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Si tu es dans les ténèbres, Il est la lumière…

Lire l’évangile du premier dimanche du temps de Carême (Mt 17, 1-9)

La liturgie de la Parole de ce deuxième dimanche de carême est vraiment riche en images, surtout dans les personnages emblématiques de l’histoire Sainte qui interviennent dans chacune des trois lectures.

D’abord, c’est le patriarche Abraham qui nous est présenté dans la première lecture. Si vous vous souvenez, la semaine dernière le livre de la Genèse nous parlait des premiers parents et de leur premier péché. Aujourd’hui, il s’agit d’Abraham, qui est par contre appelé, et là nous voyons la miséricorde de Dieu qui fait l’humanité, il commence à revenir vers Dieu.

Comme nous le disons à la messe et c’est une vérité révélée par l’Ecriture, Abraham est notre père dans la foi. L’appel de Dieu exigera dans la vie du patriarche beaucoup de renoncements, celui d’aujourd’hui constitue le premier de toute sa vie « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai. » Comme le mentionnera plus tard la lettre aux Hébreux, Abraham partait sans savoir où il allait, mais abandonné dans la Parole de Dieu, appuyé sur la foi. Il était convaincu de cette belle vérité que nous avons chantée dans le psaume d’aujourd’hui : le Seigneur est fidèle en tout ce qu’il fait.

Saint Paul nous rappelle aussi cette vérité, dans la lettre à son disciple saint Timothée : lorsque Dieu nous appelle à une vocation, il ne le fait pas à cause de nos propres actes (nos mérites), mais à cause de son projet à lui et de sa grâce. Dieu avait appelé Abraham pour accomplir par lui la promesse d’un Messie et c’est aidé par la grâce divine qu’il allait répondre à cet appel.

Alors cette grâce divine, celle qui nous donne la possibilité de connaître Dieu et d’accéder au Ciel, ne nous vient que par Jésus-Christ (l’unique médiateur entre Dieu et les hommes), et elle -nous dit toujours saint Paul- s’est faite visible en Lui, notre Sauveur ; le Christ Jésus s’est manifesté, il a détruit la mort, et il a fait resplendir la vie et l’immortalité.

Et dans l’évangile, avec l’évènement de la Transfiguration l’Eglise nous invite aussi à contempler le Christ plein de Gloire, qui découvre une étincelle de sa nature divine à ces trois apôtres. Notre Seigneur nous révèle ainsi qu’Il est le centre de l’histoire et de l’humanité tout entière dans la vision de Moïse (image de la Loi) et d’Elie (représentant les prophètes). Comme nous dit Saint Jean Paul II, Notre Seigneur Jésus-Christ est le Centre de l’histoire, en Lui se résume et se concentre toute l’histoire du salut.

Saint Mathieu décrit aussi dans cet évangile que les trois apôtres manifestaient leur joie devant une telle vision, comme saint Pierre l’exprime avec ces paroles : Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Mais notre Seigneur leur fait savoir que le mont Tabor, le lieu de la Transfiguration ne constitue qu’un moment de passage vers un autre mont, le mont du Calvaire. Comme Abraham, autre fois, ils doivent se mettre en chemin là où Dieu le Père les appelle ; pour Jésus et ses disciples c’est vers la Pâques qu’ils marchent : En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

Alors, la révélation la plus haute de la Transfiguration se fait à travers la Voix de Dieu le Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! ».

Cette voix du Père ne s’adresse pas uniquement aux trois apôtres, parce que par le pouvoir qu’Il a donné à la Parole de Dieu, ce message est destiné à chacun de nous, en tant que chrétiens, disciples du Christ, apôtres aussi dans le sens qu’Il nous envoie toujours proclamer la vérité de l’Evangile.

Comme nous avons dit plus haut, Notre Seigneur constitue le centre de l’histoire et de toute l’humanité ; Fils de Dieu par nature, Il s’est incarné pour se faire notre chemin vers le Père. Et comme chrétiens catholique que nous sommes, nous devons croire et affirmer toujours cette vérité : Notre Seigneur Jésus-Christ est l’unique Sauveur de l’humanité. Et Il donne le salut à travers son Eglise, le chemin vers le Ciel est à travers le Christ et son Eglise, qui est son Corps Mystique. Dans l’évangile de saint Jean (14, 5-6) au moment de la dernière cène, Thomas demande au Seigneur : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » et Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. L’apôtre saint Paul nous rappelle aussi cette vérité (Rm. 10,9) : si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé.

Alors, dans la communication du salut aux hommes, et pour cela le Christ et l’Eglise ne font qu’une seule chose, ne pas suivre l’Eglise équivaut donc à ne pas vouloir aussi suivre le Christ, de la même manière que refuser le Christ signifie refuser le Père (Lc. 10, 16) : Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette, rejette celui qui m’a envoyé.

Celle-là est une vérité toujours répétée par l’Eglise dans son magistère et qui est aussi exprimée d’une manière admirable par ces paroles du Deuxième Concile du Vatican dans la Constitution Dogmatique Lumen Gentium (14) :

« Appuyé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition, le Saint Concile enseigne que l’Église en marche sur la terre est nécessaire au salut. Seul, en effet, le Christ est médiateur et voie de salut : or, il nous devient présent en son Corps qui est l’Église ; et en nous enseignant expressément la nécessité de la foi et du baptême (cf. Mc 16, 16 ; Jn 3, 5), c’est la nécessité de l’Église elle-même, dans laquelle les hommes entrent par la porte du baptême, qu’il nous a confirmée en même temps. C’est pourquoi ceux qui refuseraient soit d’entrer dans l’Église catholique, soit d’y persévérer, alors qu’ils la sauraient fondée de Dieu par Jésus Christ comme nécessaire, ceux-là ne pourraient pas être sauvés ».

Alors, il est très important de rappeler que cela ne veut pas dire que par le seul fait d’appartenir à l’Eglise nous allons déjà nous sauver :  « Sont incorporés pleinement à la société qu’est l’Église ceux qui, (Premier) ayant l’Esprit du Christ, (deuxième) acceptent intégralement son organisation et les moyens de salut qui lui ont été donnés (les sacrements), et qui, en outre, grâce aux liens constitués par la profession de foi, les sacrements, le gouvernement ecclésiastique et la communion, sont unis (troisième condition), dans l’ensemble visible de l’Église, avec le Christ qui la dirige par le Souverain Pontife et les évêques » (Lumen Gentium 14).

« L’incorporation à l’Église, cependant, n’assurerait pas le salut pour celui qui, faute de persévérer dans la charité (celui qui ne vit pas les commandements), reste bien « de corps » au sein de l’Église, mais pas « de cœur» (Lumen Gentium 14) ».

Le Concile nous rappelle en plus, que notre condition de chrétiens ne vient pas par nos propres mérites : « cette condition doit être rapportée non à leurs mérites, mais à une grâce particulière du Christ ; s’ils n’y correspondent pas par la pensée, la parole et l’action, ce n’est pas le salut qu’elle leur vaudra, mais un plus sévère jugement » (Lumen Gentium 14) .

« Quant aux catéchumènes qui, sous l’action de l’Esprit Saint demandent par un acte explicite de leur volonté à être incorporés à l’Église, par le fait même de ce vœu, ils sont unis à l’Église » (Lumen Gentium 14).

« Enfin, pour ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile, sous des formes diverses, eux aussi sont ordonnés au Peuple de Dieu (l’Eglise). Pour ceux qui cherchent encore dans les ombres et sous des images un Dieu qu’ils ignorent, de ceux-là même Dieu n’est pas loin, puisque c’est lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses (cf. Ac 17, 25-28), et puisqu’il veut, comme Sauveur, amener tous les hommes au salut (cf. 1 Tm 2, 4). En effet, ceux qui, sans qu’il en soit de leur faute, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous l’influence de sa grâce, d’agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, eux aussi peuvent arriver au salut éternel (Dieu les appelle donc à faire partie de son Eglise) (Lumen Gentium 16) ».

« À ceux-là mêmes qui, sans faute de leur part, ne sont pas encore parvenus à une connaissance expresse de Dieu, mais travaillent, non sans la grâce divine, à avoir une vie droite, la divine Providence ne refuse pas les secours nécessaires à leur salut. En effet, tout ce qui, chez eux, peut se trouver de bon et de vrai, l’Église le considère comme une préparation évangélique et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour que, finalement, il ait la vie ».

Renouvelons aujourd’hui notre foi en Jésus-Christ, unique Sauveur de l’Humanité qui par son Eglise nous appelle à la vie éternelle. Nous allons finir avec une très belle citation de saint Ambroise : « Omnia Christus est nobis ! Tout le Christ est pour vous ! Si tu veux guérir une blessure, il est le médecin; si la fièvre te brûle, il est la source; si tu es opprimé par l’iniquité, il est la justice; si tu as besoin d’aide, il est la force; si tu crains la mort, il est la vie; si tu désires le ciel, il est le chemin; si tu es dans les ténèbres, il est la lumière… Goûtez et voyez comme le Seigneur est bon : bienheureux l’homme qui espère en lui ! » (De virginitate, 16, 99)

P. Luis Martinez V. E.

Institut du Verbe Incarné

 

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en Moi, et Moi je demeure en lui »

Lire l’évangile: Jn. 51-58

Ce dimanche nous voyons la première réaction de certains qui écoutaient le Seigneur, parce que le langage de l’Eucharistie est un langage de foi, comme nous disons dans le moment central de la messe : « il est le grand mystère de la foi ». Nous chantons cela juste après la consécration (ce qui veut dire « faire sacré ») du pain et du vin dans le Corps et le Sang du Seigneur.Prière eucharistique

Nous allons méditer ce dimanche sur ce moment central de la sainte Messe ; plutôt nous allons parler de la Prière Eucharistique, qui commence avec l’invitation qu’adresse le prêtre à tous les fidèles « à élever les cœurs et rendre grâce au Seigneur ». Cette invitation est très ancienne dans l’Eglise, déjà saint Cyprien écrivait pas loin d’ici, à Carthage, vers la moitié du troisième siècle et il disait par rapport à cette phrase « Par ces paroles les fidèles sont avertis qu’ils ne doivent penser qu’à Dieu » Ce qui suit reçoit le nom de « Préface » mot qu’en latin veut dire « faire avant » parce que  elle est une proclamation solennelle avant de procéder à la consécration (Prae-fatio) : « Vraiment il est juste et bon de te rendre grâce ! … ». C’est surtout dans la préface que s’exprime l’action de grâce: Le prêtre, au nom de tout le peuple saint, glorifie Dieu le Père et lui rend grâce pour toute l’œuvre de salut ou pour un de ses aspects particuliers, selon la diversité des jours des fêtes ou des temps. Et à la fin, nous nous unissons à toute la cour céleste qui chante pour toute l’éternité, le Dieu trois fois « Saint », c’est le « Sanctus ».

Juste après le Sanctus, nous participons à ce qui est proprement la Prière Eucharistie ; en fait, elle est un dialogue avec Dieu le Père, où nous lui demandons d’envoyer l’Esprit Saint pour que les offrandes deviennent le Corps et le Sang de son Fils, Jésus-Christ ; le moment principale, comme on a déjà dit,  c’est la consécration de dons : le prêtre répète les paroles et fait les gestes que le Seigneur a fait lors de la dernière cène.

On a plusieurs prières eucharistiques, celle qu’on utilise souvent ici les dimanches c’est la prière eucharistique numéro 1, nommée aussi Canon Romain. Elle est aussi très ancienne, mais elle exprime très bien la réalité à laquelle nous participons à chaque messe.

Lire la Prière Eucharistique I

Nous te les présentons
avant tout pour ta sainte Église catholique:
accorde-lui la paix et protège-la,
daigne la rassembler dans l’unité
et la gouverner par toute la terre;
nous les présentons en même temps
pour ton serviteur le Pape N.,
pour notre évêque N.
et tous ceux qui veillent fidèlement
sur la foi catholique reçue des Apôtres.

D’abord, nous prions pour toute l’Eglise pour que Dieu lui accorde sa protection, la paix et l’unité. Pour le Pape et pour l’Evêque et tous ceux (les guides de l’Eglise) qui veillent fidèlement sur la foi catholique reçue des Apôtres.

Souviens-toi, Seigneur, de tes serviteurs (de N. et N.)
et de tous ceux qui sont ici réunis,
dont tu connais la foi et l’attachement.

Il y a ensuite le moment appelé la mémoire de vivants, introduit par les mots « Souviens-toi, Seigneur, de tes serviteurs » (et là, normalement le prêtre prie en silence), et nous pouvons prier en silence pour nos êtres chers (ceux de notre famille et nos amis, par exemple), et pour nous-mêmes réunis autour de l’autel pour offrir le sacrifice de rédemption.

Dans la communion de toute l’Église,
nous voulons nommer en premier lieu
la bienheureuse Marie toujours Vierge,
Mère de notre Dieu et Seigneur, Jésus Christ;
saint Joseph, son époux,
les saints Apôtres et Martyrs
Pierre et Paul, André,
[Jacques et Jean, Thomas, Jacques et Philippe,
Barthélemy et Matthieu, Simon et Jude,
Lin, Clet, Clément, Sixte, Corneille et Cyprien,
Laurent, Chrysogone, Jean et Paul, Côme et Damien,]et tous les saints.

Après, on fait mémoire des saints, dont la première est évidement la Mère de Dieu, et après saint Joseph, les apôtres et quelques martyrs, dont 5 papes Lin, Clet, Clément, Sixte, Corneille ; et le patron de notre diocèse, l’évêque saint Cyprien. Et en suite, trois saints de Rome (Chrysogone, Jean et Paul) et deux d’Orient (Côme et Damien).

Messe-Institut du Verbe IncarnéOn arrive ainsi au moment principal, comme on a dit de toute la liturgie, les gestes et les paroles de Jésus que le prêtre prononce, en agissant pleinement IN PERSONA CHRISTI, c’est-à-dire en la personne du Christ, malgré toute l’indignité du prêtre, il est conscient qu’à ce moment c’est le Christ qui prononce ces parles et fait tous ces gestes. Et c’est pour cela qu’à la consécration beaucoup de fidèles écoutent ces mots à genou, en signe de respect et dévotion, ce qui est d’ailleurs très beau.

C´est pourquoi nous aussi, tes serviteurs,
et ton peuple saint avec nous, faisant mémoire
de la passion bienheureuse de ton Fils,
Jésus Christ, notre Seigneur,
de sa résurrection du séjour des morts
et de sa glorieuse ascension dans le ciel,
nous te présentons, Dieu de gloire et de majesté,
cette offrande
prélevée sur les biens que tu nous donnes,
le sacrifice pur et saint, le sacrifice parfait,
pain de la vie éternelle et coupe du salut.

Les mots qui suivent nous rappellent que ce mystère qui vient de s’accomplir fait mémoire de la passion, de la résurrection et de l’ascension du Seigneur et il est en même temps le sacrifice pur et saint, le sacrifice parfait, pain de la vie éternelle et coupe du salut.

Et comme il t´a plu d´accueillir
les présents d´Abel le Juste,
le sacrifice de notre père Abraham,
et celui que t´offrit Melchisédeck ton grand prêtre,
en signe du sacrifice parfait,
regarde cette offrande avec amour
et, dans ta bienveillance, accepte-la.

La prière nomme aussi trois personnages bibliques et un ange. D’abord ces trois personnages sont des images du Seigneur, Abel (dont le sacrifice était agréable à Dieu), Abraham (à qui Dieu avait demandé d’immoler son Fils Isaac) et Melchisédech roi et prêtre, qui avait offert un sacrifice avec du pain et du vin, comme dit la Bible.

Nous t´en supplions, Dieu tout-puissant:
qu´elle soit portée par ton ange
en présence de ta gloire,
sur ton autel céleste,
afin qu´en recevant ici,
par notre communion à l´autel,
le corps et le sang de ton Fils,
nous soyons comblés de ta grâce et de tes bénédictions.

Et il y a aussi un ange qui amène au Ciel nos offrandes avec l’Offrande du Corps et du Sang du Seigneur, ainsi comme le livre de l’Apocalypse dit « la fumée des parfums, formés des prières des saints, monta de la main de l’ange devant Dieu. » C’est pour montrer le caractère de supplication de cette prière que le prêtre est incliné à ce moment-là.

Souviens-toi de tes serviteurs (de N. et N.)
qui nous ont précédés,
marqués du signe de la foi,
et qui dorment dans la paix…

Deux nouvelles intercessions, la première pour les défunts : « Souviens-toi de tes serviteurs qui nous ont précédés, marqués du signe de la foi, et qui dorment dans la paix… ». C’est prévu aussi un moment de silence pour faire mémoire des proches qui sont déjà partis.

Pour eux et pour tous ceux qui reposent dans le Christ,
nous implorons ta bonté:
qu´ils entrent dans la joie, la paix et la lumière.
Accueille-nous dans leur compagnie,
sans nous juger sur le mérite
mais en accordant ton pardon,
par Jésus Christ, notre Seigneur.

Et nous, pécheurs,
qui mettons notre espérance
en ta miséricorde inépuisable,
admets-nous dans la communauté
des bienheureux Apôtres et Martyrs,
de Jean Baptiste, Étienne, Matthias et Barnabé,
[Ignace, Alexandre, Marcellin et Pierre,
Félicité et Perpétue, Agathe, Lucie,
Agnès, Cécile, Anastasie,]
et de tous les saints.

Dans la deuxième partie l’on prie encore pour nous-mêmes, sachant notre condition de pécheurs, nous demandons la grâce par sa miséricorde inépuisable d’être comptés parmi les saints apôtres et martyrs, de Jean Baptiste, Étienne ( premier martyr), Matthias et Barnabé (l’Eglise les a proclamés aussi apôtres sans avoir été choisis directement par le Seigneur) , Ignace (évêque d’Asie Mineur) , Alexandre (évêque d’Egypte), Marcellin (prêtre) et Pierre ( exorciste) les deux derniers de Rome ; et sept femmes martyres : Félicité et Perpétue (ici à Carthage, c’est-à-dire d’Afrique), Agathe, Lucie (toutes les deux de l’Ile de Sicile, au temps, considérée par les romains comme une grande région), Agnès, Cécile, (de Rome) et finalement  Anastasie ( certains pensent qu’elle est née en Asie). Alors toute cette énumération de saints et saintes n’indique que l’universalité de l’Eglise; en fin, elle veut nous dire que la sainteté est pour nous tous.

C´est par lui que tu ne cesses de créer tous ces biens,
que tu les bénis, leur donnes la vie, les sanctifies
et nous en fais le don.

Par lui, avec lui et en lui,
à toi, Dieu le Père tout-puissant,
dans l´unité du Saint-Esprit,
tout honneur et toute gloire,
pour les siècles des siècles. Amen.

Finalement, la prière eucharistique achève avec la une oraison dite « doxologie » qu’en grec veut dire « parole de Gloire », c’est l’explicitation de que ce sacrifice nous le faisons par le Christ, avec Lui et en Lui, à la Gloire du Père et dans l’unité du Saint Esprit, à ce le peuple réponde : Amen, qui veut dire « il est ainsi », avec la fermeté de la foi.

Ces derniers mots nous font encore réfléchir sur notre participation pendant cette longue prière. On peut être tenté de dire qu’elle est réservée pour le prêtre, laissant le peuple sans participation. Mais en toute vérité, le peuple est en train de participer d’une autre façon, avec l’âme, s’unissant à la voix du prêtre et faisant monter aussi avec le sacrifice du Christ nos sacrifices et nos prières, ceux que nous portons avec nous, chaque jour ou chaque semaine, une offrande qu’avec celle du Christ et par elle devient grande.

Dans la messe nous sommes unis d’une façon mystérieuse à toute l’Eglise, et nous sommes des médiateurs avec le Seigneur pour tant d’hommes et femmes qui ont besoin de nos prières, comme disait le Curé d’Ars dans une homélie : « il me suffit de vous dire avec saint Jean Chrysostome, que la sainte messe réjouit toute la cour céleste, soulage toutes les pauvres âmes du purgatoire, attire sur la terre toutes sortes de bénédictions, et rend plus de gloire à Dieu que toutes les souffrances de tous les martyrs, que les pénitences de tous les solitaires, que toutes les larmes qu’ils ont répandues depuis le commencement du monde et que tout ce qu’ils feront jusqu’à la fin des siècles. » Que la Vierge Marie nous aide à mieux participer de la Sainte Messe.

P. Luis M. Martinez

Monastère « Bx. Charles de Foucauld »

Institut du Verbe Incarné