Marie, Mère de Dieu et de l’Église

Il n’y eut qu’un seul homme que la virginité pouvait seule enfanter dignement, celui qui ne pouvait avoir d’égal dans sa naissance ; mais d’ailleurs, cet unique enfantement d’une seule vierge sainte est l’honneur de toutes les vierges consacrées. Elles sont même, elles aussi, avec Marie, les mères du Christ, si elles font la volonté de son Père ; car voilà précisément où Marie elle-même puise ce qu’il a de plus glorieux et de plus heureux à être la mère du Christ, selon l’affirmation de Jésus : Quiconque fait la volonté de mon Père est dans les cieux, celui-là est pour moi un frère et une sœur et une mère. 

Toutes ces parentés, le Christ les revendique spirituellement dans le peuple qu’il a racheté : il a pour frères et pour sœurs tous les hommes et toutes les femmes qui se sanctifient parce qu’ils sont ses cohéritiers dans l’héritage céleste : sa mère, c’est l’Église tout entière, car, par la grâce de Dieu, c’est elle qui met au monde ses membres, c’est-à-dire ses fidèles. Sa mère, c’est encore toute âme pieuse qui accomplit la volonté de son Père, en vertu de cette charité qui est si féconde en ceux qu’elle enfante jusqu’à ce que le christ lui-même soit formé en eux. Marie elle-même, en faisant la volonté de Dieu, n’est corporellement que la mère du Christ ; mais spirituellement, elle est donc et sa sœur et sa mère. […]

Il fallait que notre chef, par un miracle insigne, naquît, selon la chair, d’une vierge, pour signifier que ses membres naîtraient, selon l’esprit, de cette autre vierge qu’est l’Église.

Saint Augustin

Traité de la sainte virginité

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