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Sanctuaires dédiés à Saint Michel Archange

Nous reproduisons l’article de Susanna Capannini, publié le 29 août 2024 sur https://www.europeana.eu/es/stories/shrines-to-saint-michael-across-europe, traduit et légèrement modifié par notre site.

De nombreux lieux en Europe sont dédiés à saint Michel Archange.

Qui était saint Michel?

Saint Michel est le saint patron de nombreux pays, villes et peuples, notamment des sauveteurs, des parachutistes, des défunts et bien d’autres. Il est également une figure importante de nombreuses religions, dont le catholicisme, l’orthodoxie, le protestantisme, l’islam et le judaïsme.

Dans la culture chrétienne, saint Michel est souvent représenté tenant une balance, symbole de paix et d’équilibre, et une épée, symbole du pouvoir et de libération, mais aussi de la capacité de discerner le bien du mal.

Une théorie récente sur les « lignes telluriques » postule que la Terre est sillonnée de lignes « spirituelles », porteuses d’une signification religieuse et d’une énergie surnaturelle. Ces lignes telluriques relieraient de nombreux sanctuaires dédiés à saint Michel : leur alignement ne serait pas accidentel, mais plutôt un plan divin élaboré par des forces surnaturelles. Cette théorie, bien que populaire, est considérée comme pseudo-scientifique et n’est confirmée par aucune source fiable, selon l’article cité. Nous ajoutons ce qui suit : « Cela ne signifie pas que l’alignement de ces sept sanctuaires, tel qu’il est, ne puisse être considéré, d’un point de vue religieux surnaturel, comme un véritable projet de la Providence, et c’est merveilleux. Lier cela à une ‘énergie étrange et incommensurable’ ressemble davantage à une hypothèse non prouvée.» Voici notre contribution.

La ligne reliant les sanctuaires dédiés à saint Michel à travers l’Europe a la forme d’une épée. Dans ce blog, nous explorerons sept lieux que l’on pourrait considérer comme reliés par l’épée de saint Michel.

Skellig Michael, Irlande

Le sanctuaire de Skellig Michel, avec le phare du même nom.

Skellig Michael est un rocher à deux pics, situé dans la mer, au sud-ouest de l’Irlande.

Le monastère chrétien gaélique dédié à Saint Michel a été fondé entre le VIe et le VIIIe siècle et a été habité jusqu’à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle, malgré son emplacement inhospitalier et son terrain accidenté. Le monastère comprend des cellules, un cimetière, un oratoire et une église dédiée à Saint Michel, datant du Xe ou du début du XIe siècle.

Aujourd’hui, l’église est en grande partie en ruines. Au cours de la seconde decennie du 20ème siècle, deux phares ont été construits sur la côte atlantique de l’île. L’église abrite aujourd’hui la tombe de membres de la famille de l’un des gardiens de phare.

St Michael’s Mount, Royaume-Uni

Le Mont Saint-Michel est une île de marée située en Cornwall, en Angleterre. Historiquement, c’est l’équivalent anglais du Mont-Saint-Michel en Normandie, qui est également une île de marée, avec une forme conique similaire.

La chapelle Saint-Michel date de 1135 et fut reconstruite au XVe siècle. Une ancienne légende raconte que l’archange Michel serait apparu aux pêcheurs locaux sur le mont au Ve siècle. La chapelle est toujours ouverte aujourd’hui et est aujourd’hui dédiée à l’Ordre de Saint-Jean.

Au début du XVIIIe siècle, le Mont-Saint-Michel devint un important port maritime. Au XIXe siècle, la population atteignit son apogée et une communauté se forma jusqu’en 1852, date à laquelle les travaux d’amélioration du port voisin de Penzance marquèrent le déclin du village et la démolition de nombreux bâtiments.

Aujourd’hui, il est possible de visiter l’île, notamment la chapelle, le train sousterrain et le château fort, demeure de la famille St Aubyn depuis le XVIIe siècle.

Mont-Saint-Michel, France

Le Mont-Saint-Michel, dans le nord de la France, est l’île jumelle de St Michael’s Mount en Cornwall. La baie dans laquelle l’îlot s’élève au gré des marées en fait le lieu touristique le plus populaire de Normandie et l’un des plus anciens de France. Selon la légende, l’archange Michel serait apparu à saint Aubert, évêque d’Avranches, en 709, pour lui demander de lui construire une église sur l’île. Cependant, l’évêque ignora sa requête jusqu’à ce que saint Michel lui brûle le crâne avec son doigt. L’évêque survécut et se consacra à la construction de l’église. Le crâne de saint Aubert, avec le trou, est actuellement conservé dans la cathédrale d’Avranches, en Normandie.

Le Mont-Saint-Michel est l’un des trois plus célèbres lieux de culte dédiés à saint Michel et l’un des lieux de pèlerinage chrétiens les plus populaires d’Europe.

Sacra di San Michele, Italie

La Sacra di San Michele est située dans le val de Suse, dans le nord de l’Italie. De par sa position élevée, le site a historiquement abrité les fortifications des différents peuples qui ont habité la région.

Vers l’an 900, le comte Hugues de Montboissier fit un pèlerinage à Rome pour demander l’indulgence du pape. Le pape lui offrit deux options pour expier ses péchés : l’exil pendant sept ans ou la construction d’une abbaye. Ainsi, entre 983 et 987, il fit construire la Sacra di San Michele, qui fut plus tard habitée par des moines bénédictins.

Après six siècles de vie monastique, la Sacra fut abandonnée pendant environ deux siècles, jusqu’à ce que le roi Charles-Albert de Savoie entreprenne sa restauration en 1836, lui rendant sa gloire d’antan. Aujourd’hui, la Sacra abrite 16 sarcophages contenant les dépouilles de membres de la Maison de Savoie, pesant chacun 5 tonnes. Le site fait actuellement l’objet de travaux de conservation et de restauration.

Sanctuaire de San Michele Arcangelo, Italie

Ce site du sud de l’Italie est vénéré depuis 490. Il fut construit sur la grotte où, selon la légende, saint Michel apparut pour la première fois dans la région. À partir du VIIe siècle, la région passa sous domination lombarde. Le culte de saint Michel s’y développa dans un contexte de religion archaïque et d’influence nordique, attribuant à l’archange Michel des caractéristiques guerrières similaires à celles associées à Odin, dieu germanique de la guerre, guide de l’au-delà et protecteur des hommes et des guerriers.

Le sanctuaire se compose de la grotte naturelle et d’un ensemble de constructions diverses réalisées par différentes populations au fil des siècles. C’est un lieu très prisé des pèlerins et des touristes.

Monastère de l’Archange Michel de Panormitis, Grèce

Sur l’île de Symi, un monastère fait face à une plage de sable blanc, avec une tour baroque visible depuis la mer. La date exacte de sa construction est inconnue, mais il a probablement été construit vers 450 apr. J.C. sur le site d’un ancien temple d’Apollon. Au fil du temps, la structure a été modifiée et agrandie. L’extérieur a été redessiné selon une influence vénitienne, et une tour a été ajoutée en 1911. Ce monastère grec orthodoxe est dédié à saint Michel de Panormitis, saint patron de l’île et protecteur des marins du Dodécanèse.

À l’intérieur du monastère se trouve une icône de saint Michel, à laquelle on prête des pouvoirs miraculeux. Selon la légende, l’icône serait apparue miraculeusement dans le monastère et, après avoir été volée une fois, serait réapparue au même endroit.

Monastère de Stella Maris, Israël

Situé sur le mont Carmel, près de Haïfa, ce site historique a captivé de nombreuses personnes depuis l’Antiquité. Les premières mentions du mont Carmel remontent à des documents égyptiens du XIVe siècle av. J.C., où il est mentionné comme une conquête du pharaon Thoutmosis III. L’attrait de cette montagne sacrée attira un groupe d’ermites dévots qui y fondèrent un monastère, le dédiant à l’archange saint Michel. C’est à l’époque byzantine qu’il devint un lieu de culte pour l’archange saint Michel, déjà inscrit dans la liturgie chrétienne orthodoxe et vénéré par les Lombards après leur conversion au catholicisme vers le VIIe siècle.

Au XIIe siècle, l’édifice fut fortifié par les Croisés pour abriter l’Ordre des Carmes, fondé ici par un groupe d’ermites mené par saint Brocard et dont la règle fut approuvée au début du XIIIe siècle.[2] En 1230, le supérieur des Carmes, saint Simon Stock, témoigna avoir eu une vision de la Vierge Marie qui donna naissance à la dévotion au Scapulaire du Carmel.

Aujourd’hui, le monastère est célèbre pour sa chapelle, lieu de profonde tranquillité et de recueillement. Sous l’autel se trouve une grotte que l’on croit être celle où vécut le prophète Élie. Au XIIe siècle, les Croisés, conscients de l’importance stratégique du site, fortifièrent le monastère pour servir l’ordre des Carmes. Les Carmes étendirent leur présence en fondant un autre sanctuaire à l’extrémité sud du mont Carmel et un autre à Wadi es-Siah, aujourd’hui en ruines évocatrices.

Tout cela nous parle du grand mystère de la Providence divine, qui, même dans les plus petits détails, comme cette configuration géographique, nous révèle la manifestation de sa puissance. Que le Seigneur nous protège, ainsi que l’Europe et le monde, par l’intercession de saint Michel Archange.

Qui est l’Archange Saint Michel?

Michael signifie en hébreu « Qui est comme Dieu ? » Saint Michel est l’un des anges principaux ; son nom était le cri de guerre des bons anges dans la bataille menée dans le ciel contre l’ennemi et ses partisans. Son nom se retrouve quatre fois dans l’Écriture :

Daniel 10, 13 , l’Archange Gabriel dit à Daniel, lorsqu’il demande à Dieu de permettre aux Juifs de retourner à Jérusalem : « L’ange du royaume de Perse m’a résisté pendant vingt et un jours, mais Michel, l’un des premiers anges, est venu à mon aide » ;

Daniel 12, 1 , L’Ange parlant de la fin du monde et de l’Antichrist dit : « En ce temps-là se lèvera Michel, le chef des anges, celui qui se tient auprès des fils de ton peuple ». 

Dans l’épître catholique de saint Jude 1, 9 : « l’archange Michel, discutant avec le démon dans la querelle au sujet du corps de Moïse, n’osa pas porter contre lui un jugement qui l’outrage ; il lui dit seulement : Que le Seigneur te blâme ! ».  Saint Jude fait allusion à l’ancienne tradition juive d’une dispute entre saint Michel et Satan au sujet du corps de Moïse, que l’on retrouve également dans le livre apocryphe de l’assomption de Moïse (Origène, ‘De principiis’, III, 2 , 2). Saint Michel a consacré au secret le tombeau de Moïse ; cependant, Satan, après l’avoir découvert, a tenté de séduire le peuple juif dans le péché d’adoration héroïque. Saint Michel protège également les reliques du corps d’Ève, selon la « Révélation de Moïse » (« Évangiles apocryphes », etc., éd. A. Walker, Édimbourg, p. 647).

Apocalypse 12,7 : « Il y eut alors un combat dans le ciel : Michel, avec ses anges, dut combattre le Dragon.» Saint Jean parle du grand conflit de la fin des temps, qui reflète également la bataille au ciel au début des temps. Selon les Pères, il y a fréquemment des controverses au sujet de saint Michel dans l’Écriture où son nom n’est pas mentionné. On dit qu’il était le chérubin qui se tenait à la porte du paradis, « pour garder le chemin de l’arbre de vie » (Gn 3, 24) ; l’ange par lequel Dieu publia le Décalogue pour son peuple élu ; l’ange qui se tenait sur le chemin pour gêner Balaam (Nombres 22, 22 s.) ; l’ange qui blessa l’armée de Sennachérib (II Roi 19, 35).

D’après ces passages de l’Écriture, la tradition chrétienne attribue à saint Michel quatre fonctions : Lutter contre Satan ; sauver les âmes des fidèles de la puissance de l’ennemi, surtout à l’heure de la mort ; il est le défenseur du peuple de Dieu, des juifs dans l’Ancien Testament et des chrétiens dans le Nouveau Testament, il est donc le patron de l’Église et des ordres de chevaliers durant le Moyen Âge. Ensuite, appeler de la terre et amener les âmes des hommes au jugement (« signifer S. Michael repraesentet eas in lucam sanctam », Offert. Miss Defunct. « Constituit eum principem super animas suscipiendas », Antiph. off.Cf. « Hermas », Berger, I, 3, Simil VIII, 3).

Compte tenu de son rang dans la hiérarchie céleste, les opinions varient ; Saint Basile (Hom. de angelis) et d’autres Pères grecs, ainsi que Salmeron, Bellarmine, etc., placent saint Michel au-dessus de tous les anges ; on dit qu’il est appelé « archange » parce qu’il est le prince des autres anges ; d’autres (cf. P. Buenaventura, op. cit.) croient qu’il est le prince des séraphins, le premier des neuf ordres angéliques. Mais, selon saint Thomas (Summa, I:113:3), il est le prince du dernier et le plus bas des chœurs, celui des anges. La liturgie romaine semble suivre les Pères grecs ; elle l’appelle « Princeps militiae coelestis quem honorificant angelorum cives ». L’hymne du Bréviaire de Mozarabe place Saint Michel encore au-dessus des vingt-quatre majeurs. La liturgie grecque l’appelle Archistrategos, « général le plus haut » (cf. Menée, 8 novembre et 6 septembre).

Vénération

Il aurait été naturel que saint Michel, défenseur du peuple juif, se fasse le défenseur des chrétiens, leur donnant la victoire contre leurs ennemis. Cependant, les premiers chrétiens reconnurent comme leurs chefs militaires quelques martyrs : saint Georges, saint Théodore, saint Démétrius, saint Serge, saint Procope, saint Mercure, etc. ; mais ils confièrent à saintMichel le soin de leurs malades. En Phrygie, lieu où il fut d’abord vénéré, son prestige de guérisseur angélique obscurcit son intervention dans les affaires militaires. La Phrygie fut, dès les premiers temps, le centre du véritable culte des saints anges. La tradition raconte que dans les temps anciens, saint Michel faisait une apparition médicinale à Chairotopa, près du Colisée, où étaient guéris tous les malades qui s’y baignaient, invoquant la Sainte Trinité et saint Michel.

Plus célèbres encore sont les apparitions que Saint Michel aurait faites sur le rocher du Colisée (Chonae, l’actuel Khonas, dans le Laico). Les païens dirigeaient un courant contre le sanctuaire de Saint Michel pour le détruire, mais l’archange sépara le rocher avec le tonnerre, pour donner un nouveau cours au courant, et sanctifia à jamais les eaux qui sortaient du canyon. Les Grecs affirment que cette apparition a eu lieu au milieu du premier siècle, et célèbrent une fête en commémoration le 6 septembre (Analecta Bolland., VIII, 285-328).

Toujours en Pythie, en Bithynie et dans toutes les régions d’Asie, des apparitions enflammées étaient dédiées à saint Michel. De la même manière à Constantinople, saint Michel était considéré comme le grand docteur céleste. Son sanctuaire principal, le Michaelion, se trouvait à Sosthénion, à près de 80 kilomètres au sud de Constantinople ; on y raconte que l’archange est apparu à l’empereur Constantin. Les malades dormaient la nuit dans cette église, en attendant une manifestation de saint Michel ; sa festivité était commémorée le 9 juin. Une autre église célèbre se trouvait à l’intérieur des murs de la ville, près des thermes de l’empereur Arcadius ; là, la fête de l’archange était célébrée le 8 novembre. Cette fête s’est répandue dans toute l’Église grecque et les Églises syrienne, arménienne et copte l’ont également adoptée ; C’est aujourd’hui la principale fête de la Saint-Michel en Orient. Il est peut-être originaire de Phrygie, mais son point de repère à Constantinople était les Thermes d’Arcadius (Martinov, « Annus Graeco-slavicus », 8 novembre). Les autres fêtes de Saint Michel à Constantinople étaient : le 27 octobre, à l’église « Promotu » ; le 18 juin, dans l’église de Saint Julian, au Forum ; et le 10 décembre à Athae.

Les chrétiens d’Égypte mettaient le fleuve qui leur donnait la vie, le Nil, sous la protection de saint Michel ; ils ont adopté la fête grecque et l’ont fixée au 12 novembre ; Le 12 de chaque mois, ils célébraient une commémoration spéciale de l’archange, mais le 12 juin, lorsque le fleuve commençait à monter, ils la gardaient comme fête obligatoire pour la fête de Saint Michel « pour la crue du Nil », euche eis dix symmetron anabasin ton potamion hydaton.

A Rome, le Sacramentaire Léonin (VIe siècle) donne comme date de la « Natale Basilique Angeli via Salaria », le 30 septembre ; Sur les cinq messes de célébration, trois mentionnent saint Michel. Le sacramentaire gélasien (VIIe siècle) donne la fête « S. Michaelis Archangeli’, et le sacramentaire grégorien (VIIIe siècle), ‘Dedicatio Basilionis S. Angeli Michaelis’, 29 septembre. Un manuscrit ajoute « via salaria » (Ebner, « Miss. Rom. Iter Italicum », 127). Cette église sur la Via Salaria était à six milles au nord de la ville ; au IXe siècle, elle s’appelait Basilique Archangeli in Septimo (Armellini, « Chiese di Roma », p. 85). Elle a disparu il y a 200 ans. A Rome, saint Michel se voit également confier le rôle de médecin céleste. D’après une tradition qui commence au Xe siècle, il est apparu sur les Moles Hadriani (Castel di Sant ’Angelo), en 950, lors de la procession que Saint Grégoire organisait contre la peste, mettant fin à la peste. Boniface IV (608-15) construisit en son honneur une église dans les Moles Hadriani, qui fut baptisée St. Michaelis inter nubes (in summitate circi).

Bien connue est l’apparition de Saint Michel (vers 494 ou 530-40) dans son sanctuaire du Mont Gargano, racontée dans le Bréviaire romain, le 8 mai, où lui fut rendue sa gloire originelle en tant que patron de la guerre. Les Lombards de Sipontum (Manfredonia) attribuent leur victoire sur les Grecs napolitains, le 8 mai 663, à son intercession. En commémoration de cette victoire, l’église de Sipontum a institué une fête spéciale en l’honneur de l’archange, le 8 mai, qui s’est répandue dans toute l’Église latine et est maintenant appelée (depuis l’époque de Pie V) « Apparitio S. Michaelis », mais à l’origine, il ne commémorait pas l’apparition mais la victoire.

En Normandie, saint Michel est considéré comme le saint patron des marins dans son célèbre sanctuaire du Mont-Saint-Michel, dans le diocèse de Coutances. On raconte qu’il y apparut en l’an 708, à saint Aubert , évêque d’Avranches. En Normandie leur fête  ‘S. Michaelis en periculo maris’ était universellement célébrée le 18 octobre, anniversaire de la consécration de la première église, le 16 octobre 710 ; la fête s’est cantonné alors au diocèse de Coutances. En Allemagne, après son évangélisation, Saint Michel a remplacé pour les chrétiens le dieu païen Wotan, à qui de nombreuses montagnes étaient sanctifiées, d’où les nombreuses chapelles Saint Michel dans toute l’Allemagne.

Les hymnes de l’Office romain auraient été composés par saint Raban Maur de Fulda (mort en 856). Dans l’art, Saint Michel est représenté comme un ange guerrier, armé d’un casque, d’une épée et d’une armure (souvent l’armure porte l’inscription latine : « Quis ut Deus »), debout au-dessus du dragon, qu’il poignarde parfois avec une lance, une paire de balances où il pèse les âmes des déviés (cf. Rock, ‘L’Église de Nos Pères’, III, 160), ou le livre de vie, pour montrer qu’il participe au jugement. Sa fête (29 septembre) était célébrée comme fête obligatoire au Moyen Âge, mais avec d’autres fêtes, elle fut progressivement abolie au cours du XVIIIe siècle.

Le jour de Saint-Michel, en Angleterre et dans d’autres pays, est l’un des quatrièmes jours réguliers d’ajustement des revenus et des comptes ; mais il n’est plus connu pour l’hospitalité avec laquelle il fut célébré à l’origine.

De nombreuses familles portaient une tenue pour la Saint-Michel. Dans certaines paroisses (île de Skye), on organisait une procession ce jour-là et on préparaitun gâteau appelé pain de Saint-Michel.

FREDERICK G. HOLWECK

Source: ACI-PRENSA