Solennité de Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l’Univers

Que le Christ règne dans nos âmes

Christ RoiDu Traité de saint Jean Eudes sur le Royaume de Jésus

Nous devons continuer et accomplir en nous les états et mystères de Jésus, et le prier souvent qu’Il les consomme et accomplisse en nous et en toute son Église. Car les mystères de Jésus ne sont pas encore dans leur entière perfection et accomplissement. Bien qu’ils soient parfaits et accomplis dans la personne de Jésus, ils ne sont pas néanmoins encore accomplis et parfaits en nous qui sommes ses membres, ni en son Eglise qui est son corps mystique. Car le Fils de Dieu a le désir de nous faire une participation, et de faire comme une extension et continuation de ses mystères en nous et en toute son Église, par les grâces qu’Il veut nous communiquer, et par les effets qu’Il veut opérer en nous par ces mystères. Et par ce moyen Il veut les accomplir en nous. C’est pourquoi saint Paul dit que Jésus Christ s’accomplit dans son Eglise, et que nous concourons tous à sa perfection et à l’âge de sa plénitude, c’est-à-dire à son âge mystique qu’Il a dans son corps mystique; et cet âge ne sera accompli qu’au jour du jugement. Et ailleurs, il dit qu’il accomplit en son corps la Passion de Jésus Christ. Ainsi le Fils de Dieu a le désir de consommer et accomplir en nous tous ses états et mystères. Il a le désir de consommer en nous le mystère de son Incarnation, de sa naissance, de sa vie cachée, en se formant en nous et en prenant naissance dans nos âmes, par les saints sacrements de Baptême et de la divine Eucharistie, et en nous faisant vivre d’une vie spirituelle et intérieure qui soit cachée avec Lui en Dieu. Il a le désir de perfectionner en nous le mystère de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection, en nous faisant souffrir, mourir et ressusciter avec Lui et en Lui. Il a le désir d’accomplir en nous l’état de vie glorieuse et immortelle qu’Il a au ciel, en nous faisant vivre avec Lui et en Lui, lorsque nous serons au ciel, d’une vie glorieuse et immortelle. Et ainsi Il a le désir de consommer et accomplir en nous et en son Église tous ses autres états et mystères, par une communication et participation qu’Il veut nous donner, et par une continuation et extension qu’Il veut faire en nous de ces mêmes états et mystères. Ainsi les mystères de Jésus ne seront point accomplis jusqu’à la fin du temps qu’Il a déterminé pour la consommation de ses mystères en nous et en son Eglise, c’est-à-dire jusqu’à la fin du monde.

Source: Liturgie des Heures

Bienheureux Miguel Agustin Pro

Nous approchant de la Solennité du Christ Roi, nous voudrions vous présenter la vie d’un martyr mexicain, qui nous est très cher, il est mort le 23 novembre, en criant « Vive le Christ Roi ».Bienheureux Miguel A. Pro

Miguel Agustin (Michel Augustin) Pro Juarez naît en 1891 à Guadalupe au Mexique dans une famille profondément chrétienne. Son père est un ingénieur qui dirige l’exploitation d’une mine. Sa mère s’appelle Josefa Juarez. Le petit ‘Miguelito’, comme on l’appelle, manifeste un caractère très gai et même espiègle, prêt à jouer mille tours. Devenu grand, il abandonne un moment la pratique religieuse, mais il y revient, ému par l’entrée de sa sœur au couvent, et c’est le point de départ de sa vocation. Agé de vingt ans, il entre chez les Jésuites et fait ses premiers vœux le 15 août 1913. Inquiétés par le gouvernement mexicain anti-clérical, les Jésuites en formation doivent s’exiler aux Etats-Unis. Michel va aussi en Espagne (deux séjours) et au Nicaragua, pour aboutir en Belgique à Enghien où il achève son parcours de formation dans la maison d’études des jésuites français, eux aussi exilés, par leur gouvernement. Malgré sa mauvaise santé et de continuelles douleurs à l’estomac, le jeune jésuite se distingue par une joie inaltérable et communicative. Il est ordonné prêtre à 34 ans à Amiens, en août 1925. Lui qui venait d’un milieu aisé et qui aurait pu succéder à son père, il préfère les pauvres, et en particulier, il prend contact avec les mineurs belges et français qu’il a l’occasion de rencontrer ; il s’intéresse à la pastorale ouvrière et à la JOC naissante (Jeunesse ouvrière catholique).

Le père Pro prie avant son exécution
Le P. Pro prie avant son exécution

Malgré la persécution qui s’intensifie au Mexique avec l’arrivée au pouvoir du général Calles, ses supérieurs pensent que l’air du pays pourrait être bénéfique à sa santé (que plusieurs opérations n’ont pas pu rétablir). Le Père Pro revient au Mexique en 1926 quelques jours après l’édit interdisant la présence des prêtres. A Mexico, pendant plus d’une année, il exercera un ministère clandestin périlleux. Les églises sont fermées et tout culte public interdit. Mais, il a l’art d’agir sans être pris. Il se fait appeler ‘Cocol’ (nom d’un pain sucré qu’il aimait dans son enfance). Il utilise toutes sortes de déguisements, s’habillant par exemple en gendarme pour visiter les prisons. Un jour, alors que la maison où il se cache est cernée, il se déguise en inspecteur de police, aborde un officier et lui reproche de ne pas agir assez énergiquement pour arrêter “ce vaurien de Pro” ; l’autre s’excuse, promettant d’intensifier ses recherches. Une autre fois, talonné par la police, il prend une jeune femme dans ses bras et lui dit : « Aidez-moi, je suis prêtre », et la police passe en trombe sans prêter attention à ce couple. Dans cette vie de proscrit, l’eucharistie est la force qui l’anime et, pour en nourrir aussi ses fidèles, il organise des ‘stations eucharistiques’ disant la messe chaque jour dans une maison différente. Il n’a pas peur de s’exposer encore plus en ajoutant à son ministère spirituel des services de charité en faveur des pauvres.

Le père Pro reçoit la fussilade
Le père Pro reçoit la fussilade

Finalement il est pris, soupçonné à tort d’avoir fomenté avec son frère prêtre également, un attentat contre l’ancien Président, le Général Obregon. On le condamne sommairement. On se doute bien qu’il est innocent, mais Calles en veut surtout à son caractère sacerdotal et à son ministère. Le 23 novembre 1927, on l’emmène au lieu d’exécution. Là, après avoir prié et refusé le bandeau sur les yeux, il élève une voix puissante pardonnant à tous et disant à Dieu son innocence, puis il étend les bras en croix, tenant un crucifix dans une main et un chapelet dans l’autre, et avant d’être transpercé par les balles, il s’écrie : « Vive le Christ Roi ! » Pour son enterrement, toute manifestation publique est interdite, mais plus de vingt mille personnes sont aux fenêtres ou l’accompagnent en silence dans les rues. Parmi les prêtres martyrs de cette période, le Père Pro est le plus connu.

« Je n’ai jamais si bien compris, écrit le P. Pro, la valeur de la souffrance. II est bon de souffrir et de n’être vu que de Dieu… Il faut pourtant que je guérisse. Je veux rentrer au Mexique, où je mourrai martyr. Je veux des âmes!… J’offrirais volontiers dès maintenant le sacrifice de ma vie. Mais le bon Dieu a-t-il vraiment besoin de moi au Mexique?… Voyons si la grâce du martyre finira par m’être donnée. « 

 
Sources :
http://www.jesuites.com/2013/01/bienheureux-michel-pro-sj/
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/
http://www.hommes-adorateurs.fr/padre-pro-martyr-dans-la-joie/