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“Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps”

MISERICORDE_DU_VERBE_INCARNE

Lire l’évangile du Dimanche XI (Lc 7, 36 – 8, 3)

L’Eglise nous invite à méditer ce dimanche une scène de la vie de Notre Seigneur,  invité à un repas chez un pharisien. Les commentateurs disent qu’il était habituel dans la société de Palestine de ce temps que les gens importants offrent de repas tout en donnant l’accès pour ainsi dire au public, ils faisaient ces repas dans des couloirs ouverts et accessibles pour faciliter l’entrée, cela expliquerait l’irruption que fait cette femme.

Devant le geste qu’elle fait, le pharisien juge le Seigneur dans son cœur, chose que le Seigneur connaît, évidement parce que comme dit aussi l’évangile, Il sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme.

Comme réponse au jugement du Pharisien Simon, le Seigneur va dévoiler la façon dont Dieu fait miséricorde. Jésus est proche des pécheurs, Il est toujours prêt à accueillir les brebis qui reviennent à Lui :

« Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »

Le Seigneur veut plutôt signaler que la femme était vraiment consciente de ses péchés, qui seraient peut-être nombreux, mais le désir d’être pardonnée, l’amour qu’elle démontrait avec ses gestes envers le Seigneur était le signe de la grâce du pardon qui venait du Cœur du Christ.

Nous savons que la miséricorde de Dieu se révèle lorsqu’Il pardonne nos péchés, mais nous ne pouvons jamais oublier que la condition, c’est que les pécheurs aient la douleur d’avoir offensé Dieu, qu’ils veuillent réparer le mal commis (la pénitence et les exigences propres de la confession),  le propos de commencer une nouvelle vie (c’est-à-dire de ne plus revenir au péché). La Miséricorde de Dieu agit lorsque le cœur du pécheur veut retourner à vivre la loi du Christ. Le Seigneur le dit à plusieurs reprises dans les évangiles : « va et désormais ne pèche plus ».

Alors, si nous appliquons notre réflexion sur l’acte d’amour que fait cette femme nous voyons qu’elle est pleine de respect et de révérence pour le Seigneur : « elle se tenait derrière Le Christ, près de ses pieds ».PRIER

La dignité de la personne

Il y a une grande vérité à souligner, c’est qu’avec le pardon de tous ses péchés, cette pécheresse récupère sa dignité de fille de Dieu et sa dignité comme personne, il est vrai aussi que nous sommes plus dignes, nous sommes plus humains, lorsque nous vivons en amitié avec le Seigneur. Quelqu’un a dit avec toute certitude que l’homme est totalement libre lorsqu’il sert son Créateur, lorsqu’il adore Dieu, c’est pour cela que la pire de toutes les formes d’esclavage est celle qu’interdit le culte à Dieu, ou bien, ce que fait le libéralisme aujourd’hui dans beaucoup de pays, peu à peu d’enlever l’esprit religieux de la société, premier pas pour interdire Dieu de la vie de l’homme.

Mais le grand sujet dont nous parlerons aujourd’hui c’est de la Dignité de la personne, dignité du chrétien, plutôt comment nous devons vivre un aspect de notre dignité, non seulement devant Dieu mais aussi devant les hommes.

Notre dignité de chrétien garde une étroite relation avec l’attitude que nous gardons devant tout le monde. En fait, notre attitude est un signe de notre dignité. On dit qu’il ne suffit pas d’être chrétien, il faut aussi le montrer avec nos actes et notre comportement.

L’attitude, le comportement, l’apparence extérieure feront place au respect des autres pour notre personne.

Selon Saint Thomas d’Aquin, la présentation externe est un reflet de l’état intérieur, en d’autres mots, notre comportement, notre aspect en général, les gestes et paroles, la façon de nous comporter montreront dans quel état se trouve notre esprit, c’est un sens un peu plus large de cette phrase du Seigneur : « c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle ».

Ce que l’on vient de dire est dirigé en nous par deux vertus, la pudeur et la modestie, toutes les deux sont dirigées par deux autres vertus plus grandes, la tempérance et la prudence.

Par rapport à la pudeur, on dit qu’elle est la discrétion, retenue qui empêche de dire ou de faire quelque chose qui peut blesser la modestie, c’est une délicatesse dans une situation concrète. C’est le sens de modestie et réserve pour ce qui concerne l’intimité de la personne.

PUDEUR_DU_VERBE_INCARNEIl y a trois sphères de l’individu qui sont protégée par la pudeur, d’abord  la vie domestique, la vie de famille, notre maison, qui font partie de choses que nous devons protéger et ne pas exposer au regard des autres ; il y a aussi la pudeur dans les paroles, savoir parler de certaines choses avec qui je dois en parler, comme dit le dicton : «être maître de notre langue, pour ne pas être esclave de nos paroles. »

Et la troisième sphère c’est pudeur à tout ce qui fait référence à notre corps : le comportement, les gestes, les habits. Cela implique le fait d’être conscient de la vocation à laquelle Dieu nous a appelées, si nous sommes prêtres, religieux, époux, épouse, jeune fille, jeune garçon. Les lieux où l’on se trouve, une Eglise, la maison, le jardin. L’ambiance qu’elle soit familiale, devant des inconnus, les gens d’une autre religion.

L’autre vertu c’est la modestie (le mot vient du latin, modus, mesure) c’est la vertu qui agit en nous lorsque nous devons nous montrer devant les autres, elle ordonne l’apparence extérieure, elle pose des limites regardant surtout notre dignité surnaturelle, elle défend la pudeur, en même temps qu’elle protège la chasteté, la virginité et la fidélité. Elle est une vertu fille de la prudence qui a comme mission d’indiquer à la pudeur son objectif précis et la limite à ne pas franchir.

Saint Augustin disait « en tous tes actes que rien ne soit évident qui puisse blesser les yeux des autres ». Pour un chrétien qui vit dans une ambiance contraire à la loi de Dieu et à la vocation sacrée de la personne humaine avec son âme et son corps, il ne suffit pas de ne pas faire ce qui peut offenser les autres, ni de faire ce qui la société considère acceptable. Nous devons nous rappeler nécessairement que notre corps est un Temple de Dieu et que le mystère de la vie c’est quelque chose à protéger, à garder dans le secret.

PUDEUR_II_DU_VERBE_INCARNEOn peut résumer tout ce qu’on vient de dire avec les paroles de saint Paul aux Corinthiens : « Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car vous avez été achetés à grand prix. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps.(1 Co. 6,19 -20)

P. Luis Martinez V.E.

Monastère « Bx. Charles de Foucauld »

Institut du Verbe Incarné 

Lorsque tu lis les psaumes, que de richesses tu rencontres !

MOINES_INSTITUT_V_DU_VERBE_INCARNEQu’y va-t-il de meilleur qu’un psaume ? C’est pourquoi David dit très bien : Louez le Seigneur, car le psaume est une bonne chose : à notre Dieu, louange douce et belle ! Et c’est vrai. Car le psaume est bénédiction prononcée par le peuple, louange de Dieu par l’assemblée, applaudissement par tous, parole dite par l’univers, voix de l’Eglise, mélodieuse profession de foi, complète célébration par la hiérarchie, allégresse de la liberté, exclamation de joie, tressaillement d’enthousiasme. Il calme la colère, éloigne les soucis, soulage la tristesse. Il nous protège pour la nuit, il nous instruit pour le jour. Il est bouclier des craintifs, fête des hommes religieux, rayon de tranquillité, gage de paix et de concorde. Comme une cithare, il réunit en un seul chant des voix diverses et inégales. Le lever du jour répercute le psaume, et son déclin en résonne encore.

Dans le psaume, enseignement et agrément rivalisent : on le chante pour se réjouir et en même temps on l’apprend pour s’instruire. Lorsque tu lis les psaumes, que de richesses tu rencontres ! Lorsque je lis dans les psaumes : Cantique pour le bien-aimé, je suis embrasé par un désir d’amour divin. Chez eux, je trouve rassemblés la grâce des révélations, les prophéties de la résurrection, le trésor des promesses. Chez eux, j’apprends à éviter le péché, je désapprends la honte de faire pénitence pour mes fautes.MOINES_II_INSTITUT_V_DU_VERBE_INCARNE

Qu’est-ce donc que le psaume ? C’est un instrument de musique dont joue le saint Prophète avec l’archet du Saint-Esprit et dont il fait résonner sur la terre la douceur céleste. Avec les lyres et leurs cordes, c’est-à-dire avec des restes morts, il rythme les voix différentes et inégales et dirige le cantique de louange divine vers les hauteurs du ciel. En même temps, il nous enseigne qu’il faut commencer par mourir au péché ; qu’ensuite seulement il faudra exercer les œuvres des différentes vertus qui feront parvenir jusqu’au Seigneur l’agrément de notre piété.

DAVID_INSTITUT_DU_VERBE_INCARNEDavid nous a enseigné à chanter intérieurement, à psalmodier intérieurement ; c’est ainsi que Paul lui-même chantait, puisqu’il dit : Je prierai avec mon esprit, mais je prierai aussi avec mon intelligence ; je psalmodierai avec mon esprit, mais aussi avec mon intelligence. David nous enseigne encore à orienter notre vie et nos actions vers la perspective des biens d’en haut, de crainte que le plaisir qu’on éprouve à chanter n’excite les passions du corps, car celles-ci, bien loin de racheter notre âme, l’appesantissent. C’est ainsi que le saint Prophète David se rappelle que son âme doit psalmodier pour son rachat, lorsqu’il dit : Je jouerai le psaume pour toi, Dieu, sur la cithare, Saint d’Israël ! Mes lèvres jubileront lorsque je chanterai pour toi, et mon âme que tu as rachetée.

Saint Ambroise de Milan

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