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Dieu a du temps pour nous !

avent_institut_du_verbe_incarneAvec le premier dimanche de l’Avent, nous entamons aujourd’hui une nouvelle année liturgique. Ce fait nous invite à réfléchir sur la dimension du temps, qui exerce toujours sur nous une grande fascination. À l’exemple de ce que Jésus aimait faire, je  désirerais  toutefois  partir d’une constatation très concrète:  nous disons tous:  “le temps nous manque”, car le rythme de la vie quotidienne est devenu frénétique pour tous.

avent_institut_du_verbe_incarneÀ cet égard également l’Église a une “bonne nouvelle” à apporter:  Dieu nous donne son temps. Nous disposons toujours de peu de temps; en particulier pour le Seigneur nous ne savons pas ou, parfois, nous ne voulons pas le trouver. Eh bien, Dieu a du temps pour nous ! Telle est la première chose que le début d’une année liturgique nous fait redécouvrir avec un émerveillement toujours nouveau. Oui, Dieu nous donne son temps, car il est entré dans l’histoire avec sa parole et ses œuvres de salut, pour l’ouvrir à l’éternité, pour la faire devenir une histoire d’alliance. Dans cette perspective, le temps est déjà en soi un signe fondamental de l’amour de Dieu : un don que l’homme, comme tout autre chose, est en mesure de valoriser ou, au contraire, d’abîmer; de saisir dans sa signification, ou de négliger avec une superficialité obtuse.

Il y a ensuite les trois grands “axes” du temps, qui rythment l’histoire du salut:  la création au début, l’incarnation-rédemption au centre et à la fin la “parousie”, la venue finale qui comprend également le jugement universel. Ces trois moments ne sont cependant pas à entendre simplement dans une succession chronologique. En effet, la création est bien à l’origine de tout, mais elle est également permanente et se réalise tout au long du devenir de l’univers, jusqu’à la fin des temps. avent_institut_du_verbe_incarneDe même l’incarnation-rédemption, si elle a eu lieu à un moment historique déterminé, la période du passage de Jésus sur la terre, étend toutefois son rayon d’action à tout le temps précédent et à tout le temps suivant. Et à leur tour, la venue finale et le jugement dernier, qui précisément dans la Croix du Christ ont eu une anticipation décisive, exercent leur influence sur la conduite des hommes de chaque époque.

Le temps liturgique de l’Avent célèbre la venue de Dieu, dans ses deux moments : il nous invite tout d’abord à réveiller l’attente du retour glorieux du Christ ; puis, Noël s’approchant, il nous appelle à accueillir le Verbe fait homme pour notre salut. Mais le Seigneur vient sans cesse dans notre vie. L’appel de Jésus est donc plus que jamais opportun: Veillez! . Il est adressé aux disciples, mais également “à tous”, car chacun, à l’heure que Dieu seul connaît, sera appelé à rendre compte de sa propre existence. Cela comporte un juste détachement des biens terrestres, un repentir sincère de ses propres erreurs, une charité active envers le prochain et surtout de se remettre de manière humble et confiante entre les mains de Dieu, notre Père tendre et miséricordieux. La Vierge Marie, la Mère de Jésus est l’icône de l’Avent. Invoquons-la pour qu’elle nous aide nous aussi à devenir un prolongement d’humanité pour le Seigneur qui vient.avent_institut_du_verbe_incarne

Benoît XVI

Angelus. 30/11/08

“ET LE FRUIT DE TES ENTRAILLES EST BENI”

Lire l’évangile de ce dimanche (Lc 1, 39-45)

Ce dernier dimanche du temps de l’Avent est consacré à la Vierge Marie et à son rôle fondamental dans le mystère de notre Salut, dans le mystère de l’Incarnation et de la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ.

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Ville de Bethléem aujourd’hui

Un simple regard, d’abord, sur les lectures de ce jour, le prophète Michée nous annonce que la ville de Bethléem est choisie par Dieu pour que son Fils vienne au monde. L’Eglise veut nous montrer avec cela que les temps se sont accomplis et que rien ne manque dans le dessein de Dieu. La promesse de nous envoyer un Rédempteur se réalise.

Dans la deuxième lecture, la lettre aux Hébreux nous dévoile la réponse du Fils de Dieu et le don qu’Il a fait de lui-même, l’Esprit Saint a voulu nous le révéler dans ce passage du nouveau Testament : « En entrant dans le monde, le Christ dit, d’après le Psaume : Tu n’as pas voulu de sacrifices ni d’offrandes, mais tu m’as fait un corps. Tu n’as pas accepté les holocaustes ni les expiations pour le péché ; alors, je t’ai dit : Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté. »

Alors ces deux lectures nous aident évidement à méditer le passage de l’Evangile, celui de la visitation de la Vierge à sa cousine Elisabeth. Le Fils de Dieu dans le sein de la Trinité accepte d’accomplir le Plan de Rédemption dans le monde « Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté », la Vierge Marie au moment de l’Annonciation accepte elle aussi sa mission de Mère du Christ, participant d’une manière très proche à la Rédemption de toute l’humanité « Voici la servante du Seigneur; qu’il me soit fait selon ta Parole! », et c’est ainsi que Marie, avec ce voyage qu’elle entreprend, commence Sa mission.

C’est juste après la scène de l’Annonciation que Saint Luc met ce passage de la Visitation comme une continuation logique. Nous pouvons contempler la foi de la Vierge Marie qui se traduit en des œuvres concrètes.

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Saint Luc commence en disant que Marie « se met en route rapidement », cela traduit le verbe grecque « anîstemi », le même verbe que Saint Luc utilise lorsqu’il veut parler des actions qui ont été impulsées pour ainsi dire « par l’Esprit Saint », c’est aussi le même verbe qu’il utilise au moment de la Résurrection du Seigneur. C’est l’Esprit Saint qui fait que Marie prenne la route rapidement vers la Judée.

Alors, plus qu’un acte de charité dont nous pouvons aussi beaucoup apprendre, nous devons contempler surtout la mission spirituelle de la Vierge « portant celui qui la portait », comme dit saint Bernard.

Si l’on compare ce voyage vers la maison de sa cousine avec le premier voyage du Seigneur (lorsqu’Il est sorti pour prêcher la nouvelle) on découvre une grande similitude, parce que le Seigneur sort de Nazareth pour commencer sa mission vers la Judée. On peut dire qu’Il avait déjà fait une première mission par sa Mère et dans le sein de sa Mère, il en fera une deuxième pour aller naître à Bethleem. La visitation est donc la première mission du Seigneur.

La Vierge Marie amène le Seigneur à ceux qui l’attendaient, l’Enfant Jésus se presse pour sanctifier les hommes avec sa Venue, Il veut sanctifier d’abord celui qui allait préparer son chemin. Marie part pour servir son Seigneur, pour annoncer la bonne nouvelle.

L’Eglise donne à Marie le titre de Médiatrice de toutes Grâces, et nous voyons cela de façon admirable dans cet évangile : « lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli (il a bondi) d’allégresse au-dedans de moi », voilà comment s’est accomplie la prophétie de Malachie « pour vous qui craignez mon Nom, se lèvera un soleil de justice, et la guérison sera dans ses rayons ; vous sortirez et vous bondirez comme des veaux d’étable ». Ce n’est pas seulement déjà l’annonce de l’Evangile, c’est une anticipation de la Pentecôte, parce que saint Jean sera rempli de l’Esprit Saint, et avec lui aussi sa mère, Elisabeth.

Elle félicite à son tour, la Vierge pour sa foi: « Heureuse toi qui as cru ». Expliquant ces paroles, saint Ambroise de Milan va faire une belle application pour nous les chrétiens. Il dit : « Heureux, vous aussi qui avez entendu et qui avez cru ; car toute âme qui croit conçoit et engendre le Verbe et le reconnaît à ses œuvres.

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Tableau composé par le Bx. Charles de Foucauld

Heureux, vous aussi qui avez entendu et qui avez cru ; car toute âme qui croit conçoit et engendre le Verbe et le reconnaît à ses œuvres.

Que l’âme de Marie soit en chacun de vous, pour qu’elle exalte le Seigneur ; que l’esprit de Marie soit en chacun de vous, pour qu’il exulte en Dieu.

S’il n’y a, selon la chair, qu’une seule mère du Christ, tous engendrent le Christ selon la foi. Car toute âme reçoit le Verbe de Dieu, pourvu qu’elle soit irréprochable et préservée des vices en gardant la chasteté dans une pureté intégrale. 

Toute âme qui peut vivre ainsi exalte le Seigneur, comme l’âme de Marie a exalté le Seigneur, et comme son esprit a exulté en Dieu son Sauveur. »

Stitched Panorama
Basilique de la Visitation. Terre Sainte

La Vierge Marie a été conçue en plénitude de grâce et nous pouvons dire avec certitude que Dieu rempli de grâce notre âme au moment de notre baptême ou après la confession des péchés. Avec la grâce nous devons faire des grandes œuvres, à l’exemple de la Vierge Marie.

En arrivant à la fin de ce temps de l’Avent et aussi à la fin de l’année, le Seigneur nous invite à faire un examen de conscience : est-ce que notre vie de chrétiens produit de véritables fruits ? est-ce que nous sommes dociles à ce que Dieu nous demande dans nos vies ?

C’est ainsi que le Seigneur veut que nous préparions notre cœur pour célébrer sa Nativité. Nous demandons cette grâce à la très sainte Vierge Marie.

P. Luis Martinez V.E.

Monastère « Bienheureux Charles de Foucauld »