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« Je lui donnerai une pierre blanche, et sur cette pierre est écrit un nom nouveau »

Solennité du Corps et du Sang du Seigneur

C’est avec une grande joie que nous célébrons cette solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur.  Joie qui grandit encore parce que trois enfants vont recevoir pour la première fois dans leur cœur Notre Seigneur présent dans l’Eucharistie, ils vont ainsi devenir de petits tabernacles où le Seigneur demeure comme un roi.

Les lectures de ce jour nous rappellent les grandes vérités eucharistiques ; d’abord le Sacerdoce du Christ : Notre Seigneur est prêtre pour l’Eternité selon le sacerdoce de Melchisédech qui offrait comme offrandes, du pain et du vin, images de notre Eucharistie. Et voilà le premier des mystères à contempler ce dimanche, c’est notre Seigneur qui consacre ce pain et ce vin pour qu’ils deviennent son Corps et son Sang ; nous, les prêtres nous ne faisons que lui prêter notre voix et notre corps.

Le Christ nous demande pourtant, à nous les prêtres de chercher son imitation, à vivre ce que nous célébrons, à être une image du Christ, et pour cela il nous faut du travail et le soutien de vos prières. Priez donc, pour nous les prêtres, aidez-nous à devenir un autre Christ à chaque moment de notre vie.

La deuxième lecture nous présente le mystère de ce que la Théologie nous apprend par le nom de transsubstantiation (changement de substance) ; l’apôtre saint Paul donc nous rappelle l’essentiel de la messe, les paroles de la consécration qui, dites par le prêtre ont le pouvoir de changer la substance et que ce pain et ce vin deviennent le Corps et le Sang du Christ. Il n’y a pas de messe si ces paroles de notre Seigneur à la dernière cène ne sont pas prononcées sur le pain et le vin offerts sur l’autel.

Et finalement le troisième mystère, prophétisé dans la multiplication des pains. L’Eucharistie fait que le Seigneur est présent en tout endroit et à tout moment, là où il y a une église, là est présent le Seigneur : laissons le saint Curé d’Ars nous apprendre cela :

Le Seigneur veut, pour le bonheur de ses créatures, que son corps et son âme et sa divinité se trouvent dans tous les coins du monde, afin que, toutes les fois qu’on voudra, l’on puisse le trouver, et qu’avec Lui nous trouvions toute sorte de bonheur. Si nous sommes dans les peines et le chagrin, il nous consolera et nous soulagera. Sommes-nous malades, ou il nous guérira, ou il nous donnera des forces pour souffrir de manière à mériter le ciel. Si le démon, le monde et nos penchants nous font la guerre, il nous donnera des armes pour combattre, pour résister, et pour remporter la victoire. Si nous sommes pauvres, il nous enrichira de toute sorte de richesses pour le temps et pour l’éternité.

FETE_DIEU_INSTITUT_III_DU_VERBE_INCARNE (2)Mais nous disions toute à l’heure que  nous avions encore une autre raison de plus de nous réjouir, c’est la première communion de ces trois enfants, rien dans cette vie n’est par hasard, nous le savons très bien, Dieu est toujours en train de guider notre vie, Dieu écrit une très belle histoire d’amour avec chacun de nous.

Il est beau d’écouter ce passage du prophète Isaïe qui dit : ainsi parle le Seigneur, celui qui t’a créé ô Jacob, celui qui t’a formé ô Israël : Ne crains point, car je t’ai racheté ; je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi !  Vois, je t’aie gravée sur la paume de mes mains… C’est ainsi que le Seigneur agit avec chaque homme ou femme, chaque enfant.

Ce dimanche le Seigneur dit à ses enfants : Tu es à moi, parce que moi je t’ai créé, tu es à moi parce que je t’ai racheté sur la croix, et maintenant je viens transformer ton âme dans mon plus beau palais.

Elles sont aussi belles, ces paroles que le Seigneur dit dans le livre de l’Apocalypses : A celui qui vaincra, je donnerai de la manne cachée ; et je lui donnerai une pierre blanche, et sur cette pierre est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n’est celui qui le reçoit. Elles nous parlent aussi d’un nom nouveau, écrit dans cette petite pierre blanche. Sainte Thérèse de l’enfant Jésus voyait dans cette pierre blanche l’image de la petite hostie, parce que le Seigneur révèle des mystères inconnus dans les cœurs de ceux qui Le reçoivent, comme ces enfants qui deviennent les amis plus intimes de Jésus.

Ils sont trois enfants, comme Dieu avait choisi trois enfants à Fatima pour révéler de grandes choses qui viendront, mais surtout pour se désoler aux hommes que l’amour du Seigneur pour eux ne trouve pas de réponse, et que les hommes ne cherchent pas à se tourner vers Lui.

Ces trois petits bergers ont eu la grâce de recevoir le Corps du Christ, bien qu’ils fussent encore petits. C’était parce que Dieu leur préparait une grande mission dans ce monde.  Dieu prépare aussi une grande mission à nos trois enfants ici présents: la sainteté, ils ont déjà cet aliment qui les rend forts.FETE_DIEU_INSTITUT_IV_DU_VERBE_INCARNE

Nous allons finir en demandant pour ces petits et pour nous tous ce que demandait notre premier séminariste parti très tôt au Ciel, Marcelo Javier Morsella. Avant de mourir, il avait écrit cette belle prière :

« Seigneur, je veux être une hostie, Pure, sans tache, par ta grâce et pour Toi. Fragile, seulement fort en toi. »

P. Luis Martinez V.E.

Monastère « Bx. Charles de Foucauld »

Institut du Verbe Incarné 

 

 

L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs

Solennité de la Sainte TrinitéSAINTE_TRINITE_Institut_du_Verbe_Incarné

Lire l’évangile de ce dimanche (Jn. 16, 12-15)

Dieu demeure dans l’âme de chaque personne qui aime vraiment Dieu : Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui.

Cette vérité, Dieu l’a aussi révélée dans d’autres passages de l’Ecriture, par exemple, dans la première lettre de saint Jean (4,16) Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.  Et saint Paul dans la première lettre aux Corinthiens (3,16) Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?, il le répète dans sa deuxième Lettre (2 Co 6,16): nous sommes le temple du Dieu vivant.

Comment pouvons-nous définir cette présence de Dieu ? Elle est une présence tout à fait particulière, spéciale que le Dieu unique établie dans une âme qui vit en état grâce de Dieu, c’est-à-dire sans aucun pèche mortel. En langage de théologie cela est appelé l’inhabitation trinitaire, Dieu habite dans l’âme en grâce.

Mais, nous pouvons dire, si Dieu est par tout, qu’est-ce que cette présence ajoute de différent dans nos vies ? Il y a deux choses qui sont essentielles et propres de cette présence divine, ce sont la paternité divine et l’amitié de Dieu. La première vient à travers la grâce ( comme on dit dans le baptême, par la grâce nous sommes Fils adoptifs de Dieu, parce qu’il nous a donné la vie) ; la deuxième nous vient à travers la charité, l’amour, il est chez nous comme un ami, un véritable ami qui est toujours prêt à nous aider, nous accompagner, nous protéger.

Saint Thomas dira aussi que cette grâce permet de nous réjouir de la présence de Dieu, il en donne un exemple clair : c’est comme une mère se réjouit ayant son enfant entre ses bras, ainsi Dieu vient à notre âme, pour que nous nous réjouissons de Lui. Pour que nous puissions parler avec Lui ( comme un enfant parle avec son père, comme un ami avec son ami, l’épouse parle avec son époux), pour pouvoir aussi L’écouter (et pour cela Dieu devient un maître, « Il vous enseignera tout »), pour que jamais nous soyons seuls et pour que nous commençons dans cette vie la vie du Ciel.

Disons que le plus grand don que Dieu peut nous donner c’est le don d’habiter dans nos cœurs, de vivre chez nous, nous sommes comme de petits tabernacles de divinité, nous amenons Dieu là où nous allons, là où nous sommes, Dieu est avec nous. C’est le premier et grand don, plus important que tous les autres dons, les miracles visibles, les visions, le don de langues.

Mais les chrétiens, habitués parfois à valoriser ce que l’on voit, le phénomène, l’évident aux yeux ; ils oublient de méditer, d’approfondir ce don et ce mystère.

Alors, Dieu étant si Puissant, comment Il peut faire de nous sa demeure et ne pas « consumer » la créature, que la créature disparaisse devant son Créateur ? La réponse nous est donnée encore une fois par ce grand docteur de l’Eglise qu’est saint Thomas d’Aquin, il nous dit : on peut faire une comparaison avec un bout de fer que l’on approche au feu, sans perdre sa nature, il prend toutes les propriétés du feu, il en devient semblable, il se fait feu par participation.

Quels moyens nous devons prendre pour vivre de manière plus profonde cette réalité de l’inhabitation trinitaire ?

1- D’abord, vivre en grâce de Dieu, et pour cela recourir à la confession lorsque nous avons besoin.

2- vivre la charité avec les autres, cela augmente notre amour vers Dieu présent dans notre âme.

3- Vivre la foi : il faut que celui qui s’approche de Dieu croie qu’Il existe.

4- Le recueillement profond, le silence, la prière méditative ; le dialogue avec nos divins hôtes.

Finalement faire des actes fervents d’adoration. C’est-à-dire remplir d’un vrai sens ces prières que nous faisons par fois un peu mécaniques : « Gloire au Père » ; l’Hymne à la Trinité que nous chantons à la messe, le Gloria (réfléchir sur ses mots) ; le Sanctus, Saint Jean voyait que la multitude des saints au ciel chantait ce chant de triomphe devant Dieu.

Pour vivre la présence de Dieu, on l’a déjà dit, il faut vivre en grâce de Dieu. La grâce de Dieu dans notre âme est un peu difficile à imaginer car il s’agit d’une réalité spirituelle, mais nous trouvons de petites ressemblances dans notre monde matériel, les saints parlent d’elle comme un cadeau ou don qui produit une grande beauté, c’est une lumière, un éclat, un feu.

Lorsqu’on demande qu’est-ce que c’est que la grâce, une réponse habituelle c’est de dire que notre âme n’a aucun péché mortel. En vérité, disant cela nous donnons que la moitié de la réponse, et encore c’est la moitié la plus pauvre. Parce qu’en fait, vivre en état de grâce signifie infiniment plus que cela. C’est comme dire que dans un palais il ne se trouve pas d’ordure, ni de bêtes qui le fassent désagréable… Alors qu’avec la grâce, ce palais qui représente notre âme, il sera propre, ordonné et surtout il est habité par son Roi. C’est-à-dire, nous considérons parfois seulement le côté négatif (l’absence de péché), mais on oublie l’aspect positif, qui est plus important encore.

SAINTE_THERESE_DE_LENFANT_JESUS_Institut_du_Verbe_IncarnéL’âme en état de grâce devient vraiment forte, parce qu’elle est habitée par Dieu, elle ne peut plus rien craindre. Le démon échappe toujours terrifié à la vue d’une âme qui possède Dieu. Lorsque Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus avait quatre ans, elle a eu un rêve qui est resté toujours fixé dans sa mémoire, comme elle écrivait dans son histoire d’une âme :

Une nuit, j’ai rêvé que je sortais pour aller me promener seule au jardin. Arrivée au bas des marches qu’il fallait monter pour y arriver, je m’arrêtai saisie d’effroi. Devant moi, auprès de la tonnelle, se trouvait un baril de chaux et sur ce bariI deux affreux petits diablotins dansaient avec une agilité surprenante malgré des fers à repasser qu’ils avaient aux pieds ; tout à coup ils jetèrent sur moi leurs yeux flamboyants, puis au même moment, paraissant bien plus effrayés que moi, ils se précipitèrent au bas du baril et allèrent se cacher dans la lingerie qui se trouvait en face. Les voyant si peu braves je voulus savoir ce qu’ils allaient faire et je m’approchai de la fenêtre. Les pauvres diablotins étaient là, courant sur les tables et ne sachant comment faire pour fuir mon regard ; quelquefois ils s’approchaient de la fenêtre, regardant d’un air inquiet si j’étais encore là et me voyant toujours, ils recommençaient à courir comme des désespérés. Sans doute ce rêve n’a rien d’extraordinaire, cependant je crois que le Bon Dieu a permis que je m’en rappelle, afin de me prouver qu’une âme en état de grâce n’a rien à craindre des démons qui sont des lâches, capables de fuir devant le regard d’un enfant…

Demandons la grâce pour nous tous de garder notre âme habitée par la grâce sanctifiante, habitée toujours par Dieu.

P. Luis Martinez. Monastère « Bx. Charles de Foucauld »

Institut du Verbe Incarné