Toi, qui es le père spirituel de notre famille religieuse du Verbe Incarné, obtiens-nous la grâce que nous te demandons en cette neuvaine.
Confiants, nous
demandons pour tous nos prêtres, religieux et laïcs de répondre aux exigences
de leur vocation dans la constante recherche de la sainteté selon le cœur du
Christ: que nos prêtres soient des confesseurs miséricordieux, que tous les
membres de notre famille religieuse abreuvent leur esprit de la Parole de Dieu,
qu’ils soient solidaires de celui qui est dans le besoin, abandonnés à la
Divine Providence, prédicateurs infatigables, “puissants d’esprit”,
“avec une langue, des lèvres et une sagesse auxquelles les ennemis de la
vérité ne puissent pas résister “, d’une inépuisable fécondité apostolique
et vocationnelle[1],
ne se dérobant jamais à l’aventure missionnaire, toujours heureux même dans les
difficultés, amoureux de la Croix et fidèles enfants de la Vierge Marie.
Nous te demandons
d’être toujours fidèles à Dieu, en accomplissant sa Sainte Volonté à tout
moment et de persévérer jusqu’à la mort dans cette famille religieuse.
Que la Bienheureuse
Vierge Marie, notre Mère, que tu as tant aimée et dont nous professons être les
esclaves d’amour, nous protège d’en haut contre tout danger, tentation et
attaque du diable, pour parvenir un jour au paradis avec toutes les âmes qui
nous ont été confiées tout au long de notre ministère et apostolat. Amen
L’évangile de ce troisième dimanche de Pâques (Jn. 21,1-22) nous décrit une nouvelle manifestation de Notre Seigneur après sa Résurrection. Pour nous situer temporellement, cette scène évangélique se passe entre le deuxième dimanche de Pâques et l’Ascension, car à la fin de la première semaine de Pâques, les disciples se trouvaient encore à Jérusalem et ils y reviendront pour être présents lorsque le Seigneur montera au Ciel.
Les apôtres laissent Jérusalem et retournent en Galilée, où
Jésus leur avait annoncé qu’il serait : « une
fois ressuscité, je vous précéderai en Galilée » (Mt. 26,32) et l’ange
avait dit cela aussi aux femmes dans le saint Sépulcre (Mt. 28,7).
La Galilée était leur patrie, et en rentrant chez eux, ils
font ce qu’ils faisaient auparavant, c’est-à-dire, la pêche dans le lac de
Génésareth (appelé aussi lac de Tibériade, nous le connaissons encore avec le
nom de mer de Galilée).
Cet épisode de la vie du Christ ressuscité est décrit par
saint Jean évangéliste. Et comme nous savons l’évangile de saint Jean garde une
grande valeur « symboliste » dans la narration des faits de la vie du
Seigneur. Le symbolisme est bien présent encore dans cette manifestation du
Ressuscité et les pères de l’Eglise ont su les découvrir en méditant et
expliquant cet évangile aux fidèles.
Pierre, chef de l’Eglise propose d’aller faire la pèche, dans
sa barque (l’Eglise), le groupe est composé de 7 personnes, symbole de
l’universalité ; ils travaillent au milieu de la mer, image toujours du
monde. Par leurs propres efforts ils n’obtiennent rien après une nuit de
travail.
Mais le Seigneur depuis un lieu tranquille et sûr (depuis le
Ciel), veille sur eux, sur la barque de l’Eglise et sur leur travail. C’est
aussi lui qui leur dit comment réaliser le travail, jeter les filets à droite
fait penser aux élus (Mat. 25:33). Pierre et ceux qui sont dans sa barque de
Pierre suivent maintenant les indications du Christ et se laissent guider par
Lui. Et grâce à cette obéissance la pêche devient très abondante. Le filet
avait été déjà présenté aux apôtres comme symbole du Royaume de Dieu (Mat. 4,
19 par.) et la pêche avait était un signe leur prédication (Luc 5,10).
Une fois les tâches finies, tous viennent vers le Seigneur
pour montrer le fruit de leur travail, mais c’est le Seigneur qui prépare pour
eux une récompense au Ciel : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous
le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » (Mat.
11,28).
Un autre signe vu par les pères de l’Eglise : les
apôtres travaillent avec peine toute la nuit sans rien obtenir, c’est au grand
matin, à la lumière du Christ Ressuscité qu’ils obtiendront des fruits en
abondance.
Au centre de ce miracle se trouve, le moment où Saint Jean,
le disciple que Jésus aimait annonce à Pierre : « C’est le
Seigneur ! », en effet c’est l’amour qui découvre la présence de
l’Aimé, Jean est image de l’amour ; mais Pierre, image de la foi, va se
jeter à l’eau, parce que la foi nous pousse à aller à la rencontre de Dieu, en dépassant
tous les obstacles. Il faut encore dire que Pierre n’était pas tout dépourvu de
vêtements, il avait juste un vêtement léger ; mais par respect envers le
Seigneur il se met une tunique, même dans la tradition juive, le fait de saluer
quelqu’un important constituait aussi un acte religieux et en quelque sorte
solennel.
Lieu où le Seigneur a préparé le repas pour les apôtres
Alors, l’évangile de ce dimanche a une deuxième partie, c’est
après le repas. Jésus établi un dialogue avec saint Pierre, un dialogue qui
commence avec trois questions, sur l’amour de Pierre envers son Seigneur.
Une fois, Pierre avait trop présumé de son amour pour son
Maître, la nuit de la dernière Cène : « Si tous viennent à tomber à
cause de toi, moi, je ne tomberai jamais. » (Mt. 26,33). Maintenant Jésus
interpelle l’apôtre avec son nom d’origine : « Simon, fils de Jean,
m’aimes-tu vraiment ». De cette manière, Notre Seigneur lui rappelle son
passé, lorsque Simon était un homme de ce monde avant la grâce de la vocation
divine, mais Il lui rappelle les trois fois que Pierre avait nié son Seigneur
(et pour cela la question se répète trois fois). Pierre avait vécu plus avec la
nature qu’avec la grâce. Mais le fait de l’appeler par ce nom gardait aussi une
autre intention : il voulait rappeler sa profession de foi, lorsque Pierre
l’avait confessé comme le Christ, le Messie et la réponse du Seigneur était :
« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas » pour lui confirmer après qu’il
était le roc, la pierre sur laquelle le Christ allait bâtir son Église.
La réponse de Pierre à la différence de la dernière cène, ne provient
pas de la confiance en lui-même, dans ses capacités, ses forces et ses mérites.
Aujourd’hui, après l’expérience de la croix et de la Résurrection, Saint Pierre
sait et donne sa réponse fondée sur la confiance mise seulement en
Jésus-Christ : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que
je t’aime. »
Evidemment, la mission que Jésus lui confère, comme n’importe
quelle mission donnée par Dieu à quelqu’un dans son Église, demande un amour
particulier envers le Christ. Mais, c’est Lui, c’est Dieu qui donne tout, même
la capacité de répondre à la vocation, d’accomplir sa propre mission dans
l’Église. Oui, il est précis de dire que « tout est grâce », comme
disait Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, spécialement lorsqu’il s’agit d’un
appel divin. Lorsque Dieu choisi quelqu’un, Dieu ne regarde pas s’il a les
capacités, les compétences et une haute perfection spirituelle ou humaine, Dieu
choisit en liberté, ce qu’Il attend c’est un cœur prompt à répondre
généreusement, se laissant pousser par la grâce.
Il faut dire encore que le fait de répéter trois fois la même
question était la formule habituelle et solennelle dans la législation juive
pour confirmer l’acceptation d’une mission.
Nous allons citer maintenant quelques paragraphes d’une très belle homélie sur cet évangile prononcée par saint Jean Paul II, il y a presque 40 ans (Homélie, 30 mai 1980) ; à Paris, précisément à la Cathédrale de Notre Dame, dont nous gardons le triste souvenir très récent de son incendie.
A ce moment le Saint Pape commentait :
« M’aimes-tu? » Cette question est posée à l’homme par Dieu. Cette question, l’homme doit continuellement se la poser à lui-même.
« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? ― Oui, Seigneur, tu sais bien que je t’aime ». Et Pierre s’engageait déjà, avec cette question et avec cette réponse, sur le chemin qui devait être le sien jusqu’à la fin de sa vie. Partout devait le suivre cet admirable dialogue.
Dans cette cité (et nous pouvons élargir et dire dans le monde entier), il y a eu, et il y a bien des hommes et des femmes qui ont su et qui savent encore aujourd’hui que toute leur vie a valeur et sens seulement et exclusivement dans la mesure où elle est une réponse à cette même question : Aimes-tu? M’aimes-tu? Ils ont donné, et ils donnent leur réponse de manière totale et parfaite ― une réponse héroïque ― ou alors de manière commune, ordinaire. Mais en tout cas ils savent que leur vie, que la vie humaine en général, a valeur et sens dans la mesure où elle est la réponse à cette question : Aimes-tu? C’est seulement grâce à cette question que la vie vaut la peine d’être vécue.
La réponse qu’ils ont donnée à cette question : « Aimes-tu? » a une signification universelle, une valeur qui ne passe pas. Elle construit dans l’histoire de l’humanité le monde du bien. L’amour seul construit un tel monde. Il le construit avec peine. Il doit lutter pour lui donner forme : il doit lutter contre les forces du mal, du péché, de la haine, contre la convoitise de la chair, contre la convoitise des yeux et contre l’orgueil de la vie. »
A ces paroles du pape, nous ajoutons encore un autre détail,
parce que ce dialogue se conclura lorsque Seigneur révèle à Pierre une
prophétie sur la fin de sa vie et de sa mort : Jésus disait cela
pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces
mots, il lui dit : « Suis-moi ». Voilà l’appel définitif.
C’est ce même apôtre, désormais totalement libre et convaincu pour suivre Jésus, qui dira après (Actes 5,29) « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. »
Et
nous laissons encore la parole au pape Saint Jean Paul II :
Seul l’amour ne connaît pas de déclin. Seul l’amour dure toujours. Seul, il construit la forme de l’éternité dans les dimensions terrestres et fugaces de l’histoire de l’homme sur la terre.
Je souhaite à tous et à chacun d’entendre dans toute son éloquence la question que le Christ a adressée autrefois à Pierre : Aimes-tu? M’aimes-tu ? Que cette question résonne et trouve un écho profond en chacun de nous !
L’avenir de l’homme et du monde en dépend : écouterons-nous cette question ? Comprendrons-nous son importance ? Comment y répondrons-nous ?
Que Marie, elle qui a donné une unique et définitive réponse dans sa vie, disant « oui » à la volonté du Père, nous donne cette grâce.