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L’Eucharistie célébrée

Lire l’évangile

Après d’avoir écouté le passage de la multiplication des pains et des poissons la semaine dernière, l’évangile de ce dimanche nous présente la foule qui va à la recherche du Seigneur, et le reproche du Seigneur envers ces gens : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés. Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle ».

Evidement ce que le Seigneur reproche c’est le fait de ne pas chercher Dieu pour ce qu’Il peut nous donner dans cette vie, mais Le chercher dans cette vie pour Le trouver dans la vie éternelle, dont l’Eucharistie est l’avant-goût, car elle nous donne ce goût anticipé du Ciel.

La semaine dernière, on avait parlé des dispositions pour mieux participer à la sainte Messe; notre participation doit être pleine, consciente et active en plus de féconde (qui porte du fruit).

Saint Jean Marie Vianney, le curé d’Ars disait : « combien de fois, nous venons à l’église sans savoir ce que nous venons faire et ce que nous voulons demander ! » C’est aussi à nous, de nous demander cela. Est-ce que nous connaissons la messe pour pouvoir mieux profiter de façon spirituelle d’elle ?

Aujourd’hui que le Seigneur dans son Evangile nous parle du Pain du Ciel, l’Eucharistie, nous allons continuer à parler de l’Eucharistie « célébrée », c’est-à-dire la Sainte Messe. C’est peu ce qu’on peut toujours dire de ce grand mystère, et peu ce que nous pouvons dire dans quelques minutes ; nous laissons à l’Esprit Saint, notre maître intérieur qu’avec sa lumière nous aide pour approfondir dans ce sacrement.

Ainsi comme la plupart des paroles que nous disons pendant la messe sont des citations de la bible, de la même façon l’Eglise prévoit que chaque geste o position du corps ait toute une signification.

Par exemple la cérémonie de la messe ouvre généralement avec la procession d’entrée. Les servants de messe d’abord et le prêtre après se dirigent vers l’Autel ; ils sont l’image de la première venue du Seigneur, précédée et annoncée par les prophètes (les servants de messe) ; et à cette procession nous participons debout et avec le chant. L’Eglise désire que nous reproduisions ainsi le sentiment du Seigneur qui se dirigeait vers sa passion, comme nous dit l’évangile.

Il y a cinq actions qui fait le prêtre en arrivant devant l’autel, il se met à genou (en adoration au Saint Sacrement qui est dans le tabernacle) ; il fait aussi une profonde révérence à l’autel : le lieu du Sacrifice et l’image aussi du Christ, après il monte ( on a fait ce secteur de l’église un peu soulevé pour indiquer qu’il est un lieu encore plus sacré) ; il embrasse par la suite le même autel (c’est la salutation qu’indique l’amour pour son Dieu, à laquelle nous devons nous unir spirituellement) et finalement et il va l’encenser ( dans la bible l’encens représente d’abord le mystère de la divinité ; mais aussi nos prières et sacrifices, unis à celui du Seigneur que comme la fumée monte depuis cet autel jusqu’à la présence de Dieu).

Après la salutation, il a l’acte pénitentiel, qui n’est pas le sacrement de la pénitence, et donc il ne pardonne pas les péchés mortels ; par contre il nous aide à commencer la messe, demandant pardon pour nos fautes et nos manques d’amour. En suite nous chantons ou bien proclamons l’hymne de la gloire de Dieu. Tous les rites d’entrée finissent avec la prière « collecte », son nom signifie « celle qui recueille et ramasse », celle qui réunit toutes les prières et intentions de la messe à la principale qui dira juste après le prêtre (et pour cela, en disant « Prions le Seigneur », il étend ses mains et les unit avant de prononcer la prière).


Mais il y a deux grands moments à la messe, la liturgie de la Parole et la liturgie de l’Eucharistie
, dans le premier l’Eglise nous instruit et dans le deuxième moment elle nous sanctifie pleinement.

Nous parlons maintenant de la première partie de la messe, la liturgie de la Parole.

Les deux lectures de l’ancien et nouveau Testament, le psaume et la proclamation de l’évangile ont comme finalité fortifier notre foi en Dieu, nous rappeler son amour pour nous au long de l’histoire sainte. Le Christ « est là, présent dans sa parole, car c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures » ( Sacrosanctum Concilium 7), et comme disait saint Jérôme : « ignorer les Écritures, c’est ignorer le Christ ».

 Quelqu’un disait qu’il faut lire et écouter la Parole de Dieu avec les mêmes dispositions avec lesquelles nous nous approchons pour recevoir la communion : avec foi, humilité, esprit de prière et de conversion et en union avec l’Eglise.

Avec foi, tout en sachant qu’il s’agit de la Parole de Dieu, donc nous devons la lire avec le cœur dirigé vers Dieu et pas vers la science humaine. On ne peut pas choisir ce qui nous plaît ou refuser ce qui nous déplaît, il faut croire que tout est Parole de Dieu.

Avec humilité, sans discutions ni curiosité malsaine, mais avec rectitude d’intention, je veux écouter ce que Dieu me dit.

Avec un esprit de prière, de la même façon comme on s’approche à communier, j’adore l’Esprit Saint qui me parle à travers les écritures. Et cela implique bien sûr un esprit de conversion, il faut se laisser transformer par l’Ecriture ; comme dit le prophète Jérémie « Ma parole n’est-elle pas comme un feu, dit le Seigneur, comme un marteau qui brise le roc ? »( 23,29).

Et finalement la Parole de Dieu, il faut l’écouter, la proclamer et la prêcher aussi avec et dans l’Eglise, cela veut dire dans le même esprit dont l’Eglise interprète la Bible, comme dit l’Apôtre Saint Pierre : « sachez avant tout qu’aucune prophétie de l’Ecriture ne procède d’une interprétation propre » (2 Pe. 1,20)

La première grande partie de la liturgie (la liturgie de la Parole) va finir avec la Profession de notre Foi, le Credo, et la prière universelle, ou prière des fidèles, le moment où les fidèles prient pour les besoins de tous les hommes.

Pour finir rappelons-nous cette grande vérité : La sainte messe est celle qui a formé la conscience et le cœur de tous les saints de l’Eglise, chacun d’eux a trouvé disons, son propre chemin de sanctification, mais pour tous les saints, la messe (et l’Eucharistie) a été la source et le sommet de leur sainteté. Que la Vierge Marie nous aide à mieux participer à la Sainte Messe.

P. Luis Martinez V. E.

Monastère ” Bx. Charles de Foucauld”

Le signe et la Réalité

LE SIGNE ET LA RÉALITÉ

Lire l’évangile du dimanche XVII

Le texte évangélique de ce dimanche n’a pas été pris de l’évangile de saint Marc, comme dans les dernières semaines, sinon de saint Jean.

Et nous allons écouter saint Jean durant les quatre dimanches successifs, nous venons de proclamer le miracle de la multiplication des pains. Au nord de la Terre Sainte, à coté du lac de Galilée, il y a une très belle Eglise aujourd’hui, bâtie sur les vestiges d’une autre église très ancienne, dont le sol étaient pavé des belles mosaïques, on peut en voir encore une qui est ornée avec deux poissons et cinq pains. C’est peut-être là, l’endroit où le Seigneur a fait ce miracle que nous raconte l’évangile de ce dimanche.

Les autres quatre dimanche du mois d’août, nous allons trouver dans l’évangile le long discours du Seigneur, où Il parle du Pain de vie, en faisant une claire distinction entre ce pain qu’Il a multiplié et le vrai pain qui descend du Ciel, l’Eucharistie.

Signe-réalité

Dans ce miracle du Seigneur, il y a une double finalité, la première c’est évidemment le fait de la multiplication des aliments, mais ce miracle c’était un signe, une sorte de prophétie du Pain de Vie, la nouvelle Manne, le Sacrement de son Corps et de son Sang, comme le Seigneur le fera voir après dans le discours qui nous allons écouter la semaine prochaine.

Alors, les évangélistes, lorsqu’ils racontent ce miracle, ils s’appliquent pour le décrire avec quelques détails et ces détails veulent montrer pour nous cette deuxième finalité qu’on disait toute à l’heure.

Le fait de faire assoir la foule par des groupes (comme nous disent les autres évangélistes), la bénédiction de style solennelle du Seigneur, les autres évangiles disent aussi que c’était les apôtres qui distribuaient les poissons et les pains. En plus, selon l’habitude de repas juifs de caractère religieux, ce qui restait des aliments devait se ramasser et c’est précisément cela que le Seigneur commende de faire.

Alors, on peut voir que ce miracle des pains était un signe, et un signe prophétique d’une réalité que nous vivons chaque semaine. Les pains multipliés symbolisaient donc le Corps du Christ, l’Eucharistie. Et nous, nous participons de cette réalité, lorsqu’on participe de la Sainte Messe.

La messe

Nous avons plusieurs noms pour définir la messe.

D’abord le plus habituelle, la Messe ou Sainte Messe, mot qui vient du latin Missa et veut dire l’envoi (de là, nous avons le mot « mission »), le fait d’envoyer quelqu’un. A la fin de la messe, le prêtre envoi les fidèles à semer dans le monde ce qu’ils ont reçu. « Allez dans la paix du Christ »

On dit aussi de la messe qui est un « Sacrifice », parce que l’on renouvelle ou bien on fait actuel, présent le sacrifice du Seigneur sur la Croix. On dit encore Eucharistie, nom qui vient du grec et qui signifie « Action de Grâces ».

La messe est la prière par excellence du Chrétien, rien ne peut remplacer la messe, l’acte liturgique qui est présidé par le prêtre et auquel tous les fidèles participent.

Comment participer à la messe ?

Nous sommes habitués à participer de la Messe, mais ce que nous ne nous demandons pas souvent c’est quelle est l’importance d’ y participer.

Nous pouvons répondre avec le Concile Vatican II : « toute la vie liturgique gravite autour du sacrifice et des sacrements » (Sacrosanctum Concilium 6), « C’est de la liturgie, et principalement de l’Eucharistie, comme d’une source, que la grâce découle en nous et qu’on obtient avec le maximum d’efficacité cette sanctification des hommes, et cette glorification de Dieu dans le Christ, que recherchent, comme leur fin, toutes les autres œuvres de l’Église »(Sacrosanctum Concilium 10).

C’est aussi le Concile qui nous apprend comment participer de la liturgie, ou bien de la Messe : « La Mère Église désire beaucoup que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active  aux célébrations liturgiques », « pour obtenir une pleine efficacité, il est nécessaire que les fidèles accèdent à la liturgie avec les dispositions d’une âme droite, qu’ils harmonisent leur âme avec leur voix, et qu’ils coopèrent à la grâce d’en haut pour ne pas recevoir celle-ci en vain » (Sacrosanctum Concilium 10,11).

L’Eglise nous exhorte donc, à que notre participation soit pleine, consciente et active, en plus de féconde (qui porte du fruit)

On peut donner une petite explication : participation pleine veut dire que nous devons manifester cette participation à l’extérieur- les attitudes, les gestes, les prières, les chants- et nous devons la faire à intérieur de nous-mêmes avec la ferme volonté de nous unir au Christ et à tout son Corps mystique qui est l’Eglise.

Participation consciente signifie que chacun de nous doit savoir ce qu’il fait et pourquoi il le fait, il ne faut pas se conformer avec une participation négligente, passive et distraite. Et pour cela il est nécessaire une formation par rapport à la messe.

La participation est active lorsque les chrétiens ont conscience de qu’ils font partie de la célébration. L’Église fait un grand effort pour obtenir que les fidèles n’assistent pas à ce mystère de la foi comme des spectateurs étrangers et muets ; il est par contre nécessaire faire l’effort pour y participer avec ferveur et ainsi entrer en contact avec le Christ.

La Participation doit être finalement féconde, ou fructueuse (qui porte du fruit) c’est-à-dire venir avec les dispositions d’une âme droite, et en participant de la messe pouvoir recevoir le Corps du Seigneur et pour cela, avoir notre âme en grâce.

Conclusion

Devant cette réalité sublime que nous appelons la messe, il y a tant de choses que nous ne sommes jamais capables de comprendre ici dans ce monde, devant ce grand mystère nous restons émerveillés de la majesté divine et nous pouvons appliquer au mystère de la Messe ce que Saint Ephrem, un père de l’Eglise orientale disait par rapport à la sainte Ecriture :

« Qui donc est capable de comprendre toute la richesse? Ce que nous en comprenons est bien moindre que ce que nous en laissons ; comme des gens assoiffés qui boivent à une source. Il a caché en ce mystère tous les trésors, pour que chacun de nous trouve une richesse dans ce qu’il médite.

Celui qui obtient en partage une de ces richesses ne doit pas croire qu’il y a seulement ce qu’il y trouve. Il doit comprendre au contraire qu’il a été capable d’y découvrir une seule chose parmi bien d’autres. Incapable de l’épuiser, qu’il rende grâce pour sa richesse. Réjouis-toi parce que tu es rassasié, mais ne t’attriste pas de ce qui te dépasse. Celui qui a soif se réjouit de boire, mais il ne s’attriste pas de ne pouvoir épuiser la source. Que la source apaise ta soif, sans que ta soif épuise la source. Si ta soif est étanchée sans que la source soit tarie, tu pourras y boire à nouveau, chaque fois que tu auras soif. Si au contraire, en te rassasiant, tu épuisais la source, ta victoire deviendrait ton malheur.

Rends grâce pour ce que tu as reçu et ne regrette pas ce qui demeure inutilisé. Ce que tu as pris et emporté est ta part ; mais ce qui reste est aussi ton héritage. Ce que tu n’as pas pu recevoir aussitôt, à cause de ta faiblesse, tu le recevras une autre fois, si tu persévères. »

Saint Jean Paul s’exprimait avec ces mots : « L’Eucharistie est vraiment un coin du ciel qui s’ouvre sur la terre ! C’est un rayon de la gloire de la Jérusalem céleste, qui traverse les nuages de notre histoire et qui illumine notre chemin. »

Demandons à la très sainte Vierge Marie de participer avec toujours plus de ferveur de la Sainte Messe.

P. Luis Martinez V. E.

Monastère “Bx. Charles de Foucauld”

COMMENTAIRE DE SAINT ÉPHREM

La parole de Dieu est une source inépuisable.

Qui donc est capable de comprendre toute la richesse d’une seule de tes paroles, Seigneur ? Ce que nous en comprenons est bien moindre que ce que nous en laissons ; comme des gens assoiffés qui boivent à une source. Les perspectives de ta parole sont nombreuses, comme sont nombreuses les orientations de ceux qui l’étudient. Le Seigneur a coloré sa parole de multiples beautés, pour que chacun de ceux qui la scrutent puisse contempler ce qu’il aime. Et dans sa parole il a caché tous les trésors, pour que chacun de nous trouve une richesse dans ce qu’il médite.

La parole de Dieu est un arbre de vie qui, de tous côtés, te présente des fruits bénis ; elle est comme ce rocher qui s’est ouvert dans le désert pour offrir à tous les hommes une boisson spirituelle. Selon l’Apôtre, ils ont mangé un aliment spirituel, ils ont bu à une source spirituelle.

Celui qui obtient en partage une de ces richesses ne doit pas croire qu’il y a seulement, dans la parole de Dieu, ce qu’il y trouve. Il doit comprendre au contraire qu’il a été capable d’y découvrir une seule chose parmi bien d’autres. Enrichi par la parole, il ne doit pas croire que celle-ci est appauvrie ; incapable de l’épuiser, qu’il rende grâce pour sa richesse. Réjouis-toi parce que tu es rassasié, mais ne t’attriste pas de ce qui te dépasse. Celui qui a soif se réjouit de boire, mais il ne s’attriste pas de ne pouvoir épuiser la source. Que la source apaise ta soif, sans que ta soif épuise la source. Si ta soif est étanchée sans que la source soit tarie, tu pourras y boire à nouveau, chaque fois que tu auras soif. Si au contraire, en te rassasiant, tu épuisais la source, ta victoire deviendrait ton malheur.

Rends grâce pour ce que tu as reçu et ne regrette pas ce qui demeure inutilisé. Ce que tu as pris et emporté est ta part ; mais ce qui reste est aussi ton héritage. Ce que tu n’as pas pu recevoir aussitôt, à cause de ta faiblesse, tu le recevras une autre fois, si tu persévères. N’aie donc pas la mauvaise pensée de vouloir prendre d’un seul trait ce qui ne peut être pris en une seule fois ; et ne renonce pas, par négligence, à ce que tu es capable d’absorber peu à peu.