L’homme au cœur pur, aux mains innocentes

Homélie pour le Dimanche de Rameaux

Introduction

Au commencement de la célébration, la liturgie nous a expliqué les sens de la célébration :

« Nous avons préparé nos cœurs, par la prière, la pénitence et le partage. Nous voici rassemblés pour commence la semaine sainte, pour célébrer le mystère pascal. Aujourd’hui, le Christ entre à Jérusalem, la Ville Sainte, où il va mourir et ressusciter. Et encore Mettons toute notre foi à rappeler le souvenir de cette entrée triomphale de notre Sauveur. Suivons-le dans sa passion pour avoir part à sa résurrection. »

D’abord nous allons contempler cette entrée triomphale dans les évangiles synoptiques, puis à la lumière du psaume 23 que nous avons chanté tout à l’heure et nous finirons avec une petite relation entre cette entrée triomphale et la célébration de l’Eucharistie.

A. L’entrée à Jérusalem dans les évangiles synoptiques.

Avec l’entrée triomphaleles trois évangiles synoptiques (Mt, Marc et Luc) commencent à décrire le ministère public du Christ à Jérusalem. On trouve 5 chapitres chez Saint Mathieu (21 – 25 Mt)

Notre Seigneur entre à la ville et chasse les vendeurs du temple.

Dans le chapitre 21 Le premier problème qui se pose c’est la question de l’autorité de Jésus. « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? » demandaient les juifsJésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela :Le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel ou des hommes ? » [Ils n’en répondent rien pour cela Jésus leurs dit] : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela ». (Mt 21, 23 ss)

Après cela, le Seigneur prononce la parabole de deux enfants : le premier disait faire la volonté de son père mais finalement il ne la fait pas. La parabole de vignerons homicides (En relation aux chefs du peuple) 22 Et une troisième parabole, le festin des noces. 

Puis les juifs lui mettent à l’épreuve avec des questions difficiles.

  • L’impôt dû à César.
  • La résurrection des morts,
  • Le commandement plus grand

Au chapitre 23, Jésus dénonce l’hypocrisie des scribes et des pharisiens… avec quelques imprécations : « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites guides Insensés et aveugles ! »

Le chapitre 24 présente les discours eschatologique et, dans le chapitre 25, les paraboles en relation au jugement dernier : « Les vierges sages et folles » et « la parabole des talents ».

Après la prédication du Seigneur Saint Matthieu dira : « Lorsque Jésus eut terminé tout ce discours », ce que Saint Thomas d’Aquin commente : « Seulement lui, il est capable de donner la fin, le terme, la perfection à ce qu’il faut dire. »

B. A la dernière cène :

  • L’évangéliste nous décrit la préparation de tout ce qu’il fallait.
  • L’annonce de trahison de Judas.
  • Et l’institution de l’Eucharistie (Le même sacrifice du Christ mais offert de manière non sanglant)

C. Et finalement, la passion dont nous venons d’écouter le récit. C’est sa sortie de ce monde. (Selon la transfiguration de San Luc 9, 11)

  • Gethsémani.
  • Les tribunaux religieux et publics.
  • La flagellation et le couronnement d’épine.
  • Le chemin de croix et la crucifixion et la mort de notre Seigneur.

La passion, le sacrifice du Christ offert de façon sanglant.

En effet, cette entrée à la ville sainte a un climat, un contexte liturgique, Jésus entre dans la ville pour offrir son unique sacrifice (Jésus Christ… après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu…. Par son unique offrande, il a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie.10, 12hébreux) d’abord de manière non sanglante et puis de manière sanglante, en versant son propre sang.

Le pape Benoît, dans une homélie de dimanche de Rameaux, disait : La procession des Rameaux est – comme elle le fut ce jour-là pour les disciples – une expression de joie, parce que nous pouvons connaître Jésus (le Sauveur), Il nous accorde d’être ses amis et il nous a donné la clé de la vie, [Il est la vie]. Cette joie, qui existe au début, est cependant également l’expression de notre « oui » à Jésus et de notre disponibilité à aller avec Lui partout où il nous conduit. (Homélie dimanche de Rameaux 2007)

Le Psaume 23

Méditons maintenant le psaume 23 de la procession d’entrée que nous avons chanté : « Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? « 

C’est la partie du psaume où l’on voit que la perspective du Psalmiste se restreint au Sion, « la montagne du Seigneur ». Nous sommes devant le temple de Jérusalem et l’ambiance est liturgique.

Dans cette procession que faisait le peuple d’Israël, les fidèles adressent une question aux gardiens de la porte sainte: « Qui montera sur la montagne de Yahvé? Et qui se tiendra dans son lieu saint? ».

Il ne s’agit pas de normes purement rituelles et extérieures à observer, mais plutôt d’engagements moraux et existentiels à pratiquer. Pour entrer en communion avec Dieu nous devons nous préparer, ou plutôt nous laisser préparer par Dieu. En certaine manière c’est une description de Jésus Christ : L’homme au cœur pur, aux mains innocentes. Qui ne livre pas son âme aux idoles (et ne dit pas de faux serments).

A) Tout d’abord il faut avoir « les mains innocentes et le cœur pur ». « Les mains » et le « cœur » évoquent l’action et l’intention, c’est-à-dire tout l’être de l’homme qui doit être radicalement orienté vers Dieu et vers sa loi.

B) La seconde exigence est celle que l’âme du croyant « ne se porte pas vers des riens ou les idoles » qui, dans le langage biblique, ne renvoi pas seulement à la sincérité mais surtout à la lutte contre l’idolâtrie, les idoles étant de faux Dieu, c’est-à-dire « des riens ».

C) Enfin, voilà la troisième condition qui concerne la relation avec le prochain : « Ne jure pas pour tromper ». La parole, comme on le sait, dans une civilisation orale comme celle de l’antique Israël, ne pouvait pas être un instrument de tromperie, mais elle était au contraire le symbole de relations sociales fondées sur la justice et la rectitude. Jésus Christ est la parole qui donne la vie éternelle, Il est ou Il doit être le centre de la vraie vie social de l’homme.

Pour nous qui montons avec le Christ, c’est presque comme un examen de conscience ou un acte de pénitence qui précède la célébration liturgique.

3. Pour finir mais plus brièvement, tous ces évènements en relation à la liturgie eucharistique. 

On peut observer ces 3 moments liturgiques dans la célébration eucharistique :

  • L’entrée du Christ à Jérusalem – L’entrée du Prêtre, qui préside le sacrifice.
  • La prédication du Christ à Jérusalem -la liturgie de la Parole.
  • La dernière cène et la passion – la célébration du sacrifie eucharistique.

Conclusion :

Aujourd’hui, le Christ entre à Jérusalem, la Ville Sainte, où il va mourir et ressusciter. Nous sommes appelé à entrer avec le Christ, à avoir ses mêmes dispositions. Écoutons sa parole et répondons par notre foi, l’obéissance de la foi. Suivons-le dans sa passion ; essayons de vivre, de faire notre son sacrifice ; pour utiliser un verbe plus technique « participer» à l’unique sacrifice rédempteur, l’unique sacrifice qui peut nous purifier de nos péchés.

P. Andrés Nowakowski IVE.

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