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Chrétien, reconnais ta dignité!

Homélie du IV dimanche du temps de l’Avent (Lc 1, 26-38)

Nous sommes à la veille de la fête de la Nativité, cette quatrième semaine du temps de l’Avent n’est composée que d’un seul jour, le dimanche. La liturgie nous aide, comme elle le fait toujours, à nous préparer pour la Naissance du Seigneur, ce que nous appelons Nativité, ou bien Noël. Ce dernier mot, dont nous sommes déjà habitués pour designer cette fête, tire son origine du mot latin Natalis ; en effet, dans les premiers siècles, les chrétiens appelait le jour de la Nativité « Natalis dies » (jour de la naissance), le mot « dies » est disparu et avec l’évolution de la langue, « Natalis » est devenu Noël.

L’évangile parle ce dimanche de la Conception virginale de Jésus au moment de l’Annonciation de l’Ange. Il nous décrit avant la conception de Jésus comment la Vierge Marie a donné son consentement, sa pleine disponibilité pour que le plan de Dieu s’accomplissent en elle, nous apercevons cela dans ses paroles : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole ».  Et A partir de ce moment, le Fils de Dieu a pris chair, le Verbe de Dieu se fait chair : dans l’unique Personne du Fils de Dieu se sont unies les deux natures, la nature divine et la nature humaine.

Neuf mois plus tard, le Fils de Dieu va se manifester aux hommes. Mais, à partir de l’Annonciation, Il est déjà dans ce monde, caché, silencieux. De façon poétique, un saint disait que le fait de descendre du Ciel à ce monde aurait été tellement dur pour le Fils de Dieu, qu’Il a préféré d’abord, habiter neuf mois dans un petit Ciel, qui est le sein pur et saint de sa très sainte Mère.

Nazareth était un petit village, juste un hameau dont les habitants avaient l’habitude de faire leurs maisons une partie creusées dans la montagne et l’autre partie, à l’extérieur. La région était appelée «  Galilée des Nations ou bien des Gentils », qui était d’ailleurs, une façon péjorative de la nommer, cela voulait signifier que cette région était la partie du peuple juifs exposée au contact avec les païens, c’est un nom donné par les juifs de la Judée, la partie sud, dont Jérusalem était le comme le centre.

C’est là, en Galilée, à Nazareth que commence la nouvelle histoire de salut, la nouvelle alliance est inaugurée et elle sera scellée par le Sang du Seigneur sur la croix.

Nous le voyons déjà dans l’annonce faite par l’Ange, dans sa salutation, il utilise le mot « Xhaire », que nous traduisions avec ce « je te salue », en réalité l’Ange s’adresse à Marie avec les paroles « Réjouis-toi », salutation qui n’était pas habituelle chez les juifs de ce temps ; plutôt, ils se saluaient entre eux avec le mot « Paix » ;  mais l’Esprit Saint par cette salutation de l’Ange veut indiquer à Marie et veut nous indiquer à nous aussi que les temps messianiques sont finalement arrivés, si nous lissons le livre du prophète Isaïe, nous pouvons voir combien de fois il utilise cette salutation de consolation pour Israël, pour Jérusalem, la Vierge Marie est donc la nouvelle Jérusalem.

Pour quoi Dieu a voulu s’incarner, naître et grandir comme le font tous les hommes ? N’aurait-il pas trouvé une autre façon de sauver les hommes ?

Dieu étant tout-puissant comme Il l’est, il aurait pu trouver bien d’autres manières pour faire la Rédemption du genre humain, cela nous est évident. Mais s’Il a préféré que son Fils prenne la nature humaine, que son Verbe se fasse chair, c’est parce que celle-là était la meilleure façon pour nous sauver.

Alors, Il est impossible pour nous de connaître toutes les raisons, et les raisons les plus profondes que Dieu a choisies pour s’incarner, parce que personne ne peut pénétrer sa pensée nous serions Dieu !

Mais nous pouvons nous aider par notre intelligence illuminée par la foi pour arriver à découvrir quelques raisons que Dieu en avait pour s’incarner. Elles font référence à nous, à notre vie comme chrétiens. En d’autres mots, qu’est-ce que Jésus-Christ veut nous apprendre lorsqu’Il choisit ce moyen, cette façon, s’incarner dans le sein de Marie et naître comme un enfant pour venir dans ce monde ?

Tout d’abord, le Seigneur veut par là nous faire progresser dans le bien, avancer dans le bien ; et pour cette raison, la première vertu qui vient à être édifiée lorsque nous contemplons ce mystère de Dieu fait homme, c’est notre foi. En effet, c’est Dieu Lui-même qui est venu nous parler. Selon S. Augustin : ” Pour que l’homme marche avec plus de confiance vers la vérité, la Vérité en personne, le Fils de Dieu, assumant l’humanité, a constitué et fondé la foi. “

Notre espérance est aussi édifiée ; parce que la seule pensée de que Dieu a pris la nature humaine, qu’Il s’est abaissé pour nous sauver, nous montre que nous avons une grande valeur pour Lui, nous découvre combien Il nous aime. En plus, cela est un grand signe car si Dieu a déjà fait ce grand geste pour nous, désormais Il ne nous abandonnera jamais.

Par ce mystère de la Nativité, la vertu de la charité est comme réveillée en nous et au maximum. Et c’est S. Augustin de nouveau qui nous expose cela et à travers une question : ” Il y a un motif plus grand de la venue du Seigneur que celui de nous montrer son amour pour nous ? ” Il ajoute plus loin : «  Si nous avons tardé à l’aimer, maintenant au moins ne tardons pas à lui rendre amour pour amour. »

Par son Incarnation Jésus est devenu en plus, le Modèle par excellence de chaque chrétien. Et avec une grande rhétorique c’est toujours le grand docteur africain, Saint Augustin qui nous le dit : « l’homme, que nous pouvions voir, il ne fallait pas le suivre (car sa nature était corrompue par le péché originel); il fallait suivre Dieu, mais, à Lui nous ne pouvions pas Le voir. C’est donc pour donner à l’homme un modèle visible à l’homme et que l’homme pouvait suivre, que Dieu s’est fait homme. »

Et la dernière raison pour nous attirer vers le bien c’est parce que l’homme devait entrer en contact avec Dieu ; le lien détruit par le péché, il fallait rétablir l’amitié avec Dieu et la participation à la vie divine, chose que l’on fait pleinement dans le Ciel, mais qui est déjà commencé dans cette vie par la grâce, car nous sommes unis à Dieu par la grâce. Alors cela est une grâce aussi de la ‘Incarnation du Fils de Dieu ; en prenant notre nature, Il a fait comme un pont entre Dieu et nous.

L’Incarnation est aussi utile pour nous éloigner du mal : soit nous éloigner de son auteur, le démon, un ange déchu, parce que son orgueil est vaincu lorsque Dieu a pris une nature inférieure à celle des anges. Par ce mystère nous découvrons aussi toute la dignité de la nature humaine, et qu’il ne faut pas la souiller par le péché.

Saint Léon nous le dit avec ces belles paroles : « Chrétien, reconnais ta dignité et, après avoir été uni à la nature divine, ne va pas, par une conduite honteuse, retourner à ton ancienne bassesse. «  (pensons à cela lorsque nous sommes tenté de faire un péché).

 Finalement, penser et méditer sur la venue de Jésus-Christ dans ce monde nous sert pour combattre notre présomption (Dieu se fait homme sans aucun mérite de notre part). Notre orgueil qui est le plus grand obstacle à l’union avec Dieu, peut être réfuté et guéri par cette grande humilité de Dieu.

Comme conclusion, écoutons encore le pape Saint Léon qui nous résume tout ce que nous avons dit avec quelques mots: “Si le Christ n’avait pas été vrai Dieu, Il n’aurait pas pu apporter le remède, et s’il n’avait pas été vrai homme, Il ne nous aurait pas offert un modèle en Lui.

Que la Vierge Marie nous donne la grâce d’entrer dans ce mystère de Noël avec notre cœur et de nous remplir de joie par sa contemplation.

P. Luis Martinez V. E.

Institut du Verbe Incarné

Dieu a du temps pour nous !

avent_institut_du_verbe_incarneAvec le premier dimanche de l’Avent, nous entamons aujourd’hui une nouvelle année liturgique. Ce fait nous invite à réfléchir sur la dimension du temps, qui exerce toujours sur nous une grande fascination. À l’exemple de ce que Jésus aimait faire, je  désirerais  toutefois  partir d’une constatation très concrète:  nous disons tous:  “le temps nous manque”, car le rythme de la vie quotidienne est devenu frénétique pour tous.

avent_institut_du_verbe_incarneÀ cet égard également l’Église a une “bonne nouvelle” à apporter:  Dieu nous donne son temps. Nous disposons toujours de peu de temps; en particulier pour le Seigneur nous ne savons pas ou, parfois, nous ne voulons pas le trouver. Eh bien, Dieu a du temps pour nous ! Telle est la première chose que le début d’une année liturgique nous fait redécouvrir avec un émerveillement toujours nouveau. Oui, Dieu nous donne son temps, car il est entré dans l’histoire avec sa parole et ses œuvres de salut, pour l’ouvrir à l’éternité, pour la faire devenir une histoire d’alliance. Dans cette perspective, le temps est déjà en soi un signe fondamental de l’amour de Dieu : un don que l’homme, comme tout autre chose, est en mesure de valoriser ou, au contraire, d’abîmer; de saisir dans sa signification, ou de négliger avec une superficialité obtuse.

Il y a ensuite les trois grands “axes” du temps, qui rythment l’histoire du salut:  la création au début, l’incarnation-rédemption au centre et à la fin la “parousie”, la venue finale qui comprend également le jugement universel. Ces trois moments ne sont cependant pas à entendre simplement dans une succession chronologique. En effet, la création est bien à l’origine de tout, mais elle est également permanente et se réalise tout au long du devenir de l’univers, jusqu’à la fin des temps. avent_institut_du_verbe_incarneDe même l’incarnation-rédemption, si elle a eu lieu à un moment historique déterminé, la période du passage de Jésus sur la terre, étend toutefois son rayon d’action à tout le temps précédent et à tout le temps suivant. Et à leur tour, la venue finale et le jugement dernier, qui précisément dans la Croix du Christ ont eu une anticipation décisive, exercent leur influence sur la conduite des hommes de chaque époque.

Le temps liturgique de l’Avent célèbre la venue de Dieu, dans ses deux moments : il nous invite tout d’abord à réveiller l’attente du retour glorieux du Christ ; puis, Noël s’approchant, il nous appelle à accueillir le Verbe fait homme pour notre salut. Mais le Seigneur vient sans cesse dans notre vie. L’appel de Jésus est donc plus que jamais opportun: Veillez! . Il est adressé aux disciples, mais également “à tous”, car chacun, à l’heure que Dieu seul connaît, sera appelé à rendre compte de sa propre existence. Cela comporte un juste détachement des biens terrestres, un repentir sincère de ses propres erreurs, une charité active envers le prochain et surtout de se remettre de manière humble et confiante entre les mains de Dieu, notre Père tendre et miséricordieux. La Vierge Marie, la Mère de Jésus est l’icône de l’Avent. Invoquons-la pour qu’elle nous aide nous aussi à devenir un prolongement d’humanité pour le Seigneur qui vient.avent_institut_du_verbe_incarne

Benoît XVI

Angelus. 30/11/08