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Le Baptême et la Liberté

Baptême du Seigneur

Le dernier mystère que l’Eglise propose à notre méditation pour le temps de Noël et qui se conclut aussi avec ce temps c’est le Baptême du Seigneur. Il est aussi le mystère qui inaugure sa vie publique, c’est-à-dire qu’à partir de son baptême le Seigneur commencera la prédication et l’invitation à la conversion, la réalisation des miracles et la formation de l’Eglise ; cette vie publique durera environ trois ans, jusqu’à sa passion, son sacrifice sur la Croix, sa mort et sa résurrection.

Saint Ambroise enseigne que Notre-Seigneur a voulu être baptisé, non pour se purifier, lui qui n’a pas connu le péché, mais pour communiquer aux eaux, par le contact de sa chair immaculée, la vertu de purifier les hommes dans le baptême.

 « Notre-Seigneur, s’exprime le même Père de l’Eglise, dans un autre commentaire, nous apprend d’ailleurs lui-même pourquoi il voulut recevoir le baptême, quand il dit: «C’est ainsi qu’il nous faut accomplir toute justice». Or, en quoi consiste la justice? à commencer par faire ce que vous voulez qu’on vous fasse à vous-même et à donner le premier l’exemple. Que personne donc ne se refuse à recevoir le baptême de la grâce, quand Jésus-Christ n’a pas dédaigné de recevoir le baptême de la pénitence.

Cela nous conduit à traiter, encore une fois, car cela revient toujours, de l’obligation de tous les chrétiens, les catholiques de parvenir au baptême et, ce qui est aussi une grande responsabilité devant Dieu, d’aider les enfants à recevoir la grâce du baptême, de ne pas les empêcher de recevoir ce don qui n’a pas de prix.

Certains pensent, et là nous devons malheureusement y inclure même certains pasteurs de l’Eglise, que le baptême des petits enfants est un affront à la liberté de la personne. Que tout chrétien devrait lui-même demander le baptême et non les parents le faire pour leurs enfants, car cela ferait violence à la liberté de ces derniers.

Comment l’Eglise répond-elle à cette objection ? Ecoutons donc le magistère, nous allons suivre quelques paragraphes d’un document qui parle précisément du baptême des enfants.   

« Bien des parents, en effet, sont angoissés de voir leurs enfants abandonner la foi et la pratique sacramentelle malgré l’éducation chrétienne qu’ils se sont efforcés de leur donner, et des pasteurs se demandent s’ils ne devraient pas être plus exigeants avant de baptiser les tout-petits. Certains estiment préférable de différer le baptême des enfants jusqu’au terme d’un catéchuménat de plus ou moins longue durée, tandis que d’autres demandent que l’on réexamine, au moins à l’égard des tout-petits, la doctrine de la nécessité du baptême, et souhaitent que l’on renvoie sa célébration à l’âge où est possible un engagement personnel, fût-ce même au seuil de l’âge adulte. 

Mais, nous devons savoir que le baptême des enfants était une pratique depuis les origines de l’Eglise, pratiquée par les apôtres ; nous entendons cela lorsque nous lisons dans les Actes des Apôtres, que les maisons (voire les familles) se convertissaient à la totalité et tous recevaient à ce moment le baptême :

« En Orient comme en Occident, la pratique de baptiser les petits enfants est considérée comme une norme de tradition immémoriale. Origène, puis plus tard saint Augustin, y voient une ” tradition reçue des apôtres “. Le plus ancien rituel connu, celui que décrit au début du troisième siècle la Tradition apostolique, contient la prescription suivante: ” On baptisera en premier lieu les enfants; tous ceux qui peuvent parler pour eux-mêmes parleront; quant à ceux qui ne le peuvent pas, leurs parents parleront pour eux ou quelqu’un de leur famille. ” Saint Cyprien, tenant un Synode avec les évêques d’Afrique, affirmait ” qu’il ne faut refuser la miséricorde et la grâce de Dieu à aucun homme venant à l’existence “; et ce même Synode, rappelant ” l’égalité spirituelle ” de tous les hommes, quels que soient ” leur taille et leur âge “, décréta que l’on pouvait baptiser les enfants ” dès le deuxième ou le troisième jour après leur naissance.”

Certes, reconnait aussi ce document, la pratique du baptême des enfants a connu une certaine régression an cours du quatrième siècle. A cette époque, où les adultes eux-mêmes différaient leur initiation chrétienne, dans l’appréhension des fautes à venir et la crainte de la pénitence publique, bien des parents renvoyaient le baptême de leurs enfants pour les mêmes motifs. Mais on doit également constater que des Pères et des Docteurs comme Basile, Grégoire de Nysse, Ambroise, Jean Chrysostome, Jérôme, Augustin – eux-mêmes baptisés à l’âge adulte en raison de cet état de choses -, réagirent ensuite avec vigueur contre une telle négligence, demandant instamment aux adultes de ne pas retarder le baptême nécessaire au salut, et plusieurs d’entre eux insistent pour qu’il soit conféré aux petits enfants.

Considérons aussi que le Concile de Carthage de 418 condamne ” ceux qui nient qu’on doive baptiser les petits enfants récemment sortis du sein maternel “, et affirme que « en raison de la règle de foi ” de l’Église catholique concernant le péché originel, ” même les tout-petits, qui n’ont pu commettre encore personnellement aucun péché, sont baptisés véritablement pour la rémission des péchés, afin que soit purifié par la régénération ce qu’ils tiennent de leur naissance ».

Aussi, après donc avoir vu ce que l’Eglise a fait et enseigné depuis longtemps par rapport à la réception du baptême par les enfants, abordons maintenant les autres arguments que nous présente l’Eglise dans l’actualité :

Le baptême est manifestation de l’amour prévenant du Père, participation au mystère pascal du Fils, communication d’une vie nouvelle dans l’Esprit ; il fait entrer les hommes dans l’héritage de Dieu et les agrège au Corps du Christ qui est l’Église.

Dans une telle perspective, l’avertissement du Christ dans l’évangile selon saint Jean: ” Personne, à moins de renaître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu ” (Jn. 3,8), doit être perçu comme l’invitation d’un amour universel et sans bornes; ce sont les paroles d’un Père qui appelle ses enfants et veut pour eux le plus grand des biens.

L’Église doit ensuite répondre à la mission donnée par le Christ aux apôtres après sa résurrection et rapportée dans l’évangile selon saint Matthieu sous une forme particulièrement solennelle : ” Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre; allez donc, de toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.”

Le fait que les petits enfants ne puissent pas encore professer personnellement leur foi n’empêche pas l’Église de leur conférer ce sacrement car, en réalité, c’est dans sa foi à elle qu’ils sont baptisés. Ce point doctrinal était déjà clairement fixé par saint Augustin : «  Les petits enfants, écrivait-il, sont présentés pour recevoir la grâce spirituelle, non pas tellement par ceux qui les portent dans leurs bras (quoique ce soit aussi le cas s’ils sont de bons fidèles) que par la société universelle des saints et des fidèles […] C’est la Mère Église tout entière, celle qui est dans ses saints, qui agit, car c’est elle qui tout entière les enfante, tous et chacun. » Il faut souligner en saint Augustin, la comparaison qu’il fait entre une mère humaine et l’Eglise, les deux enfantent, et nous pouvons penser que la mère pour donner la vie à un enfant, n’attaque pas la liberté de ce dernier, au contraire, elle donne la possibilité qu’il naisse et le fait de priver de la vie serait pour l’enfant un acte contre sa liberté et sa personne commis par la même mère.

Une autre objection : On dit encore que toute grâce, puisqu’elle s’adresse à une personne, doit être consciemment accueillie et faite sienne par celui qui la reçoit, ce dont le petit enfant est bien incapable.

Et voici la réponse : En réalité, l’enfant est une personne bien avant qu’il soit en mesure de le manifester par des actes de conscience et de liberté, et comme tel, il peut déjà devenir par le sacrement de baptême fils de Dieu et cohéritier du Christ. Sa conscience et sa liberté pourront ensuite, dès leur éveil, disposer des énergies déposées dans son âme par la grâce baptismale.

On objecte aussi au baptême des petits enfants qu’il constituerait une atteinte à leur liberté. Ce serait contraire à leur dignité de personne que de leur imposer pour l’avenir des obligations religieuses que, plus tard peut-être, ils seront amenés à récuser. Mieux vaudrait ne conférer le sacrement qu’à l’âge où l’engagement libre est devenu possible. En attendant, parents et éducateurs devraient se tenir sur la réserve, et s’abstenir de toute pression.

Mais une telle attitude est bien illusoire : il n’existe pas de pure liberté humaine, qui serait exempte de tout conditionnement. Déjà au plan naturel, les parents font pour leur enfant des choix indispensables à sa vie et à son orientation vers les vraies valeurs. Une attitude soi-disant neutre de la famille à l’égard de la vie religieuse de l’enfant serait en fait une option négative, que le priverait d’un bien essentiel. Surtout, quand on prétend que le sacrement de baptême compromet la liberté de l’enfant, on oublie que tout homme, même non baptisé, a envers Dieu comme créature des obligations imprescriptibles, que le baptême vient ratifier et élever dans l’adoption filiale. On oublie aussi que le Nouveau Testament nous présente l’entrée dans la vie chrétienne non comme une servitude ou une contrainte, mais comme l’accès à la vraie liberté.

La pratique du baptême des enfants est en fait, authentiquement évangélique, car elle a une valeur de témoignage ; elle manifeste en effet la prévenance de Dieu et la gratuité de l’amour qui enveloppe notre vie: ” Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais lui qui nous a aimés… Nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier. Jn 4,10.19.” Même chez l’adulte, les exigences qu’entraîne la réception du baptême ne doivent pas faire oublier que ” ce n’est pas à cause d’actes méritoires que nous aurions accomplis, mais dans sa miséricorde, que Dieu nous a sauvés par le bain de la nouvelle naissance et le renouveau de l’Esprit-Saint “ Tt 3, 5.

Comme conclusion, la grande erreur et la confusion de beaucoup dans nos jours trouve sa racine dans la mauvaise conception de la liberté dans la foi, non seulement comme un ensemble de droits et d’obligations, mais comme un don de Dieu qui répond à son grand amour pour nous et à sa Miséricorde, qui s’adresse à tous les hommes de tout âge et toute culture, car son amour n’a pas de limites : Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. Cette vie commence précisément par le baptême.

Que Marie nous donne cette grâce, la grâce d’accueillir la vie que son Fils nous donne.

P. Luis Martinez IVE.

Instruction Pastoralis Actio, sur le baptême des petits enfants

La grâce de recevoir le baptême

Fête du Baptême du Seigneur

Le temps de Noël se termine avec la fête du baptême du Seigneur. Ce mystère marque aussi la fin de sa vie cachée et le début de sa prédication.

Selon le récit de saint Matthieu, le Seigneur s’adresse avec une phrase mystérieuse à saint Jean lorsque celui-ci veut empêcher son baptême : « Laisse faire pour le moment car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice ». 

Que voulait dire le Seigneur par ces paroles? Nous trouvons la réponse dans le sens que le mot « justice » avait pour le peuple juif. « Justice » désignait essentiellement la réponse de l’homme à la loi donnée sur le mont Sinaï, c’est-à-dire, l’acceptation plénière de la volonté de Dieu, l’acceptation du joug de la loi de Dieu.

Mais, il ne s’agit plus maintenant de l’Ancienne Alliance mais de la Nouvelle, où Jésus prend sur lui le poids du péché de l’humanité tout entière pour entrer dans le fleuve du Jourdain. Il commence donc sa vie publique en prenant la place des pécheurs. C’est dans son baptême, où il préfigure déjà la croix que le Seigneur accomplira finalement toute justice. Son baptême devient donc l’acceptation de la mort comme après, la voix du Ciel, la voix du Père fera une référence anticipée à la Résurrection. De cette manière, on comprend ensuite pourquoi le Seigneur parle de sa mort aussi comme d’un baptême : « Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli ! »  (cf. Mc 10, 38; Lc 12, 50).

Le Seigneur n’avait pas besoin d’un baptême de conversion, évidement, mais s’il l’a accompli c’est parce qu’Il voulait nous donner aussi un exemple à suivre, comme nous l’expliquent les pères de l’Eglise.

« Il a voulu être baptisé, dit S. Augustin , parce qu’il a voulu faire ce qu’il a demandé à tous de faire ». Et S. Ambroise enseigne que « la justice, c’est que l’on fasse le premier ce que l’on veut que les autres fassent, et qu’on les entraîne par son exemple. »

Il veut donc recevoir un baptême dont manifestement il n’avait pas besoin, afin que les hommes s’approchent du baptême dont ils avaient besoin. Ce qui fait dire à S. Ambroise : « Que personne ne se dérobe au bain de la grâce, quand le Christ ne s’est pas dérobé au bain de la pénitence. »

Il faut aussi voir le sens théologique et mystique de cet acte accompli par le Seigneur : selon saint Grégoire de Nazianze, « le Christ fut baptisé afin d’engloutir dans l’eau le vieil Adam tout entier ». Le vieil Adam de péché devait mourir et laisser place au nouvel Adam de la grâce. Et saint Jean Chrysostome voit aussi l’effet du sacrement, car Jésus reçoit le baptême « afin qu’il les laisse sanctifiées (les eaux) pour ceux qui seraient baptisés dans la suite ».

Dans cette fête du Baptême, il est bien pour nous de faire mémoire de la grâce et des grâces que chacun de nous a reçu dans son baptême. Nous le ferons suivant le catéchisme de l’Eglise Catholique ( nn. 1262-1274):

Les deux effets principaux sont la purification des péchés et la nouvelle naissance dans l’Esprit Saint, car le baptême est un bain, une immersion comme on le pratiquait surtout dans le passé. Le fait d’entrer dans l’eau pour en ressortir indique une mort au passé et une vie nouvelle. Bien que dans l’Eglise d’Occident le rite ait été simplifié, la réalité reste toujours la même.

Par le Baptême, tous les péchés sont remis, le péché originel et tous les péchés personnels ainsi que toutes les peines du péché.

Le Baptême ne purifie pas seulement de tous les péchés, il fait aussi du néophyte (le nouveau baptisé) ” une création nouvelle ” (2 Co 5, 17), un fils adoptif de Dieu (cf. Ga 4, 5-7) qui est devenu ” participant de la nature divine ” (2 P 1, 4), membre du Christ (cf. 1 Co 6, 15 ; 12, 27) et cohéritier avec Lui (Rm 8, 17), temple de l’Esprit Saint (cf. 1 Co 6, 19).

Avec ce sacrement, la Très Sainte Trinité donne au baptisé la grâce sanctifiante, la grâce de la justification qui

– le rend capable de croire en Dieu, d’espérer en Lui et de L’aimer par les vertus théologales ;

– lui donne de pouvoir vivre et agir sous la motion de l’Esprit Saint par les dons du Saint-Esprit ;

– lui permet de croître dans le bien par les vertus morales.

Ainsi, tout l’organisme de la vie surnaturelle du chrétien a sa racine dans le saint Baptême. Comme nous avons dans notre corps tout un organisme qui le fait fonctionner : le cœur, le sang, les nerfs, le système respiratoire, digestif, etc ; de la même manière, dans notre âme, la grâce du baptême nous donne l’organisme de la vie surnaturelle.

Le Baptême nous incorpore aussi à l’Église. Des fonts baptismaux naît l’unique peuple de Dieu de la Nouvelle Alliance qui dépasse toutes les limites naturelles ou humaines des nations, des cultures, des races et des sexes. Et pour cela, de même que le Baptême est la source de responsabilités et de devoirs, le baptisé jouit aussi de droits au sein de l’Église : à recevoir les sacrements, à être nourri avec la parole de Dieu et à être soutenu par les autres aides spirituelles de l’Église.

Pourtant, nous enseigne le catéchisme, « dans le baptisé, certaines conséquences temporelles du péché demeurent après le baptême, telles que les souffrances, la maladie, la mort, ou les fragilités inhérentes à la vie comme les faiblesses de caractère, etc., ainsi qu’une inclination au péché (se sentir incliné au péché) que la Tradition appelle la concupiscence, ou, métaphoriquement, ” le foyer (ardeur) du péché ” (fomes peccati).

Pourquoi Dieu n’a-t-il pas ôté ces faiblesses avec la puissance du baptême ?

D’abord parce qu’il ne convenait pas de nous accorder plus de privilèges qu’à notre Chef lui-même. Notre-Seigneur Jésus-Christ, tout en possédant dès le premier instant de sa conception, la plénitude de la Grâce et de la Vérité, n’a point déposé pour cela la fragilité de la nature humaine qu’il avait endossée, avant d’avoir enduré les tourments de sa Passion et de sa Mort

C’est parce que Dieu veut nous faire grandir aussi en mérites, et par ce moyen, nous faire obtenir un jour des fruits plus abondants de gloire, et de plus magnifiques récompenses. Nous aurons donc, comme dit saint Paul, combattu, achevé notre course et conservé la Foi, le Seigneur nous réservera la couronne de justice, et que ce juste Juge nous la rendra au dernier jour. 

Joignons à cela que si le Baptême, tout en ornant l’âme des dons célestes, procurait en même temps les biens du corps, plusieurs probablement voudraient le recevoir plutôt à cause de ces avantages temporels et présents, que par l’espérance de la gloire future.

Pour conclure, le Baptême scelle le chrétien d’une marque spirituelle indélébile (” character “) de son appartenance au Christ. Cette marque n’est effacée par aucun péché, même si le péché empêche le Baptême de porter des fruits de salut (cf. DS 1609-1619). Donné une fois pour toutes, le Baptême ne peut pas être réitéré.

Le sceau baptismal rend capable et engage les chrétiens à servir Dieu dans une participation vivante à la sainte Liturgie de l’Église et à exercer leur sacerdoce baptismal par le témoignage d’une vie sainte et d’une charité efficace (cf. LG 10). ” Le Baptême, en effet, est le sceau de la vie éternelle ” nous dit saint Irénée ( Dem. 3).

Demandons à la très Sainte Vierge Marie de protéger le trésor spirituel que Dieu nous a donné en nous donnant la grâce de recevoir le baptême.

P. Luis Martinez IVE.