Archives par mot-clé : saint Cyprien

Saint Cyprien de Carthage

cyprien_institut_du_verbe_incarneSaint Cyprien, “fut le premier Evêque en Afrique à recevoir la couronne du martyre”.

Mais, sa réputation est également liée – comme l’atteste le diacre Pontius, qui fut le premier à écrire la vie de saint Cyprien – à la production littéraire et à l’activité pastorale des treize années qui s’écoulèrent entre sa conversion et le martyre (cf. Vie 19, 1; 1, 1).

Né à Carthage dans une riche famille païenne, après une jeunesse dissipée, Cyprien se convertit au christianisme à l’âge de 35 ans.

Immédiatement après sa conversion, Cyprien – non sans être envié et en dépit des résistances – fut élu à la charge sacerdotale et à la dignité d’Evêque.

La situation de l’Eglise dans son temps.

 Au cours de la brève période de son épiscopat, il affronta les deux premières persécutions ratifiées par un édit impérial, celle de Dèce (250) et celle de Valérien (257-258).

Après la persécution particulièrement cruelle de Dèce, l’Evêque dut s’engager vaillamment pour rétablir la discipline dans la communauté chrétienne. En effet, de nombreux fidèles avaient abjuré, ou bien n’avaient pas adopté une attitude correcte face à l’épreuve. Il s’agissait des « lapsi », c’est-à-dire de ceux qui étaient “tombés”.

Le débat sur leur réadmission finit par diviser les chrétiens de Carthage en laxistes et en rigoristes. Il faut ajouter à ces difficultés une grave épidémie de peste, qui ravagea l’Afrique et qui fit naître des interrogations théologiques angoissantes, tant au sein de la communauté que dans la confrontation avec les païens.

Il faut rappeler, enfin, la controverse entre Cyprien et l’Evêque de Rome, Etienne, à propos de la validité du baptême administré aux païens par des chrétiens hérétiques.

 Saint Cyprien en tant que pasteur.

Dans ces circonstances réellement difficiles, Cyprien révéla de grands talents pour gouverner :

  • il fut sévère, mais non pas inflexible avec les « lapsi ».
  • il fut ferme envers Rome pour défendre les saines traditions de l’Eglise africaine.
  • cyprien_ii_institut_du_verbe_incarneil se démontra très humain et empli de l’esprit évangélique le plus authentique en exhortant les chrétiens à apporter une aide fraternelle aux païens durant la peste.
  • il fut inébranlable dans sa lutte contre les mœurs corrompues et les péchés qui dévastaient la vie morale, en particulier l’avarice.

 Ses nombreux traités et lettres :

 Les nombreux traités et lettres composés par notre évêque sont toujours en rapport avec son ministère pastoral.

« L’Eglise » est le thème qui lui est, de loin, le plus cher.

Il fait la distinction entre l’Eglise visible, hiérarchique, et l’Eglise invisible, mystique, mais il affirme avec force que l’Eglise est une seule, fondée sur Pierre.cyprien_v_institut_du_verbe_incarne

Il ne se lasse pas de répéter que “celui qui abandonne la chaire de Pierre, sur laquelle l’Eglise est fondée, se donne l’illusion de rester dans l’Eglise” (L’unité de l’Eglise catholique, 4).

“En dehors de l’Eglise il n’y a pas de salut” (Epistola 4, 4 et 73, 21), et que “celui qui n’a pas l’Eglise comme mère ne peut pas avoir Dieu comme Père” (L’unité de l’Eglise catholique, 4).

Une caractéristique incontournable de l’Eglise est l’unité, symbolisée par la tunique sans couture du Christ (ibid., 7):   “Il n’y a qu’un seul Dieu, un seul Christ”, admoneste Cyprien, “une seule est son Eglise, une seule foi, un seul peuple chrétien, liés en une solide unité par le ciment de la concorde :  et on ne peut pas diviser ce qui est un par nature” (L’unité de l’Eglise catholique, 23).

 L’enseignement de Cyprien sur la prière. 

22.4.2010: south wall, Sant'Apollinare Nuovo, Ravenna

Son livre sur le “Notre Père”  a beaucoup aidé les chrétiens au long de l’histoire à mieux comprendre et à mieux réciter la “prière du Seigneur”

 Il souligne que cette prière est au pluriel, “afin que celui qui prie, ne prie pas uniquement pour lui… Le chrétien ne dit pas “Mon Père”, mais “Notre Père”, même dans l’intimité d’une pièce close, car il sait bien qu’en chaque lieu, en chaque circonstance, il est le membre d’un même Corps.

cyprien_iii_institut_du_verbe_incarne
Son martyre

En définitive, affirme le pape Benoit XVI, Cyprien se situe aux origines de cette tradition théologique et spirituelle féconde, qui voit dans le “cœur” le lieu privilégié de la prière. En effet, selon la Bible et les Pères, le cœur est au plus profond de l’homme, le lieu où Dieu habite. C’est en lui que s’accomplit la rencontre au cours de laquelle Dieu parle à l’homme, et l’homme écoute Dieu ; l’homme parle à Dieu, et Dieu écoute l’homme :  le tout à travers l’unique Parole divine. La prière “est l’œuvre du cœur, non des lèvres, car Dieu ne regarde pas les paroles, mais le cœur de l’orant” (Le diadème des moines, 1).

P. Andrés Nowakowski V. E.

Monastère “Bx. Charles de Foucauld”

(D’après une audience de sa sainteté, le pape Benoît XVI)

Notre Père qui es aux cieux. Deuxième Partie

 Dieu le PèreLe Seigneur a employé l’expression « qui es aux cieux » pour trois raisons différentes.
  •  En premier lieu, cette expression a pour objet de nous préparer à la prière, comme nous le commande l’Ecclésiastique (18, 2-3) : Avant la prière, prépare ton âme.

La pensée que notre Père est dans les cieux, c’est-à-dire dans la gloire céleste, nous prépare à lui adresser nos demandes.

Nous faisons souvenir de la promesse du Seigneur à ses Apôtres (Mt 5, 12) : votre récompense sera grande dans les Cieux.

Cette préparation à la prière se réalise par l’imitation des réalités célestes car l’enfant cherche et doit imiter son père.

Nous préparer à la prière, il est nécessaire aussi la contemplation des choses célestes. Les hommes en effet ont l’habitude de diriger leur pensée plus fréquemment vers le lieu où est leur père et où se trouvent les autres êtres objet de leur amour, Seigneur a dit (Mt 6, 21) : Là où est ton trésor, là est aussi ton cœur. C’est pourquoi l’Apôtre écrivait aux Philippiens (l, 20): Notre demeure à nous est dans les cieux.

La préparation à la prière réclame enfin que nous aspirions aux choses célestes. A celui qui est dans les cieux en effet, nous ne devons demander que les choses célestes, suivant ces paroles de saint Paul (Col 3, 1) : Cherchez les choses d’en haut, là ou est le Christ.

  • Dans un autre sens, ces paroles peuvent signifier pour nous un avantage pour que Dieu entende notre prière, du fait de sa proximité par rapport à nous. Ces paroles « Notre Père qui es aux cieux » signifie alors : notre Père qui est dans les saints.

Dieu habite dans les saints par la foi. Comme Saint Paul écrit en effet aux Ephésiens (3, 17) : Que le Christ habite dans vos cœurs par la foiIl habite également dans les saints par la charitéCelui en effet qui demeure dans la charité, dit saint Jean (1 Jean 4, 16), demeure en Dieu et Dieu en lui.

Dieu demeure aussi dans les saints, par l’accomplissement des commandements. Si quelqu’un m’aime, déclare le Seigneur (Jn 14, 23), il gardera ma parole, et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure.

  •  Un troisième point à méditer dans cette phrase c’est qu’elle exprime la toute puissance du Père pour nous exaucer.

Dans ce cas, le mot cieux désigne les cieux matériels et visibles ; non que nous voulions signifier que Dieu y soit renfermé, car il est écrit (2 Rois, 18, 27) : Voici que les cieux et les cieux des cieux ne peuvent vous contenir ; mais ces paroles : « qui es dans les cieux » montrent :

  1.  que Dieu, par son regard, est clairvoyant et pénétrant, parce qu’il voit de très haut.
  2.  qu’il est sublime dans son pouvoir, selon cette parole (Ps. 102, 19) : Le Seigneur a disposé son trône dans les cieux ;
  3.  qu’il est stable dans son éternité, selon ces autres paroles (Ps. 101, 13 et 28) : Seigneur, vous demeurez éternellement et vos années n’ont pas de fin.
Saint Thomas d’Aquin
Commentaire au Notre Père

« Sachons donc, mes frères, et n’oublions jamais que, puisque nous   appelons   Dieu   notre  Père,   nous   devons   agir  comme des enfants de Dieu, afin qu’il se complaise dans   ses   fils,  comme   nous   nous   complaisons   dans notre Père. Soyons comme les temples de Dieu, afin qu’il daigne habiter  en nous. Que nos actes répondent à la grâce qui nous anime, afin que, voués à une  vie toute céleste, nos pensées et nos actions s’élèvent vers   le   ciel. »

Saint Cyprien.