« Dieu compris » Saint Augustin

Saint Augustin prêchait : « Que pouvons-nous donc dire de Dieu, mes frères ? Si l’on comprend ce que l’on veut dire de Lui, ce n’est pas Lui ; ce n’est pas Lui que l’on peut comprendre, c’est autre chose à la place de Lui ; et si l’on croit l’avoir saisi Lui-même, on est le jouet de son imagination. Il n’est pas ce que l’on comprend ; Il est ce que l’on ne comprend pas; et comment vouloir parler de ce que l’on ne saurait comprendre? » (Sermon 52, 16).

Un poète espagnol, Lope de Vega, dans un poème sur saint Augustin, répète cette idée avec ces mots : « ce ne serait pas Dieu qu’Il est, s’Il était ‘Dieu compris’ ».

C’est à nous de voir comment le mal, dans un sens, domine le monde. Comment ce sont les critères du mal qui prévalent dans le monde. Comment les gouvernements font des lois contre l’homme, contre la vie, contre la religion. Combien de crimes sont commis, combien de péchés sont commis. Comment le destin surnaturel et transcendant de chacun de nous est si oublié.

Et Dieu est silencieux. Dieu attend. Et nous ne comprenons pas pourquoi Il attend. Parce que ce ne serait pas Dieu qu’Il est, s’Il était « Dieu compris ».

C’est à nous de voir, malheureusement, à quel point le mal est dans l’Église. Combien de chrétiens ne donnent pas un témoignage de foi courageuse, d’espérance solide, de charité ardente, d’unité, d’amour de la vérité, de patience. Combien de « maîtres de la foi » trahissent la vérité chrétienne, par manque d’amour ou par manque d’esprit de sacrifice. Comment il y a des bergers qui ne nourrissent pas leur troupeau, mais l’abandonnent et le remettent aux voleurs et aux brigands.

Et Dieu, le berger de son peuple, regarde patiemment, et n’intervient pas, n’arrange pas les choses. Et nous ne comprenons pas pourquoi Dieu semble muet, et inactif. Et nous ne comprenons pas parce que ce ne serait pas Dieu qu’Il est, s’Il était Dieu compris.

Même dans notre propre vie. Nous souffrons tant de mal, souvent sans le mériter. Nous souffrons le mal de la part des hommes, qui nous traitent mal, qui nous humilient, qui nous oublient ; nous souffrons le mal de la part du diable, qui nous tente et veut nous pousser à perdre la grâce par le péché. Combien de fois nous voudrions faire les choses bien et nous n’avons pas la force, combien de fois nous voudrions pratiquer plus et mieux les vertus et nous tombons à la première tentative. Combien de fois aimerions-nous que Dieu nous montre le chemin plus clairement, qu’il nous fasse en un instant surmonter toutes nos faiblesses, et qu’il enlève le péché de nos vies pour toujours.

Et pourtant, Dieu, qui ne nous abandonne pas, se tait. Dieu semble ne faire que regarder. Et nous ne comprenons pas pourquoi, et nous ne comprenons pas parce que ce ne serait pas Dieu qu’Il est, s’Il était Dieu compris.

C’est pourquoi, plutôt que d’essayer de comprendre Dieu, nous devons Lui faire confiance. Nous devons nous abandonner à Lui, nous devons nous jeter à Lui. Certes, nous devons étudier et nous former pour mieux connaître Dieu, mais si nous ne nous abandonnons pas à Lui avec confiance, cette étude et cette formation ne servent à rien. Et pour avoir confiance en Dieu, nous devons apprendre à regarder la Croix. Dieu est muet, mais avant de devenir muet, Il nous a dit une Parole, et Il la dit toujours, et cette parole est Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié.

Mère Teresa de Calcutta disait que le mal existe dans le monde, afin que le bien puisse se manifester.

Nous demandons à la Vierge Marie, qui écrase la tête du dragon, la grâce de montrer dans nos vies la victoire de la croix de Jésus, afin de partager avec Lui éternellement la gloire de son triomphe.

P. Juan Manuel Rossi IVE.

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