laisser place à Dieu constitue une limite pour nous-mêmes ; nous devons nous ouvrir à la certitude que Dieu est l’amour tout-puissant qui n’ôte rien, qui ne menace pas, et qui est au contraire l’Unique capable de nous offrir la possibilité de vivre en plénitude, d’éprouver la vraie joie. L’évangile nous montre deux exemples de personnes et la façon dont ils réagissent devant le Fils de Dieu, Hérode et les Mages (que la tradition a voulu les faire aussi « rois ») cherchent Jésus,  le premier pour le tuer, les seconds pour l’adorer. (cf. Benoît XVI. Homélie – 06/01/11)

Nous avons vu l’étoile

Dans la fête de l’Epiphanie, nous avons aussi le signe de l’étoile qui guidait les mages et qui est devenue aussi un des symboles de la fête de Noël.

Selon saint Jean Chrysostome, on ne peut pas dire que l’étoile faisait partie des étoiles que nous voyons dans notre ciel. Et ce père de l’Eglise nous en donne quelques raisons, c’est parce qu’elle ne suivait pas la direction des étoiles ; elle apparaissait la nuit, mais aussi en plein jour ; l’étoile des mages se montrait et parfois se cachait (comme à Jérusalem) ; elle avançait et s’arrêtait selon la marche des mages et aussi parce que cette étoile est descendue du ciel pour montrer clairement le lieu où se trouvait l’Enfant. Saint Thomas d’Aquin reprenant la pensée du Chrysostome, conclut qu’il s’agissait plutôt d’un corps céleste créé par Dieu et dirigé selon sa Volonté, précisément pour guider les rois.

Certains ont voulu dire que les mages ne suivaient qu’une étoile qui se déplaçait de façon naturelle selon le déplacement des astres, d’autres disent que c’est une comète qui traversait à ce moment le ciel visible de ce monde. Mais, même si ces explications sont intéressantes, elles réduisent en quelque sorte le caractère miraculeux du fait, l’intervention directe de Dieu. C’est cela que nous devons apprendre de l’histoire de mages. Nous devons nous laisser guider par l’étoile de la vérité et de la foi jusqu’à l’unique Dieu, créateur du ciel et de la terre. Si nous avons ce regard, nous verrons que Celui qui a créé le monde et celui qui est né dans une grotte à Bethléem et qui continue à habiter parmi nous dans l’Eucharistie, est toujours le même Dieu vivant, qui nous interpelle, qui nous aime, qui veut nous conduire à la vie éternelle. (cf. Benoît XVI. Homélie – 06/01/11)

Demandons à la très sainte Vierge Marie, la grâce de suivre l’étoile de la Vérité et de la foi, pour trouver Dieu, comme les rois mages qui arrivant à Bethlehem, ils trouvent l’enfant avec Marie sa mère.

P. Luis Martinez V. E.

Institut du Verbe Incarné

Que notre temps devienne une heureuse éternité…

Sainte Marie Mère de Dieu

L’Eglise a voulu inaugurer l’année avec la protection de la très sainte Vierge, que nous vénérons dans cette fête avec le titre de Mère de Dieu.

Ce titre est le plus grand titre qu’on puisse donner à Marie, parce qu’il est l’origine et la source de tous les privilèges que Dieu a donnés à notre sainte Mère.

Saint Thomas d’Aquin écrit que l’on dit que la Vierge Marie est Mère de Dieu, non parce qu’elle est la mère de la divinité, chose impossible car la nature divine précède éternellement la Vierge mais parce qu’elle est mère d’une Personne qui a la divinité et l’humanité.

Il est tout à fait vrai qu’une mère n’est pas la cause de l’âme ou de la personnalité de son enfant, mais elle est mère dans le sens dont elle proportionne la matière. Il est évident donc que si la mère n’est pas la cause absolue de son enfant, elle l’est d’une partie comme le corps ( la chair) de la nature humaine, et c’est pour cela qu’on peut dire qu’elle est une véritable mère, la mère de la personne de son enfant. Nous disons la mère de l’enfant tout entier, même si nous savons qu’elle n’a donné qu’une partie de l’être.

Marie a fait pour Jésus ce que toute mère humaine fait pour son enfant, elle lui a donné un corps. Le fait que Jésus n’ait pas un père humain, n’enlève pas, ne diminue pas la maternité de Marie.

La différence essentielle entre la maternité seulement humaine et la maternité divine se trouve dans le fait que simplement le Fils de Marie est une personne divine, tandis que le fils de toute autre femme est une personne humaine.

La maternité divine nous amène au cœur du mystère chrétien : l’insondable vérité que Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme, en qui la nature humaine reçue de sa Mère humaine et la nature divine, reçue de son Père Eternel s’unissent dans l’unique personne du Fils de Dieu.

Jésus est un vrai homme, Marie est donc une véritable mère. L’Enfant Jésus, né de la Vierge Marie est une personne divine et Dieu même, Marie peut être appelée avec toute certitude, la Mère de Dieu.

Le temps passe…

Avec cette célébration de Marie, nous commençons cette nouvelle année de l’histoire de l’homme. Alors, tout homme croyant au début de l’année, est invité à réfléchir sur l’année qui s’est écoulée et aussi sur l’année qui vient de démarrer.

Nous nous retrouvons souvent en face du mystère du temps. Du temps qui nous est divisé en années, de ce temps qui passe plus vite que ce que nous voudrions. Il est un temps grâce et miséricorde de Dieu, parce que le temps nous est donné comme le plus grand des dons dans ce monde et selon l’usage, il nous servira pour l’éternité.

C’est pour nous un temps de miséricorde, pour cela nous devons travailler à notre salut avec crainte et tremblement ( Philip. 2,12).

Lorsqu’on est petit, on pense que le temps est long et lorsqu’on vieillit, on pense par contre, que le temps est plus court, c’est la conception psychologique du temps.

Mais qu’il soit court ou long, il doit finir, et si le temps est déjà passé nous devons l’accepter comme quelque chose qui n’existe plus.

Et cela c’est notre vie, une vie composée d’années qui passent et comme le démon est un falsificateur universel, c’est le singe de Dieu, il fait croire à l’homme que ce temps de la vie est éternel et que l’éternité après cette vie n’existe pas.

Mais nous savons comme chrétiens que par contre, ce temps passe et passe vite et que l’éternité existe.

De là, le besoin d’un bon examen de conscience, d’un examen de ce qui est passé.

Un examen de conscience pour connaître ce que nous devons amener à l’autre vie et ce que nous devons laisser dans cette vie.

Le but ultime de l’homme c’est Dieu, tout le reste est un moyen, tout le reste est relatif par rapport à mon salut éternel. Si une chose (une créature) nous approche de ce but, elle sera bonne, mais si elle m’éloigne de Dieu elle devient mauvaise dans ma vie.

Et nous avons tous besoin de corriger le chemin, parce que dans le cas contraire, plus on marche hors du chemin, plus on s’éloigne du bon chemin, plus on s’éloigne de Dieu.

Saint Augustin disait : « Marche par la pureté de la conduite et non par le mouvement des pieds. Il en est dont les pieds marchent très bien, mais dont la conduite va mal. Parfois, ils marchent bien, mais courent en dehors du chemin. Plus ils courent, plus ils s’écartent du chemin. Croyez-moi : mieux vaut avancer en boitant sur le bon chemin que marcher d’un pas ferme en dehors du chemin. »

C’est pour cela que nous devons réfléchir sur notre but ultime, sur notre marche vers lui et réfléchir aussi sur la façon dont nous utilisons cette créature qu’est le temps. Ce temps qui va finir, et nous ne savons pas quand, parce que le Seigneur vient comme un voleur, dit l’évangile.

On disait tout à l’heure qu’une créature est bonne dans la mesure dont elle m’aide à atteindre ce but, et elle est mauvaise tant qu’elle m’en éloigne. Les hommes temporels (ou plutôt du monde) qui croient que la vie de ce monde est éternelle, que cette vie ne passera pas, savent aussi faire leur examen, ils font un bilan comptable de combien ils ont perdu et ils combien ont gagné.

Le chrétien a l’obligation de faire aussi un bilan, un bilan différent. Cette année passée qui a été un instant au-dedans de cet instant qu’est la vie m’a été utile pour m’approcher de Dieu ou bien  m’en a t’elle éloigné ?

Il y a un autre mystère aussi dans cela, il est vrai, le temps passe, mais si nous l’utilisons bien, il a valeur d’éternité parce que ce monde sert pour gagner l’autre, celui que nous désirons. Mal utilisé, ce temps a aussi valeur d’éternité, mais d’une éternité malheureuse, pour toujours, une haine qui ne finira pas et c’est l’enfer.

Nous devons donc penser aujourd’hui, ce que nous devons continuer à posséder (à avoir), à porter dans cette vie, mais aussi méditer ce que nous devons laisser, abandonner.

Qui connaît le temps qu’il lui reste ? Personne ne peut le savoir.

Le temps qui nous reste n’existe pas encore, il n’est pas parce qu’il est futur (disait saint Augustin). Et le temps passé n’est pas non plus parce qu’il est déjà passé, il n’existe plus.

Et qu’est-ce que j’ai entre mes mains ? Cet instant qui est un devenir du futur au passé.

« Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais que je veuille l’expliquer à la demande, je ne le sais pas » disait aussi saint Augustin dans ses confessions.

Ce que nous avons entre les mains c’est l’instant présent, le lendemain est incertain, le passé n’existe plus.

Pour cela, la prudence qui est une vertu surnaturelle lorsqu’un chrétien vit en grâce, cette prudence qui tient en compte ces trois temps de tout homme, mémoire du passé, vision du présent, prévision pour le futur, c’est elle qui nous pousse à faire un bon examen de conscience, pour ne pas gaspiller notre instant présent parce que le lendemain est incertain pour chacun de nous.

Le Seigneur nous a déjà averti, Il viendra comme un larron, même lorsque beaucoup disent qu’Il ne viendra plus. Ce premier jour de l’année est un temps d’examen et temps de résolutions, les résolutions pour le temps qui nous reste.

Nous disons parfois, « j’ai 39 ans », lorsqu’en vérité nous devons dire, « j’ai eu 39 ans de vie », ils sont déjà passés ; ce que nous avons de vie est ce qui nous reste encore et pour cela nous devons considérer très attentivement le sort de notre âme, de son salut éternel, parce qu’à la fin de journée de la vie, celui qui se sauve sait, mais celui qui ne se sauve pas, il ne sait rien.

Il est entre nos mains le fait de convertir ce temps dans une éternité bienheureuse ou dans une éternité de souffrance.

Nous demandons à la très Sainte Vierge Marie, la Mère de Dieu, de vivre ce temps tout en nous préparant pour la vie éternelle.

P. Luis Martinez V. E.

Institut du Verbe Incarné