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Dimanche du Bon Pasteur et la journée mondial de prière pour les vocations.

Chaque année l’Eglise célèbre dans ce quatrième dimanche après Pâques le dimanche appelé du Bon Pasteur. Une tradition présente depuis très tôt dans histoire de l’Eglise consistait en que les différentes paroisses de Rome se rendaient à la Basilique de Saint Pierre, pour célébrer la Pâque auprès des reliques du premier Pasteur de Rome, celui que le Bon Pasteur avait laissé comme son vicaire dans ce monde.

L’évangile nous propose la belle image du Bon Pasteur, très chère depuis l’aube du Christianisme, et les lectures, la première et la deuxième, nous montrent la valeur du sacrifice du Christ, le bon Pasteur a donné sa vie pour nous, qui étions de brebis égarées par le péché.  

Depuis quelques années, l’Eglise a uni à cette spéciale commémoration que l’on fait de Jésus Bon Pasteur, une intention particulière, aujourd’hui c’est aussi la journée de prière pour les Vocations.

Nous prions Dieu pour qu’Il envoie des ouvriers à sa moisson, ceux qui sont appelés au sacerdoce et ceux qui consacrent totalement leur vie pour la Gloire de Dieu et le salut des âmes. Lorsque nous prions pour cette intention, nous ne faisons que demander à Dieu que Jésus se multiplie dans ce monde, parce qu’Il l’a voulu de cette manière.

Les prêtres sont appelés par Dieu pour servir le peuple chrétien, en renouvelant le sacrifice du Christ sur l’autel, en pardonnant les péchés à travers le sacrement de la confession, appelés pour qu’ils agissent « in persona Christi », dans la personne du Christ.

Les consacrés, les frères ou sœurs religieuses sont appelés eux aussi à être l’image du Christ, le Christ qui prie pour la conversion du pécheur, le Christ qui guérit les malades, le Christ qui apporte une parole de consolation, d’amour, le Christ qui montre le chemin pour aller au Ciel, le Christ qui donne sa vie pour ceux qu’Il aime.

Le fait de connaître mieux la nature de l’appel à la vie sacerdotale ou religieuse nous donnera certainement une force spéciale pour la prière, nous appuyant de ce principe qui dit que pour pouvoir aimer une chose, il faut tout d’abord la connaître.

Comme premier point nous devons nous demander qu’est-ce que ce que la vocation ? Alors, c’est un appel et une grâce, le fait de l’inspirer et de la faire naître est au-delà de nos forces humaines. L’initiative est toujours de Dieu : Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure (Jn. 15, 16).

C’est le Seigneur lui-même qui se dirige au fond de la conscience d’une âme, pour qu’elle consacre sa vie à l’apostolat ou à la pratique de la perfection chrétienne.

Une des grandes questions surtout des jeunes devant la question de la vocation, soit sacerdotale ou religieuse, c’est « de quelle manière on aperçoit cet appel à se consacrer ? » Beaucoup croient que cela se fait à travers une motion sensible de l’Esprit Saint, ou bien une vision, comme c’est le cas de certains saints dans l’histoire de l’Eglise qui ont senti une grande consolation, ce que nous pouvons appeler un phénomène mystique. Mais nous devons savoir plutôt que cela ce n’est pas la façon ordinaire dont Dieu se communique à l’âme.

D’autres disent aussi que pour avoir la vocation, il faut une attraction naturelle pour la vie consacrée, il faut que ce style de vie porte un certain plaisir, un goût sensible pour ce genre de vie.

La véritable réponse c’est que l’appel au sacerdoce ou à la vie consacrée se manifeste lorsque le désir de se consacrer à Dieu se réveille au fond d’une âme avec une totale rectitude d’intention (une intention droite), c’est-à-dire, avec la seule motivation de se consacrer à Dieu et au salut des âmes, ayant évidement les qualités physiques, intellectuelles et morales nécessaires et suffisantes pour embrasser cette vie.

Saint Jean Bosco disait encore : « Ceux qui sentent dans leur cœur ce désir d’embrasser cet état de perfection et de sainteté peuvent croire sans aucun doute qu’un tel désir ne vient que du Ciel, parce que c’est un désir trop généreux et il est par-dessus de tout sentiment de la nature humaine ( de notre chair) ».

Il faut dire aussi que, loin d’avoir un goût sensible ou une consolation de l’ordre de la nature, la personne appelée va expérimenter plutôt une résistance qu’on peut dire « naturelle », car notre nature nous incline à la vie du mariage et à nous conserver dans ce monde (et non pas à nous éloigner de lui). Encore plus, dans une époque difficile et matérialiste comme la nôtre, il est normal de sentir une forte répulsion à une vie pleine de sacrifices, de renoncement à soi-même, et qui implique parfois, la héroïcité. Mais, malgré que les forces de la nature tentent toujours de gagner les cœurs, il y a toujours des hommes et des femmes choisis par Dieu avec une volonté convaincue de faire ce qu’Il leur demande et d’être généreux avec leur Rédempteur.

Mais alors, en concret, comment se manifeste ce choix de Dieu ? Dieu va toujours donner des signes de route à celui qu’Il a choisi ?

A chaque fois que Dieu montre le but, il donnera et montrera clairement aussi les moyens pour y arriver. Il donnera comme des pistes pour suivre son appel. Un saint, le père Hurtado, énumérait quelques-unes :

  • Par exemple, par une inquiétude de l’âme qui la pousse à regarder vers le Ciel (le désir de choses d’en haut, comme dit saint Paul, cf. Col. 3,2)
  • Une prédication qui fait aspirer à une plus grande perfection, la lecture d’un livre.
  • La mort d’une personne aimée ou un autre évènement difficile à vivre mais qui montre aussi la vanité de la vie.
  • Une retraite, des exercices spirituels qu’on fait pour donner une nouvelle impulsion vers la sainteté, pour considérer quelles sont les choses vraiment essentielles dans notre vie.

A cela nous pouvons ajouter l’écoute attentive de la parole du Christ par exemple lorsqu’il dit : celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle.(Mt. 19, 29)

Certains ont pourtant argumenté que ces paroles étaient adressées seulement aux apôtres qui entouraient à ce moment Jésus. Mais nous savons que ce conseil est dirigé à tous sans une limitation temporelle : Ce que je vous dis là, je le dis à tous (Mc 13, 37). Selon les paroles de saint Thomas d’Aquin, c’est une grande erreur que de penser que ces paroles ont eu de la valeur que pour une époque, si ces choses-là n’étaient destinées que pour les contemporains de Jésus, elles n’auraient jamais été écrites. Mais elles ont été dites pour eux et écrites pour nous.

Alors, une fois qu’on a découvert la vocation, comment répondre ?

Evidement que cela doit être partagé avec une personne qui puisse nous orienter, comme c’est un guide spirituel, un confesseur, un prêtre.

Mais, essentiellement, toute réponse implique trois caractéristiques :

Une promptitude pour suivre l’appel comme les apôtres de qui nous dit l’évangile : Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent (Mc.1,18).

La perfection et la héroïcité, c’est-à-dire, être prêt à ne pas vouloir garder ce que j’abandonne maintenant, savoir couper avec le monde. Etre prêt à mourir à la vie de ce monde pour vivre avec Dieu : toujours nous portons, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps (2Cor.4, 10).

Et la générosité, car Dieu appelle ceux qui ne lui posent pas de conditions pour Le suivre : Un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts » (8, 21-22).

Le Seigneur veut un don total de vie et une ferme décision : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu » (Lc. 9, 62)

Continuons à prier pour les vocations, pour que ceux qui ont été et sont appelés répondent avec promptitude, générosité et perfection.

Nous demandons cette grâce à Marie, Reine des vocations. 

P. Luis Martinez IVE.

Le Ciel, il est bon que nous soyons ici !

« Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : ‘Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie.’ » (Mt 17, 1–4)

” Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! “, s’exclame saint Pierre plein de joie, et c’était bien parce que la transfiguration du Seigneur est “une transcription de la beauté du ciel” (Saint Alphonse-Marie de Liguori).

I. Qu’est-ce que le paradis ?

Qu’y a-t-il ? Que désire ton cœur ? Es-tu un ami de la musique? Il y en aura… mais paradisiaque ! Es-tu un ami de manger et de boire ? Tu y auras des saveurs exquises, mais sans gourmandises. Envie de parfums ? Là, tu les auras extrêmement doux, même s’ils ne sont pas dans les objets présents. Veux-tu une bonne compagnie? Les anges, les saints, la Sainte Vierge, nos bien-aimés… la fleur et le meilleur du monde, la « crème » de l’humanité… Que veux-tu Dieu dit : Ouvre ta bouche et je la remplirai (Ps 81 ? ,11) .

Au ciel, Dieu nous donnera tout ce que nous désirons : là-bas, il y aura de la bonne compagnie, là-bas des délices indescriptibles, là-bas une satisfaction complète, là-bas l’honneur, là-bas l’abondance, là-bas la vraie richesse.

Et « je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi. Ainsi vous mangerez et boirez à ma table dans mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. » (Luc 22, 29-30). Qu’est-ce que cela signifie? Que notre bonheur sera si grand que nous devrons manger et boire ce que Dieu mange et boit. Sur terre, deux époux qui s’aiment mangent la même nourriture. De même, ce que nous mangeons au ciel est la même chose que Dieu mange. Tu ne mangeras pas un mets délicat et Dieu un autre ; Tu mangeras ce qu’Il mange, ce qu’Il boit, tu le boiras, ce dont Il se réjouit, tu te réjouiras. Nous mangerons tous une chose. N’as-tu pas lu dans les Saintes Écritures : ils mangeaient tous le même pain spirituel et ils buvaient tous la même boisson spirituelle (1 Cor 10, 3) ?

Que mange Dieu, que boit-Il ? Son plat délicieux est se connaître, s’aimer et profiter de toutes les bonnes choses qu’Il possède et qu’il ne peut pas perdre. Voilà ses plaisirs, ses passe-temps. Béni soit Dieu qui ne veut pas que notre gloire soit une chose créée – pas même l’humanité de Jésus – mais plutôt le même Bien incréé suprême, éternel et infini qu’Il ​​est !

 II. Mais qui saura dire ce que c’est ?

C’est bien plus que tout ce que nous pouvons dire et penser :

– bien plus que la pleine vitesse d’une voiture de course,

– bien plus qu’un avion volant à travers les nuages…

Beaucoup plus…

– que de skier dans la neige,

– que participer à la chasse sous-marine,

– qu’un gâteau au chocolat.

– que le chant des oiseaux dans la forêt,

– que les fleurs sauvages de la montagne,

– qu’un bon match de football,

– qu’une rose mouillée par la pluie,

– que de naviguer en haute mer,

– que le sourire des enfants,

– qu’une fête d’anniversaire,

– que la naissance d’un enfant,

– que le ciel étoilé,

– que le lever et le coucher du soleil,

– que la fête de Noël en famille,

– que la joie des mariages,

– que la joie d’un bon livre,

– que l’amour de la mère,

– que l’affection des amis,

– que l’âme d’un moine,

– qu’une femme avec une âme de fille,

– que la récolte des fruits,

– qu’un cheval au galop,

– que réussir un examen,

– qu’un cadeau inattendu.

Selon vous, quelle est la joie des saints au ciel ? Très peu de ceux qui sont ici le savent. Certains pensent que cela signifie se reposer, ne pas avoir de mauvais voisins, ne pas être tenté ou ne pas souffrir. C’est cela, mais pas seulement ; ce n’est que très peu. Celui qui ne connaît pas l’amour ne le comprendra pas.

La joie sera que :

– En voyant Dieu, je le désire pour moi et je désire pour lui des biens si grands qu’aucune langue ne peut les dire ;

– l’aimant plus que moi, je lui souhaite plus de bien que moi ; Je lui souhaite : la vie, le repos, la beauté et des biens infinis. Et comme ils (les saints) voient que Dieu a encore plus de biens qu’ ils ne pourraient en souhaiter, ils s’en réjouissent bien plus que s’ils les possédaient eux-mêmes ; de cette façon, on comprend qu’ils sont assis à la table de Dieu, mangeant la même nourriture que Dieu mange. Voici le délice par-dessus tout délice… ! Là où il y a un amour si ardent que ni l’oeil n’a vu, ni l’oreille n’a entendu, ni n’est entré dans l’esprit de l’homme ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment (1 Cor 2, 9), qui consiste, dit saint Jean de Ávila, “en aimant Dieu pour toi-même et en t’aimant toi-même pour Dieu et toi et Dieu pour soi-même”. De quelle joie s’agit-il ? La joie même de Dieu : Très bien, bon et fidèle serviteur ; Tu as été fidèle en peu de choses, je t’établirai sur beaucoup ; entre dans la joie de ton Seigneur (Mt 25, 23)… entre pour jouir de ce qui Lui plaît, pour vivre de ce qu’Il vit, pour être un seul esprit avec Lui ; en un mot, être Dieu par participation.

Nous serons semblables à Dieu… : Dieu beau et toi beau, Dieu puissant et toi puissant, Dieu bon et toi bon, Dieu impassible et toi impassible, Dieu béni et toi bienheureux. Pourquoi? Parce que nous verrons Dieu tel qu’Il est (1Jn 3, 2).

Et à quoi ça sert ? Ce n’est ni manger ni boire, ni rire, ni plaisirs charnels, ni argent… qu’est-ce que c’est ? Un bien pour lequel les saints de Dieu vivaient dans des grottes, vivaient vierges toute leur vie, souffraient de la chaleur et du froid, de la faim et de la nudité, des tourments et des persécutions ; un bien pour lequel le Christ lui-même a versé son sang et continue de se sacrifier sans effusion de sang sur les autels. Qu’est-ce que cela ? Tel est son nom qui n’a pas d’autre nom : À celui qui vaincra, je donnerai la manne cachée et je lui donnerai une pierre blanche, et dessus est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît sauf celui qui le reçoit (Ap 2 : 17). Seuls ceux qui le reçoivent le savent et ils ne le savent jamais pleinement. Même s’ils vous apprécient depuis des millions d’années, ils ne se lasseront jamais de vous ! Émerveillés, ils disent : Manne, « qu’est-ce que c’est ? »

Qu’est-ce que le paradis ? Voir Dieu, jouir de Dieu et posséder Dieu ; et avec Dieu de toutes choses.

– C’est pourquoi l’Apôtre nous enseigne : j’ai la certitude que les souffrances du temps présent ne sont rien en comparaison de la gloire qui sera révélée en nous (Rm 8, 18).

III. Le ciel est Jésus-Christ.

– Pour que nous puissions aller au Ciel, le Christ est mort sur la Croix et nous, ingrats, oublions le Ciel et le Christ. Combien le Christ souffre pour cela !

Et cela a été magnifiquement exprimé par un poète en chantant :

«Un jeune berger (Jésus) est seul et en deuil,

étranger au plaisir et contentement,

et sur sa bergère (l’âme) posa la pensée,

et son cœur de l’amour a été très blessé.

Il ne pleure pas à cause de l’amour qui l’a blessé,

Ça ne vaut pas la peine de se voir si affligé,

bien qu’il soit blessé au cœur ;

Il pleure davantage parce qu’il se croit oublié.

Que juste penser qu’il est oublié

de sa belle bergère, avec une grande tristesse

il se laisse maltraiter en terre étrangère

le cœur de l’amour très blessé.

Et le petit berger dit : Oh, dommage

de celui qui a été absent de mon amour,

et ne veut pas profiter de ma présence.

et le cœur pour son amour très blessé!

Et après un long moment, il est monté

sur un arbre, il ouvrit ses beaux bras,

et mort il est resté, et accroché à eux,

le cœur de son amour très blessé.

+ P. Carlos Miguel Buela IVE

Fondateur de la Famille Religieuse du Verbe Incarné