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Charité fraternelle – Une belle anecdote de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus

Sainte Thérèse de Lisieux et sa communauté

Il se trouve dans la communauté une sœur qui a le talent de me déplaire en toutes choses, ses manières, ses paroles, son caractère me semblaient très désagréables, cependant c’est une sainte religieuse qui doit être très agréable au Bon Dieu, aussi ne voulant pas céder à l’antipathie naturelle que j’éprouvais, je me suis dit que la charité ne devait pas consister dans les sentiments, mais dans les œuvres ; alors je me suis appliquée à faire pour cette sœur ce que j’aurais fait pour la personne que j’aime le plus. À chaque fois que je la rencontrais, je priais le Bon Dieu pour elle, lui offrant toutes ses vertus et ses mérites. Je sentais bien que cela faisait plaisir à Jésus, car il n’est pas d’artiste qui n’aime à recevoir des louanges de ses œuvres et Jésus l’Artiste des âmes est heureux lorsqu’on ne s’arrête pas à l’extérieur, mais que pénétrant jusqu’au sanctuaire intime qu’il s’est choisi pour demeure, on en admire la beauté.
Je ne me contentais pas de prier beaucoup pour la sœur qui me donnait tant de combats, je tâchais de lui rendre tous les services possibles et quand j’avais la tentation de lui répondre d’une façon désagréable, je me contentais de lui faire mon plus aimable sourire et je tâchais de détourner la conversation, car il est dit dans l’Imitation : Il vaut mieux laisser chacun dans son sentiment que de s’arrêter à contester.
Un jour à la récréation, elle me dit à peu près ces paroles d’un air très content : “Voudriez-vous me dire, ma Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, ce qui vous attire tant vers moi, à chaque fois que vous me regardez, je vous vois sourire ?” Ah ! ce qui m’attirait, c’était Jésus caché au fond de son âme… Jésus qui rend doux ce qu’il y a de plus amer… Je lui répondis que je souriais parce que j’étais contente de la voir (bien entendu je n’ajoutai pas que c’était au point de vue spirituel).

Histoire d’une âme

Manuscrit C Folio 12 Recto

« Je lui donnerai une pierre blanche, et sur cette pierre est écrit un nom nouveau »

Solennité du Corps et du Sang du Seigneur

C’est avec une grande joie que nous célébrons cette solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur.  Joie qui grandit encore parce que trois enfants vont recevoir pour la première fois dans leur cœur Notre Seigneur présent dans l’Eucharistie, ils vont ainsi devenir de petits tabernacles où le Seigneur demeure comme un roi.

Les lectures de ce jour nous rappellent les grandes vérités eucharistiques ; d’abord le Sacerdoce du Christ : Notre Seigneur est prêtre pour l’Eternité selon le sacerdoce de Melchisédech qui offrait comme offrandes, du pain et du vin, images de notre Eucharistie. Et voilà le premier des mystères à contempler ce dimanche, c’est notre Seigneur qui consacre ce pain et ce vin pour qu’ils deviennent son Corps et son Sang ; nous, les prêtres nous ne faisons que lui prêter notre voix et notre corps.

Le Christ nous demande pourtant, à nous les prêtres de chercher son imitation, à vivre ce que nous célébrons, à être une image du Christ, et pour cela il nous faut du travail et le soutien de vos prières. Priez donc, pour nous les prêtres, aidez-nous à devenir un autre Christ à chaque moment de notre vie.

La deuxième lecture nous présente le mystère de ce que la Théologie nous apprend par le nom de transsubstantiation (changement de substance) ; l’apôtre saint Paul donc nous rappelle l’essentiel de la messe, les paroles de la consécration qui, dites par le prêtre ont le pouvoir de changer la substance et que ce pain et ce vin deviennent le Corps et le Sang du Christ. Il n’y a pas de messe si ces paroles de notre Seigneur à la dernière cène ne sont pas prononcées sur le pain et le vin offerts sur l’autel.

Et finalement le troisième mystère, prophétisé dans la multiplication des pains. L’Eucharistie fait que le Seigneur est présent en tout endroit et à tout moment, là où il y a une église, là est présent le Seigneur : laissons le saint Curé d’Ars nous apprendre cela :

Le Seigneur veut, pour le bonheur de ses créatures, que son corps et son âme et sa divinité se trouvent dans tous les coins du monde, afin que, toutes les fois qu’on voudra, l’on puisse le trouver, et qu’avec Lui nous trouvions toute sorte de bonheur. Si nous sommes dans les peines et le chagrin, il nous consolera et nous soulagera. Sommes-nous malades, ou il nous guérira, ou il nous donnera des forces pour souffrir de manière à mériter le ciel. Si le démon, le monde et nos penchants nous font la guerre, il nous donnera des armes pour combattre, pour résister, et pour remporter la victoire. Si nous sommes pauvres, il nous enrichira de toute sorte de richesses pour le temps et pour l’éternité.

FETE_DIEU_INSTITUT_III_DU_VERBE_INCARNE (2)Mais nous disions toute à l’heure que  nous avions encore une autre raison de plus de nous réjouir, c’est la première communion de ces trois enfants, rien dans cette vie n’est par hasard, nous le savons très bien, Dieu est toujours en train de guider notre vie, Dieu écrit une très belle histoire d’amour avec chacun de nous.

Il est beau d’écouter ce passage du prophète Isaïe qui dit : ainsi parle le Seigneur, celui qui t’a créé ô Jacob, celui qui t’a formé ô Israël : Ne crains point, car je t’ai racheté ; je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi !  Vois, je t’aie gravée sur la paume de mes mains… C’est ainsi que le Seigneur agit avec chaque homme ou femme, chaque enfant.

Ce dimanche le Seigneur dit à ses enfants : Tu es à moi, parce que moi je t’ai créé, tu es à moi parce que je t’ai racheté sur la croix, et maintenant je viens transformer ton âme dans mon plus beau palais.

Elles sont aussi belles, ces paroles que le Seigneur dit dans le livre de l’Apocalypses : A celui qui vaincra, je donnerai de la manne cachée ; et je lui donnerai une pierre blanche, et sur cette pierre est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n’est celui qui le reçoit. Elles nous parlent aussi d’un nom nouveau, écrit dans cette petite pierre blanche. Sainte Thérèse de l’enfant Jésus voyait dans cette pierre blanche l’image de la petite hostie, parce que le Seigneur révèle des mystères inconnus dans les cœurs de ceux qui Le reçoivent, comme ces enfants qui deviennent les amis plus intimes de Jésus.

Ils sont trois enfants, comme Dieu avait choisi trois enfants à Fatima pour révéler de grandes choses qui viendront, mais surtout pour se montrer aux hommes que l’amour du Seigneur pour eux ne trouve pas de réponse, et que les hommes ne cherchent pas à se tourner vers Lui.

Ces trois petits bergers ont eu la grâce de recevoir le Corps du Christ, bien qu’ils fussent encore petits. C’était parce que Dieu leur préparait une grande mission dans ce monde.  Dieu prépare aussi une grande mission à nos trois enfants ici présents: la sainteté, ils ont déjà cet aliment qui les rend forts.FETE_DIEU_INSTITUT_IV_DU_VERBE_INCARNE

Nous allons finir en demandant pour ces petits et pour nous tous ce que demandait notre premier séminariste parti très tôt au Ciel, Marcelo Javier Morsella. Avant de mourir, il avait écrit cette belle prière :

« Seigneur, je veux être une hostie, Pure, sans tache, par ta grâce et pour Toi. Fragile, seulement fort en toi. »

P. Luis Martinez V.E.

Monastère « Bx. Charles de Foucauld »

Institut du Verbe Incarné