Vexilla Regis prodeunt, fulget Crucis mysterium,
Les étendards du Roi s’avancent, et la lumière de la Croix resplendit de son mystère,
Qua vita mortem pertulit, et morte vitam protulit.
Où la vie a subi la mort, produisant, par la mort, la vie.
Quae vulnerata lanceae, mucrone diro, criminum
De Son Coeur transpercé par la pointe cruelle de la lance, Il laisse
Ut nos lavaret sordibus manavit unda et sanguine.
Ruisseler l’eau et le sang afin de nous laver de notre crime.
Impleta sunt quae concinit David fideli carmine
Voici qu’est accompli ce que chantait David dans son psaume plein de foi,
Dicendo nationibus regnavit a ligno Deus.
Proclamant : « Sur les nations, c’est par le bois que règne Dieu. »
Arbor decora et fulgida ornata Regis purpura,
Arbre splendide de lumière orné de la pourpre royale,
Electa digno stipite tam sancta membra tangere.
Tronc choisi qui fut jugé digne de toucher des membres si saints.
Beata, cuius brachiis pretium pependit saeculi :
Arbre bienheureux dont les branches supportent pendu le salut de ce siècle :
Statera facta corporis tulique preadam tartari.
En échange de ce Corps, l’Enfer a été dépouillé.
O Crux ave, spes unica hoc Passionis tempore ! (14 septembre = in hac triumphi gloria !)
Salut ô Croix, unique espérance dans les temps de ta Passion (14 septembre = dans la gloire de ton triomphe !)
Piis adauge gratiam reisque dele crimina.
Offre la grâce aux hommes pieux, et lave les péchés des coupables.
Te, fons salutis Trinitas collaudet omnis spiritus :
C’est Toi, Trinité Suprême, source de notre salut, que loue tout esprit :
Quibus Crucis victoriam largiris adde praemium. Amen.
Par la Croix vous nous fîtes vaincre, donnez-nous aussi la couronne. Ainsi soit-il.
Cette fête rend hommage à la croix du Christ, le 14 septembre étant considéré comme le jour de l’invention de la Vraie Croix où fut crucifié Jésus-Christ. Dans la religion orthodoxe, l’Exaltation regroupe cette fête, le Triomphe de la Croix, ainsi que la libération de la Vraie Croix des mains des Perses par Héraclius (21 mars 630), bien que cet événement soit fêté le 3 mai par les catholiques.
L’Exaltation de la Très Sainte Croix trouve ses origines dans la découverte des reliques la Vraie Croix par Sainte Hélène (~249 † ~329) durant son pèlerinage en Palestine en 326, mère de l’empereur Constantin. Ce dernier invita en 335 les Pères réunis à Tyr à la dédicace des basiliques du Mont des Oliviers et du Saint-Sépulcre, qui eu lieu le 13 septembre. C’est le lendemain que l’évêque de Jérusalem exhiba pour la première fois le bois sacré de la Croix. Dès lors, Constantin ordonna que le 14 septembre soit célébrée l’Exaltation de la Très Sainte Croix.
Cette fête est très répandue dans tout l’Orient dès le 7e siècle et instaurée à Rome sous le Pape Serge 1er (650 † 701).
En ce 24 dimanche du temps ordinaire, la Parole de Dieu nous interpelle avec deux questions cruciales que je résumerais ainsi: “Pour toi, qui est Jésus de Nazareth?”. Puis: “Ta foi se traduit-elle ou non en œuvre?”. La première question, nous la trouvons dans l’Evangile d’aujourd’hui, quand Jésus demande à ses disciples: “Pour vous, qui suis-je?” (Mc 8, 29). La réponse de Pierre est claire et immédiate: “Tu es le Christ”, c’est-à-dire le Messie, le consacré de Dieu envoyé pour sauver son peuple. Ainsi, Pierre et les autres apôtres, contrairement à la majeure partie des gens, croient que Jésus est beaucoup plus qu’un grand maître ou un prophète. Ils ont foi: ils croient que Dieu est présent et œuvre en lui. Mais juste après cette profession de foi, quand pour la première fois, Jésus annonce ouvertement qu’il devra souffrir et être tué, Pierre s’oppose à cette perspective de souffrance et de mort. Jésus doit alors le réprouver avec force, pour lui faire comprendre qu’il ne suffit pas de croire qu’il est Dieu, mais poussés par la charité, il faut le suivre sur cette même route, celle de la croix (cf. Mc 8, 31-33). Jésus n’est pas venu nous enseigner une philosophie, mais nous montrer une route, et plus encore, la route qui conduit à la vie.