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Notre Père – Pater Noster

PaterLe premier mot avec lequel commence la prière du Seigneur en latin c’est le mot Père (Pater Noster).

Demandons-nous : Comment Dieu est-il Père ? Et quelles sont nos obligations à son égard, du fait qu’Il est notre Père ?

Nous l’appelons Père à cause de la manière particulière dont il nous a créés. Il nous créa en effet à son image et à sa ressemblance, image et ressemblance qu’il n’imprima pas dans les autres créatures inférieures à l’homme. Il est lui-même notre Père, dit le Deutéronome (32, 6), lui qui nous a faits et nous a créés.

Il mérite aussi le nom de Père, à cause de sa sollicitude particulière, envers les hommes, dans le gouvernement de l’univers. Rien n’échappe à son gouvernement, celui-ci s’exerce de façon différente envers nous et envers les créatures inférieures à nous. Celles-ci, Il les gouverne comme des esclaves, mais nous, il nous gouverne comme des maîtres.

Dieu a droit au nom de Père, parce qu’il nous a adoptés. Comme le dit saint Paul (Rom 8, 15) : Vous n’avez pas reçu un esprit de servitude pour retomber dans la crainte, mais vous avez reçu un esprit d’adoption, qui nous fait crier : Abba, Père.

Parce que Dieu est notre Père, nous avons envers lui une dette sous quatre aspects.

Nous lui devons, en premier lieu, l’honneur.

Cet honneur consiste en trois choses : la première regarde nos devoirs envers Dieu, la deuxième nos devoirs envers nous-mêmes, la troisième nos devoirs envers le prochain.

  • L’honneur dû au Seigneur consiste, d’abord, à offrir à Dieu le don de la louange, suivant ce qui est écrit Cette louange doit se trouver non seulement sur les lèvres, mais aussi dans le cœur. Il est dit en effet dans Isaïe (29, 13) : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi.
  • L’honneur dû à Dieu consiste, deuxièmement, dans la pureté de notre corps, c’est que l’Apôtre écrit (1 Co 6, 20) : Glorifiez et portez Dieu dans votre corps.
  • Il consiste, enfin, cet honneur, dans l’équité de nos jugements sur le prochain. Le Psaume 98 (Vers. 4) dit en effet : L’honneur du roi aime la justice.

Nous devons, aussi, imiter Dieu, parce qu’Il est notre Père.

L’imitation de Dieu, pour être parfaite, requiert trois choses.

  • La première est l’amourSoyez, dit saint Paul (Eph 5, 1-2), des imitateurs de Dieu,tels des enfants bien-aimés, et marchez dans l’amour. Et cet amour doit se trouver dans notre cœur.
  • La deuxième, c’est la miséricorde. L’amour doit s’accompagner de miséricorde, suivant cette recommandation de Jésus (Luc 6, 36) : Soyez miséricordieux. Et cette miséricorde doit se montrer par les œuvres.
  • L’imitation de Dieu requiert troisièmement la perfection, parce que dilection et perfection doivent être parfaites. C’est en effet après avoir parlé des dispositions et des œuvres serviles que le Seigneur a dit dans le sermon sur la Montagne (Mt, 5, 48) : Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.

Nous devons, en troisième lieu, l’obéissance à notre Père.

Nos pères selon la chair, dit saint Paul (Hebr 12, 9), nous ont corrigés et nous les respections ; à

combien plus forte raison devons-nous nous soumettre au Père des esprits.

L’obéissance est due au Père céleste à cause de qu’Il domine tout.

Notre obéissance est fondée ensuite sur l’exemple du Christ. Lui, le vrai Fils de dieu, dit saint Paul (Phil 2, 8) s’est fait obéissant à son Père jusqu’à la mort.

Le troisième motif de notre obéissance est enfin notre intérêt.

En quatrième lieu, et toujours parce que Dieu est notre père, nous lui devons d’être patients, quand Il nous corrige.

Mon fils, disent les Proverbes (3, 11-12), ne rejette pas les leçons du Seigneur, ne dédaigne pas ses corrections, car le Seigneur reprend celui qu’Il aime, comme fait un père pour le fils qu’il chérit.

Saint Thomas d’Aquin.
Commentaire au Notre Père

« Devant ce Père, le riche et le pauvre sont frères ; devant ce Père, le maître et l’esclave sont frères ; devant ce Père, le général et le simple soldat sont frères. Les fidèles chrétiens, tous tant qu’ils sont, ont sur terre des pères de conditions diverses, les uns nobles, les autres sans notoriété, mais ils invoquent un seul Père qui est dans les cieux.
Si c’est là qu’est notre Père, c’est là que se prépare notre héritage. Or notre Père est tel que nous posséderons avec lui ce dont il nous fait largesse. »

Saint Augustin

LES MAGES ET LEURS PRÉSENTS.

“Et ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent des présents, de l’or, de l’encens et de la myrrhe”

Math. 2, 2.

Rois MagesIls se prosternent et ils adorent. Sur quoi saint Augustin s’écrie : « O enfance, à qui les astres sont soumis! A qui donc est cette grandeur et cette gloire, pour qu’à l’aspect de ses langes, les Anges fassent des veilles, que les rois tremblent, que les sages tombent à genoux? Je suis dans la stupeur, car, je vois de pauvres bergers et je devine le ciel; je brûle d’amour quand je vois, dans une crèche, un petit pauvre, et qui cependant domine les astres. Que la foi nous soutienne, car la raison défaille ».

Et ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent des présents, de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

L’or s’entend de la sagesse céleste. Saint Bernard écrit : « Vous avez assurément trouvé la sagesse, si vous pleurez vos péchés passés, si vous dédaignez les avantages du monde, si vous désirez de toute votre âme la vie éternelle. Vous avez trouvé la sagesse, si chacune de ces choses ont pour vous le goût qu’elles ont en elles-mêmes, si elles sont amères et tout à fait détestables ».

L’encens, c’est la prière et la dévotion. Que ma prière soit devant vous comme l’encens (Ps. 141); c’est-à-dire un encens qui brûle sur le feu de la charité. Le danger pour la prière, c’est qu’elle soit timide, tiède ou téméraire. Timide, elle ne pénètre pas le ciel car, une crainte exagérée rétrécit le cœur et l’empêche de lancer sa prière. Tiède, elle languit dans son ascension et n’a pas de vigueur. Téméraire, elle monte, mais elle retombe; elle rencontre de la résistance; non seulement elle n’obtient pas, mais elle est une offense : tandis que la prière fidèle, humble et fervente, pénètre le ciel et ne saurait revenir vide.

La myrrhe, c’est la mortification. « De mes mains a découlé la myrrhe et mes doigts étaient pleins de la myrrhe la plus précieuse (Cantique des cantiques 5, 5), paroles que saint Grégoire commente ainsi : « Les mains, ce sont les actes vertueux; les doigts, c’est la discrétion dans l’action. Les mains distillent la myrrhe quand la chair est châtiée par les œuvres vertueuses; mais les doigts sont dits pleins de myrrhe précieuse, quand la mortification se fait avec discrétion ». Et il dit des trois présents symboliques : « Au roi, nous offrons l’or si, en sa présence, nous resplendissons de l’éclat de la divine sagesse; nous offrons l’encens, si nous consumons sur l’autel de notre cœur les pensées de la chair par le saint zèle de l’oraison, afin que nos désirs célestes soient un parfum pour lui; nous offrons la myrrhe, si nous mortifions la chair par l’abstinence ».

Saint Thomas d’Aquin
SermonRois Mages