Archives par mot-clé : Ciel

Que notre temps devienne une heureuse éternité…

Sainte Marie Mère de Dieu

L’Eglise a voulu inaugurer l’année avec la protection de la très sainte Vierge, que nous vénérons dans cette fête avec le titre de Mère de Dieu.

Ce titre est le plus grand titre qu’on puisse donner à Marie, parce qu’il est l’origine et la source de tous les privilèges que Dieu a donnés à notre sainte Mère.

Saint Thomas d’Aquin écrit que l’on dit que la Vierge Marie est Mère de Dieu, non parce qu’elle est la mère de la divinité, chose impossible car la nature divine précède éternellement la Vierge mais parce qu’elle est mère d’une Personne qui a la divinité et l’humanité.

Il est tout à fait vrai qu’une mère n’est pas la cause de l’âme ou de la personnalité de son enfant, mais elle est mère dans le sens dont elle proportionne la matière. Il est évident donc que si la mère n’est pas la cause absolue de son enfant, elle l’est d’une partie comme le corps ( la chair) de la nature humaine, et c’est pour cela qu’on peut dire qu’elle est une véritable mère, la mère de la personne de son enfant. Nous disons la mère de l’enfant tout entier, même si nous savons qu’elle n’a donné qu’une partie de l’être.

Marie a fait pour Jésus ce que toute mère humaine fait pour son enfant, elle lui a donné un corps. Le fait que Jésus n’ait pas un père humain, n’enlève pas, ne diminue pas la maternité de Marie.

La différence essentielle entre la maternité seulement humaine et la maternité divine se trouve dans le fait que simplement le Fils de Marie est une personne divine, tandis que le fils de toute autre femme est une personne humaine.

La maternité divine nous amène au cœur du mystère chrétien : l’insondable vérité que Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme, en qui la nature humaine reçue de sa Mère humaine et la nature divine, reçue de son Père Eternel s’unissent dans l’unique personne du Fils de Dieu.

Jésus est un vrai homme, Marie est donc une véritable mère. L’Enfant Jésus, né de la Vierge Marie est une personne divine et Dieu même, Marie peut être appelée avec toute certitude, la Mère de Dieu.

Le temps passe…

Avec cette célébration de Marie, nous commençons cette nouvelle année de l’histoire de l’homme. Alors, tout homme croyant au début de l’année, est invité à réfléchir sur l’année qui s’est écoulée et aussi sur l’année qui vient de démarrer.

Nous nous retrouvons souvent en face du mystère du temps. Du temps qui nous est divisé en années, de ce temps qui passe plus vite que ce que nous voudrions. Il est un temps grâce et miséricorde de Dieu, parce que le temps nous est donné comme le plus grand des dons dans ce monde et selon l’usage, il nous servira pour l’éternité.

C’est pour nous un temps de miséricorde, pour cela nous devons travailler à notre salut avec crainte et tremblement ( Philip. 2,12).

Lorsqu’on est petit, on pense que le temps est long et lorsqu’on vieillit, on pense par contre, que le temps est plus court, c’est la conception psychologique du temps.

Mais qu’il soit court ou long, il doit finir, et si le temps est déjà passé nous devons l’accepter comme quelque chose qui n’existe plus.

Et cela c’est notre vie, une vie composée d’années qui passent et comme le démon est un falsificateur universel, c’est le singe de Dieu, il fait croire à l’homme que ce temps de la vie est éternel et que l’éternité après cette vie n’existe pas.

Mais nous savons comme chrétiens que par contre, ce temps passe et passe vite et que l’éternité existe.

De là, le besoin d’un bon examen de conscience, d’un examen de ce qui est passé.

Un examen de conscience pour connaître ce que nous devons amener à l’autre vie et ce que nous devons laisser dans cette vie.

Le but ultime de l’homme c’est Dieu, tout le reste est un moyen, tout le reste est relatif par rapport à mon salut éternel. Si une chose (une créature) nous approche de ce but, elle sera bonne, mais si elle m’éloigne de Dieu elle devient mauvaise dans ma vie.

Et nous avons tous besoin de corriger le chemin, parce que dans le cas contraire, plus on marche hors du chemin, plus on s’éloigne du bon chemin, plus on s’éloigne de Dieu.

Saint Augustin disait : « Marche par la pureté de la conduite et non par le mouvement des pieds. Il en est dont les pieds marchent très bien, mais dont la conduite va mal. Parfois, ils marchent bien, mais courent en dehors du chemin. Plus ils courent, plus ils s’écartent du chemin. Croyez-moi : mieux vaut avancer en boitant sur le bon chemin que marcher d’un pas ferme en dehors du chemin. »

C’est pour cela que nous devons réfléchir sur notre but ultime, sur notre marche vers lui et réfléchir aussi sur la façon dont nous utilisons cette créature qu’est le temps. Ce temps qui va finir, et nous ne savons pas quand, parce que le Seigneur vient comme un voleur, dit l’évangile.

On disait tout à l’heure qu’une créature est bonne dans la mesure dont elle m’aide à atteindre ce but, et elle est mauvaise tant qu’elle m’en éloigne. Les hommes temporels (ou plutôt du monde) qui croient que la vie de ce monde est éternelle, que cette vie ne passera pas, savent aussi faire leur examen, ils font un bilan comptable de combien ils ont perdu et ils combien ont gagné.

Le chrétien a l’obligation de faire aussi un bilan, un bilan différent. Cette année passée qui a été un instant au-dedans de cet instant qu’est la vie m’a été utile pour m’approcher de Dieu ou bien  m’en a t’elle éloigné ?

Il y a un autre mystère aussi dans cela, il est vrai, le temps passe, mais si nous l’utilisons bien, il a valeur d’éternité parce que ce monde sert pour gagner l’autre, celui que nous désirons. Mal utilisé, ce temps a aussi valeur d’éternité, mais d’une éternité malheureuse, pour toujours, une haine qui ne finira pas et c’est l’enfer.

Nous devons donc penser aujourd’hui, ce que nous devons continuer à posséder (à avoir), à porter dans cette vie, mais aussi méditer ce que nous devons laisser, abandonner.

Qui connaît le temps qu’il lui reste ? Personne ne peut le savoir.

Le temps qui nous reste n’existe pas encore, il n’est pas parce qu’il est futur (disait saint Augustin). Et le temps passé n’est pas non plus parce qu’il est déjà passé, il n’existe plus.

Et qu’est-ce que j’ai entre mes mains ? Cet instant qui est un devenir du futur au passé.

« Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais que je veuille l’expliquer à la demande, je ne le sais pas » disait aussi saint Augustin dans ses confessions.

Ce que nous avons entre les mains c’est l’instant présent, le lendemain est incertain, le passé n’existe plus.

Pour cela, la prudence qui est une vertu surnaturelle lorsqu’un chrétien vit en grâce, cette prudence qui tient en compte ces trois temps de tout homme, mémoire du passé, vision du présent, prévision pour le futur, c’est elle qui nous pousse à faire un bon examen de conscience, pour ne pas gaspiller notre instant présent parce que le lendemain est incertain pour chacun de nous.

Le Seigneur nous a déjà averti, Il viendra comme un larron, même lorsque beaucoup disent qu’Il ne viendra plus. Ce premier jour de l’année est un temps d’examen et temps de résolutions, les résolutions pour le temps qui nous reste.

Nous disons parfois, « j’ai 39 ans », lorsqu’en vérité nous devons dire, « j’ai eu 39 ans de vie », ils sont déjà passés ; ce que nous avons de vie est ce qui nous reste encore et pour cela nous devons considérer très attentivement le sort de notre âme, de son salut éternel, parce qu’à la fin de journée de la vie, celui qui se sauve sait, mais celui qui ne se sauve pas, il ne sait rien.

Il est entre nos mains le fait de convertir ce temps dans une éternité bienheureuse ou dans une éternité de souffrance.

Nous demandons à la très Sainte Vierge Marie, la Mère de Dieu, de vivre ce temps tout en nous préparant pour la vie éternelle.

P. Luis Martinez V. E.

Institut du Verbe Incarné

“Voilà ce qui sera à la fin sans fin”

Lire l’évangile du dimanche XXXII (Lc 20, 27-38)

christ_roi_institut_du_verbe_incarneNous nous approchons déjà de la fin de l’année liturgique, qui finira avec la Solennité de Christ Roi, dans deux semaines. Et durant cette année nous avons médité l’Evangile de saint Luc, on arrive ainsi à ses derniers chapitres, ce sont les derniers discours du Seigneur, avant Sa Passion et Sa mort sur la croix. Tous les dialogues et les enseignements se dirigent vers les réalités ultimes, comme nous le voyons aujourd’hui.

La question posée par les sadducéens au Seigneur, ramène finalement, comme dit l’Evangile à une question de foi : parce que le mariage appartient au monde présent, dans le monde à venir il ne serait pas nécessaire, les hommes ne mourront jamais et la procréation donc, une des finalités du mariage, n’aura plus de sens. Les ressuscités, dit saint Bède,  « seront égaux aux anges et enfants de Dieu, parce qu’étant renouvelés par la gloire de la résurrection, ils jouiront de l’éternelle vision de Dieu, sans aucune crainte de la mort, sans aucune atteinte de la corruption, sans aucune des vicissitudes de la vie présente. »

vie_eternelle_institut_du_verbe_incarneLes deux dernières vérités que nous proclamons à la fin du Credo (de la profession de foi) nous parlent de la vie après la mort, et elles nous rappellent que nous ne marchons pas vers le néant. Au contraire notre existence est marquée par une finalité précise et la foi ouvre au milieu des tristesses causées par la séparation humaine, un horizon plein de lumière qui va au-delà de cette existence terrestre et qui a son but en Jésus-Christ.

Nous le répétons tous les dimanches : je crois à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Ou bien, le credo qu’on chante en latin, le symbole de Nicée et Constantinople : J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir. Alors, ce que nous confessons avec notre bouche, nous devons le croire dans notre cœur : « je crois à la résurrection des morts et je crois dans la vie pour toujours ! » Malheureusement, ces belles réalités sont souvent oubliées dans ces temps-là, il y a des chrétiens qui sont plus préoccupés de parler de problèmes sociaux et politiques que de parler de la vie éternelle ; on laisse très facilement de côté ces vérités.

Pour quelle raison ? Peut-être, parce que nous ne pouvons pas encore voir « réalisées » ces vérités, elles appartiennent à notre futur, mais c’est précisément pour cela qu’elles font partie de notre foi.

vie_eternelle_institut_du_verbe_incarneNous avons écouté la première lecture, cette grande profession de foi que font ces 7 frères appelés Macchabées devant ceux qui allaient leur donner le martyre pour ne pas renier de la foi en un Dieu unique : « C’est du Ciel que je tiens ces membres, et c’est par lui que j’espère les retrouver.» Comme nous, ils croyaient que Dieu ferait un jour ressusciter leurs corps.

Nous croyons cette vérité, et la foi nous apprend qu’avec la résurrection, pour ceux qui ressuscitent pour la vie éternelle, les corps seront glorieux.

Mais qu’est-ce que cette foi et cette espérance dans la vérité de la résurrection nous donnent comme fruit dans notre vie de chrétiens ? 

Saint Thomas d’Aquin, dans son “Commentaire du Credo” explique que notre foi et notre espérance en la résurrection nous apportent quatre biens.

vie_eternelle_institut_du_verbe_incarnePremièrement, elles font disparaître la tristesse que nous causent les morts. Il est en effet impos­sible qu’un homme n’éprouve pas de la douleur à la mort d’un être cher. Mais l’espérance qu’il a de sa résurrection tempère beaucoup la dou­leur que lui cause sa mort.

Le deuxième bien qui naît de notre foi et notre espé­rance en la résurrection, c’est qu’elles font disparaître notre crainte de la mort. Parce que nous croyons à l’existence d’une autre vie meilleure, à laquelle nous parviendrons après la mort, il est évident nous ne devons pas avoir peur de la mort ou bien commettre une mauvaise action pour l’éviter.

Le troisième bien que nous recevons c’est que notre foi et notre es­pérance en la résurrection nous rendent atten­tifs et zélés à faire le bien.

Nous croyons fermement que, grâce à nos actions d’ici-bas, nous recevrons, à la résurrection, les biens éternels; aussi nous som­mes dévoués à accomplir le bien. Si nous n’avions d’espérance en Jésus-Christ que pour cette vie, disait l’Apôtre. (1 Cor. 15, 19), nous serions les plus misérables de tous les hommes.

Et quatrièmementla foi et l’espérance en la résurrection nous détournent du mal. On vient de le dire : l’espoir de la récompense nous incite à faire le bien, pareillement la crainte de la peine, que nous croyons être réservée aux méchants, nous détourne du mal.

Devant cette pensée qui proclame que le bonheur est limité pour la vie de ce monde, nous croyons que la vie vraiment heureuse est dans la vie éternelle, la vie après la mort. Le paradis, le Ciel, la vision de Dieu constituent la réponse la plus haute à notre besoin intime de joie, là-bas nous possèderons Dieu, le bien infini.

Tandis qu’ici sur la terre nous ressentons souvent ce que Saint Augustin disait à Dieu dans les premiers mots de son grand livre « Les Confessions » : Tu nous as faits pour toi, et notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en toi.

Au Ciel, dans le paradis nous allons nous réjouir de l’union totale avec Dieu, nous rassasier, parce que c’est Dieu seul Celui qui peut rassasier pleinement tous nos désirs, et c’est seulement au Ciel qu’il n’y aura pas d’incertitude, là sera la sécurité parfaite, nous aurons rien à craindre, rien ne pourra troubler notre joie.vie_eternelle_institut_du_verbe_incarne

Pour finir, nous pouvons nous poser une autre question : Au Ciel, nous continuerons à aimer les personnes que nous avons aimées dans ce monde, les parents, les amis, ceux qui ont été unis par le sacrement du mariage ? Alors, il faut savoir que l’amour qui nous a unis à eux ne finit pas avec la mort, comme l’amour du Seigneur n’a pas fini avec sa mort sinon que sa Résurrection lui a donné un nouveau sens. Ainsi, nous pouvons dire que le Ciel consistera aussi dans les bons souvenirs de ce monde, avec ces personnes aimées. Encore plus, nous allons nous réjouir même avec ceux qui nous ont fait souffrir dans la vie présente s’ils sont au ciel, parce que notre triomphe sera aussi celui de voir ces gens-là au Ciel avec nous. Il est tout à fait vrai que nous verrons aussi avec joie combien les souffrances et les croix ont contribué à notre salut.

vie_eternelle_institut_du_verbe_incarneSaint Augustin avait très bien décrit pour nous dans son livre la cité de Dieu ce qui sera la vie éternelle : Là nous reposerons et nous verrons ; nous verrons et nous aimerons ; nous aimerons et nous louerons. Voilà ce qui sera à la fin sans fin. Et quelle autre fin avons-nous, sinon de parvenir au royaume qui n’aura pas de fin ? (S. Augustin, civ. 22, 30).

A la Reine du Ciel, nous demandons aujourd’hui la grâce qu’elle nous guide vers le royaume de son Fils.

P. Luis Martinez. V. E.

Monastère « Bx . Charles de Foucauld »