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“CELUI QUI N’EST PAS CONTRE NOUS EST POUR NOUS. SI TA MAIN EST POUR TOI UNE OCCASION DE CHUTE, COUPE-LA”

Lire l’évangile du dimanche (Mc 9, 38-43.45.47-48)

MeuleQU’EST-CE  QUE LE SCANDALE?

Jérôme expliquant cette phrase de S. Matthieu (15, 2) : ” Sais-tu qu’en entendant cette parole, les pharisiens… “, dit : ” Quand nous lisons : “quiconque aura scandalisé”, nous comprenons : celui qui, par ses paroles ou ses actes, aura fourni une occasion de chute. “

D’après aussi S. Jérôme, ” nous pouvons traduire le grec scandalon par faux pas, chute ou heurt du pied “. Il arrive parfois en effet qu’un obstacle se présente sur le chemin et qu’en le heurtant on s’expose à tomber. Cet obstacle est appelé scandale. Pareillement il arrive qu’au cours de l’itinéraire spirituel, les paroles et les actions d’autrui exposent à la chute spirituelle dans la mesure où cet autre, par ses conseils, ses suggestions ou son exemple, entraîne au péché.

C’est proprement cela qu’on appelle scandale. Or, il n’est rien qui, en raison de sa nature propre, expose à la chute spirituelle, sinon pour un défaut de rectitude. Ce qui est parfaitement droit, en effet, préserve de la chute plutôt qu’il n’y conduit. Voilà pourquoi cette définition du scandale est bonne : ” Une parole ou un acte peu régulier offrant une occasion de chute. “

Saint Thomas d’Aquin

Somme Théologique II-II. Question 43. Art. 1

LE RESPECT DE L’ÂME D’AUTRUI : LE SCANDALE

Scandale2284 Le scandale est l’attitude ou le comportement qui portent autrui à faire le mal. Celui qui scandalise se fait le tentateur de son prochain. Il porte atteinte à la vertu et à la droiture ; il peut entraîner son frère dans la mort spirituelle. Le scandale constitue une faute grave si par action ou omission il entraîne délibérément autrui à une faute grave.

2285 Le scandale revêt une gravité particulière en vertu de l’autorité de ceux qui le causent ou de la faiblesse de ceux qui le subissent. Il a inspiré à notre Seigneur cette malédiction : ” Qui scandalise un de ces petits, il vaudrait mieux pour lui qu’on l’ait précipité dans la mer avec une pierre au cou ! ” (Mt 18, 6 ; cf. 1 Co 8, 10-13). Le scandale est grave lorsqu’il est porté par ceux qui, par nature ou par fonction, sont tenus d’enseigner et d’éduquer les autres. Jésus en fait le reproche aux scribes et aux pharisiens : Il les compare à des loups déguisés en agneaux (cf. Mt 7, 15).

2286 Le scandale peut être provoqué par la loi ou par les institutions, par la mode ou par l’opinion.

Ainsi se rendent coupables de scandale ceux qui instituent des lois ou des structures sociales menant à la dégradation des mœurs et à la corruption de la vie religieuse, ou à des ” conditions sociales qui, volontairement ou non, rendent ardue et pratiquement impossible une conduite chrétienne conforme aux commandements ” (Pie XII, discours 1er juin 1941). Il en va de même des chefs d’entreprises qui portent des règlements incitant à la fraude, des maîtres qui ” exaspèrent ” leurs enfants (cf. Ep 6, 4 ; Col 3, 21) ou de ceux qui, manipulant l’opinion publique, la détournent des valeurs morales.

2287 Celui qui use de pouvoirs dont il dispose dans des conditions qui entraînent à mal faire, se rend coupable de scandale et responsable du mal qu’il a, directement ou indirectement, favorisé. ” Il est impossible que les scandales n’arrivent pas, mais malheur à celui par qui ils arrivent ” (Lc 17, 1).

Catéchisme de l’Eglise Catholique

Ne nous laisse pas succomber dans la tentation (Première partie)

Tentation - Monastère Bx Charles de Foucauld - Institut du Verbe IncarnéIl existe des pécheurs désireux d’obtenir le pardon de leurs fautes ; ils se confessent et font pénitence ; mais ils n’apportent pas toute l’application nécessaire pour ne pas retomber dans le péché. Ils sont vraiment inconséquents avec eux-mêmes. En effet, à certaines heures, ils pleurent leurs péchés et s’en repentent, et à d’autres heures ils retombent dans leurs fautes, et accumulent ainsi la matière de larmes futures. C’est la raison pour laquelle le Seigneur leur dit en Isaïe (1, 16) :Lavez-vous, purifiez-vous, retirez de ma vue vos pensées mauvaises, cessez de mal faire.

Et c’est aussi pourquoi le Christ, comme nous l’avons dit, nous enseigne dans la demande précédente, à implorer le pardon de nos péchés et, dans celle-ci, nous apprend à demander la grâce de pouvoir éviter le péché, par ces parolesNe nous laissez pas succomber à la tentation, car à la tentation il appartient précisément de nous faire tomber dans le péché.

                 Le contenu de cette sixième demande de l’oraison dominicale nous invite à examiner :

  1. Ce qu’est la tentation,
  2. Comment et par qui l’homme est tenté,
  3. Comment il est délivré de la tentation.

  Qu’est-ce que la tentation ?

Tenter ne signifie rien d’autre que mettre à l’essai ou éprouver. Ainsi, tenter un homme, c’est éprouver sa vertu.

Sa vertu peut être mise à l’essai ou éprouvée de deux manière dans la ligne des exigences de la vertu humaine.

Il est requis d’une part que l’œuvre bonne soit accomplie d’une manière excellente et d’autre part que l’on se garde du mal. Ce qui est indiqué par le Psalmiste (Ps 33, 15) : Evite le mal et fais le bien.

La vertu de l’homme sera donc mise à l’épreuve tantôt au point de vue de l’excellence de son agir, tantôt au point de vue de son éloignement du mal.

Si, en premier lieuon vous éprouve pour savoir si vous êtes prompt à vous porter au bien, comme par exemple à jeûner, et si on vous trouve effectivement prompt au bien, ce sera le signe que votre vertu est grande.duccio_la_tentacion_de_cristo_enmarcado_frick_collection_new_york1

C’est de cette façon que Dieu éprouve parfois l’homme ; ce n’est pas qu’il ignore sa vertu, mais il veut la faire connaitre à tous et à tous la donner en exemple. Dieu éprouva de cette manière Abraham (cf. Gn 2) et Job. Souvent en effet le Seigneur envoie des tribulations aux justes ; s’ils les supportent patiemment, leur vertu est manifestée et ils progressent dans la vertu. Le Seigneur vous tente, disait Moïse aux Hébreux (Deut 13, 3) afin de faire apparaître au grand jour si oui ou non vous l’aimezC’est donc de cette manière seulement que Dieu tente l’homme, à savoir, en l’excitant à bien faire.

En second lieu, pour éprouver la vertu de l’homme, on l’incitera au mal. S’il résiste fortement et ne consent pas, c’est l’indice de la grandeur de sa vertu ; mais s’il succombe à la tentation, sa vertu est manifestement inexistante.

Jamais Dieu ne tente qui que ce soit de cette manière ; car Dieu est incapable de tenter et de pousser personne au mal.

Sa propre chair, le diable et le monde, voilà les tentateurs de l’homme.

Commentaire au Notre Père

Saint Thomas d’Aquin