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“Je suis venu apporter un feu sur la terre”

Lire l’évangile du Dimanche XX (Lc 12, 49-53)

Il semblerait que ce que la Bible dit par rapport du Seigneur soit en quelque sorte contradictoire ; parce qu’à Noël, nous saluons le Seigneur comme Prince de la Paix, d’après la prophétie d’Isaïe ; pour tant ce dimanche le Seigneur proclame qu’Il est venu non pas pour apporter la paix dans le monde mais plutôt la division.

En réalité, ce qu’il faut bien définir c’est le sens du mot « paix », ce que signifie la « paix » pour le Seigneur (c’est-à-dire la véritable paix), à fin de la distinguer de l’autre conception de paix donnée par le monde.

Le même Seigneur nous a déjà révélé ce qu’est pour Lui la Paix ; c’était au moment de la dernière cène : la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. L’Eglise a mis ces paroles en forme de prière faite par le prêtre juste avant de nous donner la paix et avant de communier. C’est une prière dirigée au Seigneur, le prêtre parle avec le Christ présent déjà dans l’Eucharistie sur l’autel.   Seigneur Jésus-Christ, tu as dit à tes apôtres : «Je vous laisse la paix, je vous donne la paix», ne regarde pas nos péchés, mais la foi de ton Église ; pour que ta volonté s’accomplisse, donne-lui toujours cette paix et conduis-la vers l’unité parfaite.

SIGNE_DE_PAIX_INSTITUT_DU_VERBE_INCARNEUnie à ces paroles, il y a juste après l’invitation aux fidèles à se donner la paix. Ce signe qui est très beau, car nous faisons le même geste fait par beaucoup de martyrs, avant de mourir et de se rencontrer avec le Seigneur, ils se donnaient la paix entre eux, signe de communion. Il faut dire que ce signe est souvent mal interprété, et l’on voit les gens se balader dans l’Eglise se donnant comme le « bonjour », alors que cela doit être un signe discret et plein de révérence, évitant surtout de nous distraire (et de distraire les autres) d’un moment très important dans la messe comme c’est le moment est la Communion.

Revenant à la liturgie de la Parole, parlons d’abord de la première lecture. Comme l’Eglise le fait toujours, la première lecture est en étroite relation au sujet que l’Evangile nous propose ce dimanche à la méditation. Il s’agit d’un moment très difficile de la vie du prophète Jérémie, la lecture commence en disant : « pendant le siège de Jérusalem ». En vérité, toute la vie de ce prophète n’était pas facile. Il a été envoyé par Dieu à prêcher contre sa propre volonté le malheur que subira son peuple à cause de l’infidélité à Dieu. La charge de sa mission sera tellement grande que Jérémie arrivera à détester le fait d’avoir été conçu : Malheur à moi, ô ma mère ! Pourquoi m’avoir enfanté, moi qui suis un élément de contestation et de dispute pour tout le pays ? Je ne suis le créancier ni le débiteur de personne, et pourtant tout le monde me maudit !  (Jr. 15,10)

JEREMIE_DU_VERBE_INCARNEDans la lecture d’aujourd’hui (Jr 38, 4-6.8-10), Jérémie est enfermé dans une citerne pleine de boue pour ne pas vouloir prophétiser en faveur de son roi (ce qui impliquait le fait de dire un mensonge) et annoncer la ruine de sa ville (ce qui se passera vraiment) ; il est donc condamné à la mort, bien qu’un officier éthiopien ait auparavant demandé de lui sauver la vie.

Alors, en plus d’être prophète, Jérémie est aussi image de Notre Seigneur Jésus-Christ. Sa personne prophétise ce que le Seigneur viendra accomplir dans ce monde. C’est cela que nous retrouvons dans l’évangile.

Nous avons entendu que Notre Seigneur parle d’un feu et d’un baptême, d’un feu qu’il a lui-même porté et qu’Il désire qu’il soit déjà allumé ; c’est le feu du véritable amour de Dieu, cet amour qui est authentique. Selon un père de l’église : « c’est le feu salutaire et utile qui embrase d’ardeur, pour la vie de la piété, les habitants de la terre qui sont froids, et comme éteints sous les glaces du péché ».

Le Seigneur parle aussi d’un baptême, d’une immersion ; mourir et renaître de nouveau, c’est évidement la croix.

Et ce sera la croix du Seigneur, la cause de division entre les hommes. On pourrait penser que cette division à l’intérieur d’un noyau familial s’est déjà produite dans le passé, au moment des persécutions ; mais en vérité, la division se produit toujours, aujourd’hui peut être plus qu’avant, lorsque les chrétiens sont persécutés, de façon sanglante ou non, dans le monde entier.

Cela est loin d’être une raison de fierté pour nous ; c’est plutôt un examen de conscience, et une mission : l’esprit chrétien exige une véritable adhésion à l’évangile, et plus que jamais à toutes les vérités évangéliques, sachant que cela conduit nécessairement à aller à contre-courant de ce que le monde proclame comme ses dogmes.

Elle  est intéressante la réflexion que faisait le Pape Benoît :

La paix de Jésus est le fruit d’un combat permanent contre le mal. La lutte que Jésus mène avec détermination n’est pas une lutte contre des hommes ou des puissances humaines, mais contre l’ennemi de Dieu et de l’homme, Satan. Celui qui veut résister à cet ennemi en restant fidèle à Dieu doit nécessairement faire face à des incompréhensions et parfois de véritables persécutions.

Par conséquent, ceux qui entendent suivre Jésus et s’engager pour la vérité sans faire de compromis, doivent savoir qu’ils rencontreront des oppositions et deviendront, malgré eux, signe de division entre les personnes, y compris au sein de leurs propres familles.

L’amour pour les parents est bien un commandement sacré mais on ne doit jamais le placer avant l’amour de Dieu et du Christ si l’on veut le vivre de manière authentique.EGLISE_INSTITUT_DU_VERBE_INCARNE

De cette façon, les chrétiens deviennent, sur les traces du Seigneur Jésus, “des instruments de sa paix”, selon la célèbre expression de saint François d’Assise. Non pas d’une paix inconsistante et apparente, mais réelle, poursuivie avec courage et persévérance dans l’engagement quotidien à vaincre le mal par le bien (cf. Rm 12, 21) et en payant personnellement le prix que cela comporte. (Angelus, 19/08/07).    

Pour finir, c’est parfois douloureux de voir comment pour certains catholiques la vie chrétienne s’est adaptée à la vie du monde ; avec les principes et les lois de ce monde, on peut compter parmi ces malheureux exemples, ceux qui proposent le sacrement du mariage entre les personnes du même sexe, la fausse conception devant le sens de la vie (la contraception, l’avortement, l’euthanasie). On peut dire qu’il s’agirait un christianisme vidé du Christ et de l’Evangile. Saint Paul l’avait déjà écrit au chrétiens de Galatie (1,6-12): il y a seulement des gens qui jettent le trouble parmi vous et qui veulent renverser l’Évangile du Christ. Eh bien ! CRUCIFIE_INSTITUT_DU_VERBE_INCARNESi un jour quelqu’un, même nous, même un ange du ciel, vient annoncer un Évangile différent de l’Évangile que nous vous avons annoncé, qu’il soit maudit !  Nous l’avons déjà dit, et je le répète encore : si quelqu’un vient vous annoncer un Évangile différent de celui que vous avez reçu, qu’il soit maudit !
Frères, il faut que vous le sachiez, l’Évangile que je proclame n’est pas une invention humaine. Ce n’est pas non plus un homme qui me l’a transmis ou enseigné : mon Évangile vient d’une révélation de Jésus Christ.

Prions la Vierge Marie et demandons lui la grâce de rester fidèles à la vérité de l’Evangile, de rester fidèles à son Fils Jésus-Christ, sachant que cela implique la nécessairement l’incompréhension et le mépris de beaucoup, mais cela nous rapporte la Gloire.  

P. Luis Martinez V. E.

Monastère “Bx. Charles de Foucauld”

23 SEPTEMBRE – SAINT PIO DE PIETRELCINA

LA MESSE DE PADRE PIO

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Première Messe du Padre Pio

– Padre, qu’est-ce que votre Messe ?

Une fusion sacrée dans la Passion du Christ

– Que faut-il que je voie dans votre Sainte Messe ?

Le Calvaire tout entier.

– Dites-moi tout ce que vous souffrez durant votre Sainte Messe ?

Tout ce que Jésus a souffert dans sa Passion, je le souffre aussi, mais inadéquatement, autant qu’un être humain le puisse. Et tout cela, non parce que je le mérite, mais parce que Dieu, dans sa bonté, le veut ainsi.

– Je vous ai vu trembler en montant les marches de l’autel. Pourquoi ? Est-ce à cause de ce que vous étiez sur le point de souffrir ?

Pas de ce que j’allais souffrir, mais de ce que j’allais offrir.

– Padre, prenez-vous nos péchés sur vous durant le Divin Sacrifice ?

Je ne peux rien faire d’autre car cela fait partie du Divin Sacrifice.

– À quel moment du Divin Sacrifice souffrez-vous le plus

De la Consécration à la Communion.

– Pourquoi avez-vous pleuré durant la lecture de l’Évangile en arrivant à ces mots :

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang… » ?

Pleurez tendrement avec moi…

– Pourquoi êtes-vous toujours sur le point de pleurer en lisant l’Évangile pendant la Sainte Messe ?

Et cela vous semble-t-il de peu d’importance que Dieu parle à ses créatures et soit continuellement contredit et blessé par leur ingratitude et leur incroyance ?

– Non, je veux dire que le sacrifice de Jésus est non sanglant, mais que votre participation durant toute la Messe est sanglante. Est-ce que je me trompe ?

Eh bien, cette fois vous n’avez pas tort. Je crois personnellement que vous avez raison.

– Qui essuie votre sang à la Messe ?

Personne.

– Pourquoi pleurez-vous à l’Offertoire ?

Vous voulez m’arracher mon secret. Soit.

C’est le moment où l’âme est séparée du profane.

[Le moment où Padre Pio entre dans une sorte d’extase, à la Messe]

– L’assistance est un peu bruyante à votre Messe, Père.

Si vous aviez été là au Calvaire, vous auriez entendu les gens crier, jurer, pleurer et menacer ! Il y avait un vacarme terrible.

– Êtes-vous dérangé par le bruit à l’église ?

Pas du tout.

– Mon Père, dites-moi pourquoi vous pleurez à l’autel et ce que signifient les paroles que vous dites durant la Consécration. Je ne vous le demande pas par curiosité mais parce que je désire les répéter après vous.

Les secrets du Roi des rois ne peuvent être répétés sans être profanés. Vous me demandez pourquoi je pleure ? Je préférerais ne pas verser quelques pleurs mais des torrents de larmes. Ne vous arrive-t-il jamais de réfléchir à cet immense mystère ?

– Goûtez-vous à l’amertume du fiel durant la Messe ?

Oui, très souvent.

– Comment arrivez-vous à tenir debout à l’autel ?

Comme Jésus l’a fait sur la Croix.

– Êtes-vous cloué sur la Croix à l’autel comme Jésus au Calvaire ?

Devez-vous me poser cette question ?

– Comment arrivez-vous à rester là ?

Comme l’a fait Jésus sur la croix.

– Les bourreaux ont-ils retourné la croix de Jésus pour rabattre les clous ?

Bien sûr.

– Est-ce qu’ils vous transpercent aussi avec les clous ?

Oui.

– Est-ce qu’ils vous retournent aussi sur la Croix ?

Oui, mais n’ayez pas peur.

– Père, est-ce que vous prononcez les Sept Paroles que Jésus a dites sur la Croix durant la Messe ?

Oui.

– Et à qui dites-vous : « Femme, voici ton fils » ?

Je lui dis : « Voici les enfants de ton Fils. »

– Souffrez-vous comme Jésus de la même soif et du même sentiment d’être abandonné ?

Oui.

– À quel moment souffrez-vous de la soif et de la solitude ?

Après la Consécration.

– Jusqu’à quel moment souffrez-vous de cette soif et de cet abandon ?

Normalement, jusqu’à la Communion.

– Vous m’avez dit que vous aviez honte de dire : « J’ai cherché en vain quelqu’un pour me consoler. » Pourquoi ?

Parce qu’en comparaison avec ce que Jésus a souffert, notre souffrance n’est rien, puisque nous sommes réellement coupables.

– Qui vous donne ce sentiment de honte ?

Dieu et ma conscience.

– Est-ce que les anges du Seigneur ne vous réconfortent pas à l’autel où vous vous sacrifiez ?

Peut-être… mais je ne le ressens pas.

– Notre présence est inutile si la consolation n’envahit pas votre esprit durant le Divin Sacrifice et si, comme Jésus, vous vous sentez totalement abandonné.

Votre présence est utile ; autrement nous devrions dire que la présence de Notre-Dame des Douleurs, de Jean et des Saintes Femmes aux pieds de Jésus mourant était inutile.

– Qu’est-ce que la Sainte Communion ?PPio_Messe_Institut_du_Verbe_Incarné

C’est tout ensemble la révélation de la miséricorde intérieure et extérieure. Une étreinte complète. Priez aussi Jésus qu’Il fasse sentir Sa présence.

– Jésus ne pénètre-t-il que dans l’âme lorsqu’il vient ?

Il entre dans l’être tout entier.

– Que fait Jésus dans la Communion ?

             Il prend ses délices dans Sa créature.

– Lorsque vous vous joignez à Jésus dans la Sainte Communion, que devrions-nous demander pour vous au Seigneur ?

Que je puisse être un autre Jésus, tout Jésus, toujours Jésus.

– Souffrez-vous aussi durant la Communion ?

C’est le point culminant.

– Votre souffrance continue-t-elle après la Communion ?

Oui, mais amoureusement.

– Est-ce que Jésus vous console dans cette union ?

Oui, mais je suis toujours sur la Croix !

– Vers qui Jésus a-t-il tourné Son regard en expirant ?

Vers Sa mère.

– Et vers qui regardez-vous ?

Vers mes frères en exil.

– Est-ce que vous mourez aussi durant la Sainte Messe ?

Mystiquement, durant la Sainte Communion.

– Subissez-vous la mort à cause de l’intensité de l’amour et de la douleur ?

Des deux, mais plus à cause de l’amour.

– Si vous subissez la mort durant la Communion, vous n’êtes donc plus présent à l’autel ?

Pourquoi pas ? Jésus mort était aussi au Calvaire.

– Vous dites, Père, que la victime meurt dans la Communion. Est-ce qu’ils vous déposent dans les bras de Notre-Dame ?

De saint François.

– Jésus détache-t-Il ses bras de la Croix pour Se reposer en vous ?

C’est moi qui me repose en Lui.

– Jusqu’à quel point aimez-vous Jésus ?

Mon désir est infini, mais en fait, hélas, ce n’est rien et j’en ai honte.

– Père, pourquoi pleurez-vous en lisant le dernier verset de l’Évangile de Jean ? « Et nous avons vu Sa gloire, la gloire du Fils unique de Dieu, plein de grâce et de vérité » ?

Cela ne veut-il rien dire pour vous ? Si les Apôtres, avec leurs yeux de chair, ont vu tant de gloire, quelle gloire ne verrons-nous pas dans le Fils de Dieu, en Jésus, lorsqu’Il se montrera à nous dans le Ciel ?

– Que sera notre union avec Jésus dans le Ciel ?

Eh bien… l’Eucharistie peut vous en donner une idée.

– La Très Sainte Vierge Marie est-elle présente à votre Messe ?
Pourquoi ? Pensez-vous qu’une mère ne s’intéresse pas à son fils ?

– Et les anges aussi ?

Des armées.

– Que font-ils ?

             Ils adorent et ils aiment.

– Père, qui est le plus proche de vous à l’autel ?

Le Paradis tout entier.

– Aimeriez-vous célébrer plus d’une Messe par jour ?

Si cela dépendait de moi, je ne quitterais jamais l’autel.

– Vous m’avez dit que vous portiez l’autel en vous.PPIO_MESSE_Institut_du_Verbe_Incarné (2)

Oui, au sens où le disait l’Apôtre :

« Portant en moi la mortification du Christ »

« Je suis cloué à la Croix »

« Je traite durement mon corps et le tiens assujetti »

– Vous souvenez-vous de moi, Père, pendant la Sainte Messe ?

    Du commencement à la fin, la Sainte Messe n’est qu’un long souvenir de vous.

Tiré du livre « Padre Pio Teaches Us », par Don Nello Castello