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Pouvons-nous vivre sans la messe et sans l’Eucharistie ?

Solennité du Corps et du Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ

Dans l’année liturgique l’Eglise dédie un jour pour commémorer de manière particulière l’Eucharistie, c’est-à-dire le Mystère du Corps et du Sang de Jésus. Il est tout à fait vrai que l’’Eucharistie est célébrée à chaque fois qu’on célèbre la Sainte Messe, mais dans cette solennité on veut encore souligner l’importance qu’a pour nous tous la célébration de la Sainte Messe et la Communion Sacramentelle, ainsi que la dévotion au Saint Sacrement de l’Autel, et pour cela la liturgie prévoit, lorsque c’est possible, une procession avec le Saint Sacrement.  

Il est bon de rappeler ici ce que dit le Catéchisme de l’Eglise Catholique : « La messe est à la fois et inséparablement le mémorial sacrificiel dans lequel se perpétue le sacrifice de la croix, et le banquet sacré de la communion au Corps et au Sang du Seigneur. Mais la célébration du sacrifice eucharistique est toute orientée vers l’union intime des fidèles au Christ par la communion. Communier, c’est recevoir le Christ lui-même qui s’est offert pour nous. » (C. E. C. 1382)

Mémorial Sacrificiel, la messe est bien un sacrifice où le Seigneur s’offre comme Victime encore une fois. Et la messe est aussi un Banquet Sacré, le Seigneur nous donne à manger son Corps et nous donne à boire son Sang, Il se fait nourriture pour nous.

Nous sommes conscients que pendant plus de deux mois, à cause de la situation vécue par pratiquement toute l’humanité, nous avons été privés de la participation présentielle à la messe et de la réception de l’Eucharistie, la Communion Sacramentelle.

Bien que chacun de nous ait trouvé les moyens supplémentaires pour continuer à alimenter notre vie chrétienne (comme la participation par les médias et plus important encore, la participation spirituelle, la prière assidue dans nos maisons et surtout la Communion Spirituelle qui apportent beaucoup à notre âme), nous avons ressenti le besoin de retourner à la Messe, de pouvoir communier l’Eucharistie.    

Nous pouvons dire vraiment que l’un des fruits spirituels que ce « confinement » nous a laissé est le désir de revenir à l’Eglise, de participer à la Sainte Messe et de pouvoir y communier.

Et nous devons avoir le beau souvenir de ces martyrs d’Abitène, ici en Tunisie, condamnés à mort pour se trouver réunis autour de l’Autel célébrant la messe le dimanche, ces martyrs, au moment où le juge païen voulait connaître le motif de leur réunion, ont répondu : « Sine domenico non possumus », nous ne pouvons pas vivre sans la Nourriture de dimanche.

Mais il est toujours bien de nous poser deux questions : Pourquoi nous devons venir à la messe ? Qu’est-ce qu’elle nous apporte dans notre vie spirituelle ? Pourquoi aussi nous devons recevoir l’Eucharistie Sacramentelle ? Il nous ne suffit pas de penser seulement à Jésus ?

Parce qu’il faut bien distinguer : une chose c’est le fait d’être privé de la messe et une autre, tout à fait différente, c’est le fait de ne pas vouloir assister à la messe lorsque je peux le faire.

Ou encore, une chose c’est avoir l’impossibilité de communier et autre tout à fait différente ne pas vouloir communier lorsque je pourrais tout à fait le faire[1]

Sans oublier, évidement que nous participons mieux à la messe si nous ne sommes pas des participants passifs, mais que nous soyons présents en corps et en âme au Sacrifice de l’Autel. Et encore nous ne devons jamais oublier que pour accéder à l’Eucharistie notre âme doit être libre de tout péché mortel, que nous devons être conscients de Qui l’on reçoit dans l’Eucharistie et de garder un moment de jeûne par respect au Saint Sacrement.

D’abord, nous allons décrire quelques-une des raisons que nous avons pour participer à la messe :

  • En assistant avec dévotion à la Sainte Messe, nous rendons la plus grande Gloire à Dieu et le plus grand hommage possible au Sacré-Cœur de Jésus, la messe est la meilleure des prières.
  • Au moment de notre mort, les messes auxquelles nous auront participé seront notre plus grand réconfort.
  • Chaque messe entendue avec dévotion sera un gage sûr de pardon au moment du jugement.
  • Chaque messe nous réduit la punition temporaire méritée pour nos péchés.
  • Par la sainte messe, notre Seigneur Jésus-Christ satisfait au Père pour nos nombreuses négligences et omissions.
  • Dans la messe nous sont pardonnés les péchés véniels et le démon perd des forces sur nous.  
  • Grâce à la Sainte Messe, nous pouvons aider et sauver de nombreuses âmes du purgatoire.
  • Une seule messe à laquelle nous participons avec dévotion tout au long de notre vie mortelle sera plus bénéfique que de nombreuses autres offertes après notre mort.
  • Dieu bénit de manière spéciale tous nos projets si nous les confions pendant la Sainte Messe.

Une deuxième grande question à évoquer : Que perd-on si l’on ne communie pas tout en pouvant le faire ?

Si nous abandonnons l’opportunité de recevoir la Sainte Communion, pensons un peu à ce que nous allons perdre :

1) Nous manquerons une occasion de voir personnellement Jésus auteur de la vie spirituelle et de toute sainteté.

2) Nous perdrons une augmentation spéciale de la grâce sanctifiante, qui embellit notre âme et la rend plus agréable aux yeux de Dieu.

3) Nous perdons la grâce sacramentelle qui nous rend forts en temps de tentations.

4) Nous laissons tomber la précieuse opportunité de recevoir le pardon de nos péchés véniels.

5) Nous n’aurons pas la force pour apaiser et dominer les passions.

6) Nous perdons la possibilité de recevoir la remise partielle des pénalités temporelles à causes de nos péchés au purgatoire.

7) Nous perdons les joies spirituelles que chaque communion produit habituellement.

8) Il nous manquera aussi une augmentation de gloire pour toute l’éternité.

9) Et il se peut aussi que nous risquions de perdre :

a) le contrôle de nos passions.

b) une grâce spéciale que nous demandons depuis longtemps.

c) la conversion ou le salut d’une âme.

d) le salut d’une âme d’un parent au purgatoire …

Le Seigneur nous prévient dans l’évangile de ce dimanche « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous ». Seulement par la communion à son Corps et à son Sang nous aurons vraiment la Vie.

Le curé d’Ars prêchait et même suppliait à ses fidèles de recevoir l’Eucharistie :

« Venez à la communion, venez à Jésus, venez vivre de lui, afin de vivre pour lui. »  « Quand nous avons communié, si quelqu’un nous disait : “Qu’emportez-vous dans votre maison ?”, nous pourrions répondre : “J’emporte le ciel” »

« Ne dites pas que vous n’en êtes pas digne. C’est vrai : vous n’en êtes pas digne, mais vous en avez besoin. »

Que Marie nous donne la grâce d’avoir faim et soif de l’Eucharistie.

P. Luis Martinez IVE.


[1] On peut inclure ici des conduites tout à fait erronées, comme celle qui dit « je ne veux pas communier afin de m’associer à tous ceux qui ne peuvent pas le faire! ». Nous devons penser, au contraire, que nous devons toujours communier lorsque c’est possible, précisément nous devrions le faire lorsqu’il nous est possible en l’offrant pour ceux qui sont dans l’impossibilité de le faire !

Le centre et le sommet de tout

La solennité du Saint Sacrement. La sainte Messe.

Aujourd’hui nous célébrons la solennité du Saint Sacrement, du Corps et du Sang de notre Seigneur Jésus. Nous allons méditer différents points en relation à la Sainte Messe.  La structure de l’homélie sera justement la structure de la célébration Eucharistique.

La célébration Eucharistique se divise en 4 parties : L’ouverture de la célébration, la liturgie de la parole, la liturgie eucharistique et les rites de conclusion.

A) Ouverture de la célébration(46 – 54)

L’ouverture de la célébration commence avec le chant d’entée jusqu’à la prière collecte ou d’ouverture, la prière que nous avons faite juste avant la première lecture.  C’est-à-dire, – Le chant d’entrée – Le salut à l´autel et au peuple rassemblé – Le Kyrie eleison – Le Gloria. – et la prière d´ouverture, tous ces rites font parties de l’ouverture de la célébration, qui précède la liturgie de la Parole.

Ces rites ont comme but de disposer les fidèles à bien entendre la parole de Dieu et à célébrer dignement l´Eucharistie. »[1]

Dans la procession le prêtre, qui préside la célébration, est le signe de Jésus Christ qui marche vers la passion, les enfants de chœurs qui le précèdent sont signes des prophètes qui ont préparé le chemin aux Seigneur. Il embrasse l’autel, qui est aussi le signe du Christ.

Après cela, la messe continue avec la salutation au peuple, l’acte pénitentiel et le kyrie. Car nous sommes toujours pécheurs et nous avons toujours besoin de nous convertir. (Ce rite n’équivaut pourtant pas à la confession, il ne la remplace pas. Si l’on a donc commis un péché mortel, il faut pratiquer le sacrement de la réconciliation)

On peut dire avec Saint Augustin : « Malheureux que je suis ! Seigneur, prends pitié de moi… Tu vois : je ne cache pas mes plaies ; tu es le médecin, je suis le malade ; tu es miséricordieux, je suis misérable. » (Confessions)

Alors, plusieurs feront la critique et diront : « Mais, l’Eglise catholique est remplie de pécheurs ». Et nous devrons dire : « Oui c’est vrai, et justement nous sommes ici pour reconnaître nos fautes, pour nous convertir en écoutant la parole de Dieu et en recevant dans l’eucharistie la force nécessaire pour changer de vie ».

B) Liturgie de la Parole(55 – 71)

La messe se poursuit avec la Liturgie de la Parole. La liturgie de la parole est constituée par la lecture de la parole de Dieu et par la réponse de foi (le Credo) de chacun de nous et du peuple de Dieu ensemble.  Dans les lectures que l´homélie commente, Dieu adresse la parole à son peuple.

Souvent la première lecture est tiré de l’ancien testament, la deuxième lecture du nouveau testament (principalement Saint Paul) on chante entre les deux le psaume et on se met debout pour la lecture de l’évangile. Être debout est justement un signe particulier de respect.

Dieu adresse la parole à son peuple. Dieu me parle, nous parle (nous devons en être conscients !) pour nous enseigner ses commandements, pour nous révéler son amour, pour indiquer le chemin du bonheur éternel.

La liturgie nous appelle à écouter cette Parole Divine et à la faire nôtre par le silence, propre de la liturgie de la parole, et par les chants, notamment le psaume après la première lecture.

Mais comme nous l’avons dit tout à l’heure, le désir de la conversion, la réponse à la parole de Dieu est justement l’obéissance de la foi, comme dit Saint Paul. C’est pour cela que le credo, la profession de foi manifeste le désir de chacun de nous et de la communauté, toute ensemble, de changer de vie.

Tout de suite après, nous faisons la prière universelle dans laquelle nous prions pour tous. Pourquoi ? Parce que nous sommes faibles, nous savons que nous avons besoin de l’aide de Dieu pour vivre l’évangile, pour vivre les commandements… sans la grâce de Dieu nous ne pouvons ni prier, ni pardonner, ni vivre la charité.

C) Liturgie eucharistique(72 – 89)

Puis commence la liturgie eucharistique :  La préparation des dons, La prière sur les offrandes, La prière eucharistique (La préface, la transsubstantiation, les intentions, la doxologie final) le Notre Père, le signe de la paix en s’achevant avec la Communion.

Dans la préparation des dons (Offertoire) on approche le pain et le vin. A ce moment-là on fait les offrandes (la quête) cela est le signe de l’union de nos travaux et de nos souffrances au sacrifice du Christ.  Mais on voit aussi l’union des deux œuvres de Dieu, la création et la rédemption. Dans la révélation nous voyons ces deux œuvres de Dieu qui donne l’être et qui le sauve. Dans notre vie, Dieu nous donne la vie naturelle et nous appelle à la vie surnaturelle et nous pouvons les voir aussi dans les sacrements.

Le prêtre prie : « Tu es béni, Dieu de l’univers toi que nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes ; nous te le présentons : il deviendra le pain de la vie » Les deux œuvres de Dieu, la création et la rédemption.

La messe continue avec la prière eucharistique : L’introduction au missel romain en parlant de la prière eucharistique dit : « C´est maintenant que commence ce qui est le centre et le sommet de toute la célébration »[2].  Ce n’est pas la partie qui est la plus importante… non… toute la liturgie est importante… mais la prière eucharistie en est le centre.

Elle commence avec la préface, le sanctus,  l’invocation de l’Esprit Saint et le récit de l´Institution de l’Eucharistie et la Consécration (transsubstantiation) (Selon nos possibilités on se met à genoux, le missel dit par rapport aux prêtres : « Les paroles du Seigneur seront prononcées distinctement et clairement, Ceci est mon Corps livré pour vous ; ceci est la coupe de mon Sang ») Par les paroles et les actions du Christ s´accomplit le sacrifice que Lui-même a institué à la dernière Cène lorsqu´Il offrit son Corps et son Sang sous la forme du pain et du vin.[3]

La transsubstantiation est la conversion de toute la substance du pain en la substance du Corps du Christ et de toute la substance du vin en la substance de son Sang.[4]En effet on peut définir la messe comme « le même sacrifice du Christ offert de manière non sanglante. »[5]

Le prêtre agit « in personna Christi » en la personne du Christ. Jésus se sert des mains, de la voix, de l’intelligence et de la volonté du prêtre, de telle façon que ce n’est pas le prêtre qui consacre, c’est le même Christ qui consacre, qui fait la transsubstantiation.

C’est pour cela qu’il faut prier pour les vocations, pour les prêtres et nous devons travailler pour les vocations, principalement nous les prêtres, mais c’est un souci de toute l’Eglise.

Cette partie finit avec la communion : Le Christ ne vient pas pour rester sur l’autel, Il vient parce qu’Il veut venir jusqu’à mon cœur. C’est pour cela qu’il faut être bien confessé… et aussi qu’il faut travailler pour que mon cœur soit toujours plus pur et bien disposé, pour accueillir notre Seigneur.

Et puis une fois que le Christ est présent sacramentellement dans notre âme nous devons demander la grâce de penser comme Lui, comme Il a pensé, d’aimer comme il a aimé… pour pouvoir dire avec Saint Paul: « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. »

D) Rites de conclusion(90)

La prière finale, toujours en relation à la solennité que nous avons célébrée. La bénédiction et l’envoi. « Ite missa est » Allez dans la paix du Christ… la messe ne finit pas ici… il faut témoigner…  Ce que nous avons écouté, ce que nous avons reçu, cela nous devons le proclamer.

P. Andrés Nowakowski V. E.

Monastère « Bx. Charles de Foucauld »

 

[1] Présentation général du missel romain. N 46.

[2] Présentation général du Missel romain. 78

[3]Présentation général du Missel romain. 79

[4] Compedium 283

[5] Compedium 280