La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde…!

Lire l’évangile du dimanche XXVII ( Lc. 17,5-10)

foi_institut_du_verbe_incarneLes apôtres demandent au Seigneur de leur augmenter la foi et Il leur répond avec un peu d’ironie « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde… ». C’est comme si le Seigneur disait: Vous me demandez de vous augmenter la foi, vous pensez que vous en aviez déjà une quantité considérable, pourtant, je vous dis qu’elle très petite, elle n’existe presque pas ; et la petite parabole servira donc pour décrire un autre aspect de la foi que le Seigneur veut faire comprendre aux disciples.

Le catéchisme de l’Eglise Catholique nous apprend que « la foi est la vertu théologale par laquelle nous croyons en Dieu et à tout ce qu’Il nous a dit et révélé, et que la Sainte Église nous propose à croire, parce qu’Il est la vérité même. Par la foi  » l’homme s’en remet tout entier librement à Dieu  » (DV 5). C’est pourquoi le croyant cherche à connaître et à faire la volonté de Dieu.  » Le juste vivra de la foi  » (Rm 1, 17). La foi vivante  » agit par la charité  » (Ga 5, 6). »( Cat. Egl. Cath. 1814)

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La Foi

Nous savons que la foi est une grâce, avoir la foi est une grâce, un cadeau de Dieu, et dans cela, les apôtres ne se trompent pas lorsqu’ils demandent de leur augmenter la foi, nous devrions aussi toujours demander de même. Le fait de « croire en Dieu » est un cadeau, un don de Dieu. Si Dieu ne nous assiste pas avec ce don il serait impossible pour nous de nous tenir dans la vie comme croyants.

Croire en Dieu est une grâce, accepter et vivre ses commandements est aussi une grâce, persévérer sur le chemin du bien est une grâce, tenir bon, rester fermes au milieu des tribulations est aussi une grâce.

Mais pour que la grâce vienne se greffer (et cela c’est une image), qu’elle vienne habiter dans le cœur, il faut notre collaboration, notre participation. Il faut tout d’abord enlever les obstacles pour recevoir le don divin.  Nous l’avons entendu dans le psaume de ce dimanche, le psalmiste nous invite à ne pas fermer notre cœur. Car nous pouvons faire le mauvais choix de fermer nos cœurs à la foi. Dieu ne nous oblige pas à l’aimer, comme Il ne nous oblige pas non plus à croire en Lui. Sa Volonté est tout puissante, mais Dieu dans sa Volonté a voulu nous donner une liberté, Dieu a voulu laisser notre âme libre. Il n’a pas voulu et Il ne veut pas non plus nous faire violence (nous obligeant à croire ou pas en Lui) ; son appel est une invitation, que chaque être humain peut écouter ou non dans le sanctuaire de la conscience ; pourtant Dieu désire d’être toujours écouté : « si vous écoutez sa Parole, c’est un souhait, ne fermez pas votre cœur… ».

Mais lorsque nous ouvrons nos cœurs, c’est là que Dieu peut faire de grandes choses, comme dit l’évangile : vous auriez dit à l’arbre que voici…

La première lecture de ce dimanche, nous illumine sur un autre aspect de notre vie de chrétiens, il s’agit du moment où la foi, notre foi est éprouvée. Et cela nous arrive à tous, il y a un moment dans notre vie où notre foi est mise à l’épreuve ; et c’est souvent dans ce moment-là où l’âme se demande : « et vraiment, Dieu existe?  Et si Dieu existe, pour quoi Il ne nous empêche pas de souffrir, pour quoi Dieu ne nous évite pas le mal, n’éloigne pas de nous le malheur ? »

foi_institut_du_verbe_incarneCombien de temps, Seigneur, vais-je appeler, sans que tu entendes ? Crier vers toi : « Violence ! », sans que tu sauves ? Pourquoi me fais-tu voir le mal et regarder la misère ?

« Il est vrai, disait un prêtre, que lorsque nous prions Dieu viendra en aide, mais Il ne le fait pas toujours (de la façon dont nous voudrions)…. Il veut nous éprouver, éprouver notre foi. Il serait très facile lorsqu’on prie- de faire comme lorsque l’on appuie sur l’interrupteur et la lumière arrive. Le Seigneur veut pourtant la preuve de notre foi. Il veut que nous croyions sans voir. Il veut que nous aimions sans nous sentir réconfortés ou consolés. Il veut que nous risquions sans prévoir ce qui arrivera. Voilà la foi qui est bonne, simple, la foi sainte, la foi théologique. Dans un mot, la foi chrétienne ». (Cornelio Fabro, Homélies)   

Nous le savons, Dieu n’est jamais absent, Dieu est toujours là, bien que nous sentions qu’Il est loin. Mais Il a ses desseins, qui nous dépassent et sont au-delà de ce que notre intelligence limitée peut comprendre. Dans la première lecture, le Seigneur répond au prophète par rapport à la vision qu’il demande : Si elle paraît tarder, attends-la : elle viendra certainement, sans retard.

Même lorsque les plans de Dieu semblent contradictoires, ils renferment en eux un bien pour nous, c’est un bien dans la Providence de Dieu. Et nous devons nous rappeler souvent que ce mot, « Providence » veut dire voir d’avance, voir en avant et que nous l’ appliquons à Dieu, Dieu est la Providence, c’est Dieu qui a tout prévu, qui dirige le fil de l’histoire, qui fait son plan.

Et quelle est finalement l’intention de Dieu, qu’est-ce qu’Il cherche pour ainsi dire ? Et voilà une double réponse, sa Gloire et notre salut ; et pour cela Il nous invite à nous accrocher à Lui dans la foi.    

Et le Seigneur dit comme conclusion dans la lecture : Celui qui est insolent (l’incroyant, celui qui refuse Dieu) n’a pas l’âme droite, mais le juste vivra par sa fidélité (Dieu parle de la vie éternelle).

Il y a un autre aspect à méditer ce dimanche, toujours en relation à la foi, c’est la petite parabole, le Seigneur prend l’exemple d’un serviteur qui revient du champ, mais le travail n’est pas fini. On pourrait penser : si ce patron est un peu méchant, pourquoi donc le Seigneur le prend comme un exemple ? Alors ce n’est pas lui l’exemple ; le Seigneur dit que nous devons imiter le serviteur, qui ne se plaint pas, parce qu’il faut qu’il finisse sa tâche, le patron lui donnera après certainement sa récompense. De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : ‘Nous sommes des serviteurs quelconques ( donc  pas essentiels) : nous n’avons fait que notre devoir.’ »

Alors, qu’est-ce que le Seigneur veut nous dire avec cette histoire ? C’est que parfois nous prenons la foi comme un droit, nous exigeons des choses à Dieu, comme s’Il était notre serviteur ; et ce que nous exigeons c’est la récompense et le prix en avance, nous voulons attendre cette récompense à bras croisés.

foi_institut_du_verbe_incarneComme les gens, et il y en a beaucoup, qui ne voient aucune exigence dans la foi, croire pour eux c’est tellement facile comme respirer ou parler, mais ils ne sont pas conscients de que la foi c’est beaucoup plus que cela.

N’imaginons pas que pour le seul fait de venir à la messe, nous sommes déjà sauvés ; la vie chrétienne demande cela, oui, mais elle demande aussi encore d’autres choses. Il ne s’agit pas de vivre la vie de chrétiens par des moments, nous contenter avec du peu, le juste et nécessaire. La foi consiste à voir aussi ce qu’il nous manque de chrétien dans notre vie, à quelles choses nous n’avons pas renoncées, sur quelle vertu il nous faut travailler.

Et après Dieu nous donnera la récompense comme dit l’évangile : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. Il est vrai, mais avant l’évangile dit aussi : Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller.

Alors, comme on disait au début de l’homélie, nous devons préparer nos cœur pour que Dieu nous donne la foi, pour qu’elle augmente, grandisse en nous et transforme notre vie.

Comme grand exemple nous avons l’apôtre saint Paul :

foi_institut_du_verbe_incarneSaint Paul n’avait pas la foi et, même, il persécutait les fidèles. Dieu l’attendait sur le chemin de Damas : « Paul, lui dit-il, ne pense même pas à te cabrer, à ruer comme un cheval qui s’emballe ! Je suis ce Jésus que tu persécutes. J’ai des desseins sur toi. Il faut que tu changes ». Paul s’est rendu ; il a changé, bouleversant complètement sa vie. Quelques années plus tard, il écrira aux Philippiens : « Ce jour-là, sur le chemin de Damas, Dieu s’est saisi de moi ; depuis lors je ne fais que courir après lui pour voir si moi aussi je serai capable de le saisir, en l’imitant, en l’aimant toujours plus ». Voilà ce qu’est la foi : se rendre à Dieu, mais tout en transformant notre propre vie. 

Que la Vierge Marie nous donne cette grâce.

P. Luis Martinez. V. E.

Monastère « Bx . Charles de Foucauld »

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